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Auteur Sujet: Plongée sous marine : 2 morts cette semaine  (Lu 36833 fois)

07 décembre 2007 à 18:40:03
Réponse #50

Ibis


Pour une utilisation de dépannage ou inspection, autant laisser la bouteille sur le bateau et y aller juste avec des palmes c'est le naturel pour un nageur et ça évite de devoir se munir d'une stab si jamais on est trop lourd (dépend du poids de la bouteille)

MAIS

ne pas prendre le détendeur simplement en bouche

s'encorder à la ligne d'air : par ex mousqueton et ceinture à la taille
aucun risque de perdre le détendeur ou le plongeur

et attacher la bouteille au bateau
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07 décembre 2007 à 21:42:55
Réponse #51

Ibis


A part la partie copiée de Wiki, je vous retranscris de tête ce que je sais sur les gaz en plongée, il ne devrait pas y avoir d'erreur

Les gaz et mélanges respiratoires

Oxygène O2

Le seul gaz dont on a impérativement besoin pour vivre.
De préférence en phase gazeuse, entre -60 et +80 °C, en dehors de cette plage de t°, ça risque de devenir compliqué pour respirer.
Est présent à 20 ou 21% dans l'atmosphère.

Oui mais à quoi ça sert ?

Les cellules, grandes productrice d'énergie (bouhou les vilaines pas écolo, savez pas mieux vous isoler?), brûlent des glucides pour leurs petites activités.
Cette "combustion" peut se faire sans apport en oxygène mais alors la cellule produit des toxines et s'empoisonne.

Il faut un minimum de 16% d'O2 dans le gaz qu'on respire, à pression atmosphérique.
Plus la pression augmente (soit en caisson soit en plongeant), ce % diminue.
Pour des plongées supérieures à 400m (record 702m), il y a moins de 1% d'O2 dans le mélange.
Vu la pression (41 bars), le nombre de molécules d'O2 présente lors d'une inspiration est suffisante pour permettre une bonne oxygénisation.

L'organisme supporte une certaine pression partielle d'O2 sans dommage.
Cette pression partielle est de 1.6 bar

A pression atm : PPO2 = 20% de 1 bar : 0.2 bar
A 400m de profondeur : PPO2 = 1% de 41 bar : 0.4 bar

Profondeur maximale sous 100% d'O2 : 6 m
Durée maximale sous 100% d'O2 : 2 heures (en milieu hospitalier : illimité)

L'O2 est un oxydant et peut créer des lésions aux yeux et aux poumons.

C'est également un des 3 cotés du triangle du feu, d'où un risque accru d'incendie si on augmente la PPO2
Il est normalement interdit de remplir un volume (costume de plongée, caisson, etc) à 100% d'O2
Un plongeur en étanche devrait donc logiquement gonfler son costume sur une source différente (Ar ou Air)

Hyperoxie ou "empoissonnement à l'O2
Source : Wiki, pour ne pas bêtement copier

L'abus d'O2 entraîne :

L'effet Lorrain Smith

Après un séjour de plus de deux heures à une PpO2 > 0,5 bar, il y a un risque d'inflammation du surfactant, des alvéoles pulmonaires puis d'Œdème aigu du poumon.

Les signes avant-coureurs sont: face rose, difficultés respiratoires, toux, brûlures pulmonaires.

L'effet Paul Bert

Les radicaux libres provoquent une altération fonctionnelle des cellules nerveuses et déclenchent des accidents neurotoxiques. On peut constater un raidissement de la personne atteinte (forme épileptique).

Les signes avant-coureurs sont : la tachycardie, un nystagmus, les spasmes, la nausées, l'anxiété, la confusion, et les troubles de la vue.

Cet accident se déroule le plus généralement en trois phases :

    * phase tonique : de 30 secondes à 2 min pendant laquelle surviennent des contractions musculaires généralisées, un arrêt ventilatoire éventuel et/ou une perte de connaissance - Il ne faut pas remonter la victime à ce moment sous peine de l'exposer à une surpression pulmonaire due au blocage de la glotte
    * phase clonique : de 2 à 3 minutes pendant laquelle ont lieu des convulsions ainsi qu'une ventilation irrégulière - on peut alors remonter la victime en ayant une attention particulière sur son expiration
    * phase résolutive : de 5 à 30 minutes avec un relâchement musculaire, une reprise progressive de la conscience, des signes de confusion, voire d'agitation

Traitement et prévention

Dès l'apparition des symptômes, il faut ramener la victime à une pression partielle correcte, en la remontant à la profondeur adaptée dans le cas d'une plongée.

Attention tout de même, si la personne est figée et inconciente (phase tonique), il faut attendre qu'elle se réveille et commence à se débattre (phase clonique) pour commencer à la remonter lentement. Cette réaction classique de l'hyperoxique qui se débat doit inciter à utiliser des prises arrière ou de côté pour le remonter.

Il faut ensuite traiter les éventuels dommages consécutifs à ces accidents (noyade, brûlure des alvéoles pulmonaires, etc.)

En cas d'effet Lorrain Smith, la victime devra impérativement être vue par un médecin car les dégâts peuvent être irréversibles

Utilisation de l'O2 en plongée

Plongée au recycleur :
Plongée de très longue durée sur circuit fermé à l'O2 par les plongeurs militaires
Les nouveaux appareils permettent, via une gestion électronique de faire mieux que les anciens circuits fermés O2 tout en utilisant de l'Air et de là, en garantissant une meilleure sécurité.
Un plongeur militaire est censé pouvoir descendre à 24m (sous la quille des plus gros navires) afin de progresser ou d'y poser une charge.  Soit 4x la profondeur maximale.

Plongée au Nitrox :
Création d'un mélange gazeux suroxygéné

Palier de décompression :
l'utilisation de 100% d'O2 permet de réduire le temps de palier à 6m et 3m (ou 5m si table NAUI ou PADi)

La règle est simplissime :
On prend le temps donné par la table AIR (ne pas jouer à cela avec une plongée au Nitrox), on prend les 2/3 du temps donné, arrondi à la minute supérieure, avec un minimum de 5'

5' afin d'être sûr que l'organisme tourne bien sur 100% d'O2

Exemple sorti de mon esprit tordu :

7' à 6m + 2' à 3m = 9' => 5' à 6m + 5' à 3m = 10'          Pas intéressant
25' à 6m + 12' à 3m = 37' => 17' à 6m + 8' à 3m = 25'     Intéressant

Un palier de sécurité (3' à 3 ou 5m) passerait donc d'office à 5'



Azote N2

Bête gaz inutile qu'est là que pour embêter les plongeurs
Enfin presque
La principale fonction du N2 est de diluer l'O2 dans l'Air, dans une proportion de 4/1
Soit 80% de l'Air

Il est inerte, ne sert à rien, se dissout très bien dans les tissus et en surface, notre organisme en est saturé.
En plongeant, la pression augmentant, les gaz diminuent de volume (P x V est une constante), on peut donc dissoudre plus de N2 dans les tissus.
Le problème survient à la remontée, lorsque les tissus entre en sursaturation, les bulles de N2 peuvent endommager tissus, nerfs, etc et provoquer des lésions.
On parle alors d'ADD : accident de décompression
Ce qu'on soigne très bien

L'autre effet pervers du N2 est qu'il est narcotique.
Le péroxyde d'azote (N2O2) utilisé en anésthésie est la reproduction en surface de ce qu'il se passe au fond
On plane

Effet soudain ou sournois, qui survient quand on ne s'y attend pas.
On peut faire 10 plongées à 50m et être un jour pété à 35 m tandis que le lendemain on est clair et lucide



Air

Pas vraiment besoin de décrire ce que c'est.
Pour faire plongeur TEK, l'Air, c'est un NITROX 20/80, soit un mélange de 20% de O2 et 80% de N2
Premier gaz utilisé en plongée.

