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Auteur Sujet: définir une méthodologie pour disserter d'un fait divers?  (Lu 3566 fois)

13 août 2011 à 10:35:55
Lu 3566 fois

bison solitaire


La question se pose eu égard aux digressions telles qu'on peut en voir souvent (et dont je suis parfois un des auteurs) et notamment sur le dernier sujet des émeutes de Londres.
Pensez-vous qu'on puisse considérer un fait divers aussi horrible qu'il soit comme une étude de cas, et ainsi de le "résoudre" comme tel, je m'explique.
Du fait divers, il s'agit d'en expliciter les données, que chaque mot important soit compris par tout le monde de la même manière (bref recherche d'un consensus).
Ensuite, dresser la liste de tous les problèmes rencontrés pour faire émerger ce qui peut être considéré comme le problème majeur (là encore recherche d'un consensus)... Il s'agirait pour faire simple de donner un titre court qui permettrait de comprendre immédiatement la situation (un peu à l'image des génériques des séries: en peu de temps de télespectateur doit comprendre de quoi il retourne dans la série).
Enfin une phase de recherche de "protocole d'action" qui dans les grandes lignes pourraient être commun dans l'ensemble des situations similaires (qu'est ce qu'on pourrait faire avant, qu'est ce qu'on pourrait faire après...)
...
Si certains reconnaissent les éléments d'une méthodologie appliquée dans le scolaire au canada... c'est normal  ;#
Mais ça permettrait peut-être d'être moins "sanguin" dans certains posts...

13 août 2011 à 10:58:07
Réponse #1

azur


Pour les compositions de culture générale dans l'armée, on utilise une méthodologie que j'apprécie assez pour sa structure "saine":
Introduction
- accroche: tiré d'un exemple de l'actualité de préférence pour interpeler le lecteur
- reformulation du sujet/de la question
- définition des termes litigieux: ce qui permet de poser clairement les bases de la réflexion!
- définition des limites du sujet: à la discrétion du rédacteur... ce qui permet d'annoncer la couleur et l'angle de la réflexion
- annonce de l'idée maitresse: la réponse du rédacteur au sujet, qui suppose une prise de partie personnelle
- annonce du plan
2 ou 3 parties, incluant chacune 2 ou 3 sous-partie (pas davantage, l'esprit humain retenant assez bien 3 points, difficilement 4)
- plutôt que "thèse/antithèse/synthèse" bateau et parfois trop brut, je préfère "certes, cependant... mais surtout!" qui permet d'avoir une plus grande fluidité et un enchainement plus naturel des partie
Conclusion
- confirmation de l'idée maitresse
- ouverture: élargissement vers un autre sujet ou vers un autre aspect... qui ne pouvait être traité dans le sujet


Cette méthodologie est assez lourde, mais au cours d'une discussion, orale ou écrite qui se veut constructive, je retiens quelques points:
- reformulation du sujet/de la question
- définition des termes litigieux: ce qui permet de poser clairement les bases de la réflexion!
- définition des limites du sujet: à la discrétion du rédacteur... ce qui permet d'annoncer la couleur et l'angle de la réflexion
éventuellement 2 ou 3 parties: certes, cependant... mais surtout!"
- énoncé de l'idée maitresse

Cette structure est assez aisée à maitriser et à l'oral, ce "formatage" permet de donner une base claire à son argumentation, ce qui est en général apprécié par les jury.
C'est aussi un formatage assez bien adapté en pédagogie.
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

13 août 2011 à 11:04:48
Réponse #2

bison solitaire


Pour les compositions de culture générale dans l'armée, on utilise une méthodologie que j'apprécie assez pour sa structure "saine":
Introduction
- accroche: tiré d'un exemple de l'actualité de préférence pour interpeler le lecteur
- reformulation du sujet/de la question
- définition des termes litigieux: ce qui permet de poser clairement les bases de la réflexion!
- définition des limites du sujet: à la discrétion du rédacteur... ce qui permet d'annoncer la couleur et l'angle de la réflexion
- annonce de l'idée maitresse: la réponse du rédacteur au sujet, qui suppose une prise de partie personnelle
- annonce du plan
2 ou 3 parties, incluant chacune 2 ou 3 sous-partie (pas davantage, l'esprit humain retenant assez bien 3 points, difficilement 4)
- plutôt que "thèse/antithèse/synthèse" bateau et parfois trop brut, je préfère "certes, cependant... mais surtout!" qui permet d'avoir une plus grande fluidité et un enchainement plus naturel des partie
Conclusion
- confirmation de l'idée maitresse
- ouverture: élargissement vers un autre sujet ou vers un autre aspect... qui ne pouvait être traité dans le sujet


