Les deux dernières interventions sont intéressante et montrent ou se situe le problème.
Dans le cas de Liège, d'ailleurs on a pas l'impression (en prenant ce qui est accessible au publique) qu'il y ait eu beaucoup de cafouillage. D'ailleurs des policiers en civils se déplaçaient l'arme à la main, ce qui à conduit les témoins à croire à plusieurs tireurs et de manière intéressante il n'y a pas eu de tir inapproprié. Mais personnellement je pense qu'effectivement c'est s'exposer à un tir fratricide et surtout donner sa couverture qui est quand même la meilleure protection face au tireur.
Dans le cas de la Norvège, le problème est que simplement le cas qui est arrivé n'a pas été prévu. Dans le cadre de ce qu'ils avaient à disposition ils ont fait ce qu'ils pouvaient. Et comme toujours Murphy à joué à plein, télécommunications surchargées, pas de filtre de informations, pas de plan pour neutraliser un cinglé hormis l'emploi des FS etc....
J'espère qu'ils ont tiré les conséquences de ce désastre.
Si les policiers qui étaient à proximité de l’île avaient pu disposer de fusil d'assaut et avoir la permission de monter au contact sans passer par toute la chaîne de commandement, ils auraient sauvé des dizaines d'adolescents massacré par ce cinglé.
La stratégie qui consiste à former le gardien de la paix et les membres de son équipage à aller au contact d'un tireur ou groupe de tireur est intéressante.
Mais elle se heurte, en France notamment, à une forme de paupérisation matérielle et de formation des gardiens de la paix de base au bénéfice des services spécialisés (la cavalerie) et aux difficultés d'appréciation de la situation.
Ex. la fusillade de Marseille (BAC vs. braqueurs) ou celle de région parisienne (police municipale vs braqueurs).
Les policiers et gendarmes ont déjà du mal à trouver le temps de tirer leur cartouche d'entraînement réglementaire, il me paraît non pas impossible mais délicat matériellement de mettre en place une formation générique au contre-sniping.
C'est pas que je veux pas (je préfère discuter de cela plutôt que des avantages et inconvénients des tasers et fusils à pompe), c'est que j'ai du mal à percevoir les modalités concrètes d'un tel apprentissage policier.
Le problème est purement politique et de culture policière. En France dès qu'on a un problème de ce type on va créer une farce spéciale qui est sensée résoudre le problème. Ces gens sont très bien formés ont tout le matériel qu'il veulent, mais.... ils ne sont pas ubiquitaire et arrivent normalement après la pluie. D'ailleurs pour le grand banditisme de telles structures semi-militarisée existent, mais elles ne sont pas la quand les petites frappes de quartier allument les gardiens de la paix à l'AK47.
En ce qui concerne la formation, en partant de l'idée que le policier à une formation au tir moderne c'est un jour de formation et une demi-journée de piqûre de rappel dans l'année.
Par contre je vais pas donner en life le contenu et les modalités de telles formations.
Et c'est pas du contre sniping. C'est des mesures contre "tireur fou" comme à Liège, Winnende en Allemagne et tout les autres ces dernières années.
Même les tueurs de Mombay qui avaient un entraînement semi-militaire auraient pu être stoppé par de simple gardes. Une vidéo prise dans la gare montre deux de ces tueurs en train d’exécuter des personnes. Dans un couloir à environ 50-100m de là un garde avec un Lee-Enfield, regarde plusieurs fois dans la directions du massacre (ça dure environ 20 secondes) et finalement part sans avoir rien fait. Il aurait sans autre pu allumer les deux tueurs les doigt dans le nez. Il ne l'a pas fait, parce que on ne lui à jamais appris et que son arme avait une fonction symbolique uniquement.
Le sniper urbain, c'est autre chose, autrement plus difficile à contrer.
Aller au contact d'une personne retranchée, disposant d'un large champ de tir et d'une arme pouvant traverser couvert et protection, même si elle ne dispose que des organes de visée "métalliques", ça pue
C'est justement très rarement ça voire jamais.
Je suis d'accord si t'as 4 commandos qui pètent un câble et qui décident de faire un massacre urbain, là on est mal, très mal.
Mais historiquement on a jamais eu ce type d'attaque.
En règle générale c'est un homme seul, qui à aucun problème de s'exposer et qui zape tout azimut sur tout ce qui bouge et vu ce modus operandi on peut faire quelque chose y compris avec des pistolets sous condition d'avoir la formation ad-hoc.
Plein de problèmes "annexes" seront à résoudre :
trouver du temps et des budgets pour les entrainements (et il y a des lacunes plus urgentes à combler dans la formation des policiers)
trouver la volonté politique de former des policiers à des menaces réelles (on a tendance à bcp minimiser par chez nous)
trouver des moyens pour sécuriser les équipements et armement dans les véhicules (alors là bonne chance)
trouver la place de tout insérer dans les dits véhicules (les golfs des ABT / Zonales étaient tellement chargées qu'elles étaient fournies avec un plan du coffre et la banquette arrière était souvent également pleine)
C'est des problèmes qui trouvent très vite une solution s'il y a une volonté derrière.
Moléson