C'est une question vraiment difficile... et il est impossible de donner UNE réponse standard pour ce type de situation, malheureusement.
Voici mon humble avis, qui ne représente en RIEN des recommandations valides, mais simplement une DISCUSSION. A ne pas utiliser tel quel a priori !!! Je ne garantis rien !!!
Déjà, on peut dissocier deux cas :
1) fracture simple, sans déformation importante du membre, et où le pouls passe à l'extrémité du membre (l'ongle du pouce se recolore en - de 10 sec environs après qu'on l'ait comprimé)...
2) fracture complexe, avec déformation du membre, fracture ouverte, ou fracture qui prive le membre d'irrigation sanguine...
Si on ne sait pas, on considère toujours le pire... et donc on a 6h au max pour rétablir la circulation dans le membre. NOTER L'HEURE.
Autant, le premier cas permet d'immobiliser la jambe correctement et de retrouver un semblant de mobilité, autant la seconde option le permet difficilement... immobiliser une jambe à l'équerre, pas facile. Et comme on ne va pas risquer de replacer ça soi-même à moins d'y être TOTALEMENT forcé et si c'est un cas de force majeure... bah on va chercher une autre solution.
Avant de déplacer une victime, il faut aussi toujours comprendre comment l'accident est survenu, afin d'évaluer la gravité des blessures, et le risque de polytraumatisme... on ne déplacera pas quelqu'un qui peut/pourrait avoir les cervicales pétées, pour des raisons évidentes.
Donc, en fait, on a plusieurs contraintes à gérer en même temps, et malheureusement on va devoir en sacrifier une ou plusieurs, pour pouvoir prioriser et agir sur ce que l'on considère le plus vital pour la personne dans le contexte.
Le but est :
1) de ne pas nuire
2) de maintenir la personne en vie assez longtemps pour...
3) faire en sorte que la victime soit prise en charge par les secours
4) limiter le plus possible les séquelles...
Bon.
Concrètement, j'agirais, je pense, grosso modo en suivant cette suite qui me semble logique (je peux me planter complètement):
1) m'assurer que je ne cours pas de danger en allant secourir la victime ;
2) sécuriser la zone et éviter le suraccident ;
3) évaluer rapidement le niveau de conscience, la respiration, et les blessures apparentes...
4) si possible, discuter avec la personne pour comprendre le mécanisme de l'accident et comprendre COMMENT ça s'est passé. Ca permet d'évaluer la gravité des blessures et la possibilité plus ou moins grande de lésions cachées, etc.
5) tenter le 112 avec le portable... je constate que ça ne passe pas... eh m*rde.
Nouveau cycle d'évaluation...
1) de combien de temps dispose la victime avant d'être en danger en restant seule sur place ? Hemorragie ? Perte de conscience possible ? Hypothermie qui guette ? Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
2) à combien de temps de là suis-je CERTAIN de pouvoir alerter les secours... et ensuite combien de temps les secours mettront pour venir ? Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
Si 1 est plus grand que 2, autrement dit si on est certain de pouvoir orienter les secours sur la zone avant que la personne ne soit en danger de mort, on peut considérer la possibilité de laisser la personne sur place en :
- signalisant sa présence (lampe, drapeau, lui laisser un sifflet et une lampe, et son téléphone portable dans la poche, sait-on jamais...)
- la couvrant au max, et l'isolant du sol (en prenant appui sur sa jambe valide elle peut nous laisser glisser un matelas sous elle, puis 2-3 duvets et manteaux par-dessus, avec les bouillotes et tout si possible)
- la plaçant sur le COTE pour qu'en cas de KO elle soit directement en PLS
Et là on part en étant sûr de son chemin, et en faisant ATTENTION de ne pas se blesser soi-même... sinon deux victimes en deux points différents, et toujours pas de secouristes... !
S'il est apparemment impossible d'alerter les secours avant que la victime ne soit réellement en danger... eh bien A MON HUMBLE AVIS il faut la transporter coûte que coûte, en faisant tout pour qu'elle :
1) reste en vie (attention au FROID même, voire surtout si on transporte la personne)
2) ait le moins possible de séquelles à long terme
3) n'ait pas trop mal (oui... en dernier...)
Qu'en pensez vous ?
David
J'en pense beaucoup de bien David... T'as presque tout bon!
Si tu permets, je vais essayer de développer certains points.
Voici mon humble avis, qui ne représente en RIEN des recommandations valides, mais simplement une DISCUSSION. A ne pas utiliser tel quel a priori !!! Je ne garantis rien !!Très bonne intro,car... Les "toujours et les jamais" en aide médicale urgente n'existent pas.
Il faut improviser,et savoir jongler avec ses connaissances pour adapter une réponse correcte à une situation donnée.
Exemple... "il ne faut
jamais réaligner un membre fracturé sans avis médical"... Faut!
Si on a la formation pour,il faut
très souvent réaligner un membre fracturé,surtout si on envisage une évacuation du patient.
1) fracture simple, sans déformation importante du membre, et où le pouls passe à l'extrémité du membre (l'ongle du pouce se recolore en - de 10 sec environs après qu'on l'ait comprimé)...
2) fracture complexe, avec déformation du membre, fracture ouverte, ou fracture qui prive le membre d'irrigation sanguine... Très bon truc pour vérifier la vascularisation d'un membre que de pincer l'ongle.(à faire avant immobilisation
et également après pour vérifier que l'attelle qu'elle soit improvisée où pas ne comprime pas trop le membre.(Si on sait faire une prise de pouls,c'est encore mieux)
Mais attention... Ce truc a des limites. La vasoconstriction périphérique.. Qui sera induite par le froid,et/où le début de choc hypovolémique du à la perte de sang créée par la fracture(un fémur c'est de mémoire +/- un litre de sang dans le jambon!)
