Salut a tous !
Laissez moi vous raconter mon expérience du jour sur une repérage avant cambriolage.
Le contexte :Je vis avec deux colocataire dans un appartement sur trois étages dans une résidence récente d'une grande ville française.
Cette résidence enclavée au milieu de constructions anciennes est constituée de 5 blocs ceinturés de portails à passes magnétiques ou clés mécaniques.
Notre rez-de-chaussé qui comprend entrée, salon et cuisine (chambres et sanitaires sont répartis sur les étages supérieurs) comporte une porte d'entrée sur la façade Est et sur la façade Ouest une terrasse sur pilotis haute de 90cm à laquelle on accède par la très grande baie vitrée du salon. La façade Nord est aveugle, la façade Sud est mitoyenne avec notre voisin.
Au pied de la terrasse (ainsi que celle de notre voisin) se trouve une allée de gravier de 1m de large immédiatement suivie des murs aveugles des constructions anciennes. Cette allée qui longe nos terrasses et fait presque le tour du bloc n'a aucun intérêt puisqu'elle est presque sans issue ; seul notre voisin et nous même y avons accès en enjambant les rambardes de nos terrasses (et c'est pas prévu pour, croyez-moi).
L'histoire :En début de soirée, alors que je lisais sur le forum le fil
La Maison Anti Zombies (ça ne s'invente pas), j'entends depuis le 1er étage des pas francs dans le gravier. Étonnant puisque à part des agents d'entretien des espaces verts, personne n'a l'utilité de passer par là.
Je me lève, regarde par ma fenêtre coté Ouest (coté terrasse et gravier donc) sans me montrer. Rien. Mais c'est sûr, ce n'est pas normal.
Dans la minute qui suit on sonne à notre porte. Je regarde par ma fenêtre coté Est qui donne sur l'entrée et j'y vois un jeune homme que je ne connais pas, vêtu d'un total look sportswear. Je descends et ouvre.
«
Vous n'auriez pas du feu par hasard ? me demande t-il.
- Non
- Ah ok, parce que je cherche du feu et j'en trouve pas. Tant pis. Au revoir » Et il part.
Je ne cherche pas à comprendre puisque la seule chose qui me vient à l'esprit c'est qu'il voulait savoir s'il y avait quelqu'un dans l'appartement. Pourquoi ? Parce qu'il y a des bruits de pas coté terrasse, qui je le rappelle est un coin isolé et qu'au RDC la baie vitrée est entre-ouverte et le volet roulant à 30 cm du sol pour laisser aller et venir les chats. Le genre de détail parfait pour s'introduire dans l'habitation de locataires irresponsables ou un peu étourdis.
Ni une ni deux je traverse la cuisine, ouvre la porte vitré, arrive sur la terrasse et me trouve face à un autre jeune marchant dans l'allée qui me lance spontanément un
« Bonjour » auquel je répond tandis que je m'accoude à la rambarde faisant mine de vouloir m'allumer une clope (surtout que je ne fumes pas...

).
Sans se dégonfler toujours il s'éloigne comme si de rien n'était et alors que je le suis du regard je tombe sur un troisième jeune la tête contre la rambarde du voisin, les mains en visière au dessus des yeux, une capuche sur la tête. Évidemment son pote lui dit
« Laisse tomber on y va » puisque ce dernier ne m'avait pas vu.
Je les regarde s'éloigner. Je rentres. Je compose le 17.
Je donne mon nom, adresse et expose les faits et là je me rends compte que j'ai des trémolos dans la voix.
Environ 5 minutes plus tard, cinq agents de police arrivent dans la résidence. J'ouvre ma porte et l'un d'eux vient me voir. Je lui demande d'entrer, je ne veux pas être vu ou entendu lui exposant les faits, je ne réfléchis pas c'est instinctif. Au fur et à mesure qu'il écoute mon histoire je comprends que je ne me suis pas trompé sur ce qu'il s'est passé, je n'ai pas eu un délire paranoïaque. Ça peut paraître stupide, mais comme on le dit souvent le plus dur est de se rendre compte qu'on est dans une situation merdique et ce sont les multiples acquiescements de l'agent qui m'ont permis d'en être sûr.
Alors que je lui raconte toute l'histoire un autre agent, une radio entre les mains, entre et nous confirme qu'un des individus que je décris avait déjà été repéré par la B.A.C. Je ne sais pas vraiment ce que cela signifie mais ça me rassure.
Là dessus, l'agent me confirme qu'il vont faire des rondes et envoyer des agents en civil faire un tour dans la résidence. Il part.
Et la suite ?La suite ? Un grand sentiment d'impuissance et des mesures drastiques concernant les modalités de fonctionnement de la collocation niveau sécurité. Fermer systématiquement les volets roulants en plus des baies afin d'éviter le repérage des équipements (TV, HiFi, PC,...) que l'ont voit depuis la terrasse s'ils sont ouverts. Réorganiser nos vacances respectives pour ne pas laisser l'appartement vide. Diffuser l'information auprès des voisins et du syndic pour qu'ils fassent envoyer des courriers aux locataires de l'ensemble de la résidence (en plus du mot que j'ai déjà glissé dans les boites aux lettres auxquelles j'ai pu avoir accès).
Réfléchir à tout ce qui a de la valeur et que l'on peut mettre à l'abri dans le cas d'une éventuelle 'visite'. Copie du disque dur de l'ordinateur.
Le regret de n'avoir pas avoir pris des photos avec mon portable à travers les vitres alors que je n'arrêtais pas de me dire
"Il faut que tu le fasses ! Il faut que tu le fasses !!!".
Et un malaise qui flirte avec la peur mais le soulagement de pouvoir le mettre ici par écrit.
