Salut,
En temps normal une personne reçoit environ 3,7 millisieverts par an, issus de radiations naturelles - la nature est radioactive -. En plus de cette dose, on a fixé arbitrairement à 1 millisievert la limite d'irradiation non naturelle par an ( sauf pour les travailleurs du nucléaire, qui travaillent avec des dosimètres en permanence et ont une limite de 20 millisievert par an * ). Cette limite est toute relative et volontairement très sévère, elle est très facilement dépassée sans qu'on s'en inquiète plus que ça:
- Une radiographie du thorax irradie le patient de 0,02 millisievert.
- Lorsqu'on passe un scanner, on reçoit a peu près 8 millisievert.
Il a n'a jamais été noté d'effet stochastique ( cad augmentation du risque de cancer ) en dessous de 100 millisievert en cumulé d'irradiation non naturelle ( en effet il faut savoir que l'irradiation naturelle de 3,7 millisieverts évoquée plus haut n'entre pas en compte dans ces calculs de dose cumulée, on ne parle que de l'irradiation non naturelle ). De 100 à quelques centaines de millisieverts, on est dans la zone des effets stochastiques: pas d'effets immédiats, mais des risques d'augmentation de la fréquence de certains cancers.
A partir de 1000 millisieverts ( ou 1 sievert ), la dose d'exposition entraîne des effets dits déterministes ( s'opposant à stochastiques ), qui sont des effets immédiats doses-dépendant ( allant de la nausée/vomissements, à l'érythème, brûlures, perte de cheveux etc... ). On est ici a des doses inquiétantes, très rarement atteinte sauf dans les catastrophes de nucléaire civil ou militaire ( rien dans la nature n'irradie autant ).
A plusieurs sievert ( donc plusieurs milliers de millisieverts ) l'exposition devient critique, au delà de 5 sievert la mort est quasi-certaine.
Comme vous pouvez le constater sur les tableaux de l'IRSN, les doses mesurées en France sont de l'ordre du nanosievert, et la catastrophe du Japon, même si elle atteint un niveau 7/7 dans le pire scénario, pourra après une dizaine de jours de trajets faire monter certains compteurs français de radioactivité ( qui sont très sensibles ), mais n'aura pas de gros impact sur la santé des français.
Pour rappel pour ceux qui seraient tentés, les comprimés d'iode sont surtout efficace sur les thyroïdes en développement ( jeunes enfants, femmes enceintes ), au delà de 35 ans ( 40 dans certaines études ) ils ne sont pas recommandés, et enfin une utilisation hasardeuse peut entraîner des troubles thyroïdiens ainsi bien sûr que des allergies ( qui peuvent, très rarement, être mortelles ). L'iode médical comme son nom l'indique, est un médicament, il n'agis de manière optimale que dans les 24 heures ( à la stricte rigueur 48h ) après la prise, c'est pourquoi il ne doit de toute manière jamais être pris sans le signal des autorités compétente, le public même averti n'a pas la connaissance nécessaire pour poser une indication médicale de prise d'iode sur le base de relevés chiffrés de radioactivité, tout doit être goupillé dans un timing parfait.
En espérant éviter des achats compulsifs ou des prises de médicament irraisonnées.
* Concernant les employés du nucléaire recevant 20 fois la dose d'une personne lambda par an, il a été démontré après des décénies de suivi par la médecine du travail, que leur durée de vie était effectivement affectée... elle est augmentée ! C'est en effet ce qu'on appelle l'effet travailleur en bonne santé. Ces personnes du fait de leur exposition bénéficient d'un suivi médical plus étroit que la population générale, ils sont donc globalement mieux soignés, et vivent plus longtemps... il faut avouer que ça démystifie un peu la peur de l'exposition aux radiations au quotidien.