Cette méthodologie est assez lourde, mais au cours d'une discussion, orale ou écrite qui se veut constructive, je retiens quelques points:
- reformulation du sujet/de la question
- définition des termes litigieux: ce qui permet de poser clairement les bases de la réflexion!
- définition des limites du sujet: à la discrétion du rédacteur... ce qui permet d'annoncer la couleur et l'angle de la réflexion
éventuellement 2 ou 3 parties: certes, cependant... mais surtout!"
- énoncé de l'idée maitresse

Cette structure est assez aisée à maitriser et à l'oral, ce "formatage" permet de donner une base claire à son argumentation, ce qui est en général apprécié par les jury.
C'est aussi un formatage assez bien adapté en pédagogie.

Certes, mais dans le cas présent, le but est aussi de prendre en compte tout ce qui vient du groupe (donc ici du forum), pour que personne ne se sente lésé. Il n'y a donc pas qu'un seul rédacteur.
Et pour la dernière phase, peu importe le nombre de parties et sous-parties et leur longueur.
Et surtout, le fait divers n'est pas un sujet (genre pensée d'un sage chinois ou indien... Tiens ils l'avaient fait au concours de commissaire celle-là il y 3 ou 4 ans...), donc il n'y a pas de reformulation, mais plutôt, presque, de la paraphrase, puisqu'on commence par lister tous les problèmes qu'on y voit.
En fait, ce que tu proposes pourraient correspondre à la mise au jour du problème majeur (le problème ou reformulation du sujet) et phase de "conceptualisation" (plan en 2 ou 3 parties); avec ce que j'avais proposé on ajoute de manière transparente dans la discussion le brouillon de ta dissertation.
Après tout, même quand on lit un bon bouquin, on ne souhaiterait pas parfois jeter un coup d'oeil sur les recherches de l'auteur?

13 août 2011 à 11:27:11
Réponse #3

** Serge **


La question se pose eu égard aux digressions telles qu'on peut en voir souvent (et dont je suis parfois un des auteurs) et notamment sur le dernier sujet des émeutes de Londres.

Juste une digression : les émeutes britanniques dépassent le cadre des faits divers. Ils sont un évènement social, économique et politique.
C'est pourquoi, dès le départ, je me suis retenu de toute intervention sur le sujet tant il est impossible d'y apporter une analyse sans passer par une condamnation  de l'actuelle politique économique anti sociale menée brutalement par le gouvernement britannique à l'égard des classes moyennes et défavorisées.

Au-delà de l'aspect criminel des faits perpétrés, il y a une réalité politique et socio-économique à prendre en compte. Le spectre des années de plomb du Tatcherisme ressurgit violemment et abruptement.
Le désespoir prend alors bien des formes.

Ceci pour dire qu'un fait divers est, également, le reflet social d'un moment précis dans un cadre particulier.
La Charte de ce forum nous limite consensuellement à uniquement aborder le cadre technique de ce fait.
C'est-à-dire, parfois, à passer volontairement à côté de l'iceberg pour n'en regarder que l'extrémité émergente.

Dans le cas précis des émeutes londoniennes, un gouvernement foncièrement inéquitable aura à coeur d'enterrer certains aspects des faits pour en souligner d'autres.

Je crois qu'il serait sage et digne que l'on tire un voile sur ces émeutes, sur le forum, afin de ne pas placer certains de ses membres dans l'inconfort de devoir littéralement mordre sur leur chique pour ne pas taper du poing sur la table.

Merci de m'avoir lu.

