Sans rentrer dans la psycho de base, je pense que toute discipline, n'importe laquelle, de l'ébénisterie au karate, du la couture au judo, peut être une "voie". C'est à dire un cheminement, qui tend vers une forme de réalisation personnelle et pour autrui, et de "perfection".
Or, cette voie, elle existe aussi pour l'enseignant. La voie facile, c'est d'arrêter d'être pratiquant, et de n'être qu'enseignant, en figeant tout à l'instant T. "Quand j'ai commencé à enseigner, on faisait comme ça, donc je fais comme ça"
Plus difficile est la voie consistant à la fois à transmettre, tout en se remettant en cause, à la fois comme enseignant (ma méthodologie et approche est-elle la bonne ? Comment puis -je faire progresser mes élèves sur tels ou tels points ?) et comme élève (est-ce que réellement, ce que j'enseigne correspond à ma conviction profonde de pratiquant ?).
Ensuite, si cette double démarche est expliquée simplement aux élèves, pour moi il n'y a pas de problèmes. A partir du moment ou les élèves comprennent pourquoi ils font des choses et qu'ils sont libres de partir quand ils le veulent, le risque de dérive est quand même minime.
On peut pour moi, en caricaturant, s'appliquer à réaliser des katas du 9ème siècle en armure complètement obsolète en expliquant qu'on s'applique à une recherche historique qui nous passionne. Si il y a d'autres passionnés, pourquoi pas ? Dès lors que le gars qui cherche autre chose est libre de comprendre les limites de la pratique, et d'aller ailleurs voir si ça ne lui convient pas mieux ?
En tout cas, c'est déjà sain de se poser des questions, donc bravo !
Djé