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Auteur Sujet: Risque et aventure : le bilan humain et social  (Lu 3997 fois)

13 mars 2011 à 15:36:09
Lu 3997 fois

Bison


(Introduction générale à la problématique du risque et de l’aventure dans ce fil.)

L’expérience de l’aventure « volontaire » peut-elle s’avérer utile dans la vie de tous les jours ?

Trois axes de réflexion encore … et même un quatrième  en prime!

1. Un chef d'entreprise peut-il profiter de ce que lui apporte son hobby de spéléologie (par exemple) pour mieux conduire son entreprise vers la prospérité ?

2. Un chef de famille peut-il être un meilleur chef de famille du fait qu’il exercerait une profession réputée dangereuse - disons la professiuon de pompier ? Ou du fait qu’il pratique un loisir « à risque ».

3. Au final, le bilan peut-il être positif si on place d'un côté le risque de "disparition" et de l'autre les avantages éventuels que procurent l’expérience de la gestion du risque, la maîtrise de l’angoisse et bien d’autres petites compétences supplémentaires que l’on acquiert en tant qu’aventurier « amateur »?

4. Et pour la société dans son ensemble … qu’apportent, que coûtent les aventuriers du dimanche ?

Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

13 mars 2011 à 15:54:55
Réponse #1

Corin


Salut Bison,

Je suis d'accord avec ta réflexion.
J'ai compris que tu ne veux pas faire la liste des risques et des bonnes raisons de ne rien faire.

Du coup, je commence par une solution:
Si l'on pratique un sport à risque (parachutisme, par exemple), les assurances classiques ne couvrent pas les emprunts.
Du coup, le gars qui se pète en chute libre laisse une veuve qui doit se débrouiller pour payer seule la maison.
Les assurances militaires (GMPA et AGPM) peuvent se substituer à votre banquier (qui n'a pas à vous imposer d'assureur et ne peut refuser le changement). On pouvait souscrire en tant que militaire d'active mais aussi pour les réservistes.
Et une fois qu'on est adhérent, c'est à vie.

A+

13 mars 2011 à 16:14:14
Réponse #2

Bison


Super tuyau, c'est toujours d'actualité?
« Modifié: 13 mars 2011 à 16:41:25 par Corin »
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

13 mars 2011 à 16:27:38
Réponse #3

sapiens


"Les assurances militaires (GMPA et AGPM) peuvent se substituer à votre banquier (qui n'a pas à vous imposer d'assureur et ne peut refuser le changement). On pouvait souscrire en tant que militaire d'active mais aussi pour les réservistes.
Et une fois qu'on est adhérent, c'est à vie."

Bonjour,

Il me semble que ces deux assurances peuvent prendre en charge des civils aussi.
Aussi, quand tu dis "qu'on pouvait souscrire" c'est plutot "on devait souscrire" dans certains regiments. En tout cas dans ma compagnie on nous a un peu forcé la main pour souscrire a l'une des deux assurances... Tout ca pour dépenser muchos chaque mois pour des garanties qui existent déjà dans le civil...
« Modifié: 17 mars 2011 à 20:09:13 par sapiens »

13 mars 2011 à 16:46:39
Réponse #4

Corin


"Les assurances militaires (GMPA et AGPM) peuvent se substituer à votre banquier (qui n'a pas à vous imposer d'assureur et ne peut refuser le changement). On pouvait souscrire en tant que militaire d'active mais aussi pour les réservistes.
Et une fois qu'on est adhérent, c'est à vie."

bonjour, il me semble que ces deux assurances peuvent prendre en charge des civils aussi.
aussi , quand tu dis "qu'on pouvait souscrire" c est plutot "on devait souscrire" dans certains regiments. en tout cas dans ma cpgnie on nous a un peu forcé la main pour souscrire a l une des deux assurances... tout ca pour depenser muchos chaque mois pour des garanties qui existent deja dans le civil...
Il y avait une consigne (arrêté ministériel, décision du CEMA, je ne sais plus) qui imposait que les gens soient couverts pour partir en Opex.
Les assurances civils (assurance décès notamment), ne couvrent pas les faits de guerre, idem pour les assurances de prêts immobiliers (je crois qu'il en est de même pour les prêts à la conso ou pour les voitures).
Donc, non, ce ne sont pas les mêmes que dans le civil.