Les risques liés à ce gaz sont : la dissolution de l'Azote dans les tissus et l'intoxication à l'Oxygène

Je ne sais pas s'il faut développer...



Nitrox

Là c'est un gaz qui me fait rire pour le tapage inutile qu'il provoque

La démarche commerciale des instructeurs est :
Ce gaz est merveilleux, vous plongerez plus souvent, plus longtemps, vous n'aurez plus froid, etc etc etc

Mais c'est quoi le NITROX ?
C'est simplement un mélange gazeux dont on augmente le % d'O2
Oui je sais, c'est illogique car plus on descend, plus on peut diminuer ce % afin d'éviter l'hyperoxie.

On s'est déjà, partant de ce principe, qu'on ne pourra plonger que moins profond avec un NITROX

AIR : plongée limitée à 66m
NITROX 38 : Plongée limitée à 30m mais à cette profondeur, c'est comme si on plongeait à 21m à l'AIR

Et c'est là que c'est utile :
Pour chaque profondeur, on a une table de décompression, liée au temps d'immersion

En plongeant à 30m tout en pouvant utiliser la table des 21m, on aumente son temps maximale au fond de manière drastique :
je prends une table NAUI, je n'ai pas mes tables pro avec moi :
temps fond sans palier à 30m : 22'
temps fond sans palier à 21m : 45'

On peut donc rester le double du temps sans palier
Sur certaines tables très conservatrices, le temps est de 10' à 30 m contre 40 à 21m, soit le quadruple

On peut donc utiliser une table AIR normale pour plonger au NITROX, cela demande juste quelques calculs avant et plannification ou acheter une table NITROX dédié au mélange utilisé.

Donc oui le NITROX a une et une seule utilité : augmenter le temps fond sans palier (la fameuse courbe de sécurité) car un plongeur devant faire un palier est un plongeur en position dangereuse dans certaines eaux

Limitation du NITROX :

Nécessite un matériel dédié à ce gaz : dégraissé car la graisse peut s'enflammer spontanément en pressence d'O2
Une longue campagne de plongée au NITROX crée une accoutumance à l'O2, à l'inverse d'un séjour en montagne



Trimix et Heliox

Mélange d'Oxygène et d'Hélium (Heliox) ou Oxygène Hélium Azote (Trimix)

Commençons par le plus simple :
Heliox

On compose un gaz comprenant 80% d'He2 au minimum afin de pouvoir plonger sans ressentir de narcose
Un Heliox 20/80 permet donc une plongée à 66m avec l'esprit totalement clair
Pour descendre plus profond, utiliser un Heliox 10/90 par exemple :
Profondeur maximale : 150m

Impeccable me direz vous...

Oui mais

Comment vous faites en début de plongée vu que votre mélange ne comporte que 10% d'O2 ?
Ah, vous descendez en vitesse afin d'augmenter la PPO2
Ok, mais à la remontée ? les paliers ?
Ah vous les faites à l'02 via une autre bouteille ?
Ok

Vous l'avez compris, hors plongée en saturation, l'usage de l'Heliox mène le plongeur droit à porter une usine à gaz sur le dos :
Un mélange pour la descente
Un mélange au fond
Un mélange pour la remontée (pe identique à la descente)
Un mélange pour les paliers

Sachant que l'He2 se dissout de manière tout à fait différente que l'Azote, on ne parle plus là de plongée de débutant mais de plongée fort plannifiée, compliquée et dangereuse.

Le Trimix, c'est les embêtement de l'Heliox avec ceux de l'Azote en plus : risque de narcose, dissolution de DEUX gaz dans l'organisme

Ajoutez à cela que l'Hélium coûte la peau du cul, et qu'il vaut mieux le récupérer, ça ne donne pas envie.

Ah oui, j'oubliez, l'Hélium a une conductibilité thermique 6x supérieure à celle de l'Air, ce qui veut dire que s'il n'est pas réchauffez, vous allez pouvoir penser à faire une hypothermie de premier choix.

Démocratisation des plongées à l'He2
L'apparition de recycleurs à circuit fermés avec gestion électronique du mélange et intégration d'un ordinateur de plongée permet de plonger avec un Trimix ou Heliox dés la surface.
Comptez un petit 15000€ pour vous équiper et formez convenablement mais après il paraît que c'est le panard intégral (j'envisage très sérieusement cette possibilité)

Effet canard :
La voix de canard est causée par le passage d'un gaz plus léger sur les cordes vocales, d'où une fréquence de vibration différente, tout simplement



Hydrogène

Aussi fou que cela puisse paraître, on a essayé de créer un mélange respiratoire H2 + 02
Comment ces 2 molècules ne se transformez pas en eau ? je l'ignore
Nom du mélange : Hydrox ou Hydreliox si on rajoute de l'Helium
TRES EXPLOSIF

A force que la pression augmente, la respiration devient plus difficile car le gaz respiratoire s'alourdit (plus de molécule dans un même volume)
On a donc tenté de créer un mélange le plus léger possible, H2 étant plus léger que HE2

Si vous avez vu le film Abyss, vous vous souvenez du rat qu'on noie dans un liquide respiratoire : c'est impossible car les poumons n'ont pas la force pour brasser du liquide

On utilise se mélange entre 500 et 700m de profondeur



Néon Ne2

NEOX : utilisé avec les appareils à circuit fermé militaire pour des raisons de conservation de la chaleur mais pas beaucoup d'info à ce sujet, si ce n'est que ça coûte un pont



Monoxyde de Carbone CO

LA saloperie absolue
Inodore, incolore, insipide et mortel
Lui si vous le croisez et que vous ne réagissez pas vite, vous êtes mal mal mal
A partir de 0.1% de CO dans l'air que vous respirez et vous n'êtes plus qu'en sursit
A 1% on peut dire que vous êtes mort

Résulte d'un combustion incomplète : chauffe eau, filtre à air mal entretenu du compresseur de plongée, etc

Sa dangerosité vient de son affinité pour l'hémoglobine :
Le CO se combine bien plus facilement avec les globules rouges (et s'accroche en priorité) que l'O2 et CO2 mais lui, le globule rouge n'arrive pas à le relâcher, il faut attendre la mort et le remplacement du globule rouge (120 jours de durée de vie)

Lorsque l'organisme voit ses globules rouges ainsi "pollué", il peine à alimenter en O2 ses cellules.

On traite principalement les intoxications en caisson hyperbare, sous 100% d'O2 au masque (avec récupération des gaz).
On arrive ainsi à sursaturer le plasma sanguin en O2 et permettre d'augmenter un peu les échanges gazeux

TOUJOURS BIEN VERIFIER LES FILTRES DU COMPRESSEUR SURTOUT S'IL EST A MOTEUR THERMIQUE
SE PLACER AU VENT PAR RAPPORT A TOUT MOTEUR OU FEUX



CO2

Gaz que l'on produit à chaque expiration, toxique à partir de 3%
La syncope peut survenir très rapidement (précédée de bouffée de chaleur) et ensuite le coma

Peu de problème avec ce gaz sauf si on doit respirer dans un espace (sas) ou costume (volume Draëger, centrale nucléaire, etc) clos hermétiquement
« Modifié: 08 décembre 2007 à 00:24:53 par Ibis »
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07 décembre 2007 à 23:01:56
Réponse #52

Ibis


Pffffff ça se termine

Ca interesse quelqu'un au moins ?  :lol:
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07 décembre 2007 à 23:12:49
Réponse #53

pan48


OUI,OUI tu ne nous entends pas parce que on t'écoutes ;)

07 décembre 2007 à 23:14:58
Réponse #54

Ibis


 ;D ;D ;D

J'ai l'impression d'être un prof

S'il faut approfondir (et que je connais la réponse à vos interrogations bien sûr), n'hésitez pas à poser vos questions
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08 décembre 2007 à 11:34:53
Réponse #56

Ibis


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14 décembre 2007 à 00:01:36
Réponse #57

Ibis


Bonne semaine pour les français : 2 morts sur chantier, un mardi à La Rochelle et l'autre hier en Martinique

Infos fragmentaires mais il s'agirait de problème de matos absent ou peu adapté et de personnel manquant
Bref on pourra pe mettre "mort pour les sousous du patron"

 :bang: :bang: :bang:

A suivre
« Modifié: 14 décembre 2007 à 00:38:50 par Ibis »
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14 décembre 2007 à 16:46:00
Réponse #58

Aerazur


Pffffff ça se termine

Ca interesse quelqu'un au moins ?  :lol:

Ben je veux oui! Tu nous offre là, et ce d'une façon parfaitement compréhensible pour le néophyte, plein d'infos géniales!

