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Le télé nous montre - te montre - les atrocités du jour.
Sans perspective, sans réelle analyse - juste pour faire de l'audience.
Et on aurait bien une tendance à croire que ce que l'on voit à la télé, c'est la réalité qui nous pend au nez ...
Résultat, certains ont peur de leur ombre.
Alors que l'immense majorité de la population ne verra jamais ces atrocités de près.
Et certainement pas au fond des bois en cours de bivouac.
Libre à chacun de se focaliser sur certains dangers, soit suite à une expérience personnelle traumatisante, soit plus raisonnablement, en fonction de l'environnement dans lequel on vit ou on travaille.
Mais celui qui se focaliserait sur tous les dangers, toutes les parades aux catastrophes montrées à la télé, celui là ne vivrait plus.
Le citoyen normal n'est pas obligé de sombrer dans la paranoïa .
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D'accord avec toi, Bison, sauf, très précisément, sur le "
certainement pas au fond des bois en cours de bivouac"...
Et je crois que c'est tout le propos de Patrick qui, régulièrement ici, nous rappelle à juste titre que ce n'est pas parce qu'un risque est statistiquement hautement improbable qu'il est inexistant et que ce n'est pas parce que certains drames sont particulièrement affreux qu'ils n'arrivent jamais...
On sait tous qu'au vu des probabilités statistiques, on a par exemple bien plus de risques de décéder d'un accident de voiture sur un trajet quotidien que de mourir agressé lors d'un bivouac isolé en pleine nature (sauf, naturellement, dans les films pour ados américains...).
Ce n'est pas pour autant que l'on renonce à nos trajets quotidiens, et a fortiori ce n'est donc pas une raison pour renoncer à des bivouacs isolés...
Il n'empêche que, même pour les trajets quotidiens des précautions élémentaires s'imposent et, de même, pour les sorties en solitaire dans la nature et bien des précautions s'imposent également, naturellement...
Vivre sans tomber dans la paranoïa, oui, bien sûr, c'est plus qu'important... Et un des grands enjeux de ce forum me semble-t-il est justement de parvenir à anticiper même l’imprévisible et l'improbable sans tomber dans la paranoïa...
Mais se persuader qu'on ne risque rien, parce que la télé ne raconte que des c*nneries (ce qui n'est pas totalement faux), qu'on n'est pas à Bogota (ce qui, en tout cas pour moi, est également vrai), et que les psychopathes dangereux ne courent quand même pas les rues (ce qui est encore vrai) est en toute rigueur évidemment erroné.
Et il me semble qu'ici, ce sont des nuances qui comptent, même si, encore une fois, je partage pleinement ton invitation à vivre plutôt qu'à rester cloîtré chez soi paralysé par la paranoïa...
Cordialement,
Bomby
EDIT : Derrière, cette petite discussion légèrement HS, je me demande quand même s'il n'y a pas un vrai sujet... On a tous, chacun, nos petites peurs particulières et nos petites paranoïas... Mais dans ce qu'écrit Rosetta, et qui fait écho à ce que j'ai déjà souvent entendu ailleurs, je retrouve la contradiction dans laquelle sont enfermées pas mal de femmes aujourd'hui (plus que d'hommes), qui aspirent à pouvoir se balader, courir, randonner, le cas échéant seules, dans la nature, ce qui est au moins très "régénérant", mais qui renoncent à le faire par crainte d'agressions... L'intensité et l'impact supposés du risque imaginé l'emportent généralement, malgré sa faible probabilité statistique... Et ça ne me semble pas du tout illégitime, et l'appréhension, dès lors qu'elle est là, ferait de toutes les façons perdre à l'intéressée le bénéfice du caractère régénérant de la "promenade"...
A mon avis, un vrai problème et un vrai sujet...