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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Écoles d'arts martiaux et dérive sectaire  (Lu 14522 fois)

03 juillet 2011 à 11:16:26
Réponse #25

sebastienb


Bon je suis super newbie en arts martiaux, justes quelques semaines de Systema, mais tout ce qui est évoqué me semble surtout concerner les arts martiaux asiatiques (et donc le cadre culturel asiatique plutôt rigide ) non ?

Mon expérience et regard candide sur les cours de Systema :

- Discipline : la question ne se pose jamais en fait, petit groupe (moins de 10), jamais de rappel à l'ordre. Après c'est peut être une question d'âge (de 20 à 50 ans)
- Respect des anciens : tout le monde respecte tout le monde, les profs car ce sont eux qui enseignent, les autres étudiants car une certaine bienveillance (virile tout de même) est conseillée. Et l'étudiant que vous frappez ou piétinez sera celui qui vous frappera ou pietinera 5 min après :)
- Hierarchie : pas de grades en Systema, juste les profs et les étudiants. On vient pour apprendre donc on suit les directives naturellement.
- Démocratie : en fin de séance tenue d'une table ronde systématique où chacun donne son avis sur la séance. On discute éventuellement de ce qu'on aimerait travailler dans les prochaines séances.

03 juillet 2011 à 12:36:10
Réponse #26

Patrick


Bon je suis super newbie en arts martiaux, justes quelques semaines de Systema, mais tout ce qui est évoqué me semble surtout concerner les arts martiaux asiatiques (et donc le cadre culturel asiatique plutôt rigide ) non ?
Tu n'imagines pas à quel point le ROSS ancêtre du SYSTEMA représentât une entité particulière au sein de la communauté des émigrés Russes en Amérique. Allégeances, groupes maffieux, pratique du catholicisme russe orthodoxe encore plus orthodoxe.

De tous temps les disciplines martiales ont servies à véhiculer une propagande philosophique, religieuse, communautaire, politique, ce fut vrai un temps aussi pour le Krav Maga.

Heureusement il me semble que toutes ces disciplines s'en affranchissent au fil du temps et on peut tout pratiquer aujourd'hui sans prise de tête, mais les réactionnaires sont toujours là et l'entrisme et le recrutement sont leur fond de commerce.

03 juillet 2011 à 12:44:00
Réponse #27

Thanos


Heureusement il me semble que toutes ces disciplines s'en affranchissent au fil du temps et on peut tout pratiquer aujourd'hui sans prise de tête, mais les réactionnaires sont toujours là et l'entrisme et le recrutement sont leur fond de commerce.

En France, pour les AM tradi, cela fut vrai avec l'OAS et le SAC.

C'est l'est toujours pour certains clubs estampillés "Close Combat", certains autres de free-fight/MMA ou encore de boxe pieds-poings... Que ce soit au contact de la droite dure, de "l'ultra-gauche", de groupes communautaristes voir délinquants...

Les disciplines de combat de par leur image et leurs application sont forcement un outil de choix pour tout mouvement ayant vocation à l'activisme.  ::)


Nihil Novi Sub Sole

L'inavisé         
Croit qu'il vivra toujours        
S'il se garde de combattre,
Mais vieillesse ne lui
Laisse aucun répit,
Les lances lui en eussent-elles donné.

Hávámál

A vaincre sans péril, on gagne !             http://www.dailymotion.com/video/x61nne_frankland-vs-excalibur_webcam
Le courage, c'est pour les morts.           http://www.frankland.fr

TACTICAL GEAR: If I Hear One More Tactical Gear Manufacturer say “Our Gear is Used by Special Forces” I am Going to Kick a Kitten in the Head

03 juillet 2011 à 22:49:39
Réponse #28

cubitus


Merci, merci et merci. A tous. Plein de bonnes choses à digérer ! Miam !

