En fait, je vais complétement tricher, car je ne vais pas fournir une liste de matériel avec un lieu d'achat et un prix, mais plutôt une méthode d'approche, car c'est la seule solution qui me paraît adaptée :
1) nous rejoignons la cabane au plus tôt, en achetant juste quelques trucs qui sont à la fois légers et utiles au long terme, ou bien urgemment nécessaires pour les deux ou trois premiers jours : deux bouteilles en plastique d'un litre et demi, quelques comprimés micropur, deux couteaux corrects mais bon marché, deux briquets, deux paquets de bougies, une hachette et une scie, un peu de bouffe (genre pâtes), une casserole et une poêle, quelques vêtements chauds et solides, la carte au 1/25000e du coin avec une boussole basique, des draps et deux couvertures pour chacun des lits de camp, une bouteille de désinfectant et un savon de marseille, de la ficelle, du fil de cuivre et du fil de fer (j'oublie peut-être un truc ou deux). Ca devrait pouvoir être rassemblé facilement en faisant deux trois magasins en attendant le train !
2) je fais le tour de la cabane et des alentours pour évaluer les ressources et parer au plus pressé. Je note précisemment les objets dont j'ai besoin en leur attribuant un degré d'importance et d'urgence.
3) Je fais le tour des voisins avec ma femme, pour nous présenter, expliquer pourquoi on vient là, évoquer les ancêtres qui nous ont légué la cabane, demander si on a toujours de la famille dans le coin, etc. Ces voisins, dûment informés et amadoués, peuvent se révéler très précieux : donner un coup de main, filer du matériel dont ils n'ont plus besoin, indiquer où trouver à bon prix le matos dont on a besoin ("le marché le mercredi matin" ou "le vide-grenier à tel village pour la Saint-Glinglin"), garder un oeil sur le chemin qui conduit à la cabane, etc. Inversement, des voisins non informés risquent d'être hostiles et suspicieux, de vous dénoncer aux gendarmes ou au garde-chasse, etc.
Dans le même esprit, après les voisins, rendre visite au maire, rencontrer le facteur, aller chez l'épicier pour faire ses premières amplettes, etc.
4) seulement cet état des lieux réalisé, et ces relations de bons voisinages établies, je vais acheter très progressivement et au meilleur prix les trucs dont j'aurais
vraiment besoin. Par exemple, ça ne me viendrait pas à l'idée de commencer à chasser au fusil avant d'avoir fait le tour des voisins ! Rien de pire que "on a entendu des coups de fusils là haut vers la cabane abandonnée, qu'est-ce que ça peut bien être ?"
Qui dit meilleur prix, dit vieux matos acheté d'occase. ll faudra fouiller les vide-greniers, lire les petites annonces, bricoler, s'adapter, etc.
Désolé, je n'adhère pas au trip "seuls contre tous rentranchés dans notre bunker". L'adaptation au contexte, les relations de bon voisinage, la "navigation à vue" avec une solide dose de bon sens bien terre-à-terre, je ne crois qu'à cela. Je précise que ce n'est pas une vue de l'esprit, car j'ai fait une démarche pas très éloignée de celle décrite dans ce scénario, il y a une dizaine d'années.

Bon, on peut vivre un moment de chasse, pêche, cueillette, puis potager et élevage. On peut lire et relire "Revivre à la campagne" de John Seymour. Mais les 2000 euros vont fondre comme neige au soleil, et passer l'hiver sur une base de pommes de terre, choux et gibier, sous cinq couches de vêtements sales et rapiécés en souffrant du froid, des engelures, etc. risque d'user rapidement le moral du ménage. On ne peut pas être totalement autarcique. En fonction des savoir-faire de chacun, il faudra donc trouver rapidement un revenu : activité rémunératrice... ou minimas sociaux !
En fait, ce qui manque dramatiquement dans ce scénario, c'est un projet à long terme. On va dans une cabane pour se mettre à l'abri de l'agitation sociale. Et après ? On recherche quoi, quel est le projet d'avenir commun ? Si on veut juste jouer les Robinson, on ne va pas tenir deux ans ! Le scénario le plus probable, c'est tensions croissantes dans le couple, la femme qui se barre, le mec qui reste seul et tourne vieil ermite aigri, se met à boire, et finit épave, en prison ou pendu.

Donc : quel projet ? Pourquoi ? Quelles aspirations communes ? Quelle répartition des tâches ? Quel revenu ? Des enfants ? Quel équilibre ? Quelle vie sociale ? Avec ces questions, on est loin de la liste de matériel. Le matériel, c'est secondaire, non ?