Mais dis moi....si j'ai bien compris, en théorie.... On peut envoyer des gars à....700m? Si c'est bien çà, je suis scotché! :blink:

14 décembre 2007 à 18:43:00
Réponse #59

LOOPING


Salut Ibis et merci pour ton témoignage. Il me rappelle une connaissance.

J'ai eu la chance de connaitre à Marseille un plongeur "grand fond "qui bossais pour une société bien connue... Il est notamment intervenu sur l'epave de l'Erika.

Il m'a appris qu'il plongeait  à 100-200m de fond. Alors que moi plongeur loisir je ne pensais jamais qu'on pouvait travailler à de telles profondeurs.

Le pire : à de telles profondeur il y reste un mois... oui vous lisez bien un mois !

Ils vivent la nuit dans une cloche et travaillent le jour. Ils sont en binome, la mission dure un mois. Ensuite ils remontent, 1 mois ou 2 de repos. Et ils redescendent pour 1 mois au fond....

Hallucinant, seuls une poignée d'hommes sont capable de faire cà. Et le suivi médical est hyper rigoureux.

En cas d'accident au fond, les chances de survie sont extrement faible...

Cet homme  a été victime d'une narcose une fois. Il a eu un arret cardiaque et est tombé dans le coma. Evacué par ces collegues, il a pu être réanimé et s'en est tiré sans séquels , un miracle d'aprés eux et il a pu replonger...

Un sacré type en tout cas...
« Modifié: 17 décembre 2007 à 10:07:29 par LOOPING »

14 décembre 2007 à 20:03:41
Réponse #60

ipphy



Le pire : à de telles profondeur il y reste un mois... oui vous lisez bien un mois !

Ils vivent la nuit dans une cloche et travaillent le jour. Ils sont en binome, la mission dure un mois.


 :o Impressionnat  :o

Vous avez des photos ou des liens explicatifs?

14 décembre 2007 à 20:46:09
Réponse #61

Ibis


Profondeur de 708m : pas de test en extérieur mais dans un laboratoire

Je vous monte un article sur les techniques de plongées profondes et en attendant je vous mets un peu de lecture glanée ça et là

 Les gueules cassées du pétrole norvégien

Il y a trente ans, la Norvège découvrait du pétrole en mer du Nord. Soumis à des cadences infernales, les scaphandriers plongent sans mesures de sécurité. Souffrant de séquelles physiques ou de troubles du comportement, les rescapés demandent aujourd'hui à l'Etat de reconnaître sa responsabilité.

Par Olivier TRUC

jeudi 13 mai 2004 (Liberation - 06:00)

Stavanger (Norvège) envoyé spécial




Entre 1 h 30 et 2 heures du matin, les ruelles du vieux Stavanger se remplissent d'une foule jeune et chancelante. Le samedi soir, c'est l'heure de fermeture des innombrables bars et pubs branchés de cette ville côtière de 110 000 habitants, dans le sud-ouest du pays. Devenu dans les années 70 la capitale norvégienne du pétrole, Stavanger est désormais l'eldorado des fêtards, une minimétropole cosmopolite et orgueilleuse transformée au rythme des contingents d'employés des multinationales pétrolières et gazières.

Trente ans plus tôt, entre deux missions en mer du Nord, Guy Tassier aurait été de ces noctambules qui semblent dépenser sans compter. En juin 1972, à son arrivée, il est même l'un des nouveaux seigneurs de Stavanger. A 27 ans, ce scaphandrier français de la Comex, une société d'ingénierie sous-marine dont la maison-mère est basée à Marseille, fait partie des tout premiers plongeurs * Français pour la plupart * de l'épopée pétrolière norvégienne. Sans eux, les premières gouttes de pétrole qui font la richessede la Norvège n'auraient pas jailli.

Payé cinq fois le salaire moyen norvégien, Guy Tassier et ses copains étaient des pionniers, ils faisaient un métier dangereux, ils étaient riches. La Norvège les aimait. «Nous n'oublierons jamais», lança, en 1973, le Premier ministre à ces aventuriers des grands fonds, deux ans après le démarrage de l'exploitation du premier champ pétrolier d'Ekofisk. Depuis, 22 milliards de barils de pétrole brut ont été produits sur le socle norvégien.

Mais ce samedi soir de 2004, plongé dans la nuit, Guy Tassier lutte. Dans son petit appartement de la banlieue de Stavanger, abandonné par sa femme, avec la retraite minimum * «celle d'une femme de ménage qui aurait travaillé dix ans», dit-il *, assis face à son ordinateur, il s'abrutit des heures sur des jeux sur Internet. Des années qu'il ne fait plus que cela, pour éviter un sommeil trop léger qui risquerait de libérer ses cauchemars. Mais les cauchemars frappent quand même. «Je me noie presque chaque nuit», souffle Guy Tassier. Prisonnier d'un labyrinthe sous-marin dont il ne trouve jamais la sortie.

Combien sont-ils comme Guy Tassier, en Norvège, mais aussi en France ou en Grande-Bretagne, ces anciens scaphandriers dont la vie a basculé au fond de la mer du Nord ? Selon des chiffres collectés par deux anciens plongeurs norvégiens, Rolf Guttorm Engelbretsen et Tom Engh, sur les 235 plongeurs de l'époque pionnière (entre 1968 et 1985) qu'ils ont identifiés, 66 sont morts en plongée - mais les autorités norvégiennes ne peuvent confirmer ces chiffres, faute de registres précis. Au moins 18 se sont suicidés. La plupart des survivants ont des lésions cérébrales, des troubles du comportement et de la mémoire, des séquelles physiques et psychologiques.

Comme beaucoup d'autres, Guy Tassier ne supporte plus de voir du monde. «Il suffit que quelqu'un me demande comment je vais pour que j'éclate en larmes.» Lorsqu'il avait encore une famille, il lui arrivait de s'enfermer dans la cave durant des jours entiers. Chez des amis, il quittait subitement la table et partait. Personne ne comprenait, pas même sa femme. Elle l'a quitté le jour où l'Etat norvégien lui a accordé sa modeste retraite. «Mon erreur, c'est de ne rien lui avoir raconté. Mais quand je rentrais de mer du Nord, je ne pouvais quand même pas lui dire que j'avais failli y rester trois jours plus tôt, qu'on m'avait remonté évanoui dans la tourelle, que j'avais encore perdu un copain. Elle n'aurait pas pu vivre avec ça.» Le scaphandrier gardait tout pour lui : accidents de plongée, coupures de gaz, mauvais mélanges. Les expériences en vue de nouveaux forages pour tester les réactions humaines à très haute pression, les cadences infernales au mépris des règles de sécurité, les décompressions brutales. Mais aussi les morts violentes à 200 mètres sous l'eau, les types qui paniquent sous la tourelle et coupent le cordon de leur collègue en plongée, le condamnant à mort.

