Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Un blessé en rando  (Lu 46604 fois)

19 décembre 2007 à 08:49:14
Lu 46604 fois

Nem-Rod


Bonjour,
Existe-il sur le forum un fil qui pourrait répondre sur la conduite à tenir dans une telle situation: Lors d’une rando à skis (2 personnes), l’un des randonneurs se blesse (jambe cassée par exemple). L’endroit est isolé, éloigné de plusieurs heures d’un village et pas de communications. Que faire ? Les priorités ?

19 décembre 2007 à 11:48:40
Réponse #1

Sylvain74


Sympa comme scénar'.
A titre perso, en tant que pratiquant régulier du ski de rando, je ferais en sorte d'installer au mieux mon compagnon pour qu'il ne choppe pas trop froid et qu'il ne souffre pas trop, donc en construisant rapidement un muret autour de lui (pare vent) grace à la pelle que j'ai toujours avec moi. Isolation de la neige (avec ma veste, son sac à dos...), habillage, je lui laisse le thermos de thé et quelques cachetons et je file en bas prévenir les secours. Après les gestes de premiers secours, bien entendu : si la fracture est à l'equerre, je tenterai de remettre le tout dans le bons sens avec son autorisation, histoirre de limiter la douleur. Sans jouer au toubib, puisque dans nos contrées on est quand même jamais éloigné des moyens de secours (vive l'hélico...)
Penser à signaler la zone pour retrouver facilement le pote.

Eventuellement en imaginant des conditions simples à skier, et en étant avec mon pote habituel, je pourrais envisager de me le trimbaler sur le dos (c'est une crevette) soit pour l'ammener directement à la bagnole, soit pour l'installer plus confort (dans un bois, un chalet d'alpage...)

Sylvain.

19 décembre 2007 à 12:28:08
Réponse #2

Chad


Bonjour,

Je suis nouveau sur le forum et ton sujet est interessant car c'est vraiment le genre de choses qui peut arriver...

Je dirai que plusieurs paramètres seraient à analyser avant de décider de ce qu'il faudrait faire (pardon si ce qui suit est leger face aux pros du forum qui te conseilleront mieux que moi:cela validera ou invalidera mes petites connaissances..)

- A quel moment de la journée cela arrive? (1h avant la nuit en montagne, pas facile...de descendre chercher des secours ou de retrouver le chemin sauf si habitué ou d'avoir le temps de trouver/faire un abri, de préparer un feu etc...avant la nuit...)
- Gravité de la blessure (transportable ou non?)
- Quelles solutions j'ai à ma disposition? (outils, proximite d'un abri etc...portable? :doubleup:)
Enfin autant de questions que l'on doit se poser...

Donc si accident critique:

Pour moi, la première chose que je ferai est effectivement comme Sylvain le dit, de l'installer le mieux possible (abrité du vent, muret, trou à froid) ET DE SIGNALER LA PRESENCE (marquage au sol en triangle avec ce que je trouverai), voire si je pars chercher des secours et en admettant qu'il soit conscient - ou elle  :love: -, lui préparer un feu à allumer, laisser des aliments et m'allèger.

D'une manière générale, j'éviterai de me separer de l'accompagnant.

Après, je prends le temps de réflechir - ca m'arrive parfois - et je check en fonction des réponses aux questions ci-dessus si je pars chercher des secours ou si je dois la/le transporter...

Si je dois ABSOLUMENT le transporter (cas d'accident grave et tombée de la nuit), je me sers des skis pour faire un brancard (en croix + batons pour le haut et le bas du corps) et me sers des lanières pour la fixation (à défaut de bandes de tissu)...de lui sur le brancard et du brancard! Et go...

Si je pars chercher des secours, je laisserai des repères (pierres sur branchages ou branches plantees en croix etc...) histoire de retrouver à peu près le chemin..mais probable que ce serait un hélico qui viendrait d'où l'importance de la signalisation évoquée ci-dessus...


Chad


19 décembre 2007 à 12:49:01
Réponse #3

JC


Sylvain donne un bon embryon de réponse.

J'apporterais seulement quelques détails. Hormis les gestes de premier secours, je ne toucherais pas à la jambe, surtout si elle est à l'équerre. Réaligner un membre pouvait être réalisé après avis médical. Dans la réalité la douleur à la mobilisation est souvent plus importante que l'immobilisation dans la position ou se trouve le membre.

Il existe en plus des risques de complication vasculaire et/ou nerveuse par embrochement d'un vaisseau ou d'un nerf par une des extrémité osseuse.