« Modifié: 13 août 2011 à 14:23:57 par ** Serge ** »
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

13 août 2011 à 11:29:54
Réponse #4

Leif


formatage et pédagogie ne devraient jamais se trouver dans la même phrase, comme c*u!lle et derrière toi par exemple ;#


13 août 2011 à 11:35:10
Réponse #5

azur


formatage et pédagogie ne devraient jamais se trouver dans la même phrase, comme c*u!lle et derrière toi par exemple ;#
certes... certes...  :sgt:  m'enfin, je pense que tu as compris ce que j'entends par là (par où?) ::)
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

13 août 2011 à 11:39:40
Réponse #6

bison solitaire


Juste une digression : les émeutes britanniques dépassent le cadre des faits divers. Ils sont un évènement social, économique et politique.
C'est pourquoi, dès le départ, je me suis retenu de toute intervention sur le sujet tant il est impossible d'y apporter une analyse sans passer par une condamnation violente de l'actuelle politique économique anti sociale menée brutalement par le gouvernement britannique à l'égard des classes moyennes et défavorisées.

Au-delà de l'aspect criminel des faits perpétrés, il y a une réalité politique et socio-économique à prendre en compte. Le spectre des années de plomb du Tatcherisme ressurgit violemment et abruptement.
Le désespoir prend alors bien des formes.

Ceci pour dire qu'un fait divers est, également, le reflet social d'un moment précis dans un cadre particulier.
La Charte de ce forum nous limite consensuellement à uniquement aborder le cadre technique de ce fait.
C'est-à-dire, parfois, à passer volontairement à côté de l'iceberg pour n'en regarder que l'extrémité émergente.

Dans le cas précis des émeutes londoniennes, un gouvernement foncièrement inéquitable aura à coeur d'enterrer certains aspects des faits pour en souligner d'autres.

Je crois qu'il serait sage et digne que l'on tire un voile sur ces émeutes, sur le forum, afin de ne pas placer certains de ses membres dans l'inconfort de devoir littéralement mordre sur leur chique pour ne pas taper du poing sur la table.

Merci de m'avoir lu.



Je suis d'accord de bout en bout avec ce que tu écris Serge.
Et j'ai employé le terme de faits divers à dessein afin d'être volontairement plus léger, histoire de dépassionner les débats (en partant du postulat discutable que la passion est destructrice)... Parce qu'à la fin comme le chantait Passi "c'est rien, c'est rien... deux jours aux infos, après on est tranquille"
Du coup je précise encore ma pensée: vu qu'on part d'un fait d'actualité, il s'agit souvent d'étude de cas après action. Il y a problème, qu'est ce qu'on peut faire? Au niveau individuel ou petit groupe, on peut encore parler anticipation, au niveau d'une nation, c'est plus complexe et quasi "indéconnectable" de la politique (mais c'est le cas pour tout un tas de choses; et même à un moindre niveau: dans une profession, lorsqu'on travaille sur un cas qui met en difficulté un acteur du système, quel qu'il soit, il est difficile de ne pas remonter jusqu'à la hiérarchie).
En fait les projecteurs seraient ici braqués sur le contexte immédiat, l'acteur principal et sa famille/réseau, et les lois en vigueur (et les risques auxquels on s'expose si on les trangresse. On peut voir ça sous la forme d'une pyramide ou d'un diagramme de Venn.
On laisserait donc de côté le côté politique... pour voir ce qu'on peut faire avec ce qu'on a (individuellement, en groupe, avec notre culture et nos lois...)
« Modifié: 13 août 2011 à 11:52:31 par bison solitaire »

13 août 2011 à 12:43:30
Réponse #7

remden


(...)
Je crois qu'il serait sage et digne que l'on tire un voile sur ces émeutes, sur le forum, afin de ne pas placer certains de ses membres dans l'inconfort de devoir littéralement mordre sur leur chique pour ne pas taper du poing sur la table.

Merci de m'avoir lu.

merci, Serge, on ne pouvait pas mieux exprimer la chose ! (...et surtout quand ça dévie vers le religieux. Religion + problèmes politiques et sociaux = prise de tête intégrale).