Super tuyau, c'est toujours d'actualité?
ICI


A+

14 mars 2011 à 00:01:11
Réponse #5

perdryx


j'aurais envie de rajouter un axe de réflexion.
Selon vous la pratique d'activité dites "à risques" chez les ados peut il les aider évaluer les risques de la vie de tous les jours et donc à éviter les situation de recherche de risque (prise de drogue, course de voiture, ....)?

14 mars 2011 à 05:54:12
Réponse #6

gmaz87


Il y avait une consigne (arrêté ministériel, décision du CEMA, je ne sais plus) qui imposait que les gens soient couverts pour partir en Opex.
Les assurances civils (assurance décès notamment), ne couvrent pas les faits de guerre, idem pour les assurances de prêts immobiliers (je crois qu'il en est de même pour les prêts à la conso ou pour les voitures).
Donc, non, ce ne sont pas les mêmes que dans le civil.
ICI


A+

Salut,
Il y a de même à l'AGPM ( et ailleurs parmi les assureurs mili) une couverture spécifique aux activités des réservistes et qui prend en compte leur double casquette, à savoir la compensation en cas de blessure en service entre la solde et le salaire civil.
Contrairement aux idées reçues, la couverture sociale du militaire de réserve n'ést que très mal prise en compte par l'Armée et donc à compléter à ses frais.
a+
Gérard
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

14 mars 2011 à 08:22:59
Réponse #7

raphael


qu'est ce que le risque, la prise de risque et la gestion du risque ?
et surtout quel est le rapport coût/gain de la prise de risque ?
 
extrait d'un colloque
"La prise de risque est liée à la perception du risque. Elle peut être intentionnelle ou involontaire, individuelle ou collective. Le risque est parfois vu comme la probabilité de l’occurrence d’un événement non désiré, et le degré de gravité des pertes potentielles induites. Le concept de risque est lié à ceux de gain et d’opportunité, et même parfois de survie. La prise de risque peut se définir par rapport à trois types de profils : les éviteurs, les réducteurs et les optimiseurs de risques.
Il s’agit de donner, ou redonner, le goût de l’action, de l’innovation et de la créativité. Il faut distinguer la prise de risque a priori de l’analyse du risque a posteriori. Ce colloque a un rôle d’éducation vers une culture de la maîtrise du risque (prendre un risque n’est pas une mauvaise chose lorsqu’on cherche à le comprendre et à le maîtriser…). L’absence de prise de risque peut être un très gros risque."

[modo=Bison]
Message intéressant recopié dans la discussion :  "Trois questions sur la gestion des risques"
Tu aurais un lien vers ce colloque?
[/modo]
« Modifié: 14 mars 2011 à 12:22:16 par Bison »
Se connaitre et s'accepter


14 mars 2011 à 09:22:29
Réponse #8

Féline


Tout acte de la vie comporte des risques, même rester couché en présente pour la santé.

14 mars 2011 à 10:06:00
Réponse #9

Cleric


Je ne dispose d'aucune statistique pour étayer les propos suivants mais à mon sens, ceux qui "coûtent" le plus en termes humains ou financiers sont ceux qui prennent des risques de manière naïve, négligente, ou inconsciente. Les "vrais" amateurs, semi-pro ou pro des activités à risque connaissent bien les dangers liés à leur pratique et ont pris toutes les mesures qui pourraient mitiger/ limiter les conséquences d'un incident/accident. Ils sont préparés physiquement, mentalement, techniquement, ils disposent de matériel adapté, ils ont répaté des procédures en cas d'accident, etc.

Pour donner un exemple, il me semble que les "clients" les plus nombreux et les plus problématiques des sauveteurs en milieu périlleux et des compagnies d'assurances sont les naïfs/négligents/ inconscients qui se promènent en baskets et en t-shirt sur un glacier à 2500m d'altitude, qui s'aventurent au-delà de la baie en matelas pneumatique ou qui posent en photo à côté de cet-ours-brun-qui-a-l-air-si-gentil.  ;)

mes deux pesos

C.
« Modifié: 14 mars 2011 à 12:44:25 par Cleric »
"...And we shall know no fear"

14 mars 2011 à 12:12:38
Réponse #10

Bison


Bonjour,

Citer
Pour donner un exemple, il me semble que les "clients" les plus nombreux et les plus problématiques des sauveteurs en milieu périlleux et des compagnies d'assurances sont les naïfs/négligents/ inconscients

Oui, au niveau des victimes (décès ...), il y a une part importante de malaises divers (30 % chez les randonneurs estivaux dans les pyrénnées (pas répertoriés comme accidents de montagne sur certains sites).