Un labyrinthe sous-marin

Jour après jour, à 100, 200, 300 mètres de fond, les plongeurs alternaient soudure, plomberie, maintenance, dans le noir, dans le froid. En 1978, à deux semaines d'intervalle, Guy est victime de deux accidents de décompression. Au second, la moelle épinière est touchée, il perd une partie de sa sensibilité motrice. La Comex le remercie. Interrogée par Libération, la société, qui a cessé ses activités pétrolières offshore en 1992, admet les risques encourus, mais relativise: «On peut considérer que le danger restera toujours présent dans cette profession, mais il n'est pas plus important que dans le bâtiment et provoque actuellement moins d'accidents que la plongée sportive de loisirs», constate Bernard Gardette, son directeur scientifique.

Le plongeur se retrouve sur le carreau, avec ses seules économies. On essaye de le former au métier de charpentier. Mais les lésions sont trop dévorantes: il perd souvent l'équilibre, se casse une hanche, les arrêts maladie s'accumulent.

Un jour, il tente de se supprimer pour mettre fin à ce cauchemar. Lorsqu'il se réveille à l'hôpital, il est questionné par un jeune psychiatre norvégien qui a étudié aux Etats-Unis et pratiqué dans un hôpital de vétérans du Vietnam. «Je présentais les mêmes symptômes à 100 %. C'est là que j'ai commencé à comprendre que ce que l'on faisait, c'était la guerre. On mettait notre vie en jeu chaque fois. On voyait la mort en face. Après un accident de plongée, à la remontée, on nous tapait sur l'épaule et on nous renvoyait au fond le lendemain. Il fallait que le pétrole sorte, coûte que coûte.»

Rolf Engelbretsen, qui habite non loin de Stavanger, se rappelle cette incroyable époque. Ex-nageur de combat, l'élite de l'armée, il avait reçu l'ordre au début des années 70 de rejoindre la mer du Nord, tant le royaume manquait de plongeurs. Spécialiste des missions impossibles, il était, comme ses camarades, certifié pour plonger à 60 mètres. Or, dès sa première plongée en mer du Nord, on l'envoie à 157 mètres de fond. Lui aussi raconte les cadences infernales, les accidents à répétition sur lesquels il faut garder le silence : «Nous servions de cobayes.» Lui aussi, après un accident en 1992, s'est retrouvé sur le carreau, sans aide. Ce type sec et dur lance : «Parfois, je m'écroule dans un coin de la maison et je pleure pendant des heures.»

Un jour, il y a une dizaine d'années, Rolf Engelbretsen retrouve son ami Tom Engh qui habite au sud d'Oslo et campe dans le garage de sa maison inachevée. Ils constatent qu'ils se trouvent dans un état semblable. Et commencent à essayer de retrouver les anciens. Discrètement d'abord, ils rassemblent des documents et découvrent que, dès le début des années 70, les autorités connaissaient tout des risques, mais ont choisi tout de même d'envoyer les plongeurs. Plusieurs rapports de chercheurs restent enfouis dans les tiroirs. Les deux hommes réalisent qu'il a fallu attendre 1985 * vingt ans après la découverte du pétrole norvégien * pour que cette profession, l'une des plus dangereuses au monde, soit enfin régulée. Et qu'il a fallu dix ans de plus, en 1995, pour que ce métier soit intégré dans la législation norvégienne du travail. Comment l'expliquer, s'interrogent Rolf Engelbretsen et Tom Engh, sinon par le fait que, s'il avait fallu respecter les procédures, réaliser les tests de plongée, les valider, établir des tables de décompression irréfutables, des années de recherche auraient été nécessaires, autant d'années de production pétrolière perdues ? Un luxe que la Norvège et l'Europe, confrontées aux chocs pétroliers, ne pouvaient se permettre.

Corruption d'Etat dénoncée

En 1999, les deux hommes créent l'Alliance, qui rassemble à ce jour plus de 160 anciens scaphandriers. Ils voudraient retrouver d'autres confrères, notamment en France. Et ils demandent des comptes à la Norvège. Démarre alors un bras de fer avec à un Etat muet sur le sujet . «La Norvège est tellement bonne pour donner des leçons de droits de l'homme aux autres», s'insurge Rolf. Et de noter aussi qu'Eva Joly, l'ancienne juge de l'affaire Elf en France, aujourd'hui employée par le ministère norvégien de la Justice pour lutter contre la corruption internationale, a décliné la demande d'aide des plongeurs pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme une corruption d'Etat, expliquant, dans un courrier daté du 27 février dernier, qu'elle risquerait «une situation de conflit avec (son) employeur, l'Etat norvégien».

En 2000, celui-ci finit par lâcher jusqu'à 200 000 couronnes (25 000 euros) par plongeur. Après qu'une commission d'enquête gouvernementale a conclu fin 2002 à la responsabilité de l'Etat et des compagnies pétrolières - mais pas celle des sociétés de plongeurs type Comex -, et sous la pression de l'opinion norvégienne, le Parlement a décidé d'attribuer il y a quelques semaines jusqu'à 2,5 millions de couronnes (320 000 euros) à certains plongeurs. «Trois ans de salaire qu'on touchait en plongée. Une honte», répondent-ils, face à la misère financière, physique et psychique dans laquelle vivent depuis si longtemps la plupart de ces hommes qui ont besoin d'être assistés.

Depuis l'an dernier, les autorités norvégiennes ont établi à 180 mètres la limite pour toute plongée humaine sur le socle norvégien. En 2002, une ultime simulation de plongée à 250 mètres réalisée à Bergen s'est soldée par six blessés sur huit plongeurs. Einar Andersen, l'un d'entre eux, a vu sa carrière brutalement stoppée. Il lui reste ses vertiges et les allocations sociales.
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14 décembre 2007 à 20:48:50
Réponse #62

Ibis


Papy One (un des plus vieux scaph belge et sans doute le plus expérimenté)

En 1979, je travaillais encore sur le chantier du Rupel tunnel. A l’époque, un des énormes éléments venait d’être posé dans le canal et pour le stabiliser sur le fond, une petite drague avait pour mission de rejeter du sable sous et sur les cotés de l’ouvrage.
Ce jour là, moi j’avais comme travail d’aller installer du matériel de métrologie contre un des pieux de balisage qui ce trouvait dans le chenal.
Le pieu sur lequel je devais plonger se situait à environ 30 m du mur de quai où nous avions installé le poste de plongée, ce qui en clair signifiait que j’avais à nager en surface jusqu’au pieu pour ensuite descendre à 24 m le long de la main courante.
Mon boulot sur le fond prit environ trois quarts d’heure et une fois qu’il fut terminé, j’informai la surface pour dire qu’on pouvait récupérer le mou du narghilé car j’allais remonter.
Après quelques secondes, mon tender m’informa que le narghilé devait être accroché quelque part car il ne parvenait pas à reprendre le mou.
Ok lui dis-je je vais allez voir.
Je ne dus pas allez loin pour trouver l’endroit où mon narghilé bloquait.
Il n’était pas accroché, mais au contraire, il était entièrement enterré sous le sable.
En fait, le sable injecté par la drague avait eut la foutue tendance à s’étendre bien plus loin que ce qui était initialement prévu et en se redéposant sur le fond, il s’était également déposé sur mon ombilical qui à l’époque n’était pas flottant.
Bien entendu, j’essayai de toutes mes forces de tirer dessus pour le dégager mais sans succès.
Comme je voyais qu’il était inutile d’insister, j’informai la surface de la situation et leur dit ce que j’allais faire.
Pour me libérer du fond, j’avais décidé de déconnecter mon narghilé et de remonter ensuite en surface tout en respirant sur mon biberon secours où l’équipe me récupèrerait avec le zodiac de faction.
A cette époque, les narghilés étaient équipés d’un raccord qui pouvait être aisément connecté ou déconnecté dans l’eau et même dans de la vase car ce dispositif était équipé d’un système d’auto nettoyage.
Après une ou deux minutes, la surface m’informa que le zodiac était prêt et que je pouvais me déconnecter.
Dans l’ordre, je larguai le mousqueton de sécurité, déconnectai la fiche des communications, ouvris mon biberon secours et dévissai mon raccord et !!! m*rde !!! pas de gaz.
Bien sur, immédiatement je rebranchai le narghilé et commençai à râler sur le gros con que j’étais pour ne pas avoir contrôlé la pression de ma bouteille avant la plongée.
Je remis la fiche des coms et informai la surface du léger problème supplémentaire en leur précisant que cette fois il ne fallait pas traîner à me récupérer dès que j’arriverais en surface.
Ok, cette fois j’étais prêt. Toutefois, avant de larguer mon ombilical, je mis un peu plus de NITROX dans mon volume car le grand avantage du volume constant est dû au fait qu’en cas de panne d’alimentation, il est toujours possible de respirer dans le vêtement pendant une à deux minutes sans risquer l’intoxication au CO² ou comme dans le cas présent d’inspirer par le nez et expirer par le détendeur de manière à ne pas remonter en ballon.
Evidemment, remonter en pleine eau dans le noir complet et sans point de repère pour contrôler la vitesse de remontée est un peu stressant, mais finalement tout ce passa bien et je crevai la surface à quelques mètres du zodiac.
Il ne fallu que quelques secondes pour être récupéré par les collègues qui me tirèrent rapidement dans le bateau.
« Content de vous voir les gars » leur dis-je.
Puis après avoir rejoins le quai et m’être rapidement déséquipé, je me mis sur oxygène pendant une heure car bien que je n’avais pas de palier à faire il était plus que probable que je n’avais pas respecté la vitesse de remontée prescrite.
Conclusion : La pression du biberon secours se contrôle AVANT CHAQUE PLONGEE.