Ensuite, donner à boire... la encore c'est risqué. La douleur peut faire perdre conscience à la victime, et un estomac plein, surtout  avec des liquides ne fait jamais bon ménage avec l'inconscience. D'autant plus si la personne est sans surveillance. De plus un acte chirurgical d'urgence peut être à envisager lors de la prise en charge des secours. Et les anesthésistes ( médecins ou infirmiers ) ne goutent pas forcément les intubations à la volée estomac plein...

D'un autre coté, le risque et la prévention de l'hypothermie ne sont pas à laisser de coté. Difficile de trancher, c'est au cas par cas..

Sinon, dans la cas du ski de rando, il existe des systèmes pour réaliser des traineaux de secours avec les skis et les pelles. Ce sont des montages qui ne se font que très peu. L'accès aux secours étant assez rapide dans nos contrées. De plus l'inconfort du système rends tout déplacement de victime très délicat. De plus la mise en place est longue et necessite de ne pas être deux, mais un groupe plus important.

Je crois qu'il faut garder à l'esprit la chose suivante. Ne pas déplacer une victime si ce n'est pas absolument nécessaire. Dans nos montagnes, même à plusieurs heures d'un village, ou dans un zone sans communications la solution prônée par Sylvain est un bon compromis.

Protéger la victime, la laisser dans une position d'attente la moins "pire" possible. Et alerter. Souvent les "quelques heures d'un village" à la montée se transforment en quelques dizaines de minutes seulement à la descente. En outre, suivant la topo du terrain, au passage d'un col, ou d'une crête ton portable peut passer.

Enfin, il est important comme le soulignait Sylvain de "baliser" la zone ou se trouve la victime pour que les secours aériens puissent la repérer. Mais avant de laisser ladite victime, il convient également de se repérer afin de pouvoir situer le mieux possible le lieu de l'accident.

En fait, il n'existe pas "une" conduite à tenir. Mais plusieurs, suivant les cas qui se présentent à toi et la capacité à gérer les prioritées.
Il existe par contre des grandes idées générales, et des arbres de réactions et de choix a suivre si certaines situations se présentent. C'est ce que les anglo-saxons appellent les "what if" ? Qu'est ce que je fais ? En français. C'est une méthode d'élaboration de scénarii à réaliser au calme avant de partir pour tenter de prévoir des solutions à des problèmes donnés. C'est un peu ce que tu fais là en l'occurrence.
Cela consiste à se poser les questions avant et tenter d'y donner des réponses...

19 décembre 2007 à 13:04:16
Réponse #4

Chester


Citer
voire si je pars chercher des secours et en admettant qu'il soit conscient - ou elle   -, lui préparer un feu à allumer, laisser des aliments et m'allèger.



C'est comme ça que ça se termine mal dans "le patient anglais" :(

Si il y un blessé,moi,je ne le laisse pas seul.....je m'assois à côté pour me laisser aller au désespoir en mode:"c'est la fin,on va tous mooooouuurir!!!!!! :'( :o :'( :o "

 ;D bon,c'est vrai que je ne saurais absolument pas quoi faire:je m'en retourne lire vos idées avec attention!

19 décembre 2007 à 13:30:07
Réponse #5

Sylvain74


Ca prend une bonne tournure !

Merci JC pour tes précisions sur les gestes de premiers secours... Instinctivement, j'aurais le réflexe de remettre le membre à sa place. Tes compléments d'info sont donc appréciés !   :doubleup:

Pour ce qui est de ne pas donner à boire ou manger, je serais plus nuancé dans le sens où boire un thé sucré bien chaud, dans un environnement froid, est quand même une bonne manière de se réchauffer de l'intérieur, physiquement et moralement. De plus, si le gugusse est en position semi assise, bien calé, le risque d'étouffement par reflux gastrique est plus limité que couché sur le dos, non ? (c'est une question, hein...)

Pour le feux, déjà sur la neige c'est pas évident, en plus le risque existe, et il aura tôt fait de s'étteindre si personne ne s'en occupe. A réserver en groupe, à mon avis. En plus... faut avoir du bois et ça c'est assez rare en montagne, en tous cas sur des sorties ski de rando un peu alpines.

Pour les traineaux : les pelles sont souvent équippées de trous ad hoc. Mais c'est complexe à monter et surtout à manier. Vaut mieux prendre la poudre d'escampette après une bonne préparation du blessé pour l'attente, comme JC le dit bien.

Pour ce qui est de l'horaire, bah... c'est important d'avoir à l'esprit que le ski de rando, comme la cascade de glace et l'alpinisme, se pratiquent tôt le matin. Pour avoir de bonnes conditions, déjà, et pour pouvoir avoir le temps de gérer un problème. Dimanche matin, je me suis levé à 6 h pour une course à ski. Bah c'est super agréable, d'être seul en mntagne pour le lever de soleil...