Et parmi les interventions sans réelles victimes, on note aussi une part importante d'interventions pour cause de "blocage" (épuisement, égarement, impossibilité de rentrer suite à un bobo ...)
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

14 mars 2011 à 12:14:21
Réponse #11

Bison


Citation de: Perdrix
j'aurais envie de rajouter un axe de réflexion.
Selon vous la pratique d'activité dites "à risques" chez les ados peut il les aider évaluer les risques de la vie de tous les jours et donc à éviter les situation de recherche de risque (prise de drogue, course de voiture, ....)?

C'est un axe de discussion très intéressant, vas-y!
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

14 mars 2011 à 12:17:11
Réponse #12

Lily


C’est rigolo que tu présentes ce thème maintenant, Bison, parce que ça faisait quelques temps que je voulais faire quelquechose dessus, sans trouver le bout par lequel le prendre.

Je serais tentée de répondre « oui » à tes trois premières questions. Pour la quatrième, je n’ai pas d’avis.
Pourquoi intégrer le risque dans la vie de tous les jours (entreprise ou famille) peut-il être positif ?

-   Parce qu’on a rien sans rien. Primo, effectivement, vivre est une activité risquée mais, secundo, faire des paris, c’est vivre mieux parce que plus intensément. Quand on fait un gamin, on risque gros au final, sur l’avenir, les accidents, la santé et tout. A la fois, quel serait le sens de ne pas le faire sous prétexte que ça génère du risque ?

-   Parce que prendre des risques (ou en tout cas accepter ceux qui nous tombent dessus), c’est accepter de faire des choix. Pas question que le spéléologue vienne pleurer parce qu’il s’est cassé une patte. Dans « prendre un risque », il y a « prendre » : pour moi, ça veut dire assumer. Pas venir dire « c’est trop injuste que je me sois bousillé un genou en faisant du hors piste » (meilleur des scénarios). C’est bien (et même bon, je crois) d’avoir bien conscience qu’on ne contrôle pas tout. Mais au final, ne pas tout contrôler, ce n’est pas grave, ce qui compte, c’est de faire de son mieux.

Donc si on sait prendre ses responsabilités, faire des choix même quand ils coûtent et en assumer les conséquences, je ne vois que du positif pour 1/ et 2/.

Maintenant, il y a effectivement la vie de famille ou de couple. Et là, un autre paramètre entre en compte : le pourquoi. Pourquoi prendre de risques ? Est-ce c’est pour de bonnes raisons ? Si on fait de la spéléo pour le plaisir de la découverte et la beauté des lieux, pas de problème. Si on en fait pour se faire peur, c’est qu’on a quelques démons résiduels à qui il faudrait se préoccuper d’aller parler pour les apprivoiser. Et dans ce cas, c’est une priorité.

Je crois (vous me contredirez s’il le faut) que, quand on fait un truc, même risqué, par passion (sports) ou par idéal (armée), les conjoints suivent et acceptent plus facilement parce que le rapport coût (risque de perte)/avantages (vivre avec un conjoint hors du commun, voir l’autre s’épanouir dans sa passion) est bon. Mais si on ne prend des risques que parce qu’on a besoin de se faire peur, même si c’est inconscient, ça s’en ressent dans le couple et là, ça clashe, parce que le rapport coût/avantages est mauvais.

D’où le fait que je pense que le « pourquoi » est si important. Après, les maîtres-mots me semblent être : choix, responsabilité, faire de son mieux.

Tout ça c’est beaucoup de théorie, basée sur un peu de pratique. Je tente tous les jours de me l’appliquer. Mais j’ai pas dit que c’était facile !
If you think you are too small to make a difference, try sleeping with a mosquito

14 mars 2011 à 22:55:16
Réponse #13

Outdoorsman


Après avoir rongé mon frein quelques jours, je me lance. Je vais surtout traiter de la question : pourquoi un individu prend des risques ? Que cherche-t-il ? Qu'est ce que ça lui apporte ?

1/ La prise de risque comme ultime espace de liberté

A titre individuel, chacun tient à sa santé, à avoir un système de soin efficace et sûr, ce qui est bien sûr louable. Repris à un niveau sociétal (et politique), cette préoccupation, prise en compte au premier chef, à permis d'augmenter l'espérance de vie et la santé en générale, de diminuer la mortalité infantile. Par corollaire, la mortalité diminuant, la vie est devenue plus précieuse, ce qui en soi est une bonne chose.