Je pense qu'en fait j'ai toujours ressenti un certain malaise vis à vis de mon prof, maintenant responsable national de notre style. Comportement paternaliste, alternance d'attitude sympathique puis coléreuse mal justifiée, zones de flou concernant le fonctionnement des écoles, et surtout, surtout... ce que plusieurs notent comme révélateur : la réponse à mes questions étaient souvent: parce que c'est traditionnel.

Ajoutons à cela une véritable vénération pour notre maître. Pour exemple, il affirmait que notre maître n'était jamais saoul. Première rencontre à Taïwan, il a failli nous tuer en voiture tellement il était bourré et il a fallu que je sois "virile" pour imposer que je prenne le volant.

Bon, franchement depuis que je me suis séparé de ce mouvement je me sens plus en accord avec moi-même.
Maintenant, pour ce qui est de l'avenir de mon école, de ce que je veux transmettre... et ben j'y travaille. Effectivement pouvoir expliquer ses choix me semble indispensable. La difficulté que je ressens c'est comment respecter une certaine tradition qui peut être enrichissante car pleine de sens, sans tomber dans l'excès du "traditionnel pour le traditionnel".
Bon, je crois que je me pose beaucoup trop de question...  ;#

Je vous tiendrais au jus.

Encore merci

Cubitus, qui n'est plus shifu depuis quelques jours !
La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
Proverbe chinois

03 juillet 2011 à 22:58:09
Réponse #29

Leif


Citer
Cubitus, qui n'est plus shifu depuis quelques jours !

c'est beau la liberté ;#

03 juillet 2011 à 22:58:47
Réponse #30

DavidManise


La difficulté que je ressens c'est comment respecter une certaine tradition qui peut être enrichissante car pleine de sens, sans tomber dans l'excès du "traditionnel pour le traditionnel".

La bonne question à se poser, c'est peut-être justement ça : c'est quoi le sens...  Qu'est-ce qui a du sens ?  

Chacun trouvera la réponse pour lui-même...  mais perso ce qui a du sens, c'est deux choses :

1) si ça prolonge ma vie ;
2) si je suis davantage libre...

Citer
Cubitus, qui n'est plus shifu depuis quelques jours !

Pasdac.  

Perso je trouve que t'es davantage shifu maintenant.  Plus libre.  

Mes deux balles ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

04 juillet 2011 à 07:25:54
Réponse #31

Patrick


Perso je trouve que t'es davantage shifu maintenant.  Plus libre.
Je dirais même que tu l'es devenu vraiment depuis quelques jours. Tu es devenu libre d'enseigner ce que tu as dans les tripes TOI sans devoir composer avec des choses qui te heurtent. Tu auras peut-être moins d'élèves, moins de revenus, mais ça n'a pas d'importance.

04 juillet 2011 à 10:52:20
Réponse #32

cubitus


La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
Proverbe chinois

04 juillet 2011 à 12:54:53
Réponse #33

Dje


Sans rentrer dans la psycho de base, je pense que toute discipline, n'importe laquelle, de l'ébénisterie au karate, du la couture au judo, peut être une "voie". C'est à dire un cheminement, qui tend vers une forme de réalisation personnelle et pour autrui, et de "perfection".
Or, cette voie, elle existe aussi pour l'enseignant. La voie facile, c'est d'arrêter d'être pratiquant, et de n'être qu'enseignant, en figeant tout à l'instant T. "Quand j'ai commencé à enseigner, on faisait comme ça, donc je fais comme ça"

Plus difficile est la voie consistant à la fois à transmettre, tout en se remettant en cause, à la fois comme enseignant (ma méthodologie et approche est-elle la bonne ? Comment puis -je faire progresser mes élèves sur tels ou tels points ?) et comme élève (est-ce que réellement, ce que j'enseigne correspond à ma conviction profonde de pratiquant ?).