13 août 2011 à 13:02:05
Réponse #8

Bison


Revenons au sujet ... (la discussion sur les émeutes de Londrs est déjà sous haute surveillance shammanique  ;#)

[quote:bison solitaire]Pensez-vous qu'on puisse considérer un fait divers aussi horrible qu'il soit comme une étude de cas, et ainsi de le "résoudre" comme tel, je m'explique [...].[/quote]

Un accident d'avion qui fait 100 ou 500 morts, c'est assez horrible?
Et bien je peux vous assurer que cela fait une fameuse "étude de cas", non seulement de la part des autorités, qui ne manquent pas d'émettre des recommandations pertinentes, en général (- sauf si Airbus est impliqué - j'ai rien dit), mais aussi de la part de tous les chefs pilotes, instructeurs et pilotes "avertis". Lesquels ne manquent pas, d'ailleurs, de se faire leur propre "religion" sur la question, spécialement quand les autorités sont "prudentes" dans leurs conclusions. (Le rapport d'enquête est quant à lui objectif dans les faits ...)

L'actualité fournit bien des sujets permettant des "études de cas". Même si on ne dispose pas de toutes les données, même si on ne "connaît" l'évènement que par les média, toujours avides de sensationnalisme et de jugements à l'emporte pièce. On fait avec les informations que l'on a, et on "étudie" ...

NB, pour l'actualité actuelle :  n'oublions jamais que nous ne savons que ce que les médias nous montrent ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

13 août 2011 à 13:06:48
Réponse #9

bison solitaire


Absolument on ne dispose souvent qu'une information parcellaire.
Et dans un premier temps, le but serait de rester "dans le cas" (donc pas de hors sujet, pas d'hypothèse), pour élargir dans la dernière phase (où là on peut effectivement faire des recommandations).
Ton exemple est effectivement assez horrible... On peut aussi se "contenter" des récentes joggeuses: on prend l'article, on dresse la liste des données à l'état brut, on fait la liste des problèmes, on tente de dégager le problème majeur, et on établir un protocole d'action/des recommandations...

13 août 2011 à 13:43:59
Réponse #10

azur


Certes, mais dans le cas présent, le but est aussi de prendre en compte tout ce qui vient du groupe (donc ici du forum), pour que personne ne se sente lésé. Il n'y a donc pas qu'un seul rédacteur.
Et pour la dernière phase, peu importe le nombre de parties et sous-parties et leur longueur.
Et surtout, le fait divers n'est pas un sujet (genre pensée d'un sage chinois ou indien... Tiens ils l'avaient fait au concours de commissaire celle-là il y 3 ou 4 ans...), donc il n'y a pas de reformulation, mais plutôt, presque, de la paraphrase, puisqu'on commence par lister tous les problèmes qu'on y voit.
En fait, ce que tu proposes pourraient correspondre à la mise au jour du problème majeur (le problème ou reformulation du sujet) et phase de "conceptualisation" (plan en 2 ou 3 parties); avec ce que j'avais proposé on ajoute de manière transparente dans la discussion le brouillon de ta dissertation.
Après tout, même quand on lit un bon bouquin, on ne souhaiterait pas parfois jeter un coup d'oeil sur les recherches de l'auteur?
Ok, vu... j'avais mal lu... c'est ma faute à moi  :huh:

Du coup, je te propose une autre approche:
Situation:
- quoi: émeute, rixe, insécurité...
- qui: individu isolé, petit groupe, foule...
- comment: tension, pression, manifestation, agressions...
- où: ville, centre, banlieue, immeubles, résidences, lotissements...
- quand: jour, nuit, hiver, été, pluie, froid, chaud...
- pourquoi: le but n'est pas de désigner des coupables, mais simplement de savoir ce qui se passe
cette partie pourra être la synthèse des informations provenant de sources diverses et autant que possible, vérifiées et recoupées, ce qui permet d'avoir un renseignement fiable.

Problème(s) rencontré(s):
le(s) problème(s) qui peuvent se poser à "moi", liés à mon lieu de résidence, mon activité professionnelle, ma famille, etc... dans le cadre de la situation décrite en première partie

Réactions possibles:
avec, pour chaque alternative:
- avantage
- inconvénient
- risque

En suivant ce plan, je pense que ça peut aider à se focaliser sur les problèmes objectifs qu'on peut rencontrer
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

13 août 2011 à 13:48:22
Réponse #11

DavidManise


Je crois qu'il serait sage et digne que l'on tire un voile sur ces émeutes, sur le forum, afin de ne pas placer certains de ses membres dans l'inconfort de devoir littéralement mordre sur leur chique pour ne pas taper du poing sur la table.