Et... Chester, rappelle moi de ne jamais sortir seul avec toi à skis !  ;D (mode humour...)

Sylvain.


19 décembre 2007 à 14:20:10
Réponse #6

JC


Sylvain, pour le coup de la jambe c'est normal... à trop regarder "Les bronzés font du ski"  en mangeant de la fondue ont à envie de faire pareil...  :lol:

Sinon, vraiment j'insiste sur le fait qu'il faut laisser le blessé la ou il est dans la majorité des cas. Déplacer la personne augmente le stress et la douleur. Potentiellement la gravité de la blessure également.

Les restrictions à ce propos seraient la survenue éminente d'une avalanche, d'un éboulement ou de tout autre chose qui rendrait la situation inconfortable voire dangereuse. Je me risquerais à dire que pour trouver un lieu plus "apte" à recevoir le blessé, un lieu abrité ou quelque chose du genre on peut là encore envisager l'option de déplacer.
Comme en toute chose il faut peser le rapport risque/avantage.

Par contre si cette solution est retenue, on peut essayer de bidouiller une atelle ou un moyen d'immobilisation de fortune si la blessure s'y prête. L'avantage est double.
L'immobilisation permet d'éviter tout déplacement intempestif du membre pendant l'attente, et donc permet de limiter la douleur et les risques associés à un déplacement.
D'autre part, cette précaution est d'autant plus valable si on envisage de déplacer la victime pour la mettre à l'abri.

On peut utiliser tous les moyens du bord. Les batons, surtout si ils sont télescopiques,
une http://www.snowclaw.com/splint.htm
Ou bien arrimer les 2 jambes ensembles...

Pour revenir aux traineaux... tous les skis ne s'y prêtent pas. A manœuvrer seul, avec le poids d'un blessé... j'ai des doutes...
Déjà que les pisteurs, avec une barquette prévue pour, et sur des pistes damées en bavent...
En outre l'inconfort d'un traineau de fortune est sans appel, autre que pour des situations très particulières.

En ce qui concerne le fait de faire boire ou pas... je soulignais bien les risques... mais aussi les avantages, surtout en terme de prévention de l'hypothermie. Qui est aussi dans ce cas la un facteur aggravant... donc...

Enfin, même à une heure de la tombée du jour... il reste de la marge. Les EC145 sont prévus pour voler de nuit. Suivant les conditions, les pilotes peuvent prendre cette option.
En outre, les secours peuvent aussi monter une caravane comme au bon vieux temps. C'est une chose qui arrive rarement mais qui fait partie des possibilités. Donc la nuit ne doit pas être un frein à l'alerte.

Au pire, cette heure de jour  peut être mise à profit pour creuser un abri et préparer un bivouac d'urgence. La famille ou les amis ne voyant pas rentré les randonneurs, peuvent si ils sont au courant prévenir les secours.
Dans tous les cas, même rude, une nuit de bivouac est faisable... cela arrive parfois aux gens qui font de la montagne...


19 décembre 2007 à 14:41:17
Réponse #7

Nem-Rod


Voilà des avis convergents d’initiés, dont on peut déjà dégager 4  priorités.

1)- Rester calme, réfléchir, faire un point sur la situation et sur le matériel à disposition.
2)- Déplacer le moins possible le blessé.
3)- Rassurer, réchauffer, isoler au maximum du froid et du vent (murets, vêtements, etc). 
4)- Repérer précisément le lieu de l’accident et le baliser avant d’aller chercher les secours.

Et rappeler que :

La montagne est un lieu ou le risque zéro n’existe pas, sutout en randonnée hivernale ou en plus des accidents potentiels dûs à la pratique du ski, (ou raquettes) viennent s’ajouter quelques multiplicateurs de problèmes comme la déshydratation, le froid, l’humidité, les coulées de neige, les crevasses,  les jours plus courts, la cessité des neiges, etc. etc.  Par conséquent, il faut s’y préparer au maximum et toujours prévoir le pire, y compris de devoir passer une nuit dehors. En outre, il est impératif de laisser à quelqu’un,  une heure approximative de retour et son itinéraire.

A savoir qu’il existe des attelles et même des traineaux gonflables de secours,  pour les adeptes de raids à skis.

19 décembre 2007 à 14:43:55
Réponse #8

JC


 :o

Oui, c'est donc possible de faire cour et concis...  :love: ;)

19 décembre 2007 à 14:48:40
Réponse #9

Nem-Rod


Oui,  mais ce n'est qu'une synthèse mémorisable facilement de tout ce qui a précèdé.