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14 décembre 2007 à 20:51:29
Réponse #63

Ibis


Papy One toujours

Quelques semaines après notre incident de tourelle, ce fut au tour de Tiny d’avoir une petite frayeur lors de sa plongée d’inspection.
Comme je l’ai expliqué auparavant, ce type de plongée était principalement réalisé sans la moindre visibilité.
Malgré tout, cela ne nous gênait pas du tout, car nous connaissions parfaitement bien le cheminement à faire pour rejoindre les divers endroits à inspecter.

Les points à contrôler étaient :
- La largeur – profondeur – forme de la tranchée.
- La position de l’ensouilleuse par rapport au pipeline.
- La position des traîneaux.
- Relever la position et l’angle de la chaîne de traction.

Donc en soi un travail relativement facile.
Mais évidemment comme vous le savez maintenant, la mer du Nord peut être très rude et ce 19 septembre 76 il y avait à nouveau une très forte houle.
A nouveau, notre tourelle montait et descendait de plusieurs mètres mais depuis l’incident, nous avions pris soin de rester un peu plus loin du fond, ce qui permit à Tiny de bien débuter son inspection jusqu’au moment ou il arriva à la chaîne.
Comme vous pouvez l’imaginer, la chaîne de traction utilisée pour tirer une machine de 34 t n’est pas une chaîne de PD, mais bien quelque chose de costaud avec des maillons énormes.
Donc, en ce jour particulier mon cher collègue Tiny décidât pour une raison seulement connue de lui-même, de passer sa main au travers d’un des maillons.
Bien sur ce qui devait arriver, arriva.
Sa main avait put passer dans la chaîne mais à cause du mouvement provoqué par la houle, il ne pouvait plus la retirer.
Comme j’étais Bellman, je n’ai pas pu entendre ce qui fut dit entre lui et la surface, mais cela n’était pas difficile à imaginer.
Tiny : Surface ….. J’ai un problème !
Surf : Quel est ton problème Tiny ?
Tiny : Euh ! Euh ! J’ai passé ma main dans un maillon de la chaîne …. et je ne peux plus la retirer.
Surf : QUOI !!! ESPECE DE GROS C …..D !!! Tu as passé ta main dans la chaîne , et est-ce que je peux te demander ce qu’il faut faire maintenant ?
Tiny : Euh !! Je pense qu’il faudrait prévenir le Bellman et ….. préparer la pince oxy-arc.
Surf : EST-CE QUE TU PLAISANTES ????
Tiny : Je ne pense pas …. car cela me fait mal.
Et ainsi, après quelques jurons supplémentaires, le chef de poste passa les communications sur la tourelle et me mis au courant de la situation.

Il m’informa qu’en surface on préparait le matériel de découpage et que me je devais me préparer à intervenir.
Heureusement, ce n’était pas une situation d’urgence car le plongeur gardait son calme, mais il ne parvenait pas à retirer sa foutue main.
Donc, je larguai le narghilé secours dans l’eau et m’installai sur le bord du hub de manière à être prêt à enfiler mon facial et à me laisser glisser dans l’eau pour aller aider mon copain.
Puis heureusement pour le plongeur, après une ou deux minutes supplémentaires la chaîne de traction bougeât un peu plus et il put sortir sa main sans trop de dommage.
Elle fut juste un peu gonflée et égratignée mais rien de plus.
Lorsqu’il fut de retour dans la tourelle, nous rîmes de l’incident, mais lorsque je lui dis (d’une manière très sérieuse) que si j’avais dû intervenir, la surface avait décidé que pour des raisons économiques je devais plutôt couper la main que la chaîne, je pus voir dans ses yeux qu’il n’était pas sûr que je plaisantais.



Conclusion : Faites toujours très attention où vous mettez les mains.
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14 décembre 2007 à 20:54:03
Réponse #64

Ibis


Et une petite dernière de Papy One
ça devrait me laisser le temps de vous préparer un article




Petit récit d'une plongée

An de grâce 1981.

Cela fait maintenant quelques jours que je suis arrivé à bord du DSV Tarasco qui travaille actuellement dans le golfe du Mexique.

Le service des opérations de Marseille m’a envoyé ici parce que hormis les travaux offshore, j’ai également une grande expérience de plongée en travaux publics en Belgique, ce qui signifie plusieurs milliers d’heures de plongée sans visibilité, et parait-il c’est cela qui est recherché ici au Mexique car ici la « visi » est très mauvaise.

Pendant toute cette semaine passée sur le pont j’ai eu l’occasion de m’imprégner de l’ambiance qui règne à bord de la barge, mais j’ai me suis également efforcé d’étudier le type de matériel et équipement qui est mis en œuvre sur le chantier.

Depuis plusieurs mois, les opérations de plongée, consistent principalement à réaliser des connections de pipeline par soudure hyperbare et c’est une nouvelle opération de ce type qui va commencer cette nuit.

En effet, nous allons procéder au raccordement de deux pipelines de 36” qui ont été récemment posé sur le fond par une Lay barge.

Notre support naval dispose d’une tourelle de plongée et d’un ensemble de saturation composé de 3 caissons de 2 mètres de diamètre disposé en étoile autour d’un caisson humide.

L’ensemble des caissons se trouve sous le pont principal et la tourelle accède à la mer via le moon pole central du bateau.

L’entrée en « sat » de l’équipe, est prévue vers 22h00. Pour le début de l’opération, seul 9 plongeurs seront comprimés.

Chaque caisson comporte 4 bannettes, mais pour des raisons de confort les plongeurs seront répartis dans les 3 caissons par équipe de 3.

Comme nous disposons encore de quelques heures avant la mise en pression, chacun s’active à préparer sa couchette avec des draps frais et à amener les effets personnels qu’il aura besoin pendant son séjour.

Vivre à 3 dans une enceinte de 2 mètres de diamètre, n’est pas très confortable surtout si l’on enlève encore les 30 centimètres du plancher, cela laisse vraiment très peu de place, surtout pour celui qui doit dormir sur le lit du haut.