Je suis heureux de voir qu'au moins une personne ici partage mon ressenti sur ce sujet.

Je bous...  mais j'ai tellement l'habitude de bouillir sur plein de sujets et de laisser les fils courir en espérant qu'il en sorte du signal que j'en deviens peut-être trop tolérant.

Difficile de trouver le juste milieu.  Toujours...

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

13 août 2011 à 13:59:37
Réponse #12

Corin


Afin d'aller dans le sens de la remarque de Serge et de David sur les origines socio-économiques, je vais encore plus loin dans les références qui peuvent expliquer le phénomène. 2 articles du Monde pour éclairer ce qui se passe:

Citer
La Chine profite de la crise pour asseoir sa puissance

Depuis la dégradation par Standard & Poor's de la note souveraine des Etats-Unis, la finance mondiale est dans tous ses états. Cette sanction qui touche la première puissance mondiale n'est pas l'unique indice de la crise économique mondiale qui dure depuis bientôt quatre ans. Un certain nombre de pays, dont des Etats membres de la zone euro comme la Grèce, l'Espagne ou le Portugal, sont touchés par la crise et l'explosion de leur dette souveraine.

Dans ce contexte, la Chine, deuxième puissance mondiale, premier créancier des Etats-Unis – elle détient 1 160 milliards de dollars de bons du Trésor américain, soit 813 milliards d'euros – et propriétaire d'une partie de la dette de plusieurs Etats européens – 630 milliards de dette de la zone euro environ – "contraste avec la situation des pays occidentaux", observe Antoine Brunet, économiste à Lazard frères gestion et auteur d'un tribune publiée dans Le Monde sous le titre : "La stratégie chinoise du yuan ruine les finances de l'occident"

M. Brunet ne se fait pas de souci quant à la santé économique de la République populaire : "Si nous repartons dans une période de récession, la Chine connaîtra un léger effet boomerang, car ses exportations ralentiront, mais ce ralentissement sera compensé par des exportations de biens manufacturés en direction de la Russie, le Moyen-Orient ou les pays africains." En outre, le pays, selon lui, pourra toujours jouer sur "la relance budgétaire afin de ne pas marquer un trop fort ralentissement de sa croissance", qui a atteint 10,3 % en 2010.

TAPER DU POING SUR LA TABLE

Mais la Chine n'encourt-elle pas un risque en détenant quelque mille milliards de dollars de la dette américaine? Non, car il faudrait que les Etats-Unis se retrouvent en défaut de paiement pour que le gouvernement chinois s'inquiète, ce qui n'est pas le cas. Mais cette annonce permet à la Chine de taper du poing sur la table. Symboliquement et publiquement.

Samedi 6 août, l'agence de presse Chine nouvelle, connue pour ne pas bouger d'un cil sans l'accord des plus hautes autorités du parti au pouvoir, déclarait que "la Chine a désormais tous les droits d'exiger des Etats-Unis qu'ils s'attaquent à leur problème structurel de dette". C'était dans la foulée de l'annonce de l'abaissement de la note américaine par Standard & Poor's.

"MONNAIE DE SINGE"

L'annonce n'a rien d'anodin. Cette piqûre de rappel fait office de pression à l'égard de Washington. Une pression que l'agence Chine nouvelle réaffirme dans le même communiqué: "Il faut mettre en place une surveillance internationale sur la question du dollar américain et une nouvelle monnaie de réserve, stable et sûre, peut aussi être une option pour éviter qu'une catastrophe soit provoquée par un seul pays."

Derrière cette déclaration, Antoine Brunet croit déceler une stratégie chinoise consistant à transformer le dollar en "monnaie de singe" afin que le yuan s'empare du statut de monnaie de réserve. "La Chine continuera de sous-évaluer sa monnaie autant que nécessaire pour doper sa croissance et favoriser ses exportations. Quand elle sera certaine d'avoir pris l'ascendant sur les Etats-Unis, elle fera tout le nécessaire pour imposer le yuan comme la monnaie des échanges mondiaux et la partie de Monopoly sera gagnée," ajoute-t-il. Mais avant que ces prédictions se réalisent, il faudrait déjà que le yuan devienne une monnaie internationale.