19 décembre 2007 à 15:37:46
Réponse #10

DavidManise


C'est une question vraiment difficile...  et il est impossible de donner UNE réponse standard pour ce type de situation, malheureusement.

Voici mon humble avis, qui ne représente en RIEN des recommandations valides, mais simplement une DISCUSSION.  A ne pas utiliser tel quel a priori !!!  Je ne garantis rien !!!

Déjà, on peut dissocier deux cas :

1) fracture simple, sans déformation importante du membre, et où le pouls passe à l'extrémité du membre (l'ongle du pouce se recolore en - de 10 sec environs après qu'on l'ait comprimé)...
2) fracture complexe, avec déformation du membre, fracture ouverte, ou fracture qui prive le membre d'irrigation sanguine... 

Si on ne sait pas, on considère toujours le pire...  et donc on a 6h au max pour rétablir la circulation dans le membre.  NOTER L'HEURE.

Autant, le premier cas permet d'immobiliser la jambe correctement et de retrouver un semblant de mobilité, autant la seconde option le permet difficilement...  immobiliser une jambe à l'équerre, pas facile.  Et comme on ne va pas risquer de replacer ça soi-même à moins d'y être TOTALEMENT forcé et si c'est un cas de force majeure...  bah on va chercher une autre solution.

Avant de déplacer une victime, il faut aussi toujours comprendre comment l'accident est survenu, afin d'évaluer la gravité des blessures, et le risque de polytraumatisme...  on ne déplacera pas quelqu'un qui peut/pourrait avoir les cervicales pétées, pour des raisons évidentes.

Donc, en fait, on a plusieurs contraintes à gérer en même temps, et malheureusement on va devoir en sacrifier une ou plusieurs, pour pouvoir prioriser et agir sur ce que l'on considère le plus vital pour la personne dans le contexte. 

Le but est :

1) de ne pas nuire
2) de maintenir la personne en vie assez longtemps pour...
3) faire en sorte que la victime soit prise en charge par les secours
4) limiter le plus possible les séquelles...

Bon.

Concrètement, j'agirais, je pense, grosso modo en suivant cette suite qui me semble logique (je peux me planter complètement):

1) m'assurer que je ne cours pas de danger en allant secourir la victime ;
2) sécuriser la zone et éviter le suraccident ;
3) évaluer rapidement le niveau de conscience, la respiration, et les blessures apparentes... 
4) si possible, discuter avec la personne pour comprendre le mécanisme de l'accident et comprendre COMMENT ça s'est passé.  Ca permet d'évaluer la gravité des blessures et la possibilité plus ou moins grande de lésions cachées, etc.
5) tenter le 112 avec le portable...  je constate que ça ne passe pas...  eh m*rde.

Nouveau cycle d'évaluation... 

1) de combien de temps dispose la victime avant d'être en danger en restant seule sur place ?  Hemorragie ?  Perte de conscience possible ?  Hypothermie qui guette ?  Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
2) à combien de temps de là suis-je CERTAIN de pouvoir alerter les secours...  et ensuite combien de temps les secours mettront pour venir ?  Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...

Si 1 est plus grand que 2, autrement dit si on est certain de pouvoir orienter les secours sur la zone avant que la personne ne soit en danger de mort, on peut considérer la possibilité de laisser la personne sur place en :

- signalisant sa présence (lampe, drapeau, lui laisser un sifflet et une lampe, et son téléphone portable dans la poche, sait-on jamais...)
- la couvrant au max, et l'isolant du sol (en prenant appui sur sa jambe valide elle peut nous laisser glisser un matelas sous elle, puis 2-3 duvets et manteaux par-dessus, avec les bouillotes et tout si possible)
- la plaçant sur le COTE pour qu'en cas de KO elle soit directement en PLS

Et là on part en étant sûr de son chemin, et en faisant ATTENTION de ne pas se blesser soi-même...  sinon deux victimes en deux points différents, et toujours pas de secouristes...  !

S'il est apparemment impossible d'alerter les secours avant que la victime ne soit réellement en danger...  eh bien A MON HUMBLE AVIS il faut la transporter coûte que coûte, en faisant tout pour qu'elle :

1) reste en vie (attention au FROID même, voire surtout si on transporte la personne)
2) ait le moins possible de séquelles à long terme
3) n'ait pas trop mal (oui...  en dernier...)

Qu'en pensez vous ?

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

19 décembre 2007 à 17:23:50
Réponse #11

Spip


Moi j'ai une question :

comment evaluez vous le temps de l'hypothermie en fonction de la température en tenant compte du vent :
http://www.meteolafleche.com/ventgivrant.html

A mon avis faut faire rush qd meme.

