Bon... quelques petites réflexions...
David, sur l'ensemble, et même en détails le raisonnement tiens bien la route. Il convient de bien faire ressortir en effet que chaque situation est singulière et complexe, et qu'il faut à chaque fois s'adapter.
Partant du cas général très large qui nous était donné, nous ne pouvons qu'envisager des hypothèses...
immobiliser une jambe à l'équerre, pas facile
... en effet. Mais pas impossible ! On va essayer de caler le membre pour éviter tout déplacement dans l'espace, mais aussi pour soulager celui ci de son propre poids.
On met donc dans tous les creux naturels présents entre le membre et le sol des objets (vêtements, parties de matériels,
amas de neige ou autres) afin de soulager celui ci, de limiter les efforts musculaires que la victime va avoir à mettre en œuvre. Le principe étant de d'offrir à la personne un soutien de son membre lésé.
On pensera également à caler la chaussure afin que le poids de celle ci n'entraine par de rotation ou de contraintes supplémentaires sur la jambe.
Pour parfaire nos gestes, penser aux problèmes d'hypothermie, aux difficultés de vascularisation, les chaussures seront desserrés. Ainsi le flux sanguin retrouve une dynamique moins perturbée. Et la formation de l'œdème consécutive au traumatisme pourra se réaliser vers l'extérieur, au lieu d'augmenter la compression et d'agir comme un garrot en comprimant les tissus vasculaires et nerveux.
Le pieds n'assurant plus par ses mouvements son statut de "pompe", le retour veineux est ainsi favorisé... du coup !
A propos du temps de recoloration cutanée, qui est un bon test, mais qui dans certaines situations atteint ses limites comme la souligné PICS. On adjoindra la recherche d'un pouls. Radial ou pédieux en ce qui concerne les membres. Mais on trouve les limites lorsque la personne est chaussée.
Par contre, il convient également de rechercher tout signe de lésion ou de problèmes nerveux. On s'attachera donc également à demander à la victime si elle ressent des sensations de picotements, de fourmillements ou toute absence de sensation dans les extrémités. La palpation à même la peau permet aussi d'affiner le bilan nerveux. En "papouillant" délicatement l'ensemble du membre en aval de la lésion, on va rechercher si la personne ressent ce qu'on lui fait. En effet, parfois on peut noter une zone blanche de quelques cm carrés sans aucune sensation, et qui peux faire penser à une lésion sur une branche terminale d'un nerfs.
Exemple... "il ne faut jamais réaligner un membre fracturé sans avis médical"... Faut!
Si on a la formation pour,il faut très souvent réaligner un membre fracturé,surtout si on envisage une évacuation du patient.

... Alors j'argumente...
En France au niveau des gestes de premier secours grand public on n'évoque même pas cette notion. Le calage du membre est la seule option.
Au niveau du secours en équipe, donc des secouristes avec matériels et pouvant prendre en charge les victimes dans le cadre d'un agrément...
La présence d’une déformation angulaire du membre atteint constitue un obstacle ou une gène
à la mise en place d’un matériel d’immobilisation.
Il est donc nécessaire de réaligner le membre, c’est à dire de lui faire recouvrer un axe proche
de la normale, avant de l’immobiliser.
Ce réalignement permet de :
• Prévenir les mouvements ;
• Mettre en place une attelle ;
• Limiter les complications de compression vasculaire ou nerveuse.
Le réalignement d’un membre se fait, chaque fois que possible, en présence d’un
médecin.
En l’absence de médecin, le réalignement d’une fracture de l’avant-bras ou de la jambe ne sera
réalisé, par un équipier secouriste, qu’après avis médical.
Cette citation est issue des documents PSE 1/2 consultable en ligne ici...
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_l_interieur/defense_et_securite_civiles/formation/nnfasc/osc/viewDans la réalité, rare sont les médecins régulateurs à autoriser cette manœuvre "a distance" en France. La pénurie d'équipe médicale fait que très souvent, mais heureusement pas toujours, l'immobilisation se fera dans une attelle a dépression, le membre laissé tel quel...
Donc, dans le cas qui nous était présenté je réitère ce que j'ai dis. Pics, de plus tu souligne le fait qu'un réalignement ne peut être fait à une seule personne et qu'elle nécessite du matériel d'immobilisation.
En outre, c'est très souvent une action très douloureuse nécessitant une prise en charge de la douleur. Les antalgiques puissants ne sont en général pas présents dans les trousses de secours des randonneurs lambda.
Néanmoins pour ce qui intéresse la montagne, on peut trouver sur ce site
http://www.ifremmont.com/docmmont.php des renseignements valables sur ces situations et les prises en charge.
Enfin, en ce qui concerne la réalisation d'un traineau. C'est vraiment en tout dernier recours... au fin fond de l'Alaska. Je n'ai pas réussi à trouver un document sur la réalisation.
Juste une photo pour illustrer l'inconfort pour la victime, et le nombre de personne nécessaire pour son maniement sur un terrain relativement tranquille...
Bon, voilà de quoi discuter encore un peu... le sujet est tellement vaste...
Mais encore une fois, ce sujet souligne bien l'intérêt de se former aux techniques de premier secours. Elles permettent "a minima" de trouver des éléments d'actions et de réponses à un grand panel de situation.