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Auteur Sujet: Les types d'hémorragies et leur gestion  (Lu 31898 fois)

19 mai 2011 à 22:40:02
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Snake.Doctor


Salut à tous,

Je post depuis peu sur ce forum (mais je le lis depuis un bout de temps) et je vois que la question de la gestion des hémorragies revient souvent sur le tapis, ainsi que comment les traiter, quel est le matériel à avoir dans sa trousse de secours, etc... Il faut aussi prendre en compte l'aspect réaliste de la chose, quand j'interviens j'ai environ 30kg de matériel avec moi et on est pas trop de deux pour tout porter...Ici nous parlons d'une sacoche ou d'un sac contenant les éléments simples et essentiels pour gérer les hémorragies externes.

Je me permets donc de faire ici un post regroupant déjà des explications sur les différentes hémorragies que l'on peut rencontrer, ainsi que les moyens à mettre en œuvre pour les gérer.

Tout d'abord, je tiens à rappeler que ces informations sont données dans un but purement informatif, et ne remplace en rien la formation que vous "devez" acquérir auprès de professionnels ou de formateurs afin de pratiquer de manière adéquate et surtout en suivant les recommandations et lois de votre pays. Les éléments développés ci-dessous proviennent en grande partie de ma formation mais également de mon expérience professionnelle, à titre d'information je suis instructeur BLS-AED pour les professionnels et les non-professionnels, je mettrai des sources en fin du post. Ne vous offusquez pas de certaines choses, il y a de grands débats sur certaines techniques parmi les professionnels, et donc ça peut heurter la sensibilité de chacun. Le but étant d'avoir un dialogue constructif autour du thème, où chacun peut apporter son avis (de préférence argumenté) et comme ça on pourra faire avancer le débat. Je fais aussi remarquer que comme tout être humain est faillible, il se peut que je me trompe de mot ou que je fasse des erreurs involontaires, si vous en voyez, n'hésitez pas à le signaler pour corriger tout ça !  :up:

Le but étant aussi de simplifier au maximum tout ça pour que ce soit clair dans la tête des gens, si c'est compliqué n'hésitez pas à demander ! Ce qui peut paraître clair pour moi ne l'est pas forcément pour les autres.

Tout d'abord commençons par un petit rappel anatomique.

Composition de la circulation humaine

Le corps est constitué d'un système circulatoire qui fait passer le sang dans tout l'organisme. Le rôle du sang est d'apporter les nutriments et éléments essentiels à la vie de la cellule (principalement l'oxygène et le sucre). De plus, il a le rôle de "nettoyeur" en récupérant le gaz carbonique ainsi que d'autres déchets afin de les emmener là où ils seront éliminés.

On considère 2 types de circulation, la grande et la petite. La petite est le trajet du sang depuis le coeur (ventricule droit) vers les poumons, puis des poumons au coeur (oreillette gauche) pour qu'ensuite ce sang chargé d'oxygène et débarrassé du CO2 reparte dans la grande circulation, càd depuis le coeur vers le reste de l'organisme. Pour ce faire, il emprunte 2 types de vaisseaux : les artères, qui sont les vaisseaux qui transportent le sang depuis le coeur vers les tissus, et les veines, qui ramènent le sang depuis les tissus vers le coeur. Le sang artériel (chargé en oxyhémoglobine) est d'aspect plus rouge que le sang veineux (chargé en CO2), c'est en général ce qui peut aider à différencier le type de saignement. L'autre aide, c'est que le sang artériel étant chassé du coeur, il est sous une pression plus élevée que le sang veineux, ainsi en cas de section d'une artère, le sang sortira de manière plus forte, et souvent en saccade (au rythme du coeur). Le sang veineux lui, ayant une pression beaucoup plus basse, aura tendance à s'écouler tranquillement.

Un petit schéma de la circulation humaine pour aider à comprendre :


Source : http://www.ikonet.com/fr/ledictionnairevisuel/etre-humain/anatomie/circulation-sanguine/schema-de-la-circulation.php

En parlant de pression du sang, à titre d'information, c'est ce que l'on mesure quand on parle de tension artérielle (car c'est l'artérielle qui nous intéresse le plus), c'est le premier chiffre que l'on a, le plus élevé. Il correspond à la pression qu'exerce le sang lors de la systole cardiaque (contraction) sur les artères. Le deuxième chiffre que l'on obtient, c'est la pression à la diastole (quand le ventricule se relâche). Cette tension doit être maintenue à un certain seuil pour garantir une perfusion cérébrale adéquate : plus le sang avance, plus il est soumis à des résistance au niveau des tissus pour faire les échanges oxygène/CO2, si la pression n'est plus suffisante, la résistance est trop grande et le sang n'arrive plus à faire son travail. Ainsi le cerveau, lorsqu'il est hypoperfusé, produit des choses comme les malaises (malaise du hypotension, vagal -> le nerf vague produit une vasodilatation en même temps qu'une bradycardie ce qui fait chuter la pression), des troubles de l'état de conscience, etc...

On trouve donc dans l'organisme des artères et des veines. Certaines sont des principales, de gros calibre, de façon que si elle sont sectionnée font perdre une quantité considérable de sang. C'est pour ça qu'il est important de savoir où elles se trouvent, pour déjà anticiper le type de saignement auquel on peut s'attendre.

Il est important également de savoir qu'on considère qu'un homme a en circulation envrion 70-80ml/kg de sang, soit 7-8 litres pour un homme de 100kg, et 65ml/kg pour une femme. A noter qu'il suffit déjà une perte de 15-30% de volume sanguin pour produire les premiers signes de l'état de choc hypovolémique.

Ici un tableau regroupant les 4 stades du choc hypovolémique ( en anglais, je ne l'ai pas retrouvé en français ).


Source : http://www.jpp.krakow.pl/journal/archive/08_08_s2/articles/15_article.html

A noter que les premiers signes seront une augmentation de la fréquence respiratoire (à dissocier de l'effet de stress du patient, ce qui n'est parfois pas évident). Un monitorage de la tension aux 2min est nécessaire ainsi que la fréquence cardiaque.

