Certains individus sont-ils faits pour survivre, telle est la question
Cela date, mais voici trois anecdotes vécues au comportement identique.
1 –Je prends mon poste de quart dans la salle de contrôle dont je vais être chargé. Ambiance de catastrophe, des ingénieurs partout, pompiers et sécurité sont en train de vider les lieux, je prends la relève. Mon prédécesseur va devoir rester remplir d’interminables rapports de sécurité justifiant quarante minutes d’arrêts de processus dont certains irrécupérables. Un gros bouton ‘Emergency Off’ stoppant de manière non sécurisée tous ces appareillages merveilleusement agencés par le summum de l’esprit humain a été déclenché, tel était le problème.
Je lui demande comment cela est-il possible, que s’est il passé ?
Et cet âne me réponds : « Ben voilà, j’ai appuyé là » …et pour mieux montrer il re-appuie sur le fatidique bouton.
2 –Mon frangin me rejoins vraiment tout chose et comme électrisé. En effet il vient de recevoir une belle châtaigne et il est resté comme collé contre un vieil interrupteur électrique du corridor de la maison. Comme il y a trois, va et vient oblige, je lui demande lequel?
Et cet âne se déplace: « Ben voilà, j’ai touché celui-là » …et pour mieux montrer il re-touche le fatidique interrupteur.
3 –Nos premières armes en ambiance alpine, course en arête neigeuse. Lui fait le zig au relais, la corniche s’effondre et il est sec enrayé par le compagnon vigilant. Nous terminons sans incident à plusieurs cordées d’un même groupe vers l’arrivée en grâce et la joie du sommet. Tout le monde se regroupe, savoure paysage, casse-croûte et impressions à chaud. Et les autres veulent savoir, mais que c’est-il passé?
Et Lui réponds : « Ben voilà, j’était près du bord…» …et pour mieux montrer Lui re-fait le zig sur le bouchon de neige.
La corde file, nous sommes deux à la saisir, elle brûle les doigts, rien à faire. Le pont de neige du vertigineux couloir stoppe à sept mètres environ ce qui aurait pu être la triste fin de cet imprudent, il a eu chaud.
PS : Lui c’était mon pote, mon deuxième moi. Lui n’avait pas dix-huit ans. Sa première sortie en tête, facile et partiellement ferrata, je lui avais prêté corde et quelques mousquetons. Lui et elle sont tombés liés par cette même fichue corde, aucun mousqueton. Expertisée la corde m’a été rendue deux ans après, elle est intacte. Je l’ai toujours et moi je ne sais quoi en faire : « Dis Bruno, j’en fait quoi de cette corde ? »
(des histoires vraies je vous raconterais d'autres, mai promis plus jamais des tristes histoires)