LA FIN D'UN CYCLE

Gunther Cappel Blancard, directeur adjoint du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII) et professeur à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, se veut plus nuancé. Loin du scénario catastrophe esquissé par Antoine Brunet, l'économiste trouve difficile de savoir ce que sera l'avenir du yuan. "C'est la grande question que tout les économistes se posent. Mais vu le poids de la Chine, on peut imaginer que la monnaie chinoise aura une place non négligeable d'ici 2050."

En attendant ce tournant historique, M. Cappel Blancard rappelle que la crise "marque un changement d'époque". La fin d'un cycle "commencé il y a cinquante ans, au moment où les Etats-Unis régnaient sur l'économie mondiale". Désormais, Pékin s’efforce d’utiliser son poids économique croissant pour peser davantage face aux pays membres du G8.

Mercredi 3 août, la banque centrale chinoise a indiqué, à nouveau, son intention de "diversifier" ses achats de devises étrangères de façon à diminuer les risques auxquels elle est exposée.
Mathias Destal

Citer
La stratégie chinoise du yuan ruine les finances en Occident
par Antoine Brunet, président de AB Marchés

Mi-2007 éclatait la crise des pays occidentaux. Mi-2009, ceux-ci sortaient de leur récession mais ne se débarrassaient pas pour autant de la crise qui restait la leur. Mi-2011, leur situation vient même de rebondir sous forme d'une crise conjointe de leurs finances publiques qui menace maintenant de les faire rechuter en récession...

En face, la Chine manifeste une santé insolente : trente-troisième année d'affilée sans récession, une croissance du produit intérieur brut (PIB) à 10 % l'an depuis vingt ans, un chômage qui ne cesse de reculer, des réserves de change, qui, tout compté, dépassaient déjà 4 500 milliards de dollars (3 165 milliards d'euros) à la fin du mois de juin 2011...

Ce contraste s'explique par l'énorme sous-évaluation du yuan infligée par la Chine à ses partenaires et rivaux. Grâce à un contrôle des changes draconien qui n'est accessible qu'aux Etats totalitaires, la Chine maintient le yuan à 0,15 dollar et à 0,11 euro, quand, selon le Fonds monétaire international (FMI) et l'ONU, il devrait valoir 0,25 dollar et 0,21 euro !

Les pays occidentaux sont restés totalement passifs face au cours du yuan que leur dicte la Chine. Depuis que, en 2001, ils ont admis la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), armée de son contrôle des changes, ils se sont privés, il est vrai, de la seule arme qui pourrait la faire céder : les représailles douanières.

Il en a résulté à la fois une désindustrialisation majeure des pays occidentaux et une industrialisation intense de la Chine.

La main-d'oeuvre en Chine étant la moins chère au monde, les entreprises qui y sont basées s'emparent de parts croissantes du marché mondial tandis que les multinationales occidentales viennent concentrer leurs investissements productifs sur le territoire chinois. Ce qui renforcera encore les parts du marché mondial captées par la Chine...

Dans les pays occidentaux, le processus de croissance s'est enrayé. Leur commerce extérieur est devenu fortement déficitaire et le montant de l'investissement des entreprises sur leurs territoires ralentit fortement. De ce fait, depuis 2001, les économies occidentales sont exposées à subir une récession prolongée (parce que structurelle et due au yuan).

A deux reprises pourtant, en 2002 puis en 2008, les mêmes dirigeants occidentaux qui restaient passifs sur le yuan ont prétendu découvrir une parade qui leur permettrait de maintenir une croissance honorable et durable. Ces parades successives étaient en réalité des artifices qui leur ont explosé à la figure.

Entre 2002 et 2006, l'apprenti sorcier Alan Greenspan, alors président de la Réserve fédérame (Fed), opta pour une politique prolongée de taux bas pour décourager les ménages de l'épargne et les inciter à l'achat de logement à crédit.