Autre question meme si ca pourrait faire un autre topic entier:
est ce que vous auriez le meme etat d'esprit pour la meme situation (de froid notament), mais en zone forestiere(avec deux types de terrain : déplacement facile[chemins] ou difficile[la cambrousse]) ?


Merci
François

19 décembre 2007 à 17:24:01
Réponse #12

Chester


Citer
Et... Chester, rappelle moi de ne jamais sortir seul avec toi à skis !   (mode humour...)

Sylvain.
hé,je disais ça parce que je suis là pour apprendre  :tongue: D'abord,si on fait du ski,c'est pas moi qui me blesserait la première:j'en fais chaque année depuis que j'ai 6 ans,et j'applique l'art du "tu peux skier comme une patate si tu veux tant que tu restes debout sur tes skis.. ce qui m'a parfaitement réussi jusqu'ici ;D )

sérieusement,n'ayant aucune notion de secourisme,je resterais VRAIMENT à côté du blessé,et j'essaierai de faire un feu (la technique du bois frisottis,je crois?) de résineux sur une souche...quitte à faire brûler un de mes gants en nylon pour que ça prenne plus vite.
Si ça réussit,et ben:chaleur,lumière et signal.
ça peut faire l'affaire comme technique?

19 décembre 2007 à 19:03:42
Réponse #13

Pics (Vincent.D)


C'est une question vraiment difficile...  et il est impossible de donner UNE réponse standard pour ce type de situation, malheureusement.

Voici mon humble avis, qui ne représente en RIEN des recommandations valides, mais simplement une DISCUSSION.  A ne pas utiliser tel quel a priori !!!  Je ne garantis rien !!!

Déjà, on peut dissocier deux cas :

1) fracture simple, sans déformation importante du membre, et où le pouls passe à l'extrémité du membre (l'ongle du pouce se recolore en - de 10 sec environs après qu'on l'ait comprimé)...
2) fracture complexe, avec déformation du membre, fracture ouverte, ou fracture qui prive le membre d'irrigation sanguine... 

Si on ne sait pas, on considère toujours le pire...  et donc on a 6h au max pour rétablir la circulation dans le membre.  NOTER L'HEURE.

Autant, le premier cas permet d'immobiliser la jambe correctement et de retrouver un semblant de mobilité, autant la seconde option le permet difficilement...  immobiliser une jambe à l'équerre, pas facile.  Et comme on ne va pas risquer de replacer ça soi-même à moins d'y être TOTALEMENT forcé et si c'est un cas de force majeure...  bah on va chercher une autre solution.

Avant de déplacer une victime, il faut aussi toujours comprendre comment l'accident est survenu, afin d'évaluer la gravité des blessures, et le risque de polytraumatisme...  on ne déplacera pas quelqu'un qui peut/pourrait avoir les cervicales pétées, pour des raisons évidentes.

Donc, en fait, on a plusieurs contraintes à gérer en même temps, et malheureusement on va devoir en sacrifier une ou plusieurs, pour pouvoir prioriser et agir sur ce que l'on considère le plus vital pour la personne dans le contexte. 

Le but est :

1) de ne pas nuire
2) de maintenir la personne en vie assez longtemps pour...
3) faire en sorte que la victime soit prise en charge par les secours
4) limiter le plus possible les séquelles...

Bon.

Concrètement, j'agirais, je pense, grosso modo en suivant cette suite qui me semble logique (je peux me planter complètement):

1) m'assurer que je ne cours pas de danger en allant secourir la victime ;
2) sécuriser la zone et éviter le suraccident ;
3) évaluer rapidement le niveau de conscience, la respiration, et les blessures apparentes... 
4) si possible, discuter avec la personne pour comprendre le mécanisme de l'accident et comprendre COMMENT ça s'est passé.  Ca permet d'évaluer la gravité des blessures et la possibilité plus ou moins grande de lésions cachées, etc.
5) tenter le 112 avec le portable...  je constate que ça ne passe pas...  eh m*rde.

Nouveau cycle d'évaluation... 

1) de combien de temps dispose la victime avant d'être en danger en restant seule sur place ?  Hemorragie ?  Perte de conscience possible ?  Hypothermie qui guette ?  Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
2) à combien de temps de là suis-je CERTAIN de pouvoir alerter les secours...  et ensuite combien de temps les secours mettront pour venir ?  Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...