Ensuite, il faut savoir aussi que les différentes parties du corps sont irriguées différemment, par exemple le cuir chevelu est très vascularisé par de petites artères (artérioles) et en cas de plaie du scalp, on doit faire face fréquemment à des hémorragies importantes qui peuvent engager le pronostic vital du patient si elle ne sont pas traitées. A l'inverse au niveau des membres, les artères se situent le long des os (pour les os simples), et entre les 2 os des extrémités (radius-cubitus/tibia-fibula). Le corps est bien conçu et protège ce qui est important  :up:. On a donc rarement des sections d'artères sur les membres, sauf en cas de section du membre ou de plaies très profondes et vraiment mal placées. Les zones les plus délicates restent donc les parties proximales au tronc, comme les plis de l'aine ou les creux axillaires.

Donc maintenant, on sait à peu près comment circule le sang qu'on a dans notre corps, et où passent les gros vaisseaux.

On peut donc passer à la suite...

Types de saignements

Il existe principalement deux types d'hémorragies. L'interne, et l'externe. Pour l'interne, malheureusement on ne peut rien faire, il n'y a qu'un chirurgien qui pourra aider le patient. Pour aider le chirurgien dans son travail il faudra "soutenir" la vie du patient par des moyens malheureusement avancés, que seuls des professionnels formés pourront mettre en place.

Nous allons donc traiter uniquement des saignements externes.

Il en existe deux types également : le veineux et l'artériel.

Pour les différencier, en général il existe deux moyens. La première est la vitesse d'écoulement du sang. Lorsqu'il s'agit d'un saignement artériel, l'hémorragie est dite "pulsatile" car elle varie en fonction des battements cardiaques. On voit des jets de sang qui vont au même rythme que la fréquence cardiaque. C'est le premier signe d'une hémorragie artérielle. Le deuxième signe peut être la coloration du sang, s'il est rouge vif, il y a de grandes chances qu'il provienne d'une artère, car le sang est chargé en oxygène (ce qui donne cette couleur très rouge à l'hémoglobine).

Lorsqu'il s'agit d'un saignement d'origine veineux, le sang a plutôt tendance à s'écouler tranquillement, et il est d'apparence plutôt bleuté. C'est le résultat de l'hémoglobine qui a donné sont oxygène au tissu.

Il est à noter que le saignement veineux sera beaucoup plus facile à juguler que l'artériel, de par la différence de pression qu'il y a derrière : dans le saignement veineux, la coagulation a le temps de se faire vu qu'elle n'est pas soumise à la même pression derrière. Une pression directe sur la plaie avec une compresse ou à défaut un tissu suffit généralement à la stopper.

A titre informatif, voici la vidéo d'une artère fémorale qui saigne. Vous remarquerez les jets "pulsatiles". On considère que lorsqu'un gros vaisseau de ce type est sectionné, on a entre 10 et 15 secondes avant que la pression ne chute au point de perdre connaissance.

Vidéo (attention images pour public averti) : http://www.naemt.org/Libraries/PHTLS%20TCCC/0203V01%20Femoral%20Bleeding%20101101.sflb

Contrôler une hémorragie

Le contrôle d'une hémorragie, comme enseigné dans le BLS (Basic Life Support, recommandations 2010) consiste en 3 gestes successifs :

- Compression directe sur la plaie avec la main, utiliser si possible une compresse ou à défaut un tissu. L'effet sera de faciliter la création du caillot qui va venir boucher la plaie. Si c'est un membre, si possible surélever le membre en question afin de faire baisser encore plus la pression sanguine et aider la coagulation.

- Mise en place d'un pansement compressif : si la compression directe ne suffit pas (le sang continue de couler à travers les compresse, ou vous ne pouvez pas rester en place), il faut passer au pansement compressif. Le but de ce pansement est de remplacer votre main pour faire la compression. On peut également faire des pansements compressif successifs sur la plaie le cas échéant. Pour ce faire on utilise une première compresse (en général plus épaisse), que l'on place sur la plaie, puis on fait un bandage autour (assez serré), puis à un moment donné on place quelque chose entre le bandage afin de venir faire compression sur la compresse et la plaie (on peut replier une bande de gaz sur elle même pour faire une masse, ou alors utiliser d'autres choses comme de la mousse, tissu, etc...). Une fois en place, on repasse avec la bande par-dessus l'objet ou la masse et on serre afin de faire pression.




Source : http://www.toujourspret.com/techniques/secourisme/lexique/H/hemorragie_externe.php

- Si le pansement compressif n'est pas efficace et que le saignement continue sur un membre, alors il faut poser le garrot (et ici commence le débat de la pause du garrot, c'est ce qui est enseigné dans le BLS pourtant, et les études sur les théâtres d'opération montrent que les soldats ayant eu un garrot jusqu'à 6h ont conservé leur membre sans séquelles autres que celles de la blessure). Attention cependant pour l'utilisation du garrot, il faut que le garrot soit large (3-4cm de large environ) pour ne pas léser le tissu et surtout les nerfs ainsi que le système vasculaire. On placera toujours le garrot au plus près de la blessure, et toujours sur un os unique (humérus ou fémur), car si on le place plus bas, l'artère comme expliqué plus haut passe entre les 2 os qui composent le membre et on n'arrivera pas à comprimer l'artère afin d'arrêter le saignement. On serre le garrot jusqu'à l'arrêt du saignement, et pas plus ! Une fois le garrot posé, on note l'heure exacte de la pose du garrot (de préférence sur la peau avec un markeur indélébile, juste à côté du garrot, ou alors sur le front comme ils le font à l'armée). On ne recouvre jamais un garrot, il faut qu'il soit bien visible pour que tout le monde comprenne qu'il y en a un. Une fois qu'on a mis un garrot, on ne l'enlève JAMAIS, on laisse ça aux professionnels qui vont prendre en charge au bloc opératoire, avec toute la médication qu'il faut derrière. L'important aussi : on SURVEILLE constamment la blessure, au cas où elle se remettrait à saigner. Dans ce cas, le garrot de type "tourniquet" est idéal car on peut donner un tour de plus pour augmenter le serrage jusqu'à ce que le saignement s'arrête. Il existe différents moyens d'en faire, parmi les plus "utiles" il y a l'utilisation d'un drap triangulaire (idéal aussi à avoir dans son kit car il permet de mettre les bras en écharpe, immobiliser, etc...).


Source : http://thestar.com.my/health/story.asp?file=/2009/4/26/health/3748161&sec=health

Saignement artère brachiale au niveau huméral (plaie par balle) avant la mise en place du garrot CAT tourniquet :
http://www.trauma.org/images/image_library/11233775944pre-tourniquet.jpg

Saignement stoppé après la pose du garrot :
http://www.trauma.org/images/image_library/11233776379post-tourniquet.jpg

Cas particuliers

-Lorsqu'il s'agit d'un saignement au niveau du tronc (thorax ou abdomen), il n'y a que le pansement compressif qui peut être fait pour stopper une hémorragie, si cela continue de saigner, vous ne pouvez que rajouter des compresses et continuer à faire de la pression manuelle dessus. En général dans ce cas là, il y a peu d'espoir pour le patient.

-Lorsqu'il s'agit d'une plaie au niveau du thorax et qu'elle ne saigne pas abondamment, mettre une compresse bien plus grande que la plaie par-dessus (éviter que la compresse soit aspirée dans le cas où la plaie serait de type "soufflante"). Si c'est le cas, une valve uni-directionnelle doit être mise en place (source PHTLS 6ème édition). On "fabrique" une valve unidirectionnelle avec un plastique propre (genre cornet plastique) en le plaçant sur la plaie et en scotchant uniquement 3 côtés sur les 4. Le côté non-scotché se fera sur la partie basse de la plaie (dans la direction où le sang ou les sécrétions vont s'écouler afin qu'elle ne coagulent pas et bouchent la valve crée). On a une plaie soufflante au thorax à partir du moment où la plèvre est perforée et que la plaie soit au moins au 2/3 du diamètre de la trachée (une trachée adulte fait entre 12 et 14mm). C'est une pure question de physique des gaz : l'air ira toujours là où il y a le moins de résistance. Si l'air entre dans la cavité thoracique, il va commencer à comprimer le poumon qui va s'affaisser sur lui-même et devenir non-fonctionnel. La suite est que le poumon commence à pousser sur le médiastin et sur le coeur, pour créer un état de choc sur compression du coeur et des gros vaisseaux. C'est ce que l'on nomme un pneumothorax sous tension. Le seul traitement dans ce cas-là est la décompression à l'aiguille par du personnel formé.

Vidéo d'une plaie soufflante thoracique : http://www.naemt.org/Education/V06%20Sucking%20Chest%20Wound%201.mpg
2ème vidéo : http://www.naemt.org/Education/V07%20Sucking%20Chest%20Wound%202.mpg

- Lorsqu'il y a un empalement, toujours laisser l'objet en place. C'est le même phénomène que lorsque vous remplissez un ballon de baudruche d'eau et que vous plantez une aiguille à l'intérieur. Tant que l'aiguille est en place, il n'y a pas de fuite, au moment où vous l'enlevez, c'est fini. S'il y a un saignement actif autour du point d'entrée et de sortie, alors il faut réaliser une compresse qui entoure l'objet (là encore, merci le drap triangulaire que l'on enroule) et faire pression au mieux dessus. Mais quoiqu'il arrive, ne jamais retirer l'objet planté.



- Si un membre est sectionné, ou qu'il y a une plaie profonde au niveau du pli de l'aine, et que vous avez un visuel sur une grosse artère qui saigne. SURTOUT NE JAMAIS CLAMPER avec une pince kocher ou d'autres types, ceci pour une raison simple : le clampage d'une artère se fait par un chirurgien vasculaire avec du matériel adapté (pinces préparées). Si vous clampez avec une pince de type kocher, vous allez faire une atteinte définitive sur la structure de l'artère ce qui empêchera sa suture pour la raccorder au bloc opératoire. La micro-chirurgie vasculaire est très sensible à ce genre de chose. Dans dans ce cas-là, s'il n'y a pas d'autres moyens, vous pouvez introduire votre doigt dans l'artère pour la boucher, ou si elle est apparente, la pincer entre les doigts pour arrêter le saignement. Inutile de vous dire que dans cette situation vous n'allez plus quitter le patient jusqu'au bloc (c'est arrivé à deux collègues de finir au bloc opératoire avec leur doigt dans la fémorale). On oublie aussi les ligatures et autres fantasmes sur le sujet. A part si c'est un chirurgien vasculaire qui pratique le geste à longueur de journée, vous n'avez aucune chance de le réussir sur le terrain et sans expérience. Pour rester humble, un ami chirurgien me disait encore dernièrement que même pour eux, si un anévrisme saute devant eux au bloc opératoire avec tous les instruments à disposition, ils ont très peu de chance de sauver le patient.

Matériel

De nos jour, nous vivons dans une société de consommation. Et le domaine médical n'y échappe pas. On trouve de nombreux produits sur le marché, soi-disant miracles pour stopper les hémorragies.

Dans mon expérience et ma pratique quotidienne, ce qui marche le mieux ce sont les choses simples. En anglais on dit souvent "KISS" pour "Keep It Stupid Simple". Sous stress, on perd une grande partie de nos facultés, et il faut donc des gestes simples et du matériel tout aussi simple à utiliser.

Pour les hémorragie, dans un kit personnel, je recommande toujours d'avoir quelques compresses de 10x10, ça suffit en général à s'occuper de la majorité des situations. Dans une optique axée sur la vie à l'extérieur, on peut également considérer les risques liés à l'utilisation d'outils tranchants ainsi que des chutes sur des objets coupants. Pour cela, il faut pouvoir faire un pansement compressif. Vous pouvez toujours en fabriquer en ajouter des bandes de gaz à vos compresses de base. Mais sur le marché il existe d'excellents produits, dont un dont je suis particulièrement fan, c'est le pansement compressif militaire israélien. Il est extrêmement bien pensé car quand on l'ouvre, on a directement en main la partie à appliquer sur la plaie, on fait un tour et on bloque la bande élastique dans un système qui permet de tenir le tout en place, et en plus d'exercer une pression directe sur la plaie. On tourne autour, et si au final il n'y a pas assez de pression, la bande se finit par une tige rigide que l'on passe à travers la bande du dessous, et on peut donc serrer à la façon d'un tourniquet pour augmenter la pression sur la plaie. Ils sont d'ailleurs tellement bien que de plus en plus de services de secours s'en équipent. Sous vide, ils sont ultra légers et prennent très peu de place. De plus ils existent en plusieurs taille, jusqu'aux pansements abdominaux.

Quelques photos du produit :



Et la façon de l'utiliser :


Source : http://www.uktactical.com

Et en plus on les trouve pour environ 5 euros pièce.

Pour ce qui est des garrots, croyez-moi si un jour vous en avez réellement besoin d'un, vous ne voulez pas commencer à bricoler un truc qui prend du temps, et sous stress c'est encore pire. Pour cela j'utilise le modèle de l'armée US, le CAT Tourniquet, qui est très simple d'utilisation et d'une efficacité fantastique. De nombreux services de secours en sont également équipés.



Donc si on récapitule, dans la trousse :

- Compresses 10x10
- Bande de gaz
- Pansement compressif (soit bande de gaz avec compresse, soit un pansement dédié du type israélien)
- Garrot tourniquet (drap triangulaire + stylo/pince kocher/..., ou alors un modèle type CAT)

Avec tout ça, vous devriez pouvoir juguler n'importe quelle hémorragie humainement maîtrisable.

Mises au point

Quelques petites informations qui me passent également par la tête :

- Certains se demandaient pourquoi les points de compression ne sont plus enseignés dans les cours de premier secours : c'est simple, une personne qui n'as pas une pratique quotidienne de ces gestes sera incapable de les réaliser sous stress en situation réelle. De plus, le temps perdu par la personne à se concentrer à trouver ce fameux point de compression, la personne a le temps de se vider de son sang alors qu'un autre geste beaucoup plus simple aurait pu lui sauver la vie. Les points de compression en théorie ça marche bien, dans la réalité c'est tout différent.

- Pour les epistaxis (saignement de nez) : la meilleure solution c'est de mettre une compresse (ou mouchoir) dans la narine, et de pencher la personne vers l'avant pour éviter qu'elle n'avale du sang jusqu'à en vomir.

En conclusion

Pour finir, je dirais que la gestion des hémorragies est une chose des plus importante dans nos activités extérieures, car le risque de blessures qui peuvent saigner abondamment et plutôt élevé. A ce titre, savoir maîtriser une hémorragie est un pilier des connaissances en premiers secours qu'une personne souhaite acquérir, et elle s'intègre parfaitement dans le BLS pour non-professionnels, en complément de la réanimation cardio-pulmonaire et des obstructions des voies aériennes.

Si je peux donner mon avis, il est important de se former auprès de personnes compétentes, et surtout de répéter régulièrement les gestes pour les conserver. Pour ceux qui veulent se faire une solide expérience, vous devez pouvoir trouver des associations ou organismes qui font des gardes sanitaires où vous aurez l'occasion de vous occuper de plaies et surtout d'autres choses.

L'important dans tout ça, c'est de savoir ce que l'on fait, et surtout pourquoi on le fait. Avec ça, et en fonction du matériel à disposition, vous devriez êtres capables de vous sortir de nombreuses situations.

J'encourage tout le monde à faire des cours de secourisme, c'est grâce aux non-professionnels que des vies sont sauvées. Car que ce soit sur la réanimation cardio-pulmonaire ou les hémorragies massives, si rien n'est fait avant les secours médicalisés, on ne récupère jamais le patient.

Et ne jamais oublier le début du serment d'Hippocrate : Avant tout, ne pas nuire.


Voilà, j'espère que c'est assez complet et que ça répondra à de nombreux questionnements. Comme dit plus haut, je répondrai au mieux à toutes les questions posées, et si vous voyez des erreurs ou autre, n'hésitez pas à le signaler (le post a été fait pendant une garde où je suis parti 5 fois, donc il a pu se glisser des erreurs  ;D).


Sources :

- PHTLS : Pre-Hospital Trauma Life Support, 6ème édition
- ATLS : Advanced Trauma Life Support
- BLS-AED pour les non-professionnels : guidelines 2010


« Modifié: 20 mai 2011 à 04:51:31 par Snake.Doctor »
So that others may live

19 mai 2011 à 23:21:08
Réponse #1

soldmac


Très instructif et compréhensif, génial ;)

Merci

19 mai 2011 à 23:27:52
Réponse #2

Eremos



19 mai 2011 à 23:55:33
Réponse #3

CryptoPanda


Simple, clair, et juste!!! :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup:

Sur le plan "matos", on voit bien l'intérêt des dispositifs spécifiquement conçus... le bricolage demande du temps! Et en cas d'hémorragie, on en manque toujours!!!

Petit rappel: la synergie du bînome Garrot-tourniquet / Pansement compressif "pré-monté" en auto-secours est notable!
Si (1) la compression directe manuelle se montre insuffisante, (2) pose rapide du CAT en amont de la plaie, (3) installation "au sec" du compressif, (4) relachement du garrot pour contrôle de l'efficacité du compressif:
_ Si arrêt du saignement = compression efficace! Evacuation!
_ Si reprise du saignement = retour au point 2, augmenter la tension de la bande du compressif, second contrôle...
_ Si persistance du saignement = resserage du CAT qu'on laissera cette fois en place! Evacuation!

[Par "évacuation", je sous-entends l'intervention d'équipes de secours... d'où l'intérêt de disposer également d'un moyen de communication!!!]

Attention aux plaies "transfixiantes" (un point d'entrée ET un point de sortie):
Pendant la phase de compression manuelle, donc avant tout "emballage" complexe, profiter de votre seconde main pour découper (ou déchirer) largement les vêtements de la victime autour de la plaie et vérifier l'absence (ou la présence) d'une seconde plaie dissimulée dans le "bain de sang" ambiant!  
« Modifié: 20 mai 2011 à 00:13:34 par CryptoPanda »

20 mai 2011 à 02:28:31
Réponse #4

aikikenshi


Concret , précis , et très instructif . Merci de partager tes compétences et ton expérience .

20 mai 2011 à 09:19:15
Réponse #5

aulo


Bonjour,
je viens de lire ce post avec beaucoup d'attention...
J'ai effectuée une mise à jour de mon afps la semaine dernière et tout ça complète à merveille ce que l'on a pu me dire.
On sens l'expérience qui parle et je trouve ça vraiment bien.
Bon j'ai regardé les vidéos en me fermant un oeil au début, mais c'est très instructif  :-[
Je ne me permettrais surtout pas de rajouter quoi que ce soit sur le côté technique, mais je pense qu'il est important de rappeler une nouvelle fois que faire une formation, c'est bien, se recycler, c'est mieux !
J'ai passé mon bns en 97, puis afgsu en 2008 et le PSC1 la semaine dernière, ben on retrouve bien entendu des techniques similaires mais qui ne sont pas appliquées de la même manière. Pour rester dans le cadre des hémorragies, effectivement à mon petit niveau, on ne parle plus du tout de garrot... on laisse ça pour les pros (Bien sûr en gardant la technique dans un coin de ma tête au cas où...)
Bref, tout ça pour dire merci pour tout ce signal  :doubleup:
A+
« Modifié: 20 mai 2011 à 17:08:03 par aulo »

20 mai 2011 à 09:52:25
Réponse #6

Bison


Bonjour,

Excellent tuto!

Une question :
Que penses-tu de la bande Velpeau comme moyen de compression?

Je pose cette question parce que pour moi, et autour de moi, le traumatisme le plus fréquent, c'est quand même l'entorse. Donc, j'ai toujours ce type de bande avec moi en rando.
J'ai l'impression que cela pourrait servir à pas mal d'autres choses, mais là je n'ai pas l'expérience ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

20 mai 2011 à 10:07:35
Réponse #7

Snake.Doctor


Bonjour,
je viens de lire ce post avec beaucoup d'attention...
J'ai effectuée une mise à jour de mon afps la semaine dernière et tout ça complète à merveille ce que l'on a pu me dire.
On sens l'expérience qui parle et je trouve ça vraiment bien.
Bon j'ai regardé les vidéos en me fermant un oeil au début, mais c'est très instructif  :-[
Je ne me permettrais surtout pas de rajouter quoi que ce soit sur le côté technique, mais je pense qu'il est important de rappeler une nouvelle fois que faire une formation, c'est bien, se recycler, c'est mieux !
J'ai passé mon bns en 97, puis afgsu en 2008 et l'afps la semaine dernière, ben on retrouve bien entendu des techniques similaires mais qui ne sont pas appliquées de la même manière. Pour rester dans le cadre des hémorragies, effectivement à mon petit niveau, on ne parle plus du tout de garrot... on laisse ça pour les pros (Bien sûr en gardant la technique dans un coin de ma tête au cas où...)
Bref, tout ça pour dire merci pour tout ce signal  :doubleup:
A+

Très bien dit, faire un cours c'est bien, se recycler c'est excellent ! En effet, avec les nouvelles études publiées chaque année on adapte le contenu des cours selon les nouvelles recommandations, et ça change régulièrement.

Après comme je l'ai dit au début du post, il y a des "mentalités" qui divergent. Par exemple de mon côté je ne comprends pas pourquoi on enseigne pas la pose du garrot aux non-professionnels en France (si j'ai bien compris, technique réservée uniquement aux professionnels), alors que les études montrent que sur les hémorragies de membres massives c'est la technique qui permet de sauver la vie, et surtout que le temps où le garrot peut être laissé en place est extrêmement long ! Je peux y voir une peur que les gens suivant le cour en posent à tout vas, mais il me semble qu'avec un minimum d'encadrement tout le monde comprend que ce sont des méthodes progressives (on commence toujours par ce qui nuit le moins et on monte en puissance).

Mais dans tous les cas, suivre les recommandations qui vous sont données dans vos pays et respecter le cadre légal.
So that others may live

20 mai 2011 à 10:13:16
Réponse #8

Snake.Doctor


Bonjour,

Excellent tuto!

Une question :
Que penses-tu de la bande Velpeau comme moyen de compression?

Je pose cette question parce que pour moi, et autour de moi, le traumatisme le plus fréquent, c'est quand même l'entorse. Donc, j'ai toujours ce type de bande avec moi en rando.
J'ai l'impression que cela pourrait servir à pas mal d'autres choses, mais là je n'ai pas l'expérience ...

Très bonne question... Toute bande peut faire une compression suffisante sur une plaie qui saigne. Après il y en a certaines qui ont des avantages. Par exemple les bandes larges de type élastiques permettent de mieux gérer la pression exercée (avec une certaine habitude) de par leur élasticité. Les bandes de gaz elles sont plus fragiles et on a vite fait de mettre trop de pression si on ne fait pas attention.

Après pour répondre à ta question, je pense qu'en montagne et dans les activités outdoor, l'entorse, la foulure, etc... arrivent nettement plus souvent qu'une hémorragie importante, donc l'utilité de ce type de bande est plus que prouvée. L'avantage aussi de ces bandes c'est qu'elles sont généralement bien larges et bien longues, ce qui permet également de faire des immobilisations avec (en bricolant avec des branches dans la nature) s'il devait y avoir une fracture. Je trouve qu'elles sont très polyvalentes.

Ce qui va compter aussi c'est qu'est-ce que tu te permets de prendre avec toi comme pharmacie/trousse de secours. En fonction de la taille et du poids voulu, le matériel change. Je sais que pour ma part ça occupe une place et un poids important dans mon sac de randonnée, car je l'utilise relativement souvent pour de la bobologie, et ce qui m’énerverait le plus c'est d'être au milieu de nul part avec une personne blessée, savoir ce que je peux faire, mais ne pas avoir le matériel à disposition pour le faire...

Tiens donc, ce week-end je vais faire une présentation de quelques possibilités de trousse, je vais décortiquer la mienne et ça sera le bon moment pour remettre aussi certains choix en question !
So that others may live

20 mai 2011 à 11:10:04
Réponse #9

CryptoPanda


+1 pour les bandes elastiques en traumato' articulaire (mais là, attention à l'effet garrot... indésirable dans ce cas!).

Les bandes Velpo (tissées, sauf erreur) et les bandes de gaze sur un pansement "u.s." (coussin absorbant de taille supérieure aux c.h.u.t., he.co.stop et autres bandages isralëliens qui ont été developpé plus spécialement pour les plaies pénétrantes par arme blanche ou par balle) permettent de couvrir une surface lésée plus étendue (+/- 20x25cm).
Si utilisation de ces bandes pour une compression, juste un petit truc: leur faire faire un "tonneau" (rotation) au dessus de la plaie lors du bandage, ce qui concentre la pression sur ce point et limite l'effet de relachement du "textile"!

20 mai 2011 à 11:45:14
Réponse #10

guillaume


Tout d'abord, monsieur le docteur de serpent, permettez-moi de vous remercier très sincèrement :akhbar:.

Cela est trait pour trait ce qui est enseigné au SC1 (secourisme de combat niveau 1). Je me permet la petite remarque parce certaines techniques ne sont pas applicables au civil en France : pansement 3 côtés, garrot. Après on peut discuter sur le fait que ça ne soit pas enseigné effectivement...
Mais le fait est que ça ne l'ait pas, donc celui qui dispose des ces moments là et qui les met en application le fait en son âme et conscience en gardant bien cette chose en tête ;).

Sinon petite question : sur l'image du garrot improvisé sur l'avant bras, y'a une chose qui me gène : c'est que c'est justement posé sur l'avant bras. Tu le dis toi-même, il faut poser le garrot le plus près de la plaie mais sur des membres mono-os, l'avant-bras ne l'ait pas il me semble, du coup compression inefficace ? Ou alors j'ai loupé quelque chose :huh:.

Merci encore à toi, ça mérite grandement le wiki ça...

a+

20 mai 2011 à 12:32:35
Réponse #11

CryptoPanda


Il me semble que le garrot improvisé est placé sur l'artère humérale, juste au dessus du coude... Je crois que c'est un bras d'enfant?
« Modifié: 20 mai 2011 à 12:39:48 par CryptoPanda »

20 mai 2011 à 14:05:08
Réponse #12

aulo


Très bien dit, faire un cours c'est bien, se recycler c'est excellent ! En effet, avec les nouvelles études publiées chaque année on adapte le contenu des cours selon les nouvelles recommandations, et ça change régulièrement.

Après comme je l'ai dit au début du post, il y a des "mentalités" qui divergent. Par exemple de mon côté je ne comprends pas pourquoi on enseigne pas la pose du garrot aux non-professionnels en France (si j'ai bien compris, technique réservée uniquement aux professionnels), alors que les études montrent que sur les hémorragies de membres massives c'est la technique qui permet de sauver la vie, et surtout que le temps où le garrot peut être laissé en place est extrêmement long ! Je peux y voir une peur que les gens suivant le cour en posent à tout vas, mais il me semble qu'avec un minimum d'encadrement tout le monde comprend que ce sont des méthodes progressives (on commence toujours par ce qui nuit le moins et on monte en puissance).

Mais dans tous les cas, suivre les recommandations qui vous sont données dans vos pays et respecter le cadre légal.

Oui, du moins c'est ce que l'on dit aux non-professionnels comme moi... Les garrots, c'est pour les pros !
Certainement qu'il y a une crainte de voir en poser à "tout va" par des personnes lambda qui dans le stress de l'action, et avec la "non-habitude" de la vue du sang peuvent croire en une plaie énorme à "garrotiser" alors qu'un "simple" point de compression suffira.
Je pense que la nouvelle politique c'est simplification maximum pour compréhension maximale.
Dans le même style, on nous dit maintenant que lors d'une RCP, on continue jusqu'à l'arrivée des secours, sans vérification du pouls comme auparavant (mais là je suis hors sujet... Désolé. Je regarderai les posts récents sur le secourisme pour voir si ces interrogations ont déjà été posées.)

Merci encore et A+

20 mai 2011 à 14:33:45
Réponse #13

fry


Salut,

Je ne néglige pas l’intérêt ( ne serais-ce que de discuter de tous ces cas de figures, savoir que ça existe ) de tout ceci, mais je tenais à rassurer les secouristes et apprentis-secouristes français, ce qu'on aborde ici est, en partie non négligeable, de la médecine de guerre, qu'un non professionnel n'aura jamais à mettre en œuvre en France ( et même un professionnel du secourisme pour ce qui est de certains gestes, en tout cas en France ).

Sachez que les gros traumas sont statistiquement en France quasiment tout le temps des accidents de la route ou avoisinants ( accidents de chantiers etc... ). La dernière fois que j'ai participé à une intervention sur un accident de la voie publique grave ( choc frontal entre deux voitures sur une départementale avec de nombreuses victimes incarcérées et de nombreux polytraumatisés ), en quelques minutes il y avait deux SMUR en véhicules légers, trois hélicoptères ( de trois "centres 15" différents ), et assez de véhicules de pompiers pour éclairer une fête foraine. C'est un extrême ( je n'ai jamais vu autant d'hélico médicalisés au même endroit ), mais c'est pour illustrer le fait que des secours formés voire médicalisés se déplacent sur zone dans des délais extrêmement courts partout sur le territoire, et que ce genre de grandes urgences avec des gestes très périlleux doivent leur être laissés sous peine d'engager votre responsabilité.

Pour le reste, ce que vous êtes en droit ( et en devoir ! ) de faire si vous êtes témoins d'un pépin grave, les diplômes de secourisme français sont la référence, et vous enseigneront tout ce qu'il est utile de savoir ( notamment les précisions concernant garrots et autres procédures concernant les hémorragies ). Pour la maîtrise des gestes comme dit plus haut, rien ne vaut la participation à des postes de secours et autres engagements qui vous feront mettre les mains dans le cambouis.
Souvenez-vous que les paramedics ( qui n'existent pas en France ) ont des attribution couvrant un certain champ de pratiques à cheval entre le médecin et l'infirmier, dont certaines sont strictement interdites à des secouristes en France ( encore une fois, c'est votre responsabilité qui est en jeu ).

20 mai 2011 à 14:38:34
Réponse #14

Bison


À propos du cadre légal ...

Il y a certainement un cadre légal pour l'enseignement des compétences relevant du PSC1  : matière, programme, instructeurs ...

Je ne suis pas sur qu'il y ait un cadre légal pour l'enseignement du secourisme hors brevets et certificats officiels.
Y a-t-il un cadre légal à l'enseignement des premières notions de secourisme chez les scouts?
Je ne sais pas pour aujourd'hui, mais "de mon temps" il n'y en avait pas.

Pour chaque citoyen, je crois que le cadre légal est tout simplement celui-ci :  faites de votre mieux.
Faire de son mieux ou ne rien faire, c'est toujours une responsabilité ...

PS - perso, en temps que citoyen ordinaire, je n'ai jamais eu à intervenir sur un accident de la route.
Par contre, un bras qui passe à travers une vitre ...
 - j'ai été victime
 - j'ai été deux fois témoin ... (posé une fois un garrot rapidos : hémorragie artérielle, personne agée pâle comme un linge ...)
Et c'était bien impressionnant les trois fois!
« Modifié: 20 mai 2011 à 14:44:57 par Bison »
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

20 mai 2011 à 15:14:22
Réponse #15

fry


Tout à fait d'accord... mais même si nous ne sommes pas encore au niveau des USA concernant les procès, méfiez-vous des jurisprudences et des limites légales puisqu'on en parle.

J'ai en tête le cas d'un secouriste il y a 4 mois qui a, alors que ce n'était absolument pas nécessaire, posé un garrot à un motard ayant fait une grosse chute. Lorsqu'il est arrivé à l’hôpital après plusieurs mauvaises régulations et des blocs opératoires indisponibles ( ayant forcé le véhicule le transportant a faire plusieurs hôpitaux ), les chirurgiens ont découvert un bras en Volkmann avec des nécroses étendues, et une fonctionnalité irrécupérable, pour ce qui était au départ quelque-chose de gravité modérée. Résultat, le secouriste est attaqué par la victime. Si la pose du garrot avait immédiatement été prise en charge sur un délai normal, il n'y aurait pas forcément eu de conséquences, mais avec ce fâcheux concours de circonstances, il a bien fallut pour la victime trouver un ou des coupables.
Suivez les recommandations ( surtout si vous n'avez pas d’expérience professionnelle pratique de ces situations ) pour ne jamais être ennuyé.

Après, ce ne sont que des conseils, faites-en ce que vous voulez !

20 mai 2011 à 15:44:36
Réponse #16

lilou6201


Etant bientôt formatrice PSC1 le garrot est proscrit, car mal poser et entraînant beaucoup de séquelles. Pour le PSC1 notamment on privilégie le pansement compressif et un deuxième par dessus si le premier est inefficace.
Le garrot comme les points de compressions n'existent plus. Car je le disait, ou ils sont mal posé ou alors c'est contraignant dans le temps.
L'idée du sujet est pas mal mais, j'espère que les personnes qui le liront ne feront pas n'importe quoi. Pour le garrot c'est bien, sur un membre avec un os et non deux car vous ne comprimez pas l'artère celle-ci passe entre les deux os de l'avant bras par exmeple idem pour le membre inférieur
Ton tuto est sympa mais, même aujourd'hui ils y en as qui vont se prendre pour des toubibs.
Je ne veut pas passer pour la rabajoie mais, méfiance sur de tels sujets, tu le précise toi même qu'il faut que les personnes se forment mais, le feront t-elles réellement au vue de notre retard sur les autres pays...

20 mai 2011 à 16:08:23
Réponse #17

Snake.Doctor


Pour répondre au niveau du cadre légal :

C'est ce que j'ai mis en préambule. Ce sujet regroupe les techniques qui font partie du Basic Life Support enseigné au niveau international et soutenu par de nombreux organismes reconnus. Mais ce qui fait foi, c'est votre législation locale ainsi que ce qui vous sera enseigné dans les cours de secourismes "officiels". Et ce qui est soulevé est tout à fait vrai, on entre ici en Europe également dans une ère où les poursuites deviennent de plus en plus nombreuses, à vous de vous couvrir. Comme à chaque fois, si vous faites un gestes que vous n'êtes pas censé faire mais qui est bénéfique pour le patient, on ne vous dira même pas merci, par contre si votre action est délétère, soyez sûrs qu'il y aura des suites...

Pour la photo du garrot : il est placé sur l'humérus distal, on voit la marque du pli du coude après le garrot, il est donc placé au plus près de la plaie sur un os long.

Ensuite pour revenir aux traumatismes, oui comme cela a été dit, en Europe les gros traumatismes se font sur des accidents de la voie public. Mais à contrario, ce sont souvent des polytraumatisés avec des hémorragies internes, mais rarement avec des hémorragies externes à juguler. Dans ma pratique quotidienne je fais énormément d'accidents professionnels sur des chantiers et dans des entreprises, ou alors les accidents domestiques. Par contre on a une flambée des plaies par armes blanches depuis quelques années, on en fait 3-4 par jour facilement sur l'ensemble de la ville.

Et pour lilou6201, ça tombe bien que tu deviennes formatrice (et félicitations !), à titre personnel j'aimerais bien savoir quelles sont les justifications d'aller à l'encontre de certaines recommandations internationales concernant le BLS, est-ce que vous avez des sources qui expliquent les raisons du non-apprentissage du garrot aux badeaux ? Ca m'intéresserait quand-même de savoir pourquoi on ne veut pas de certaines choses qui sont pourtant éprouvées.  Et comme tu l'as dit, en France vous avez quand-même un sacré retard au niveau du préhospitalier et des premiers secours, quand je vois que la France n'utilise toujours pas le PHTLS pour la traumatologie, ça me laisse vraiment perplexe. Je trouve inadmissible que dans un pays développé un patient doive attendre parfois 45min sur site que le SAMU arrive parce que les pompiers ne peuvent faire que des premiers secours. Mais ceci est un autre débat !

En tout cas je suis ravis que le post vous intéresse, et si vous avez des questions, continuez d'en poster ! Ca fait avancer le schmilblick tout ça  :doubleup:
So that others may live

20 mai 2011 à 16:22:32
Réponse #18

lilou6201


Que veux tu on suit les référentiels d'une année sur l'autre tout change. Tu vois pour les jeunes que je forment aux JDC Journée D'Appel Citoyen on leurs apprends le strict minimum à savoir faire la protection, voir si il est conscient ou pas, voir si il respire en mettant une main sur le ventre et rien de plus et alerter. après le message d'alerte, on leur demande si il y a  un défibrillateur et en attendant qu'on leur en apporte un, masser la victime. Bref, beaucoup de choses en moins. alors qu'au PSC1 il y a toujours la bascule de tête les trois C Col cravate, ceinture et il faut vérifier la respiration en regardant  si le ventre se soulève et en écoutant du bruit bref, beaucoup  de chose occulter et d'autre qui ne servent peut être à rien.
Il y a beaucoup de retard mais, la lesgislation est tel que si une erreur est faite c'est la personne qui fera des erreurs ou qui aggravera le cas de la personne qui empâtira. Bref, faire attention à ce que l'on fait et dis donc un appel 15 comme ça on est couvert et surtout ENREGISTRER.

20 mai 2011 à 17:51:01
Réponse #19

Snake.Doctor


Oui le problème législatif est flagrant. Si on veut que les gens interviennent (ce qui est malheureusement trop rarement le cas, surtout sur les arrêts cardio-respiratoires), il faut les couvrir au niveau légal, que s'ils décident d'intervenir en fonction de leurs compétences de non-professionnel, on ne peut pas leur en tenir rigueur si une erreur est commise.

Pour ce qui est des recommandations, les nouvelles directives de l'AHA (American Heart Association, sur lesquelles s'appuie l'ILCOR, International Liaison Committee On Rescucitation) suppriment la prise de pouls par le badeau ainsi que certains gestes, et il y a de bonnes explications à cela : par exemple il a été établi par les études que la prise de pouls est très difficile, et on parle d'études faites au sein des corps professionnels. Sur un ACR il y a des marges d'erreur énormes concernant la prise de pouls. Donc pour un badeau, c'est mieux de le faire masser dans le doute, surtout qu'on ne risque rien de masser un coeur qui bat. De plus, tout le temps qu'on élimine entre l'arrêt et le massage (comme le badeau qui se pose la question de savoir si y'a un pouls ou pas), ça c'est prouvé que ça augmente considérablement la survie.

Après ce sont toutes des questions de bénéfices pour le patient... On sait que ce qui sauve la vie en cas d'ACR c'est le massage cardiaque immédiat avec une défibrillation rapide. Dans les nouvelles recommandation, on n'utilise même plus certains médicaments de réanimation qu'on passait avant. Pareil pour l'intubation ou l'adrénaline, on a aucune preuve scientifique établie qui permet de dire que ça augmente la survie du patient sur le long terme...

Le BLS sauve et c'est pour ça qu'il est si important  :up:
So that others may live

20 mai 2011 à 17:54:13
Réponse #20

Wla


Citer
À propos du cadre légal ...

Il y a certainement un cadre légal pour l'enseignement des compétences relevant du PSC1  : matière, programme, instructeurs ...

Je ne suis pas sur qu'il y ait un cadre légal pour l'enseignement du secourisme hors brevets et certificats officiels.
Pour enseigner le PSC1 et le reste, il faut être moniteur.
Mais il y a une différence entre formation et information;
Par exemple, tu peux informer des personnes sur des pratiques sans pour autant leur dispenser un enseignement qui sera sanctionné par un diplôme ou certificat.
De même, une personne qui a suivi une formation mais qui a fait des erreurs lors de l'examen final se verra remettre une "attestation de suivi selon le référentiel..." sans pour autant recevoir le précieux sésame.

Concernant la pose du garot (et les points de compression), elle n'est plus enseignée car en terme de statistiques, le risque de devoir poser un garrot pour une personne lambda est très faible alors que le risque de faire une connerie et de poser un garrot alors que rien ne le justifie est très élevé.
De plus, lorsqu'on décide de former un grand nombre de personnes, on est obligé d'abaisser le niveau et le contenu de l'enseignement afin que le plus grand nombre de personnes puisse l'appliquer sans risque de sur accident

Wla
Dans l'urgence, la première chose négligée est la sécurité.
Je ne suis responsable que de mes paroles, pas de leur interprétation

20 mai 2011 à 18:05:26
Réponse #21

CryptoPanda


petit HS:
L'intubation reste amha la meilleure protection contre l'inhalation du contenu gastrique inhérente aux manoeuvres de réanimation et améliore sensiblement la qualité de la ventilation artificielle... Alors pour la survie à long terme, je ne sais pas; mais si on peut éviter de pourrir une situation déjà bien "faisandée"???
Mais là, je ne suis plus dans la phase de premiers secours...
(Post autodestructible)

20 mai 2011 à 18:14:58
Réponse #22

Camaro


@ Snake.doctor :
Je ne savais pas que la compression indirecte n'etait plus enseignee en France.
Pourtant, je trouve qu'elle a encore une utilite dans ces certains cas precis ou la compression directe est soit impossible soit inefficace.
Par exemple, compression de l'artere sous-claviere en cas d'arrachement du bras au niveau de l'epaule (typiquement, la zone non protegee par le blindage du gilet en cas d'explosion) ou compression abdominale avec le poing (en cas de gros degats a la zone pelvienne).

Quel est ton avis ?
Bon, c'est vrai que c'est plutot oriente "soins au combat", mais ca pourrait peut-etre aussi servir dans la vie civile, non ?
Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ... mais parfois ca fait vachement mal.

20 mai 2011 à 18:28:59
Réponse #23

fry


petit HS:
L'intubation reste amha la meilleure protection contre l'inhalation du contenu gastrique inhérente aux manoeuvres de réanimation et améliore sensiblement la qualité de la ventilation artificielle... Alors pour la survie à long terme, je ne sais pas; mais si on peut éviter de pourrir une situation déjà bien "faisandée"???

L'intubation est en effet rapidement indispensable dans des situations d'ACR où la victime sera très souvent estomac plein et en tout cas toujours considérée comme telle ( on se balade rarement complètement à jeun dans la rue ), chaque insufflations au BAVU/ballonnet est donc un sur-risque supplémentaire de provoquer une régurgitation et une inhalation ( qui est une catastrophe sur le long terme du fait des surinfections broncho-pulmonaires à germes anaérobies en réanimation pouvant être responsables de SDRA ) en remplissant sous pression l'estomac d'air.
Il s'agit cependant de gestes de réanimation spécialisée, et la priorité initiale est de sauver le patient pas de limiter la morbi/mortalité future en réanimation, la ventilation au masque est donc bien sûr à l'ordre du jour, mais les équipes médicalisées intubent immédiatement dès leur arrivée.

20 mai 2011 à 18:36:40
Réponse #24

Lio


J'ai quelques questions au niveau de la compression directe qui me turlupinent.

La pose d'un pansement compressif doit-elle être systématique? La compression avec la main nue (ou gantée si possible) n'est-elle pas plus efficace?

Pour ce qui est de la poudre hémostatique, dans quelle mesure l'utiliser, cela vaut-il le coup d'enlever temporairement une compression pour l'appliquer et plus simplement comment ça marche?

Voila quelques sujets qui pourraient m'être instructif.

Bye ;)
C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un immeuble de 50 étages.
Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer:" jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien"
Mais l'important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage. (La Haine)

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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