Expédient désastreux ! Pendant quatre ans, le PIB et l'emploi dans les pays occidentaux furent certes tirés par un secteur immobilier devenu euphorique. Mais, après ce succès limité et momentané, l'euphorie induisit des excès qui aboutirent, comme on le sait, à un redoutable effet boomerang. A compter de mi-2007 éclatent, aux Etats-Unis et en Europe, une triple crise immobilière, bancaire et boursière, une récession et une explosion du chômage qui s'avérèrent d'une ampleur historique. Au total, des dégâts très supérieurs à l'avantage initial... Un premier fiasco absolu.

Fin 2008, après avoir rétabli la confiance par quelques mesures exceptionnelles dans le secteur bancaire, les dirigeants occidentaux renoncèrent une nouvelle fois à extraire de la Chine la forte réévaluation du yuan, ce qui était pourtant la seule vraie solution pour redresser durablement leur commerce extérieur, leur PIB et leur emploi.

D'autres apprentis sorciers surgirent, proposant une nouvelle parade. Après la première réunion du G20 de novembre 2008, Timothy Geithner, secrétaire américain au Trésor, et Ben Bernanke, le président de la Fed, optèrent pour une politique de relance budgétaire massive (déficit aux Etats-Unis autour de 10 % du PIB en 2009, 2010 et 2011) assortie de taux courts et de taux longs maintenus très bas.

Les autres pays occidentaux se livrèrent eux aussi à une relance massive, en 2009, qu'ils ne modérèrent que très peu en 2010 et en 2011.

Le succès fut de courte durée. Cette relance sortit certes les pays occidentaux de leur récession franche à compter de l'été 2009. Mais, dès l'été 2010, il s'avéra que cette relance n'induisait qu'une reprise trop molle pour que la croissance s'auto-entretienne.

Désormais, il est vrai, la croissance n'était plus seulement pénalisée par le commerce extérieur et l'investissement des entreprises mais aussi par l'investissement immobilier et par une hausse inopportune de l'épargne des ménages due à un chômage durablement élevé.

Mais il y a pire. Cette relance budgétaire longtemps trop forte a fini par enclencher une crise des finances publiques occidentales. L'étincelle qui mit le feu a surgi en Grèce après les élections d'octobre 2009. Mais le Portugal et l'Irlande, l'Espagne et l'Italie, la Belgique, l'Autriche, la France et par ailleurs le Japon, le Royaume-Uni et les Etats-Unis partagent tous en réalité avec la Grèce une même configuration : une dynamique très inquiétante de leurs finances publiques et une croissance très modeste de leur PIB.

Cette configuration a fait déraper leurs ratios dette publique/PIB. Ceux-ci approchent les seuils qui inquiètent les agences de notation quant à la remboursabilité de la dette publique. Les investisseurs se portent vendeurs des obligations d'Etat. Cela fait baisser leurs cours et monter leurs rendements.

Une crise de confiance dans les signatures souveraines occidentales vient de s'enclencher. Une fois encore, l'effet boomerang final s'avère très supérieur à l'avantage initial. Un deuxième fiasco absolu.

Le moment est venu de tirer le bilan. La Chine capitalise la stratégie qu'elle a amorcée en 1989, et elle se réjouit de nous avoir déstabilisés sur tous les plans : commercial, économique, social, financier, monétaire, technologique, militaire, diplomatique... Notre capitulation face à elle aboutit maintenant à notre déstabilisation.

Les politiques compensatoires successives ont échoué lamentablement et ont en réalité accentué gravement notre déstabilisation. Preuve est ainsi faite que le pacifisme monétaire face à la Chine est une impasse totale.

Pour que la crise de 2007 ne devienne pas une nouvelle crise de 1929, il faut maintenant renverser le jeu. Il faut se mobiliser pour faire céder la Chine sur sa politique du yuan. Il suffit pour cela de préparer sérieusement et collectivement des représailles douanières à son encontre.

Faute d'une telle initiative, les pays occidentaux s'enfermeront rapidement dans une spirale de déclin économique et financier qui les amènera à se retrouver chacun durablement asservi à la Chine et au Parti communiste qui la dirige depuis 1949.

Antoine Brunet est coauteur de La Visée hégémonique de la Chine (L'Harmattann, 2011).