Si on ne sait pas, on considère toujours le pire... et donc on a 6h au max pour rétablir la circulation dans le membre. NOTER L'HEURE.
Tafdak... Là c'est une urgence dite"Fonctionnelle"(Risque de perte définitive de mobilité)
Bein c'est clair,il y a carrément risque d'amputation dans ce cas là!
Autant, le premier cas permet d'immobiliser la jambe correctement et de retrouver un semblant de mobilité, autant la seconde option le permet difficilement... immobiliser une jambe à l'équerre, pas facile. Et comme on ne va pas risquer de replacer ça soi-même à moins d'y être TOTALEMENT forcé et si c'est un cas de force majeure... bah on va chercher une autre solution.
Bein,là... MOI,SI FRACTURE ET PAS LUXATION:Je réaligne(J'ai bien marqué réaligner et pas réduire)...
MAIS Je suis formé pour,j'ai l'expérience pour,et surtout une batterie d'actes médicaux délégué pour me protéger des suites....
Il y a un mais quand même... réaligner se fait sous traction,dès que la traction est lancée... elle ne peut être stoppée qu'après la mise en place de l'attelle qui prendra le relais...
Essayez donc de placer une attelle d'une main,et de faire une traction de l'autre... Impossible si on est seul!
Avant de déplacer une victime, il faut aussi toujours comprendre comment l'accident est survenu, afin d'évaluer la gravité des blessures, et le risque de polytraumatisme... on ne déplacera pas quelqu'un qui peut/pourrait avoir les cervicales pétées, pour des raisons évidentes.
Donc, en fait, on a plusieurs contraintes à gérer en même temps, et malheureusement on va devoir en sacrifier une ou plusieurs, pour pouvoir prioriser et agir sur ce que l'on considère le plus vital pour la personne dans le contexte.
Le but est :
1) de ne pas nuire
2) de maintenir la personne en vie assez longtemps pour...
3) faire en sorte que la victime soit prise en charge par les secours
4) limiter le plus possible les séquelles...
Bon.Tafdak... Voir première phrase.. improviser et jongler pour s'adapter au cas qui est unique..
Le but est :
1) de ne pas nuire
2) de maintenir la personne en vie assez longtemps pour...
3) faire en sorte que la victime soit prise en charge par les secours
4) limiter le plus possible les séquelles...
Bon.
Concrètement, j'agirais, je pense, grosso modo en suivant cette suite qui me semble logique (je peux me planter complètement):
1) m'assurer que je ne cours pas de danger en allant secourir la victime ;
2) sécuriser la zone et éviter le suraccident ;
3) évaluer rapidement le niveau de conscience, la respiration, et les blessures apparentes...
4) si possible, discuter avec la personne pour comprendre le mécanisme de l'accident et comprendre COMMENT ça s'est passé. Ca permet d'évaluer la gravité des blessures et la possibilité plus ou moins grande de lésions cachées, etc.
5) tenter le 112 avec le portable... je constate que ça ne passe pas... eh m*rde.
Nouveau cycle d'évaluation...
1) de combien de temps dispose la victime avant d'être en danger en restant seule sur place ? Hemorragie ? Perte de conscience possible ? Hypothermie qui guette ? Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
2) à combien de temps de là suis-je CERTAIN de pouvoir alerter les secours... et ensuite combien de temps les secours mettront pour venir ? Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
Si 1 est plus grand que 2, autrement dit si on est certain de pouvoir orienter les secours sur la zone avant que la personne ne soit en danger de mort, on peut considérer la possibilité de laisser la personne sur place en :
- signalisant sa présence (lampe, drapeau, lui laisser un sifflet et une lampe, et son téléphone portable dans la poche, sait-on jamais...)
- la couvrant au max, et l'isolant du sol (en prenant appui sur sa jambe valide elle peut nous laisser glisser un matelas sous elle, puis 2-3 duvets et manteaux par-dessus, avec les bouillotes et tout si possible)
- la plaçant sur le COTE pour qu'en cas de KO elle soit directement en PLS
Et là on part en étant sûr de son chemin, et en faisant ATTENTION de ne pas se blesser soi-même... sinon deux victimes en deux points différents, et toujours pas de secouristes... !
S'il est apparemment impossible d'alerter les secours avant que la victime ne soit réellement en danger... eh bien A MON HUMBLE AVIS il faut la transporter coûte que coûte, en faisant tout pour qu'elle :
1) reste en vie (attention au FROID même, voire surtout si on transporte la personne)
2) ait le moins possible de séquelles à long terme
3) n'ait pas trop mal (oui... en dernier...)Ben,chapeau... Tu me sorts ça en exam,et tu as ton brevet...
Une chose où deux a préciser...
Dans le cas où tu dois obligatoirement déplacer la victime....
le réalignement est recommandé.(Si non,bein la fracture fermée va sûrement se transformer en fracture ouverte...)
Si c'est un fémur, où plusieurs fractures... le déplacement se fera OBLIGATOIREMENT au minimum à plat!! et si possible en position de Trendelenbourg*,**. Car ton patient sera en début de choc hypovolémique et le fait de le relever va pas lui faire du bien... loin de là!
* Trendelenbourg= membres inf relevés pour créer un reflux sanguin vers les organes dits nobles.
** Sauf si risque de trauma cérébral.
Voili,voilou... Et j'espère pour tous que cette situation ne restera que théorie
@++