La Libye est une pièce d’un puzzle à plusieurs niveaux :
-approvisionnement énergétique,
- géopolitique de l’Afrique du nord,
- modèles de gouvernement démocratie vs dictature,
- modèle économique consommation interne ou non,
- commerce des armes,
- reconnaissance ou non d’Israël.
- l’hétérogénéité culturelle des libyens, la problématique des tribus.
- la nécessité de recueillir une légitimité pour toute intervention extérieure.
La Libye a un impact sur les cours du
pétrole, une paralysie entraînerait une hausse du coût de cette matière première, la spéculation sur les matières premières l’est tout autant. Le régime libyen approvisionnait correctement les pays consommateurs, un changement de régime est en quelque sorte un risque, même faible de rupture même momentanée.
Afrique du Nord, il y a bien danger pour les régimes autoritaires voisins à s’enflammer si Kadafi est destitué. L’Algérie, l’Arabie, Yémen, Jordanie doivent chacun œuvrer pour limiter la casse. Algérie et Arabie sont alliés des US et on les entend moins en ce moment.
Les évènements en Egypte et Tunisie ont fragilisé le
modèle de gouvernement par la dictature. Ils donnent des idées à tous les peuples sous domination d’un tyran. Cela constitue pour la Chine un grand risque, et peut être aussi pour la Russie. D’où leur opposition au conseil de sécurité à une intervention.
Les pays disposants de ressources non redistribuées pour la
consommation intérieure, encore ici Algérie et Arabie, sont mécaniquement impactés. Ils ont réagi et commencé la redistribution afin de désamorcer les velléités de révolte. En Amérique du sud, il y a quelques pays à risque de ce point de vue cumulant les deux facteurs: production de pétrole et population pauvre. La Grande Bretagne, la Norvège producteurs de Pétrole ou de gaz sont exclus du processus. La Norvège par exemple alimente un fonds des retraites avec ces richesses. Les taxes sur les compagnies pétrolières GB servent à financer l’Etat redistributeur. Ce qui n’est pas le cas de la Libye et encore trop peu de la Russie. La Chine, grand pays industriel, a compris que pour tenir politiquement, il fallait redistribuer un minimum les richesses. C’est ce qui est fait depuis quelques années, les salaires augmentent régulièrement sous la pression des grèves mais aussi de la concurrence que se livrent les entreprises entre elles pour obtenir de la main d’œuvre qualifiée.
Souvent cité, le
commerce des armes de mon point de vue a peu d’impact. Démocratie ou non cela ne change rien au besoin. La dictature Tunisienne par exemple n’avait pratiquement pas d’armée, elle misait tout sur la police. Le Taser est plus économique que le Rafale ! Il est possible que le nouveau gouvernement adopte une autre attitude. Comme quoi.
N’oublions pas qu’un pays comme
Israël regarde toute évolution dans la région de très près. Un navire de guerre Iranien vient de traverser le canal de suez pour la première fois depuis des lustres. Cela ne porte pas ce pays à soutenir forcément la démocratie pour ses voisins.
Comme en Irak et Afghanistan les frontières ne correspondent qu’à un équilibre des forces externes à un moment de l’histoire. Aller contre Kadaf et sa tribu, c’est soutenir d’autres
tribus. Kadaf n’est pas un Mussolini ou un Hitler. Il est un représentant une partie de population d’une zone, d’un ethnie ou sous ethnie. Qui dit qu’une fois ce représentant tombé un autre d’une autre force ne se présentera pas, avec les même travers simplement déplacés et appliqués à d’autres ?
Nos politiques doivent
recueillir un minimum de légitimité avant toute intervention musclée. On ne saurait utiliser les mêmes moyens que les dictatures. Or nombre de pays influents à l’ONU et au Conseil de sécurité y sont opposés Chine et Russie notamment pour les raisons vues plus haut.
Alors une fois posées ces contraintes, tout en sachant qu’il y en a d’autres qui nous échappent, que faire ? La réponse ne vient pas immédiatement avouons-le. Ceux qui se précipitent ignorent involontairement certaines contraintes.
Il n’y a pas de réponse entièrement satisfaisante. Tout en sachant que la non intervention est une réponse en elle-même.
