Ne boudons pas notre plaisir, les GPS automobile sont des outils géniaux...En déplacement professionnel, ça change la vie !
Mais il n'empêche que l'ergonomie et le confort d'utilisation peuvent finir par se retourner contre les utilisateurs, ce qui est un drôle de paradoxe, si l'on y songe. Je me demande d'ailleurs si cela peut se trouver de la même façon dans d'autres domaines.
Les GPS auto se sont tellement démocratisés qu'il sont devenu un produit de consommation aussi courant que le téléphone portable. Pour la plupart des gens que je croise, il se résume à une boite contenant une cartographie et une voix qui dit où tourner. Que dis-je ? une cartographie ? Non, LA carte, pourquoi, il peut en exister plusieurs ?
Toute notion relative au système satellitaire, aux coordonnées géographiques est complêtement ignorée.
Pour beaucoup, un GPS n'est plus un outil qui dit où on se trouve (alors qu'un GPS c'est ça et uniquement ça), mais un outil qui dit comment se rendre à destination.
Qui se soucie, à l'achat, de la qualité de la cartographie embarquée (je ne parle même pas du logiciel de calcul).
Que disent d'ailleurs les marques d'appareils sur l'origine, l'age, la précision de leurs données cartographiques. Hormis bien-sûr la possibilité de mettre à jour lorsque l'on monte en gamme.
Qui produit cette cartographie ? Google maps est elle plus précise ou moins précise que l'IGN ? Plus ou moins à jour ? Je ne me souviens pas non plus avoir jamais croisé de géomètres du service topographique GARMIN ou TOMTOM...
Qui décide que telle route est praticable ou non, toute l'année ou non...
Une fois l'appareil acheté, l'ergonomie est tellement bien faite qu'elle peut être traîtresse :
On branche sur l'allume cigare, on presse le bouton on et on rentre l'adresse de destination. Le logiciel essaie même d'être prédictif et propose les noms de commune et de rue avant qu'on ait fini de les taper.
Du coup, on ne vérifie pas les paramètrages. Or, n'existerait-il pas, sur ce modèle, un mode 4x4 qui serait, par hasard, activé. J'en connais qui ont eu chaud au bas de caisse pour cette simple raison...
Ou un mode piéton (cf l'outil de base sur IPhone), et on se retrouve à prendre un sens interdit, une rue piétonne...
Autre problème :
Suivre confortablement la petite voix, c'est bien. Mais plaque de verglas, vous êtes au fossé, la voiture suffisamment amoché et le GPS qui a volé dans l'habitacle est HS. Pouvez-dire ou vous êtes au moment d'appeler les secours ?
Ou bien, la route est subitement barrée. Jusqu'ou devrez-vous errer pour que l'appareil recalcul un itinéraire alternatif valable, qui ne vous ramène pas sur le barrage ?
Les mésaventures liés aux GPS automobile ont déjà couté des vies. Or, les fonctionnalités cartographiques de ces appareils se retrouvent désormais sur les modèles de rando et d'"outdoor".
J'ai un peu peur de ce que donneront ces appareils entre les mains d'utilisateurs dont la seule culture en ce domaine (ou plutôt le manque de culture) viendra de l'appareil qui trône sur leur tableau de bord : on rentre le refuge destination, on laisse calculer l'itinéraire par les sentiers et on suit les flèches de l'écran...Exit les notions de waypoints, et autres points d'arrêt. Et qui saura transmettre les coordonnées au secours, cette ridicule suite de chiffres incompréhensible qui consomme tant d'espace sur l'écran ?