Si 1 est plus grand que 2, autrement dit si on est certain de pouvoir orienter les secours sur la zone avant que la personne ne soit en danger de mort, on peut considérer la possibilité de laisser la personne sur place en :

- signalisant sa présence (lampe, drapeau, lui laisser un sifflet et une lampe, et son téléphone portable dans la poche, sait-on jamais...)
- la couvrant au max, et l'isolant du sol (en prenant appui sur sa jambe valide elle peut nous laisser glisser un matelas sous elle, puis 2-3 duvets et manteaux par-dessus, avec les bouillotes et tout si possible)
- la plaçant sur le COTE pour qu'en cas de KO elle soit directement en PLS

Et là on part en étant sûr de son chemin, et en faisant ATTENTION de ne pas se blesser soi-même...  sinon deux victimes en deux points différents, et toujours pas de secouristes...  !

S'il est apparemment impossible d'alerter les secours avant que la victime ne soit réellement en danger...  eh bien A MON HUMBLE AVIS il faut la transporter coûte que coûte, en faisant tout pour qu'elle :

1) reste en vie (attention au FROID même, voire surtout si on transporte la personne)
2) ait le moins possible de séquelles à long terme
3) n'ait pas trop mal (oui...  en dernier...)

Qu'en pensez vous ?

David
J'en pense beaucoup de bien David... T'as presque tout bon!
Si tu permets, je vais essayer de développer certains points.

Voici mon humble avis, qui ne représente en RIEN des recommandations valides, mais simplement une DISCUSSION.  A ne pas utiliser tel quel a priori !!!  Je ne garantis rien !!

Très bonne intro,car... Les "toujours et les jamais" en aide médicale urgente n'existent pas.
Il faut improviser,et savoir jongler avec ses connaissances pour adapter une réponse correcte à une situation donnée.

Exemple... "il ne faut jamais réaligner un membre fracturé sans avis médical"... Faut!
Si on a la formation pour,il faut très souvent réaligner un membre fracturé,surtout si on envisage une évacuation  du patient.

1) fracture simple, sans déformation importante du membre, et où le pouls passe à l'extrémité du membre (l'ongle du pouce se recolore en - de 10 sec environs après qu'on l'ait comprimé)...
2) fracture complexe, avec déformation du membre, fracture ouverte, ou fracture qui prive le membre d'irrigation sanguine...


Très bon truc pour vérifier la vascularisation d'un membre que de pincer l'ongle.(à faire avant immobilisation et également après pour vérifier que l'attelle qu'elle soit improvisée où pas ne comprime pas trop le membre.(Si on sait faire une prise de pouls,c'est encore mieux)
Mais attention... Ce truc a des limites. La vasoconstriction périphérique.. Qui sera induite par le froid,et/où le début de choc hypovolémique du à la perte de sang créée par la fracture(un fémur c'est de mémoire +/- un litre de sang dans le jambon!)

Si on ne sait pas, on considère toujours le pire...  et donc on a 6h au max pour rétablir la circulation dans le membre.  NOTER L'HEURE.


Tafdak... Là c'est une urgence dite"Fonctionnelle"(Risque de perte définitive de mobilité)
Bein c'est clair,il y a carrément risque d'amputation dans ce cas là!

Autant, le premier cas permet d'immobiliser la jambe correctement et de retrouver un semblant de mobilité, autant la seconde option le permet difficilement...  immobiliser une jambe à l'équerre, pas facile.  Et comme on ne va pas risquer de replacer ça soi-même à moins d'y être TOTALEMENT forcé et si c'est un cas de force majeure...  bah on va chercher une autre solution.


Bein,là... MOI,SI FRACTURE ET PAS LUXATION:Je réaligne(J'ai bien marqué réaligner et pas réduire)... MAIS Je suis formé pour,j'ai l'expérience pour,et surtout une batterie d'actes médicaux délégué pour me protéger des suites....
Il y a un mais quand même... réaligner se fait sous traction,dès que la traction est lancée... elle ne peut être stoppée qu'après la mise en place de l'attelle qui prendra le relais...
Essayez donc de placer une attelle d'une main,et de faire une traction de l'autre... Impossible si on est seul!

Avant de déplacer une victime, il faut aussi toujours comprendre comment l'accident est survenu, afin d'évaluer la gravité des blessures, et le risque de polytraumatisme...  on ne déplacera pas quelqu'un qui peut/pourrait avoir les cervicales pétées, pour des raisons évidentes.

Donc, en fait, on a plusieurs contraintes à gérer en même temps, et malheureusement on va devoir en sacrifier une ou plusieurs, pour pouvoir prioriser et agir sur ce que l'on considère le plus vital pour la personne dans le contexte. 

