J'avais offert un holster SAFARILAND (6004 SLS) à mon arme de service (j'aime bien faire des cadeaux surtout quand cela peut me rassurer un peu), modèle de base pour port au ceinturon, plus plaque de protection du système d'ouverture
Je l'ai eu après 3 ans de port d'arme dans un étui en cuir avec une simple patte de retenue.
Je n'ai osé le prendre en service qu'après presque 6 mois de travail à sec et en stand, n'arrivant pas à effacer la mémoire musculaire.
Une fois "sûr de moi", je n'ai plus fait attention à mon arme, pouvant libérer ma main forte plutôt que de garder le bras plaqué pour avoir un contrôle physique de l'étui.
Ce qui a amené à une erreur : lors d'une émeute, j'ai utilisé mes 2 mains pour menotter une personne au sol sans me soucier de mon dos et un indélicat a tenté une saisie de mon arme.
Premier désagrément : la surprise de sentir son ceinturon soulevé jusque sous les bras
Deuxième désagrément : j'étais tiré en arrière, donc en déséquilibre, alors que j'étais auparavant en appui, la réaction de la personne allongée a été immédiate : il a roulé sur le coté
Ma chance a été que l'indélicat s'attendait à se retrouver avec un objet de 1 kg dans la main, pas avec tout un gendarme de 90 kg
Plutôt que de profiter de son avantage et me finir, il a marqué un temps d'arrêt, ce qui m'a permis de pousser sur mes jambes pour me redresser, tout en balancant mon coude et le cueillir sous le menton.
Avec l'élan, je lui ai cassé des dents et la mâchoire en plusieurs endroits, et le choc a provoqué un KO, j'ai dépensé un paquet de chance ce jour là. Après ce coup, mon réflexe a été de sortir mon arme en vue d'un tir pour me dégager mais :
la menace arrière était au sol, immobile
la personne au sol s'était barrée à 4 pattes
mes collègues tenaient toujours une zone safe de plusieurs mètres autour de moi.
Donc l'arme est restée bien sagement dans son étui et j'ai menotté mon indélicat, histoire de ne pas rentrer bredouille
La situation s'est calmée par elle même une fois les renforts arrivés.
J'ai voulu savoir comment l'indélicat avait pu se retrouver dans mon dos : de la manière la plus simple qui soit : il s'était présenté comme échevin de la commune (ce qui était vrai), et a dit vouloir être protégé dans le dispositif.
Ce qui fût fait
Il n'a jamais dit pourquoi il avait tenté de se saisir de mon arme.
Avec un étui "sans sécurité", il aurait pu se saisir de mon arme sans aucun souci et toujours prétendre que je l'avais perdue (j'ignore s'il comptait s'en servir ou juste me la piquer), tandis que là, j'ai acté dans le PV qu'il avait tiré suffisamment fort sur l'arme que pour me soulever, et que dès lors, il s'agissait d'un acte volontaire (PV pour rébellion en bande, la nuit, avec arme)
A noter que j'ai mal frappé (coup totalement à l'aveugle) et que je me suis fêlé le coude