Ainsi, petit à petit, notre société occidentale moderne en est venue à vouer un culte à la vie qu'elle ne cesse de sacraliser.

Par conséquence, pratiquer des activités où l'on met, potentiellement, sa vie en jeu est devenu un sacrilège. Les questions posées en terme de "moralité publique" par Bison dans un autre fil en sont la parfaite illustration.

Mais ce sacrilège n'est-il pas aussi ce qui attire l'aventurier (de façon plus ou moins consciente) ?
Combien de fois, au retour d'"expédition" a t on ressenti ou entendu : "je me suis senti vraiment vivant", "j'ai eu l'impression de revivre","je me senti en totale liberté, en totale harmonie avec moi même", etc...
Risquer sa vie (de manière réelle ou imaginaire) devient ainsi une manière de se réapproprier sa propre vie, en bravant un tabou social pour reprendre en main sa propre destinée. On expérimente (enfin) que notre propre vie nous appartient, quoiqu'en dise la bienséance.

2/ De l'engagement vers la confrontation avec soi même

Là encore, les activités à risque vont à contre courant de la tendance sociétale.

Quand on parle de s'engager dans le langage de l'aventurier, on veut exprimer la difficulté de faire demi tour en même temps que l'acceptation d'une part d'aléatoire.

Or que nous propose notre société : de la maîtrise, tout est de plus en plus aseptisé, règlementé, normé et du zapping (pas qu'à la télévision. Dans une recherche hédoniste, on est prêt à changer d'emploi, de compagne, on teste tous les sports sans en approfondir aucun, etc...).

Dans une activité engagée, on ne peut donc pas arrêter le match pour cause de bobo ou de lassitude. On y est et on y reste, qu'on le veuille ou non ! Pas d'arbitre ni d'assistance : on fait seul, avec les moyens du bord, SES moyens. Et c'est là qu'intervient la confrontation avec soi-même. Il n'y a plus d'artifice possible, on fait avec ce qu'on sait mais surtout avec ce qu'on EST.

Là encore, on retrouve ce sentiment en filigrane dans les discours d'aventurier "j'ai été confronté à mes limites, à moi même", "ça m'a permis de mieux me connaitre", etc...

3/ Frôler la mort pour se sentir vivre

Dans certaines tribus primitives, lorsqu'un différent entre deux personnes ne pouvait être résolu ou lorsque la culpabilité d'une personne ne pouvait être prouvée, on avait recours à un jugement divin appelé Ordalie. Cela consistait en une épreuve très difficile au cours de laquelle l'individu mis à l'épreuve n'avait qu'une faible chance de s'en sortir vivant ou du moins indemne. Si c'était le cas, alors le/les Dieux l'avaient reconnus innocent, l'autre alternative étant la mort.

D'une manière imagée et souvent inconsciente, l'Ordalie joue chez les aventuriers modernes. Faire des activités risquées et s'en sortir vivant donne ou peut donner le sentiment que sa vie vaut le coup puisqu'on a passé l'épreuve. Ce concept est développé par David LEBRETON dans "Passion du risque".
Une fois de plus, on retrouvera cette notion dans le discours des aventuriers : "je ne me suis jamais senti autant vivant", etc...

4/ Etre en prise directe avec la nature : avoir des actions fondées

Dans les activités engagées et risquées se déroulant en milieu naturel, l'aventurier est soumis aux lois de la nature. Celle-ci est parfois rude mais elle est incorruptible et surtout, toujours objective (on ne peut pas la taxer d'être injuste ou de pratiquer du favoritisme).

Dans sa vie de tous les jours le citoyen lambda exécute des tâches dictées par des lois sociales plus ou moins fondées : à tel emploi correspond tel code vestimentaire, à tel interlocuteur correspond tel type de langage, à telle heure correspond tel type d'activité, etc... Sans porter de jugement de valeur sur ces lois et codes, Monsieur Lambda, quand il prend le temps de réfléchir, se rend vite compte qu'il ne sait plus vraiment pourquoi il agit de telle ou telle façon. Parce que ça se fait comme ça, par habitude.

Notre aventurier, lui, sait référencer chacune de ses actions puisqu'elles sont dictées par la nature, par les impératifs de la situation. Chaque instant, chaque bribe d'énergie sont consacrés, sinon à la survie, du moins à la réussite de son objectif.