Généralement c’est le plus mince de l’équipe qui est sacrifié et désigné d’office pour dormir en haut, bien que certaine équipe choisisse de faire un roulement.

22 heures approche, après un dernier briefing avec le conducteur de travaux, nous nous rendons dans le control room des caissons masters où certains en profiteront pour griller une dernière clope.

Avant d’entrer dans nos caissons respectifs, les caissons masters vérifient une dernière fois nos poches à fin de s ‘assurer que personne n’amène de produit illicite ou dangereux (cigarettes, allumettes, briquet, alcool.) les bouquins de cul sont bien sur autorisés.

Cette fois ça y est, le caisson master met le système de régénération en route, et après avoir fermer la porte, les caissons sont comprimés à l’air ou à l’héliox 20/80 jusqu’à la profondeur de 10 mètres. Cette première partie de la compression a pour but de faire monter la pression partielle d’oxygène à de 420 mb.

Ensuite les caissons sont comprimés avec de l'hélium pur jusqu’à la profondeur du niveau vie qui se situe généralement 10 mètres plus haut que la profondeur de travail.

Comme le fond de la mer où nous allons opérer est de 40 mètres, le niveau vie dans les caissons sera de 30 mètres.

Durant la compression, le ventilateur du filtre de chaux sodée est mis en route pour favoriser le mélange des gaz ambiants, mais comme cela ne suffit pas, nous sommes priez de brasser les gaz à l’aide de nos serviettes de bain.

Etant donné que le niveau vie n’est pas profond, la vitesse de compression peut être d’environ 1 m / min. ce qui fait que nous atteignons le niveau vie en 30 minutes.

A 23 h 00, le chef de poste nous appelle déjà pour réaliser une première plongée.

Le caisson n° 1 dont je fais partie est tiré au sort.

Je suis désigné comme étant le plongeur n° 1, Laurent est plongeur n° 2 tandis que Samo est désigné comme bellman.

Le rôle du plongeur n° 1 consiste à diriger toute la plongée, c’est lui qui discute avec le chef de poste sur la manière de faire tel ou telle chose.

Le plongeur n° 2 est la pour assister le plongeur n° 1 et il ne prend généralement pas de décision quant au déroulement des opérations. En milieu de plongée, le plongeur n° 2 rentre à la tourelle et se fait alors remplacer par le bellman.

Le bellman est le plongeur désigné pour rester dans la tourelle à fin d’aider et de surveiller les plongeurs.

Pendant que Samo passe dans la tourelle pour faire la check-list avant plongée, Laurent et moi passons dans le wet pot (caisson humide) pour mettre nos vêtements à eau chaude et nos harnais de sécurité.

Pendant ce temps, Marcel le chef de chantier, nous rappelle via l’interphone quelle sera notre mission pour cette plongée de nuit : Recherche du premier pipeline de 36 ” / balisage / alignement du pipeline le long de son tracé final.

Une fois la check-list terminée, Samo nous informe que nous pouvons à notre tour passer dans la tourelle.

Après que nous nous sommes installés sur les minuscules sièges, le bellman ferme la porte latérale de la tourelle et en informe de chef de poste, qui à son tour demande alors à l’un des plongeurs au repos de venir fermer la porte du caisson humide.

Le sas intermédiaire situé entre le wet pot et la tourelle est alors décomprimé et la tourelle déconnectée de l’ensemble vie.

En surface, l’équipe d’assistance renferme la porte latérale extérieure de la tourelle et assure la translation de celle-ci jusqu’au moonpool.

Après avoir connecté les 2 câbles guides, la tourelle est ensuite descendue le long de ceux-ci.

Durant la descente, Samo surveille le manomètre de pression de la porte latérale à fin de vérifier que l’étanchéité de la porte latérale est bonne. Il annonce aussi la profondeur tous les 10 mètres et ce jusqu’à ce que la porte inférieure s’ouvre légèrement à cause de la pression hydrostatique et laisse passer un peu d’eau.

La tourelle est alors stoppée et notre bellman ouvre entièrement la porte inférieure, ensuite il chasse l’eau via la vanne de pressurisation et refait alors descendre doucement la tourelle jusqu’à 4 à 5 m du fond.

Les différents circuits d’alimentation en gaz et en eau chaude son ouvert, et Samo peut maintenant me donner un coup de main pour m’équiper. D’abord brancher le flexible d’eau chaude... Ah ! que cela fait du bien cette arrivée d’eau chaude à 35 °. Il faut dire que je commençais à vachement me refroidir dans cette atmosphère d’héliox.

Ok Samo, maintenant tu peux me mettre le KMB 17. Voilà qui est fait.

Je teste rapidement mon arrivée de gaz au niveau du free-flow ainsi que par la vanne du biberon secours.

En surface, le chef de poste m’a branché sur un mélange héliox de 12/88 de manière à ce que je plonge avec une PPO² comprise entre 400 et 800 mb.

Euh !! Samo n’oublie pas de me mettre la goupille de sécurité car je n’ai pas envie de perdre mon casque comme certains malheureux plongeurs.

OK , c’est bon.

Pl 1 : Allo surface, est-ce que tu me reçois ?

Surf : 5 sur 5 plongeur 1.

Pl 1 : Ok, je suis prêt à sortir, tu peux me dire de quel coté je suis sensé trouver le pipe ?

Surf : En principe vers 9 h .

Pl 1 : Ok je sors et je pars vers 9 h.

Surf : Ok tu pars vers 9 h.

Je me laisse doucement descendre au travers du hub de 80 cm, et je me retrouve dans l’eau.

Pl 1 : AAH !! AAH ! surfaaace qu’est-ce que c’est cette connerie ?

Surf : Qu’est-ce qui se passe pourquoi tu gueules comme ça ?

Pl 1 : AAH !! AAH !! mes yeux !!! Je suis trop ébloui, on m’avait dit qu’ici il n’y avait pas de visi et j’ai moins 30 m au niveau de la tourelle AAH !!

Surf : Francis arrête de faire le mariole et va travailler.

Pl 1 : Bien chef .

Bon, je me laisse tomber sur le fond et je commence à me déplacer doucement vers 9h tout en surveillant la direction de mon narghilé.

Pendant que je me déplace sur le fond vaseux, je me rends compte que la visibilité diminue rapidement à cause de mes mouvements dans la vase, mais rien de catastrophique puisque je vois au moins encore à 3 mètres. Ah c’est sacré français tout de même, ils feraient bien de venir faire un petit stage de plongée à l'IFPME.

Pl 1 : Surface, tu peux demander au bellman si je vais toujours dans la bonne direction ?

Surf : Bellman ... est-ce que le plongeur va toujours dans la bonne direction ?

Bellman : Affirmatif.

Surf : Affirmatif plongeur.

Pl 1 : Ok je continue.

Bellman : Surface ... tu peux dire au plongeur qu’il est en bout de narghilé.

Surf : Plongeur tu es en bout de narghilé.

Pl 1 : Ok ... je n’ai rien trouvé ... Dis au bellman de tenir le narghilé tendu car je vais faire une circulaire.

Surf : Ok plongeur.

Bellman : Ok surface je tiens le narghilé tendu.

Comme je ne pense pas être cocu comme certain, je m’en doutais bien que je n’aurais pas trouvé le pipe directement.

Je commence à tourner lentement autour de la tourelle en prenant bien garde de tendre mon narghilé de 50 m.

Au bout d’un certain temps (temps que met le fût du canon pour se refroidir) je vois apparaître une masse sombre dans mon champ de vision.

Ca y est, cette fois je le tiens.

Pl 1 : Surface .... ça y est, j’ai trouvé le pipe.

Surf : Bellman ....tu peux me dire vers quelle heure part le narghilé ??

Bellman : 3 h .

Pl 1 : Je m’en doutais, tu as sûrement lu ton plan à l’envers.

Surf : § ;%, ?O(( .. Plongeur tu peux me donner l’envasement du pipe ?

