
Une fenêtre s'ouvre sur les crêts du Pilat

Puis toute la chaine se dévoile avec ses contreforts.
Il est 18h passée, il va être temps d'aller trouver une zone de campement. Je n'ai pas repéré de zone à l'avance et vais là où me portent mes pieds. La première nécessité est de me réapprovisionner en eau. Je repère plusieurs ruisseaux. Ils se révéleront être tous à sec m'obligeant à passer de l'autre coter du versant.
En chemin je croise un chien en vadrouille, (une ferme n'était pas très loin

). Il commence à me japper aprés. Il s'avance rapidement en aboyant et s’arrête à 10 M. "Bonjour toi, comment vas tu". Je ne bouge plus et l'évalue. Au premier coup d'œil, il défendait son territoire, position d'attaque, la queue droite. Calme et marchant lentement, je passe mon chemin, à reculons, le fixant. Il me regarde et me laisse partir. Je me retourne tout de même au bout de 20 m, "tient salut toi !". Le bigre ne s'attendait pas à ce que je me retourne et aboi à nouveau, mais cette fois si, sa queue s'agite à l'horizontale et lorsqu'il aboi, il place l'avant de son corps prés du sol et bouge de droite à gauche, tout excité, "le sourire aux lèvres"...comme mon chien dans sa jeunesse.

Ok, j'ai compris, tu veux des papouilles, ça tombe bien j'ai besoin de me poser.

Bingo, à peine assis l'animal se jette sur mois pour réclamer gratouilles et autre caresses. Y'a pas à dire, un animal, ça vous donne le smile en 2 secondes.

Après 10 min de jeu avec mon compagnon, je dois hausser le ton "file !" pour qu'il arrête de me suivre, son regard mêlé de tristesse et d’incompréhension me fend le cœur.

Cette petite pause m'aura au moins permit de me donner le jus pour finir cette journée tranquillement. J'arrive sur l'autre versant, vue sur la plaine du Forez et Saint Chamond. Lyon, coin droit, Saint Etienne, coin gauche (non visible).

Je repère une source au centre d'un champ. Pas d'autre plus que lui (donc pas de contamination à travers les déjections d'animaux) Je rempli 5 Litres, 15 goûtes de tea tree pour la purification, et zou !

Direction le fond de la vallée, au bord de la rivière de la Valla en Gier, entre les deux barrages.
20h, je suis arrivé. Au fond du vallon, au bord de la rivière. Quelques étirements et on fait le camp. Pas de nuit en hamac cette nuit, j'installe simplement mon poncho au sol, et le tapis de mousse par dessus. Pas de pluie prévue pour cette nuit ni de vent. Je redoute simplement l'humidité. Mais je veux tester l'apport de chaleur de la cagoule et du tour de coup.
Je rassemble du bois pour le repas du soir, au menu vermicelle au pot au feu. Avec un réchaud à bois, pas besoin de grand chose, 2 branches longue de 40 cm, 5 cm de diamètre et c'est parti pour du batonnage à la frontale (je le répète, mais une frontale, c'est quand même vachement mieux qu'une lampe torche !). Ça tombe bien, il n'y a pas grand chose au bord du court d'eau et ce n'est que du bois flotté un peu humide que je trouve à proximité. Un peu de chocolat à la noisette en dessert, accompagne de la pleine lune, et bonsoir m'sieurs dames !
Le lendemain, 8h30. Bilan de la nuit, je n'ai jamais eu froid, mais je sentais qu'avec 2 ou 3 degrés de moins ça commencerait à être limite.
J'ai dormi avec toutes mes couches de vêtements :
Cagoule Merinos
Bonnet en laine
Tour de coup Zargun (autour du coup, nan parce qu'on pourrait en fair un bonnet aussi
)
T shirt manche longue merinos
Woolpower 200 gr
Polaire D4
Pantalon Vidda
Chaussettes épaisse en laine
A 3h, il faisait 9°C plus une bonne dose d'humidité, le poncho était déjà trempé.
Ptit kawa du matin avec le restant de bois bâtonné d'hier et son chocolat au riz soufflé et zou ! Aujourd'hui, on fait la tourner des barrages du Pilat.
Je viens de dormir aux pieds de l'un d'eux, nous irons dormir vers les deux plus sublimes et anciens de la région : direction le gouffre d'enfer !