Ainsi, ses actions ont du sens, font sens et sa vie prend du sens.


5/ En conclusion

Selon moi, pratiquer des activités engagées comportant une part de risque apporte un plus à l'individu.

Savoir prendre des décisions importantes,
Dépasser ce qu'on croyait être ses limites,
Etre seul responsable (au sens de celui en capacité à apporter des réponses) dans des moments critiques,
Devoir agir sans artifice ni échappatoire,

Tout cela est une grande leçon de vie qui transforme objectivement une personne [ça me fait penser à une réflexion de David dans un autre post où il avait le sentiment d'appartenir au même monde qu'elle, qu'elle était faite du même bois. Et oui, David, on se reconnait, parce qu'on a été transformé dans le même sens et de la même façon] et, à mon sens, dans un sens positif.

Si cette quête est au départ individuelle, voire égoïste, il me semble qu'elle peut avoir un rejaillissement positif au niveau professionnel ou familial. Quand on est passé dans ce moule, on sait ce qui est important et ce qui est du vent. Quant au niveau social, j'ai parfois l'impression que ce qui important dans notre société, c'est justement le vent.......



 
"On a beau donner à manger au loup, toujours il regarde du coté de la forêt. " Ivan Tourgueniev
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin" Edward Whymper
"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

17 mars 2011 à 00:52:30
Réponse #14

Kam


Hum...

En fait, c'est presque la question de départ que j'aurais envie de remettre en cause. Ca me rappelle mon frangin (qui est archéologue):

- Ca sert à quoi l'archéologie?
- Bah... A rien.

Toute activité n'a pas à être justifiée de façon "productiviste". Tout ne doit pas servir à quelque chose. Et je crois d'ailleurs que dans le cas de pas mal de prises de risques volontaires, et pour rejoindre l'avis de Outdoorsman, ces prises de risques marquent au contraire le rejet de cette conception de la société (le temps des dites activités tout du moins).

Et paradoxalement, je pense que c'est parce que ça implique de rejeter le côté utilitariste des choses que c'est "utile" à d'autres. Je ne peux parler que de mon expérience personnelle, mais le fait d'avoir passé pas mal de temps dans des coins "craignos", ou d'avoir voyagé de façon inhabituelle (à pied en grande partie), a fait que beaucoup de gens ont vécu par procuration du fait de ce que je faisais (j'énonce ça simplement - pas de jugement), tout simplement parce que je crois qu'il y a un besoin d'aventures en chacun de nous, que la plupart ne satisfont jamais.

Et puis il faudrait définir ce qu'est une prise de risque... Est-ce que ma soeur qui était prof en banlieue parisienne dans un quartier bien craignos courrait moins de risques que moi qui dans le même temps traversait l'Europe à pied? Je ne suis pas sûr... Les prises de risques sont inhérentes à la vie de la plupart d'entre nous. Simplement, il y a des risques "habituels" et d'autres non.

Bien sûr, c'est un peu démago de dire ça, et pour reprendre l'exemple du premier post, le chef d'entreprise qui fait de la spéléo le WE se rajoute volontairement des risques, alors qu'il pourrait rester bien peinard chez lui à regarder Drucker à la télé (ça passe encore?). Mais il n'empêche qu'il ne faut pas forcément opposer vie de tous les jours et activités engagées.

Citer
(...) notre société occidentale moderne (...)

Cette phrase-là me rappelle une discussion sur RL où les gens se demandaient pourquoi il n'y avait que très peu de francophones africains sur le site. Bien sûr la randonnée n'est pas en général une activité à hauts risques, mais ça va dans ce sens (dans la mesure où l'on se bouge un peu et que l'on sort de son environnement habituel, pour ceux qui n'ont pas la chance de travailler dehors).

La conclusion était que dans la plupart de ces pays, la marche n'est pas un "loisir" que l'on pratique. En fait, on le fait, mais par obligation, pas par choix. Le sherpa au Népal qui se tape des bornes et des bornes chargé comme un mulet le fait parce qu'il n'a pas d'alternative. Les activités engagées dans ce cas sont une nécessité. Et lorsque les gens on un minimum de loisirs, ils les consacrent à bien d'autres choses.

Dans le cas de l'occidental qui s'est débarrassé de ces nécessités, il y a comme un manque. Et ce manque est comblé soit par la prise de risques volontaires, soit par l'extase devant ceux qui le font. Tout du moins c'est le sentiment que j'ai.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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