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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: [Lien TV] SDF : un autre aspect de la survie.  (Lu 10005 fois)

31 octobre 2007 à 16:20:28
Lu 10005 fois

alfalain


Sur PLANETE en ce moment:
DANS LA PEAU D'UN SDF

Du 20 décembre au 10 janvier 2006, Jean-Charles Deniau - muni d'une caméra cachée - s'est mis dans la peau d'un SDF : pendant trois semaines, il a ainsi vécu parmi eux, sans argent, dans le froid, en recherche constante d'abris et de nourriture. Une incroyable enquête au coeur d'une douloureuse réalité.

REDIFFUSIONS :

> 06 Novembre 2007 à 14h25
> 12 Novembre 2007 à 14h30
> 21 Novembre 2007 à 23h30

Ce qui m'a marqué c'est la solidarité !
Des bénévoles qui servent des repas, du restaurateur qui reçoit le SDF à sa table, des SDF entre eux ....
Bon, tout n'est pas rose. Il a même attrappé des puces...
On comprend pourquoi les SDF préfèrent dormir dehors...
« Modifié: 31 octobre 2007 à 16:35:53 par Maximil »

31 octobre 2007 à 16:35:25
Réponse #1

Maximil


C'est tout ce qui t'a marqué ?
Tu n'en as pas retiré de techniques, de choses à retenir etc. qui pourraient nous être utile ?
Fabrication maison de stylo-plume , roller , bouchons de bouteilles , kubotan , koppo-stick etc... http://maximil.chez-alice.fr/index.htm
Photographies de Maximil
Patines de chaussures de Maximil

31 octobre 2007 à 16:48:48
Réponse #2

fabsah


Je ne veux pas hi-jacker le topic, mais je viens de remettre la main sur un texte que j'avais lu y'a plusieurs années et trouvé bien intéressant (en anglais) :

http://www.donrearic.com/homeless.htm

fab

31 octobre 2007 à 18:21:15
Réponse #3

alfalain


D'un point de vue "techniques ":
le gars part avec un sac de couchage, non précisé, un sac à dos très quelconque, des pompes rando, 15 euros, rien de spécial en fait; plus que beaucoup de SDF certainement.
Son expérience est surtout de trouver à manger ( humanitaires, la manche, quemander un morceau de pain etc.. ), un lit quelquefois ( humanitaires bondés ).
En hiver, neige parfois, dormir dehors: trouver un endroit pas trop naze, des cartons etc.. et s'endurcir... Fringues de base en plusieurs épaisseurs.
En fait, comme certains le disent, trouver à manger devient un boulôt à plein temps à sillonner Paris.
Trouver des endroits douche-lessive ( froide la douche ). Des endroits chauds : bibliothéques municipales..
Il a aussi attrapper des puces ..

31 octobre 2007 à 22:51:29
Réponse #4

Rod


Je ne veux pas hi-jacker le topic, mais je viens de remettre la main sur un texte que j'avais lu y'a plusieurs années et trouvé bien intéressant (en anglais) :

http://www.donrearic.com/homeless.htm

fab
En effet, le site de Don est en Anglais mais il est rempli de textes mémorables! Qu'on l'aime ou pas, il reste pour moi une référence...  :up:

Bien à vous,

Rod

02 novembre 2007 à 21:47:45
Réponse #5

Cam


en cherchant des renseignements sur le sujet, j'ai trouve ca:

http://webxclusion.ifrance.com/

L'accent est peut-etre plus sur la reflexion autour de l'etat de sdf que sur l'aspect proprement technique. Ca reste tres, tres interessant. Et c'est un euphemisme.

05 novembre 2007 à 23:42:02
Réponse #6

Anke


Pour info, trainer du coté des librairies les Lundis matin. Les libraires envoient aux poubelles des cartons tout neufs et bien pliés qu'ils déposent devant leur devanture et en gal à l'abri de la pluie (reconditionnement après le ramassage). Voir itou du coté des imprimeries ( quand il y en a dans le secteur) chutes de papier journal non imprimé.
Voir également les poubelles des magasins d'informatique ( plastiques d'emballage avec des bulles d'air, plein de couches= bon matelas)
Pour la nuit, on peut toujours aller voir la caserne de pompiers et demander si on ne peut pas dormir dans le garage en se faisant tout petit( fait en 1979), avec un peu de bol on peut profiter d'une douche voire d'un petit dèj ( l'humanité du pompier n'est plus à démontrer).
Le fin du fin, frapper à l'huis d'un monastère et demander l'hospitalité. En échange de travail en contrepartie, on pourra même y rester quelques jours ( bon ,ça c'était vrai à la fin des seventies, maintenant je ne sais plus, mais je serais étonné que ça ait beaucoup changé!), même si on est pas de la "calote", chaleur et soupe chaude, ça ne fait pas de mal !
Dernier recours ultime quand on est "au taquet", froute le bordel en ville pour se faire embarquer au poste. En étant un petit peu malade( on peut simuler), c'est direct à l'hosto ( époullage, douche, bon lit, fringues propres, soins etc...) dès qu'on est requinqué : évasion ! ( d'un hosto en service de médecine, c'est pas très compliqué. Vu plusieurs fois quand j'étais soignant dans le public).
Si ça peut servir un jour...

