On est d'accord.
On est pas d'accord. Du moins si tu fais le parallèle avec une société. Il existe des organes de contrôle du "bras armé". Après, on pourrait disserter de la clairvoyance de la justice, mais on serait HS.
Probable qu'au début des temps, chacun avait ce droit de se faire justice, et pour des raisons de spécialisation, évoquées plus haut, et aussi d'abus de particuliers dans l'application de leur "droit", on a progressivement enlevé ce droit aux particuliers, justement. Je ne sais pas si je suis clair. Sur le papier, c'est pas mal. Sauf que c'est inapplicable en pratique, pour des raisons d'effectifs, de coût, de formation, d'engorgement de différents rouages (PDJ, prisons, etc).
Mais cette évolution a causé une évolution des mentalités, une sorte de schizophrénie qui tend à croire que le monde EST non violent par essence ou qu'il peut l'être (On pourrait encore digresser sur la négation de la mort dans les civilisations occidentales, qui est un des aspects de cette déformation de perception de la réalité). Bref, la société ayant été très protectrice, à un moment où elle pouvait l'être, et à un moment où il y avait tant à reconstruire que peu de gens avaient le temps de faire des conneries, l'occidental de base a acquit l'intime conviction que le monde était celui de Bambi. Ou qu'il devait y tendre (impossible). Et donc, violence, armes et tutti quanti ont été bannies. En Occident. S'il est évidemment valable de tendre vers une société "calme", comme chaque homme devrait y aspirer à titre personnel, il est très néfaste de refuser aux particuliers de se défendre contre un "ennui" franchissant la ligne jaune. Le souci est ensuite de la perception de la chose. Comme Gros Calou le disait, on ne s'énerve pas pour du matos. Ou un peu, mais "dans la limite". Pour un enfant, on doit le faire. Mais désormais, on n'a plus le droit. Enfin... On a pas le droit de se faire attraper, nuance. 
Sujet glissant quand même.
Ouais, on est d'accord en fait. C'est juste que mon analyse était moins détaillée que toi.
Tu me fais gamberger à un truc intéressant. On sait qu'en situation de survie, on se plante souvent dans les zones grises, les zones de transition entre le moment "pas à risque" et le moment "à risque". Genre l'alpiniste qui redescend d'un sommet super technique qu'il vient de réussir, et qui se tue en se prenant les pieds dans une racine sur un bout de sentier même pas si raide à 600m d'altitude en revenant au parking.
Notre société a tenté -- et pendant un temps a plutôt pas mal réussi -- à rendre le monde moins dangereux. Franchement, quand on se promène en France, concrètement on ne risque pas régulièrement de se faire poignarder, violer, ou tirer dessus. Le risquue existe, mais il reste faible par rapport aux accidents de la route ou aux cancers. Les français meurent de maladies et d'accidents cons, pas par meurtre, globalement. Or, y'a des coins pourris dans certains pays où les vieux ne sont pas légion, et où c'est pas QUE la maladie qui les emportent jeunes.
Bref, là où je veux en venir, c'est que malgré plein d'imperfections, jusqu'à maintenant on a pu vivre tranquilles. Mais là c'est en train de changer... et ça pose deux problèmes :
1) la plupart des gens ne sont plus équipés mentalement et physiquement et socialement (groupes de soutien) pour faire face à la violence physique brute...
2) comme le système judiciaire -- et c'est son rôle -- contrôle et souhaite continuer à contrôler la violence, il est toujours un peu risqué de se défendre soi-même. On s'expose à un risque additionnel : le risque juridique.
Et donc, si dans un futur proche les choses partent vraiment en c*u!lle, sommes nous préparés à faire face à la violence, sans (ou avec beaucoup moins de) service public pour limiter la casse ?
Les périodes de changement sont toujours l'occasion d'abus et de conneries diverses. En l'absence de cadre, on se rend vite compte que la plupart des gens en ont vraiment, mais alors vraiment besoin.
C'est la différence entre les mammifères et les mollusques. Les mollusques ont besoin d'un cadre extérieur pour contenir leur mollesse... les mammifères ont leur squelette à l'intérieur d'eux, et ça leur suffit. Tu enlèves le cadre, ils sont juste plus libres de leurs mouvements, un peu plus vulnérables, mais ils ne partent pas en c*u!lle pour autant.
Si on prend l'histoire de la IIe guerre mondiale, les moments de transition, la libération, les maquis ont été l'occasion pour plusieurs d'abuser méchamment de cette période de "non-droit". Pour d'autres, ça a été l'occasion de briller par leur engagement, leur bienveillance...
Pour ma part, je vis ma vie avec un code moral qui est propre à moi. Fort heureusement pour moi, ce code correspond vraiment très bien aux principes qui fondent les lois de la République Française : ne pas nuire à autrui, respecter et protéger la vie, la propriété, et l'honneur des autres, etc. Mais le jour où les lois changeront, mon code moral, lui, ne changera pas pour autant. Et si les lois disparaissent, idem.
Ciao

David