Le but est :

1) de ne pas nuire
2) de maintenir la personne en vie assez longtemps pour...
3) faire en sorte que la victime soit prise en charge par les secours
4) limiter le plus possible les séquelles...

Bon.

Tafdak... Voir première phrase.. improviser et jongler pour s'adapter au cas qui est unique..

Le but est :

1) de ne pas nuire
2) de maintenir la personne en vie assez longtemps pour...
3) faire en sorte que la victime soit prise en charge par les secours
4) limiter le plus possible les séquelles...

Bon.

Concrètement, j'agirais, je pense, grosso modo en suivant cette suite qui me semble logique (je peux me planter complètement):

1) m'assurer que je ne cours pas de danger en allant secourir la victime ;
2) sécuriser la zone et éviter le suraccident ;
3) évaluer rapidement le niveau de conscience, la respiration, et les blessures apparentes... 
4) si possible, discuter avec la personne pour comprendre le mécanisme de l'accident et comprendre COMMENT ça s'est passé.  Ca permet d'évaluer la gravité des blessures et la possibilité plus ou moins grande de lésions cachées, etc.
5) tenter le 112 avec le portable...  je constate que ça ne passe pas...  eh m*rde.

Nouveau cycle d'évaluation... 

1) de combien de temps dispose la victime avant d'être en danger en restant seule sur place ?  Hemorragie ?  Perte de conscience possible ?  Hypothermie qui guette ?  Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
2) à combien de temps de là suis-je CERTAIN de pouvoir alerter les secours...  et ensuite combien de temps les secours mettront pour venir ?  Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...

Si 1 est plus grand que 2, autrement dit si on est certain de pouvoir orienter les secours sur la zone avant que la personne ne soit en danger de mort, on peut considérer la possibilité de laisser la personne sur place en :

- signalisant sa présence (lampe, drapeau, lui laisser un sifflet et une lampe, et son téléphone portable dans la poche, sait-on jamais...)
- la couvrant au max, et l'isolant du sol (en prenant appui sur sa jambe valide elle peut nous laisser glisser un matelas sous elle, puis 2-3 duvets et manteaux par-dessus, avec les bouillotes et tout si possible)
- la plaçant sur le COTE pour qu'en cas de KO elle soit directement en PLS

Et là on part en étant sûr de son chemin, et en faisant ATTENTION de ne pas se blesser soi-même...  sinon deux victimes en deux points différents, et toujours pas de secouristes...  !

S'il est apparemment impossible d'alerter les secours avant que la victime ne soit réellement en danger...  eh bien A MON HUMBLE AVIS il faut la transporter coûte que coûte, en faisant tout pour qu'elle :

1) reste en vie (attention au FROID même, voire surtout si on transporte la personne)
2) ait le moins possible de séquelles à long terme
3) n'ait pas trop mal (oui...  en dernier...)


Ben,chapeau... Tu me sorts ça en exam,et tu as ton brevet...

Une chose où deux a préciser...
Dans le cas où tu dois obligatoirement déplacer la victime....
le réalignement est recommandé.(Si non,bein la fracture fermée va sûrement se transformer en fracture ouverte...)
Si c'est un fémur, où plusieurs fractures... le déplacement se fera OBLIGATOIREMENT au minimum à plat!! et si possible en position de Trendelenbourg*,**. Car ton patient sera en début de choc hypovolémique et le fait de le relever va pas lui faire du bien... loin de là!

* Trendelenbourg= membres inf relevés pour créer un reflux sanguin vers les organes dits nobles.
** Sauf si risque de trauma cérébral.

Voili,voilou... Et j'espère pour tous que cette situation ne restera que théorie

@++













« Modifié: 19 décembre 2007 à 20:41:43 par pics »
KISS

19 décembre 2007 à 19:10:31
Réponse #14

Chester


Mesdames messieurs,je crois que nous avons là un reccord!!!!  :up: :)

19 décembre 2007 à 20:36:15
Réponse #15

DavidManise


Mesdames messieurs,je crois que nous avons là un reccord!!!!  :up: :)

Un record ??

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

19 décembre 2007 à 20:39:42
Réponse #16

DavidManise


Pics : merci pour tes précisions :up: J'ai hâte qu'on se fasse notre petit stage au printemps moi ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

19 décembre 2007 à 20:41:12
Réponse #17

Chester


bah oui  :)
ton post,délayé avec son post....ben je crois que c'est le plus long post que j'ai jamais lu de tooute ma vie (et sur le forum,aussi)


mais c'est très instructif,hein,y'a pas matière à se vexer!!!!! (je me méfie un brin,maintenant...vas savoir pourquoi :tongue: )

19 décembre 2007 à 20:44:58
Réponse #18

Pics (Vincent.D)


Pics : merci pour tes précisions :up: J'ai hâte qu'on se fasse notre petit stage au printemps moi ;)

David
IDEM... ;)
@++
KISS

19 décembre 2007 à 20:49:03
Réponse #19

jilucorg


Enfin, il est important comme le soulignait Sylvain de "baliser" la zone ou se trouve la victime pour que les secours aériens puissent la repérer. Mais avant de laisser ladite victime, il convient également de se repérer afin de pouvoir situer le mieux possible le lieu de l'accident.