Ensuite, si cette double démarche est expliquée simplement aux élèves, pour moi il n'y a pas de problèmes. A partir du moment ou les élèves comprennent pourquoi ils font des choses et qu'ils sont libres de partir quand ils le veulent, le risque de dérive est quand même minime.
On peut pour moi, en caricaturant, s'appliquer à réaliser des katas du 9ème siècle en armure complètement obsolète en expliquant qu'on s'applique à une recherche historique qui nous passionne. Si il y a d'autres passionnés, pourquoi pas ? Dès lors que le gars qui cherche autre chose est libre de comprendre les limites de la pratique, et d'aller ailleurs voir si ça ne lui convient pas mieux ?

En tout cas, c'est déjà sain de se poser des questions, donc bravo !

Djé

04 juillet 2011 à 18:31:49
Réponse #34

Bomby


La bonne question à se poser, c'est peut-être justement ça : c'est quoi le sens...  Qu'est-ce qui a du sens ?  

Chacun trouvera la réponse pour lui-même...  mais perso ce qui a du sens, c'est deux choses :

1) si ça prolonge ma vie ;
2) si je suis davantage libre...

(...)

David

J'espère que David ne m'en voudra pas mais je me permets juste au passage d'attirer ou ré-attirer l'attention sur ça (voir la citation ci-dessus)...

Parce que ça a l'air tout con, dit comme ça, mais à mon avis c'est en fait sacrément profond et ça ouvre des horizons de réflexion intelligemment orientée...

Comme souvent avec le parfois rude homme de la Pampa, derrière le propos apparemment lapidaire et simpliste, voire brutal, il y a en réalité du gros "signal"...

Cordialement,

Bomby

04 juillet 2011 à 19:22:24
Réponse #35

Patrick


J'espère que David ne m'en voudra pas mais je me permets juste au passage d'attirer ou ré-attirer l'attention sur ça (voir la citation ci-dessus)...

Parce que ça a l'air tout con, dit comme ça, mais à mon avis c'est en fait sacrément profond et ça ouvre des horizons de réflexion intelligemment orientée...

Comme souvent avec le parfois rude homme de la Pampa, derrière le propos apparemment lapidaire et simpliste, voire brutal, il y a en réalité du gros "signal"...

Cordialement,

Bomby
Fondamental, mais aussi à pondérer avec la somme des "devoirs", des loyautés que nous croyons avoir contracté, principalement dans ce genre de milieu là où nous avons été élevés à coup de giri.

Concrètement, ce que nous croyons devoir à nos maîtres, nos écoles, nos élèves.

05 juillet 2011 à 09:08:47
Réponse #36

cubitus


Tu touches à un point sensible, Patrick.

Parce que oui, la loyauté est quelque chose d'important dans nos écoles. Mais celle ce s'appuie sur la confiance qu'on a dans celui à qui on est loyal. C'est indispensable, je pense, cette relation quand on pousse la machine (au plan physique et au plan psychologique) dans ses limites.
On ne peut accepter de se mettre "en danger" (relatif en réalité, mais en tout cas ressenti comme tel, surtout au début), en tant qu'élève, que si on est persuadé que celui qui mène le groupe ne veut que votre bien, au final.
MAIS à mon avis, cette confiance n'empêche pas le doute, le questionnement et surtout n'implique pas forcément de "devoirs" envers le professeur. C'est un point sur lequel je me suis souvent affronté avec les autres profs. Pour moi, donner un cours c'est recevoir énormément de feed-back, et je ne me sens pas "vidé" de quelque chose, mais au contraire rempli. Du coup je n'ai pas besoin de contreparties, en termes financier, de reconnaissance, de loyauté ou autre.
Alors que la plupart des profs tiennent ce discours : je leur donne de mon temps, de mon énergie, il est normal qu'il y ait un retour.

Je crois que ce point là est au centre de la problématique qui m'a fait quitté le groupe.
Qu'en pensez vous ???  :)
La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
Proverbe chinois

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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