Pl 1 : Oui ... envasé jusqu’à la moitié

En surface, le chef d'équipe informe le COH de la situation. Celui-ci décide de faire bouger le bateau.

Surf : Plongeur .... on va déplacer le bateau vers le pipe de 20 m.

Pl 1 : Ok , dis au bellman de reprendre mon narghilé au fur à mesure du déplacement.

Surf : Bellman... on va déplacer le bateau vers 3 h ... tu reprends doucement le narghilé.

Bellman : bien compris je reprends le narghilé.

En surface, le chef de poste informe la passerelle qu'on peut déplacer le bateau de 20 m vers tribord.

Comme il s’agit d’un bateau à positionnement dynamique, l’officier de quart entre les données dans l’ordinateur, et démarre la manœuvre.

Sur le fond de l’océan, j’entends que les thrusters commencent à tourner plus régulièrement tandis qu’en même temps je sens que Samo reprend le narghilé.

Au bout de quelques minutes la surface m'appelle :

Surf : Ok plongeur on a fait les 20 m.

Pl 1 : Ok bien reçu

Surf : Francis, on va te faire descendre le panier avec un pinger.

Pl 1 : Ok , est-ce qu’il y a une luciole sur le panier ???

Surf : Affirmatif.

En surface, l’équipe de pont a préparé le panier de travail avec un pinger et elle attend l’ordre de le descendre.

Surf : Ok plongeur, le panier descend .

Pl 1 : Bien reçu.

Je me mets sur le pipe et je scrute dans la direction où doit arriver le panier. Au bout de quelque instant, je commence à apercevoir des flashs et un halo de lumière verte, ça y est, voici le panier.

Pl 1 : Surface, je vois le panier ... ok continue à descendre doucement. ok stop! panier sur le fond.

Surf : Stop ! panier sur le fond.

Je me rends vers le panier et je retire le pinger.

Pl 1 : Ok surface tu peux faire remonter le panier.

Surf : Ok reçu.

Surf : Francis, tu vas te déplacer le long du pipe avec le pinger comme cela on pourra connaître son orientation exacte.

Pl 1 : Ok surface, je commence à me déplacer le long du pipe.

Pendant que je me déplace, le pinger envoie un signal qui est capté en surface et reporté sur la carte .

Je me déplace ainsi sur environ 300 m tout en faisant doucement déplacer le bateau de manière à ce que je ne travaille pas en bout de narghilé.

Pendant que je me déhale ainsi sur le fond, depuis environ 1h30, Samo et Laurent continuent à respirer dans la tourelle, chaque métabolisme va consommer environ 30 litres d’oxygène par heure et produire environ la même quantité de CO².

Pour le CO² , pas de problème la tourelle est équipée du scrubber (filtre à chaux sodé) mais en surface, le chef de poste s’aperçoit que le PPO² diminue, d’où sa réaction.

Surf : Bellman tu fais 2 rajouts d’oxygène .

Bellman : Ok 2 rajouts.

A la passerelle, le conducteur de travaux se rend compte que que le tracé de mon survey ne correspond pas à l’emplacement final que doit avoir le pipeline. Celui-ci se trouve à environ 45 m de son axe théorique.

Résultat il va valoir riper le pipe.

Il en informe le chef de chantier qui à son tour avertit le chef de poste.

Surf : Plongeur.

Pl 1 : Oui j’écoute

Surf : Ok, il va falloir riper le pipe de 40 m vers bâbord sur une distance de 300 m. Pour alléger le pipe, on va te descendre des parachutes de 10 T que tu fixeras tous les 30 m en partant de l’extrémité.

Pl 1 : Ok bien reçu , mais comme le pipe est envasé, il me faudra la galléazzi et une aiguille pour passer les élingues sous le pipe.

Surf : Ok bien reçu, on te mettra la galléazzi à coulisser sur le câble du panier en même temps qu’un premier parachute.

Pl 1 : Ok bien reçu, et tu peux demander à Laurent de se préparer.

Surf : Laurent, tu peux te préparer pour donner un coup de main à Francis pour installer les parachutes.

Pl 2 : Ok, je m’équipe.

Entre-temps, le panier est arrivé au fond , j'y remets le pinger, je récupère la lance galléazzi et je me rends en début de pipe à environ 5 m de la tête de traction.

Là, je commence à faire un trou dans la vase de manière à pouvoir passer mon épingle (fer à béton cintré au diamètre du pipe) plus facilement sous le pipeline.

Dès que la sangle est en place, le plongeur 2 fixe le parachute et le gonfle à l’aide de la ligne de gonflage qui nous arrive de la surface.

Pendant les 4 heures qui suivent, Laurent et moi installons la série de parachutes le long du pipeline.

Pl1 : Ok surface tous les parachutes sont en place et gonflés.

Surf : Ok on va maintenant retourner au début de la ligne avec le bateau et on va descendre les câbles des 3 daviers de relevage.

Pl 1 : Ok bien compris.

Pendant que le bateau se déplace vers l’origine du pipeline nous nous mettons en stand by sur les contrepoids de la tourelle.

J’en profite également pour boire un coup.

20 minutes plus tard, le bateau est en position.

Surf : Ok plongeurs le bateau est en place, on va commencer à faire descendre le câble du davier numéro 1.

Pl 1 : Ok on descend le numéro 1

Les trois câbles espacés d’une quinzaine de mètres sont ainsi élingués au pipe de la même manière que les sangles des parachutes.

Pl 1 : Ok surface les câbles de davier sont installés.

Surf : Ok plongeurs allez vous mettre à l’abri sous la tourelle, on va remonter doucement le pipe jusqu'en surface.

Pl 1 : Ok reçu

Surf : Plongeur 2 tu va rentrer à la tourelle pour changer avec Samo.

Pl 2 : Ok je rentre à la tourelle.

Surf : Bellman, Laurent rentre pour changer avec toi.

Bellman : Bien reçu on change.

Pendant ce temps, le pipe est remonté lentement en surface à l'aide des 3 daviers.

Cette remontée permet au pipeline d'avoir un angle correct jusqu'à l'endroit du touch down, ce qui lui évite de se casser.

Surf : Ok plongeurs, le pipe est en surface, on va commencer le ripage.

Pl 1 : Bien reçu, on reste à l'abri.

Le bateau se déplace maintenant latéralement par pas de 5 mètres et ce jusqu'à ce que le pipe se trouve dans l'axe prévu.

C'est maintenant Samo qui me rejoint sur les contrepoids en attendant la fin de la manœuvre de déplacement.

Surf : Ok plongeurs, le pipe est dans l'axe, on va commencer à le faire descendre.

Pl 1 : Bien reçu.

Quelques minutes plus tard le pipe apparaît.

Pl 1 : Ok surface, je vois le pipe il est à 10 mètres du fond tu peux continuer à le poser.

Surf : Plongeur 1 je t'avertis dès que la tension des câbles est à zéro.

Pl 1 : Bien reçu.

Le pipe se pose lentement sur le fond, mais à cause de l'état de la mer, le tangage et roulis du bateau se répercute sur le pipe et celui-ci danse un peu sur le fond, ce qui a comme conséquence de soulever un nuage de vase qui réduit directement la visibilité à zéro mètre.

Surf : Ok plongeurs, le pipe est posé , Francis tu défais les daviers et toi Samo tu commence à dégonfler les parachutes.

Pl 1 : Ok je fais les daviers.

Pl 2 : Ok je dégonfle les 10 T.

Nous revoilà donc partis tous les deux à procéder au démontage des daviers, et ensuite à l'enlèvement et la récupération de tous les parachutes.

Ce travail va à nouveau nous prendre 2 bonnes heures.

Pl 1 : Ok surface le pipe est clair.

Surf : Ok les gars bien travaillés vous pouvez rentrer dans la tourelle.