C'est là qu'un GPS peut aider : enregistrer les coordonnées de l'endroit (POI) avant de partir, les noter aussi sur un papier (panne ou perte du GPS).

jl.

19 décembre 2007 à 21:25:08
Réponse #20

fabsah


Pics : merci pour tes précisions :up: J'ai hâte qu'on se fasse notre petit stage au printemps moi ;)


Salut les copains. Désolé de sortir du sujet mais :

- lieu ?
- déjà une idée des dates ?
- Stage "débutant" ou "intermédiaire" ?
- combien de participants max ? il reste combien de places ?
- prix ?
- Vincent : ca te dit de co-voiturer (avec Fred aussi sans doute) ?

fab

19 décembre 2007 à 21:33:02
Réponse #21

Pics (Vincent.D)


Salut les copains. Désolé de sortir du sujet mais :

- lieu ?
- déjà une idée des dates ?
- Stage "débutant" ou "intermédiaire" ?
- combien de participants max ? il reste combien de places ?
- prix ?
- Vincent : ca te dit de co-voiturer (avec Fred aussi sans doute) ?

fab
Co-voiturer??? Avec Fred et toi... attends je réfléchi!!! :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup:
Bienss que suis intéressé.... lollll Le trajet va être une aventure à lui tout seul!! :D ;)
@++
Pour le reste c'est plus David qui saura te répondre..

KISS

19 décembre 2007 à 21:38:23
Réponse #22

DavidManise


Idée des dates : pas vraiment pour l'instant.
Plutôt intermédiaire, je pense, a priori...  enfin comme toi quoi ;)
Nombre de participants max, on en avait discuté...  faut que je retrouve le fil.
Prix...  bah de quoi payer le trajet aux instructeurs belges et à cubitus quoi... ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

19 décembre 2007 à 22:09:49
Réponse #23

Sylvain74


C'est là qu'un GPS peut aider : enregistrer les coordonnées de l'endroit (POI) avant de partir, les noter aussi sur un papier (panne ou perte du GPS).

jl.

Oui enfin le GPS n'est pas forcement de toutes les sorties rando, loin s'en faut...
Ceci dit si il est là, c'est un réflexe à avoir. Et être capable de chopper un waypoint, et le retranscrire oralement aux secours dans la bonne norme.

hé,je disais ça parce que je suis là pour apprendre  :tongue: D'abord,si on fait du ski,c'est pas moi qui me blesserait la première:j'en fais chaque année depuis que j'ai 6 ans,et j'applique l'art du "tu peux skier comme une patate si tu veux tant que tu restes debout sur tes skis.. ce qui m'a parfaitement réussi jusqu'ici ;D )

sérieusement,n'ayant aucune notion de secourisme,je resterais VRAIMENT à côté du blessé,et j'essaierai de faire un feu (la technique du bois frisottis,je crois?) de résineux sur une souche...quitte à faire brûler un de mes gants en nylon pour que ça prenne plus vite.
Si ça réussit,et ben:chaleur,lumière et signal.
ça peut faire l'affaire comme technique?

Allez, je t'invite à une petite sortie ski. On jouera à celui qui se met la plus grosse tôle et devra être réanimé par l'autre avec la technique "frisotis"  :tongue:
Franchement, le feu, c'est pas ben envisageable sur ce genre de terrain.


Sinon, David et Pics, MERCI pour vos posts... Et je suis toujours et d'autant plus motivé par notre petit WE "secours en situations". Je ramènerai mes planches et ma pelle à neige pour confectionner un traineau. Ca permettra de relativiser...  ;)

Sylvain.

19 décembre 2007 à 22:19:48
Réponse #24

fabsah


Prix...  bah de quoi payer le trajet aux instructeurs belges et à cubitus quoi... ;)


Je demande car ma soeur et ma maman semblaient intéressées par un stage "pas trop froid". Sous réserve de disponibilité, ca pourrait faire un fameux groupe de belges  :blink: :lol:

Fred : tu nous lis ? Tu veux bien co-voiturer avec Vincent aussi, dis ?  ;D

fab

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //