Salut à tous,
Je post depuis peu sur ce forum (mais je le lis depuis un bout de temps) et je vois que la question de la gestion des hémorragies revient souvent sur le tapis, ainsi que comment les traiter, quel est le matériel à avoir dans sa trousse de secours, etc... Il faut aussi prendre en compte l'aspect réaliste de la chose, quand j'interviens j'ai environ 30kg de matériel avec moi et on est pas trop de deux pour tout porter...Ici nous parlons d'une sacoche ou d'un sac contenant les éléments simples et essentiels pour gérer les hémorragies externes.
Je me permets donc de faire ici un post regroupant déjà des explications sur les différentes hémorragies que l'on peut rencontrer, ainsi que les moyens à mettre en œuvre pour les gérer.
Tout d'abord, je tiens à rappeler que ces informations sont données dans un but purement informatif, et ne remplace en rien la formation que vous "devez" acquérir auprès de professionnels ou de formateurs afin de pratiquer de manière adéquate et surtout en suivant les recommandations et lois de votre pays. Les éléments développés ci-dessous proviennent en grande partie de ma formation mais également de mon expérience professionnelle, à titre d'information je suis instructeur BLS-AED pour les professionnels et les non-professionnels, je mettrai des sources en fin du post. Ne vous offusquez pas de certaines choses, il y a de grands débats sur certaines techniques parmi les professionnels, et donc ça peut heurter la sensibilité de chacun. Le but étant d'avoir un dialogue constructif autour du thème, où chacun peut apporter son avis (de préférence argumenté) et comme ça on pourra faire avancer le débat. Je fais aussi remarquer que comme tout être humain est faillible, il se peut que je me trompe de mot ou que je fasse des erreurs involontaires, si vous en voyez, n'hésitez pas à le signaler pour corriger tout ça ! 
Le but étant aussi de simplifier au maximum tout ça pour que ce soit clair dans la tête des gens, si c'est compliqué n'hésitez pas à demander ! Ce qui peut paraître clair pour moi ne l'est pas forcément pour les autres.
Tout d'abord commençons par un petit rappel anatomique.
Composition de la circulation humaineLe corps est constitué d'un système circulatoire qui fait passer le sang dans tout l'organisme. Le rôle du sang est d'apporter les nutriments et éléments essentiels à la vie de la cellule (principalement l'oxygène et le sucre). De plus, il a le rôle de "nettoyeur" en récupérant le gaz carbonique ainsi que d'autres déchets afin de les emmener là où ils seront éliminés.
On considère 2 types de circulation, la grande et la petite. La petite est le trajet du sang depuis le coeur (ventricule droit) vers les poumons, puis des poumons au coeur (oreillette gauche) pour qu'ensuite ce sang chargé d'oxygène et débarrassé du CO2 reparte dans la grande circulation, càd depuis le coeur vers le reste de l'organisme. Pour ce faire, il emprunte 2 types de vaisseaux : les artères, qui sont les vaisseaux qui transportent le sang depuis le coeur vers les tissus, et les veines, qui ramènent le sang depuis les tissus vers le coeur. Le sang artériel (chargé en oxyhémoglobine) est d'aspect plus rouge que le sang veineux (chargé en CO2), c'est en général ce qui peut aider à différencier le type de saignement. L'autre aide, c'est que le sang artériel étant chassé du coeur, il est sous une pression plus élevée que le sang veineux, ainsi en cas de section d'une artère, le sang sortira de manière plus forte, et souvent en saccade (au rythme du coeur). Le sang veineux lui, ayant une pression beaucoup plus basse, aura tendance à s'écouler tranquillement.
Un petit schéma de la circulation humaine pour aider à comprendre :

Source :
http://www.ikonet.com/fr/ledictionnairevisuel/etre-humain/anatomie/circulation-sanguine/schema-de-la-circulation.phpEn parlant de pression du sang, à titre d'information, c'est ce que l'on mesure quand on parle de tension artérielle (car c'est l'artérielle qui nous intéresse le plus), c'est le premier chiffre que l'on a, le plus élevé. Il correspond à la pression qu'exerce le sang lors de la systole cardiaque (contraction) sur les artères. Le deuxième chiffre que l'on obtient, c'est la pression à la diastole (quand le ventricule se relâche). Cette tension doit être maintenue à un certain seuil pour garantir une perfusion cérébrale adéquate : plus le sang avance, plus il est soumis à des résistance au niveau des tissus pour faire les échanges oxygène/CO2, si la pression n'est plus suffisante, la résistance est trop grande et le sang n'arrive plus à faire son travail. Ainsi le cerveau, lorsqu'il est hypoperfusé, produit des choses comme les malaises (malaise du hypotension, vagal -> le nerf vague produit une vasodilatation en même temps qu'une bradycardie ce qui fait chuter la pression), des troubles de l'état de conscience, etc...
On trouve donc dans l'organisme des artères et des veines. Certaines sont des principales, de gros calibre, de façon que si elle sont sectionnée font perdre une quantité considérable de sang. C'est pour ça qu'il est important de savoir où elles se trouvent, pour déjà anticiper le type de saignement auquel on peut s'attendre.
Il est important également de savoir qu'on considère qu'un homme a en circulation envrion 70-80ml/kg de sang, soit 7-8 litres pour un homme de 100kg, et 65ml/kg pour une femme. A noter qu'il suffit déjà une perte de 15-30% de volume sanguin pour produire les premiers signes de l'état de choc hypovolémique.
Ici un tableau regroupant les 4 stades du choc hypovolémique ( en anglais, je ne l'ai pas retrouvé en français ).

Source :
http://www.jpp.krakow.pl/journal/archive/08_08_s2/articles/15_article.htmlA noter que les premiers signes seront une augmentation de la fréquence respiratoire (à dissocier de l'effet de stress du patient, ce qui n'est parfois pas évident). Un monitorage de la tension aux 2min est nécessaire ainsi que la fréquence cardiaque.
Ensuite, il faut savoir aussi que les différentes parties du corps sont irriguées différemment, par exemple le cuir chevelu est très vascularisé par de petites artères (artérioles) et en cas de plaie du scalp, on doit faire face fréquemment à des hémorragies importantes qui peuvent engager le pronostic vital du patient si elle ne sont pas traitées. A l'inverse au niveau des membres, les artères se situent le long des os (pour les os simples), et entre les 2 os des extrémités (radius-cubitus/tibia-fibula). Le corps est bien conçu et protège ce qui est important

. On a donc rarement des sections d'artères sur les membres, sauf en cas de section du membre ou de plaies très profondes et vraiment mal placées. Les zones les plus délicates restent donc les parties proximales au tronc, comme les plis de l'aine ou les creux axillaires.
Donc maintenant, on sait à peu près comment circule le sang qu'on a dans notre corps, et où passent les gros vaisseaux.
On peut donc passer à la suite...
Types de saignementsIl existe principalement deux types d'hémorragies. L'interne, et l'externe. Pour l'interne, malheureusement on ne peut rien faire, il n'y a qu'un chirurgien qui pourra aider le patient. Pour aider le chirurgien dans son travail il faudra "soutenir" la vie du patient par des moyens malheureusement avancés, que seuls des professionnels formés pourront mettre en place.
Nous allons donc traiter uniquement des saignements externes.
Il en existe deux types également : le veineux et l'artériel.
Pour les différencier, en général il existe deux moyens. La première est la vitesse d'écoulement du sang. Lorsqu'il s'agit d'un saignement artériel, l'hémorragie est dite "pulsatile" car elle varie en fonction des battements cardiaques. On voit des jets de sang qui vont au même rythme que la fréquence cardiaque. C'est le premier signe d'une hémorragie artérielle. Le deuxième signe peut être la coloration du sang, s'il est rouge vif, il y a de grandes chances qu'il provienne d'une artère, car le sang est chargé en oxygène (ce qui donne cette couleur très rouge à l'hémoglobine).
Lorsqu'il s'agit d'un saignement d'origine veineux, le sang a plutôt tendance à s'écouler tranquillement, et il est d'apparence plutôt bleuté. C'est le résultat de l'hémoglobine qui a donné sont oxygène au tissu.
Il est à noter que le saignement veineux sera beaucoup plus facile à juguler que l'artériel, de par la différence de pression qu'il y a derrière : dans le saignement veineux, la coagulation a le temps de se faire vu qu'elle n'est pas soumise à la même pression derrière. Une pression directe sur la plaie avec une compresse ou à défaut un tissu suffit généralement à la stopper.
A titre informatif, voici la vidéo d'une artère fémorale qui saigne. Vous remarquerez les jets "pulsatiles". On considère que lorsqu'un gros vaisseau de ce type est sectionné, on a entre 10 et 15 secondes avant que la pression ne chute au point de perdre connaissance.
Vidéo (attention images pour public averti) :
http://www.naemt.org/Libraries/PHTLS%20TCCC/0203V01%20Femoral%20Bleeding%20101101.sflbContrôler une hémorragieLe contrôle d'une hémorragie, comme enseigné dans le BLS (Basic Life Support, recommandations 2010) consiste en 3 gestes successifs :
- Compression directe sur la plaie avec la main, utiliser si possible une compresse ou à défaut un tissu. L'effet sera de faciliter la création du caillot qui va venir boucher la plaie. Si c'est un membre, si possible surélever le membre en question afin de faire baisser encore plus la pression sanguine et aider la coagulation.
- Mise en place d'un pansement compressif : si la compression directe ne suffit pas (le sang continue de couler à travers les compresse, ou vous ne pouvez pas rester en place), il faut passer au pansement compressif. Le but de ce pansement est de remplacer votre main pour faire la compression. On peut également faire des pansements compressif successifs sur la plaie le cas échéant. Pour ce faire on utilise une première compresse (en général plus épaisse), que l'on place sur la plaie, puis on fait un bandage autour (assez serré), puis à un moment donné on place quelque chose entre le bandage afin de venir faire compression sur la compresse et la plaie (on peut replier une bande de gaz sur elle même pour faire une masse, ou alors utiliser d'autres choses comme de la mousse, tissu, etc...). Une fois en place, on repasse avec la bande par-dessus l'objet ou la masse et on serre afin de faire pression.


Source :
http://www.toujourspret.com/techniques/secourisme/lexique/H/hemorragie_externe.php- Si le pansement compressif n'est pas efficace et que le saignement continue sur un membre, alors il faut poser le garrot (et ici commence le débat de la pause du garrot, c'est ce qui est enseigné dans le BLS pourtant, et les études sur les théâtres d'opération montrent que les soldats ayant eu un garrot jusqu'à 6h ont conservé leur membre sans séquelles autres que celles de la blessure). Attention cependant pour l'utilisation du garrot, il faut que le garrot soit large (3-4cm de large environ) pour ne pas léser le tissu et surtout les nerfs ainsi que le système vasculaire. On placera toujours le garrot au plus près de la blessure, et toujours sur un os unique (humérus ou fémur), car si on le place plus bas, l'artère comme expliqué plus haut passe entre les 2 os qui composent le membre et on n'arrivera pas à comprimer l'artère afin d'arrêter le saignement. On serre le garrot jusqu'à l'arrêt du saignement, et pas plus ! Une fois le garrot posé, on note l'heure exacte de la pose du garrot (de préférence sur la peau avec un markeur indélébile, juste à côté du garrot, ou alors sur le front comme ils le font à l'armée). On ne recouvre jamais un garrot, il faut qu'il soit bien visible pour que tout le monde comprenne qu'il y en a un. Une fois qu'on a mis un garrot, on ne l'enlève JAMAIS, on laisse ça aux professionnels qui vont prendre en charge au bloc opératoire, avec toute la médication qu'il faut derrière. L'important aussi : on SURVEILLE constamment la blessure, au cas où elle se remettrait à saigner. Dans ce cas, le garrot de type "tourniquet" est idéal car on peut donner un tour de plus pour augmenter le serrage jusqu'à ce que le saignement s'arrête. Il existe différents moyens d'en faire, parmi les plus "utiles" il y a l'utilisation d'un drap triangulaire (idéal aussi à avoir dans son kit car il permet de mettre les bras en écharpe, immobiliser, etc...).

Source :
http://thestar.com.my/health/story.asp?file=/2009/4/26/health/3748161&sec=healthSaignement artère brachiale au niveau huméral (plaie par balle) avant la mise en place du garrot CAT tourniquet :
http://www.trauma.org/images/image_library/11233775944pre-tourniquet.jpgSaignement stoppé après la pose du garrot :
http://www.trauma.org/images/image_library/11233776379post-tourniquet.jpgCas particuliers-Lorsqu'il s'agit d'un saignement au niveau du tronc (thorax ou abdomen), il n'y a que le pansement compressif qui peut être fait pour stopper une hémorragie, si cela continue de saigner, vous ne pouvez que rajouter des compresses et continuer à faire de la pression manuelle dessus. En général dans ce cas là, il y a peu d'espoir pour le patient.
-Lorsqu'il s'agit d'une plaie au niveau du thorax et qu'elle ne saigne pas abondamment, mettre une compresse bien plus grande que la plaie par-dessus (éviter que la compresse soit aspirée dans le cas où la plaie serait de type "soufflante"). Si c'est le cas, une valve uni-directionnelle doit être mise en place (source PHTLS 6ème édition). On "fabrique" une valve unidirectionnelle avec un plastique propre (genre cornet plastique) en le plaçant sur la plaie et en scotchant uniquement 3 côtés sur les 4. Le côté non-scotché se fera sur la partie basse de la plaie (dans la direction où le sang ou les sécrétions vont s'écouler afin qu'elle ne coagulent pas et bouchent la valve crée). On a une plaie soufflante au thorax à partir du moment où la plèvre est perforée et que la plaie soit au moins au 2/3 du diamètre de la trachée (une trachée adulte fait entre 12 et 14mm). C'est une pure question de physique des gaz : l'air ira toujours là où il y a le moins de résistance. Si l'air entre dans la cavité thoracique, il va commencer à comprimer le poumon qui va s'affaisser sur lui-même et devenir non-fonctionnel. La suite est que le poumon commence à pousser sur le médiastin et sur le coeur, pour créer un état de choc sur compression du coeur et des gros vaisseaux. C'est ce que l'on nomme un pneumothorax sous tension. Le seul traitement dans ce cas-là est la décompression à l'aiguille par du personnel formé.
Vidéo d'une plaie soufflante thoracique :
http://www.naemt.org/Education/V06%20Sucking%20Chest%20Wound%201.mpg2ème vidéo :
http://www.naemt.org/Education/V07%20Sucking%20Chest%20Wound%202.mpg- Lorsqu'il y a un empalement, toujours laisser l'objet en place. C'est le même phénomène que lorsque vous remplissez un ballon de baudruche d'eau et que vous plantez une aiguille à l'intérieur. Tant que l'aiguille est en place, il n'y a pas de fuite, au moment où vous l'enlevez, c'est fini. S'il y a un saignement actif autour du point d'entrée et de sortie, alors il faut réaliser une compresse qui entoure l'objet (là encore, merci le drap triangulaire que l'on enroule) et faire pression au mieux dessus. Mais quoiqu'il arrive, ne jamais retirer l'objet planté.

- Si un membre est sectionné, ou qu'il y a une plaie profonde au niveau du pli de l'aine, et que vous avez un visuel sur une grosse artère qui saigne. SURTOUT NE JAMAIS CLAMPER avec une pince kocher ou d'autres types, ceci pour une raison simple : le clampage d'une artère se fait par un chirurgien vasculaire avec du matériel adapté (pinces préparées). Si vous clampez avec une pince de type kocher, vous allez faire une atteinte définitive sur la structure de l'artère ce qui empêchera sa suture pour la raccorder au bloc opératoire. La micro-chirurgie vasculaire est très sensible à ce genre de chose. Dans dans ce cas-là, s'il n'y a pas d'autres moyens, vous pouvez introduire votre doigt dans l'artère pour la boucher, ou si elle est apparente, la pincer entre les doigts pour arrêter le saignement. Inutile de vous dire que dans cette situation vous n'allez plus quitter le patient jusqu'au bloc (c'est arrivé à deux collègues de finir au bloc opératoire avec leur doigt dans la fémorale). On oublie aussi les ligatures et autres fantasmes sur le sujet. A part si c'est un chirurgien vasculaire qui pratique le geste à longueur de journée, vous n'avez aucune chance de le réussir sur le terrain et sans expérience. Pour rester humble, un ami chirurgien me disait encore dernièrement que même pour eux, si un anévrisme saute devant eux au bloc opératoire avec tous les instruments à disposition, ils ont très peu de chance de sauver le patient.
MatérielDe nos jour, nous vivons dans une société de consommation. Et le domaine médical n'y échappe pas. On trouve de nombreux produits sur le marché, soi-disant miracles pour stopper les hémorragies.
Dans mon expérience et ma pratique quotidienne, ce qui marche le mieux ce sont les choses simples. En anglais on dit souvent "KISS" pour "Keep It Stupid Simple". Sous stress, on perd une grande partie de nos facultés, et il faut donc des gestes simples et du matériel tout aussi simple à utiliser.
Pour les hémorragie, dans un kit personnel, je recommande toujours d'avoir quelques compresses de 10x10, ça suffit en général à s'occuper de la majorité des situations. Dans une optique axée sur la vie à l'extérieur, on peut également considérer les risques liés à l'utilisation d'outils tranchants ainsi que des chutes sur des objets coupants. Pour cela, il faut pouvoir faire un pansement compressif. Vous pouvez toujours en fabriquer en ajouter des bandes de gaz à vos compresses de base. Mais sur le marché il existe d'excellents produits, dont un dont je suis particulièrement fan, c'est le pansement compressif militaire israélien. Il est extrêmement bien pensé car quand on l'ouvre, on a directement en main la partie à appliquer sur la plaie, on fait un tour et on bloque la bande élastique dans un système qui permet de tenir le tout en place, et en plus d'exercer une pression directe sur la plaie. On tourne autour, et si au final il n'y a pas assez de pression, la bande se finit par une tige rigide que l'on passe à travers la bande du dessous, et on peut donc serrer à la façon d'un tourniquet pour augmenter la pression sur la plaie. Ils sont d'ailleurs tellement bien que de plus en plus de services de secours s'en équipent. Sous vide, ils sont ultra légers et prennent très peu de place. De plus ils existent en plusieurs taille, jusqu'aux pansements abdominaux.
Quelques photos du produit :

Et la façon de l'utiliser :

Source :
http://www.uktactical.comEt en plus on les trouve pour environ 5 euros pièce.
Pour ce qui est des garrots, croyez-moi si un jour vous en avez réellement besoin d'un, vous ne voulez pas commencer à bricoler un truc qui prend du temps, et sous stress c'est encore pire. Pour cela j'utilise le modèle de l'armée US, le CAT Tourniquet, qui est très simple d'utilisation et d'une efficacité fantastique. De nombreux services de secours en sont également équipés.

Donc si on récapitule, dans la trousse :
- Compresses 10x10
- Bande de gaz
- Pansement compressif (soit bande de gaz avec compresse, soit un pansement dédié du type israélien)
- Garrot tourniquet (drap triangulaire + stylo/pince kocher/..., ou alors un modèle type CAT)
Avec tout ça, vous devriez pouvoir juguler n'importe quelle hémorragie humainement maîtrisable.
Mises au pointQuelques petites informations qui me passent également par la tête :
- Certains se demandaient pourquoi les points de compression ne sont plus enseignés dans les cours de premier secours : c'est simple, une personne qui n'as pas une pratique quotidienne de ces gestes sera incapable de les réaliser sous stress en situation réelle. De plus, le temps perdu par la personne à se concentrer à trouver ce fameux point de compression, la personne a le temps de se vider de son sang alors qu'un autre geste beaucoup plus simple aurait pu lui sauver la vie. Les points de compression en théorie ça marche bien, dans la réalité c'est tout différent.
- Pour les epistaxis (saignement de nez) : la meilleure solution c'est de mettre une compresse (ou mouchoir) dans la narine, et de pencher la personne vers l'avant pour éviter qu'elle n'avale du sang jusqu'à en vomir.
En conclusionPour finir, je dirais que la gestion des hémorragies est une chose des plus importante dans nos activités extérieures, car le risque de blessures qui peuvent saigner abondamment et plutôt élevé. A ce titre, savoir maîtriser une hémorragie est un pilier des connaissances en premiers secours qu'une personne souhaite acquérir, et elle s'intègre parfaitement dans le BLS pour non-professionnels, en complément de la réanimation cardio-pulmonaire et des obstructions des voies aériennes.
Si je peux donner mon avis, il est important de se former auprès de personnes compétentes, et surtout de répéter régulièrement les gestes pour les conserver. Pour ceux qui veulent se faire une solide expérience, vous devez pouvoir trouver des associations ou organismes qui font des gardes sanitaires où vous aurez l'occasion de vous occuper de plaies et surtout d'autres choses.
L'important dans tout ça, c'est de savoir ce que l'on fait, et surtout pourquoi on le fait. Avec ça, et en fonction du matériel à disposition, vous devriez êtres capables de vous sortir de nombreuses situations.
J'encourage tout le monde à faire des cours de secourisme, c'est grâce aux non-professionnels que des vies sont sauvées. Car que ce soit sur la réanimation cardio-pulmonaire ou les hémorragies massives, si rien n'est fait avant les secours médicalisés, on ne récupère jamais le patient.
Et ne jamais oublier le début du serment d'Hippocrate : Avant tout, ne pas nuire.
Voilà, j'espère que c'est assez complet et que ça répondra à de nombreux questionnements. Comme dit plus haut, je répondrai au mieux à toutes les questions posées, et si vous voyez des erreurs ou autre, n'hésitez pas à le signaler (le post a été fait pendant une garde où je suis parti 5 fois, donc il a pu se glisser des erreurs

).
Sources :
- PHTLS : Pre-Hospital Trauma Life Support, 6ème édition
- ATLS : Advanced Trauma Life Support
- BLS-AED pour les non-professionnels : guidelines 2010