Comme cela fait un peu plus de 9 heures que je suis dans l'eau, Samo m'invite à rentrer le premier. Chose que j'accepte volontiers,"merci Samo".

Mais voilà que brusquement Samo me tape sur l'épaule et me fait signe de regarder dans une direction donnée.

OOOUAHHH !!!! Chouette alors une bande de petits requins tournent autour de la tourelle, il y en a au moins une dizaine.

Pl1 : Surface.... on est entouré d'une bande de petits requins.... c'est super chouette.

Surf : Quoi ! vous ne les avez pas vu sur le fond ?

Pl1 : Ben non il n'y avait plus assez de visi depuis la pose du pipe.

Surf : Est-ce qu'ils sont grands ??

Pl1 : Non, ce sont des requins pour PD ils ne font pas plus d'un mètre cinquante.

Surf : Bien allez rentrer maintenant avant qu'ils ne vous bouffent le culs.

Je rentre dans la tourelle, pour faciliter ma rentrée, Laurent ouvre la vanne du col de cygne, ce qui permet à l'eau de monter d'environ 0,4 m dans la tourelle.

Dès que j'ai le KMB 17 hors de l'eau, j'ai du mal à garder la tête droite à cause de la fatigue, je ressemble à David Niven dans le cerveau, Laurent est obligé de me redresser la tête pour pouvoir m'ôter le casque.

Ouf, voilà qui est fait, je me sens mieux. Une fois déséquiper, je donne un petit coup de main au bellman à fin de tout ranger avant de faire rentrer le plongeur 2.

Ok, Samo est à son tour dans la tourelle.

Bellman : OOUAHH ! Samo qu'est-ce qui est arrivé à ta palme ???

Samo : Oh m*rde alors c'est quoi ça ?

En fait, toute la voilure de la palme droite a disparu jusqu'au niveau du pied et d'après la forme on voit clairement que cela a été arraché par une bébête avec de bonnes dents style requin ou grosse murène.

Francis : Et tu n'as rien senti ?

Samo : Ben si, j'ai bien senti quelque chose, mais je croyais que je m'étais accroché.

Francis : Eh bien mon gars, pour le même prix tu aurais pu avoir quelques orteils en moins. Donc tu vois que ce qu'ils nous ont dit en surface du genre "si vous ne voyez pas le requin, lui ne vous voit pas non plus" c'est de la connerie.

Lorsque tout est bien rangé et les vannes d'alimentation fermées, le bellman chasse l'excédant d'eau via la vanne de pressurisation, puis inspecte le joint de la porte inférieure et la renferme doucement.

Encore une petite pressurisation pour assurer le plaquage de la porte et nous voilà prêt à remonter.

Bellman : Ok surface porte plaquée, vous pouvez remonter la tourelle.

Surf : Ok on vous remonte.

Pendant que la tourelle remonte, nous discutons de tout et de rien et bien sur de la palme.

En surface, l'équipe s'active à clamper la tourelle au caisson humide, et finalement nous entendons le bruit du vérin hydraulique qui assure le verrouillage final de l'ensemble.

Il ne reste plus qu'à comprimer le sas et nous voilà près à repasser dans notre petite maison.

Bellman : Ok surface , porte ouverte.

Surf : Ok les gars bonne nuit et merci.

Nous passons tour à tour dans le wet pot, où l'on croise le bellman de la seconde équipe qui se prépare à rentrer dans la tourelle pour faire sa check-list.

Au micro, serge le caisson master vient nous annoncer le menu. "Ok les gars, aujourd'hui il a le choix entre du kaka sur de la m*rde, ou de la m*rde sur du kaka."

Moi je choisis le premier plat, de toute façon m*rde ou pas, la nourriture n'a de toute façon pas beaucoup de goût en caisse, mais comme disent les Français, on mange aussi avec les yeux.

Enfin, encore quelques jours de patience et on aura peut-être droit à quelque chose de mieux car l'ensemble du catering c'est fait virer.

Pendant que Samo et Laurent discutent avec les 2 plongeurs suivant, j'en profite pour prendre une bonne douche bien chaude, car je trouve qu'il fait un peu frisquet dans notre caisson. C'est vrai que 30 ° c'est un peu juste.

Il nous reste maintenant à prendre notre repas, et ensuite un gros dodo puisque nous sommes maintenant tranquilles pour une quinzaine d'heures.
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14 décembre 2007 à 20:56:01
Réponse #65

Ibis


Plongée profonde

1) Plongée unitaire

2) Plongée atmosphérique

3) Plongée saturation
« Modifié: 14 décembre 2007 à 21:04:54 par Ibis »
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14 décembre 2007 à 21:14:23
Réponse #66

Ibis


:o Impressionnat  :o

Vous avez des photos ou des liens explicatifs?

http://www.citedelamer.com/fr/ocean_connaissance/mediatheque/Dossiers_documentaires/Delauze/hyperbare.asp

Plongée à 400m :

une semaine pour arriver à pression
3 semaines de boulot
1 mois pour remonter (compter une semaine par 100m)

A la descente et à la remontée, les plongeurs dorment peu car ils doivent brasser l'air du caisson afin de favoriser le remplacement des mélanges

Ca arrive ca arrive, je vais essayer de mettre mon article en ligne ce we
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14 décembre 2007 à 21:39:13
Réponse #67

yankee


salut ibis !

qui est - tu ton profil et ta photo me dise quelques chose ?

en quelle année a tu suivi tes cours de scaph ?

yankee :doubleup: 
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14 décembre 2007 à 21:47:57
Réponse #68

Ibis


salut ibis !

qui est - tu ton profil et ta photo me dise quelques chose ?

en quelle année a tu suivi tes cours de scaph ?

yankee :doubleup: 

Si tu es le liégeois auquel je pense : en même tant que toi mon "loulou" (pour imiter Frog)
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14 décembre 2007 à 21:52:12
Réponse #69

yankee


salut c'est bien moi  ;D ;D ;D ;D

je suis super content comment vas tu ?

ca me fais méga plaisir d'avoir de tes news !!!!!!!!!!!!!  :doubleup: :doubleup: :doubleup: :D ;D ;D

ps: il me semblais bien que c'etait toi j'avais reconnu la photo et aussi la "prose" de ta plume 

amicalement
Fa

 
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14 décembre 2007 à 21:59:05
Réponse #70

yankee


allais voila trois photo trés chere a mon   :love:
si je ne me trompe pas tu dois etre sur une des trois !
partout où nécessité fait loi

14 décembre 2007 à 21:59:44
Réponse #71

yankee


partout où nécessité fait loi

14 décembre 2007 à 22:00:06
Réponse #72

Ibis


Une des seules photos potables de moi, Emma étant subjuguée par vos tonnes de muscles et testostérones

On peut dire que durant la formation tu as touché le fond avec moi hein  :love:
Quelle belle plongée

Oh moi ça va, ça irait encore mieux si certains clients pouvaient se décider à me payer mais bon

2007 a été pourri et 2008 s'annonce au minimum très bon

Tu bosses encore ? ou tu te contentes de promener des biftons ?
tu as revendu ton 18 ?
j'ai tjrs une lame surefire pour toi si tu veux  ;)

et on peut continuer par émile si tu veux
www.scrapp.eu
Matériels de loisirs pour grands enfants

14 décembre 2007 à 22:00:32
Réponse #73

yankee


partout où nécessité fait loi

14 décembre 2007 à 22:05:20
Réponse #74

yankee


oui bien sur mon email est dans mon profil  :doubleup:

et oui je bosse tjs au même endroit et en plus comme plongeur pro

pour la protection civil depuis 2ans (merci la formation!) idem pour lolo

n'hesite pas a me passer un petit coup de phone quand tu en a l'occassion et contact moi quand tu veux

c'est toujours un super plaisir  ;D   
partout où nécessité fait loi

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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