Désolé que ce soit long à lire.
En fait, l'explication serait, à long terme, un mouvement de balancier inextricable. A terme, nous perdons nos emplois peu qualifiés et nous ne serons bientôt plus capables de tenir notre économie. Si nous cessons d'être capables d'investir pour produire chez nous, nous cesserons de créer de la richesse.

Difficile de croire, en effet, que les Occidentaux puissent toujours acheter ce que les Chinois produiraient sans que le contraire puissent être vrai.

La question qui se pose est: jusqu'où nos pays pourront-ils supporter cette situation?

A+

13 août 2011 à 14:03:30
Réponse #13

bison solitaire


Ok, vu... j'avais mal lu... c'est ma faute à moi  :huh:

Du coup, je te propose une autre approche:
Situation:
- quoi: émeute, rixe, insécurité...
- qui: individu isolé, petit groupe, foule...
- comment: tension, pression, manifestation, agressions...
- où: ville, centre, banlieue, immeubles, résidences, lotissements...
- quand: jour, nuit, hiver, été, pluie, froid, chaud...
- pourquoi: le but n'est pas de désigner des coupables, mais simplement de savoir ce qui se passe
cette partie pourra être la synthèse des informations provenant de sources diverses et autant que possible, vérifiées et recoupées, ce qui permet d'avoir un renseignement fiable.

Problème(s) rencontré(s):
le(s) problème(s) qui peuvent se poser à "moi", liés à mon lieu de résidence, mon activité professionnelle, ma famille, etc... dans le cadre de la situation décrite en première partie

Réactions possibles:
avec, pour chaque alternative:
- avantage
- inconvénient
- risque

En suivant ce plan, je pense que ça peut aider à se focaliser sur les problèmes objectifs qu'on peut rencontrer

 :)
Juste un point:
le comment on le garde pour la phase résolutive.
Pour la première phase: c'est quels sont les acteurs (=qui?)? Qu'est ce qui se passe (= quoi?)? Où? Quand?
Si on fait intervenir le comment tout de suite, c'est souvent là qu'on part dans des digressions, alors qu'il faut rester dans le sujet.

Et je souris intérieurement pour le côté avantages/inconvénients parce que ça me rappelle un collègue qui argumentait selon ces deux options, et ça marchait bien.
Donc oui, j'adhère d'autant plus que tu ajoutes "risques"...

13 août 2011 à 14:08:52
Réponse #14

azur


:)
Juste un point:
le comment on le garde pour la phase résolutive.
Pour la première phase: c'est quels sont les acteurs (=qui?)? Qu'est ce qui se passe (= quoi?)? Où? Quand?
Si on fait intervenir le comment tout de suite, c'est souvent là qu'on part dans des digressions, alors qu'il faut rester dans le sujet.
Effectivement, pour l'analyse du "comment", il vaut mieux s'en tenir à ce qui aura un impact sur notre misérable personne, et c'est précisément ce "comment" qui crée les problèmes que l'on rencontre...
donc oui, le "comment", en deuxième partie!
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

13 août 2011 à 14:11:29
Réponse #15

bison solitaire


Effectivement, pour l'analyse du "comment", il vaut mieux s'en tenir à ce qui aura un impact sur notre misérable personne, et c'est précisément ce "comment" qui crée les problèmes que l'on rencontre...
donc oui, le "comment", en deuxième partie!

 :D euh non en 4ème partie en fait:
1 - données
2 - les problèmes
3 - le problème majeur
4 - résolution - protocole - comment...

13 août 2011 à 14:25:32
Réponse #16

azur


:D euh non en 4ème partie en fait:
1 - données
2 - les problèmes
3 - le problème majeur
4 - résolution - protocole - comment...
D'où la nécessité de bien définir les termes qu'on emploie:  8)
pour toi: comment je vais réagir, à mettre effectivement en 4ème partie
pour moi: comment va agir mon "danger", quelles sont ses actions possibles (en fonction de ses objectifs, de son état d'esprit, de ses intérêts)... qu'il est important de bien cerner avant de préparer nos réactions, à étudier en deuxième partie
Et là, on est bien d'accord!  :up:

Bon, c'est pas tout ça, mais ça m'a donné soif!!!  ::)
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

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