05 novembre 2007 à 23:47:35
Réponse #7

kartoffel


Un livre poignant sur ce qui touche à ce sujet : "J'habite en bas de chez vous.", écrit par une femme ex-SDF à Paris sous le pseudonyme de Brigitte. Bonne lecture très pédagogique.

Résumé : comment on tombe dans la m*rde, comment on y survit, ce à quoi on doit réchapper, puis comment une main tendue aide à s'en sortir, comment on y retombe, comment certains services sociaux vous confortent dans votre position, comment des âmes généreuses illuminent certaines journées, puis comment d'autres mains se tendent et finalement comment on s'en sort pour de bon...

06 novembre 2007 à 07:23:59
Réponse #8

kurodo


Un livre poignant sur ce qui touche à ce sujet : "J'habite en bas de chez vous.", écrit par une femme ex-SDF à Paris sous le pseudonyme de Brigitte. Bonne lecture très pédagogique.

Je vais l'acheter ! Merci pour l'info.

Kurodo

28 janvier 2008 à 16:44:37
Réponse #9

krum


L'hospitalité est une valeur en grande perte de vitesse dans nos pays.
Tout le monde à peur de l'autre et la société n'aide pas dans le bons sens AMHA  :down:

Je suis presque sur que dans des contrées pauvres, les gens sont plus accueillant et aidant.

28 janvier 2008 à 17:02:00
Réponse #10

kartoffel


Excuse moi d'avance Krum, ça va être un peu rentre-dedans là.

Facile à dire ça. Tu héberges des SDF toi ?

Enfin voilà quoi, j'ai déjà hébergé une fois un mec qui se retrouvait à la rue sans un centime, pendant des semaines dans mon 14 mètres carrés de l'époque, mais c'était un mec que je connaissais, dans un cadre clair, qui avait clairement besoin d'un service, ça change tout le ressenti. C'est peut être honteux mais je me vois mal inviter un sdf inconnu chez moi, même si je me sens prêt à lui rendre service, sans le connaître, sans savoir ce qu'il va faire chez moi, sans savoir comment il va réagir au moment de reprendre la rue.

A mon avis le problème de la réinsertion est beaucoup plus complexe que celui de la simple hospitalité. Qu'est-ce que t'en penses ?
Je suis aussi curieux de savoir ce qu'en pense Neg, plutôt que de verser dans le blabla pour se rendre intéressant sur un sujet qui touche à la dignité humaine.

28 janvier 2008 à 17:10:04
Réponse #11

Chester


Je pense que vous idéalisez trop le passé: c'est aussi un de mes défauts.
Il ne faut pas oublier qu'alors:la pluspart des indigents étaient pris en charge par la famille (les parents par leurs enfants,les cousins et les frères et soeurs,la belle famille etc...)Parce que c'était alors un devoir face aux hospices qui faisaient office de mourroir.Envoyer quelqu'un de sa famille en asile et à l'hospice était un déshonneur, et seul ceux qui n'avait pas ou plus de famille s'y retrouvaient (enfants abandonnés,délinquants,personnes reniées).
Il n'y avait ni sécu,ni aucun autre système sur lequel s'appuyer,hormis la charité des gens,la religion catholique étant alors religion d'état,charité non pas motivée par une quelconque idée d'égalité,mais plutôt axée sur le principe de "une place au paradis,ça se mérite".
A mon avis, l'impression d' abandon des personnes en difficulté de nos jours est plus liée à la disparition de ces valeurs.Mais d'autres les ont remplacé,et bien qu'imparfaites (il faut admettres qu'elles sont relativement neuves aussi),je ne les considère pas comme un pis-aller.La notion d'égalité,c'est un truc complètement nouveau,même si c'est pas toujours appliqué hélas.Mais je crois,aussi,que des tas de gens y travaillent.
Je continuerais bien cette réflection,mais ça va devenir trop philosophique et sujet à débat.
Juste pour dire que le bon vieux temps.... :-\

28 janvier 2008 à 19:35:37
Réponse #12

lepapat




Enfin voilà quoi, j'ai déjà hébergé une fois un mec qui se retrouvait à la rue sans un centime, pendant des semaines dans mon 14 mètres carrés de l'époque, mais c'était un mec que je connaissais, ...

Perso, je l' ai déjàs fait. Des filles, des mecs qui etaient dans la rue et que je ne connaîssait pas particulièrement  ;) ( Mêmme un couple avec un bébé, qui était à la rue  :o :( ). La plupart du temps, ils on rester plusieurs jours chez moi, le temps de trouvé une solution ( cpas, amis, ect ). C' était encore dans mon ancien studio ( +/- 14 m carrés aussi ).

Bon je dois dire que, parfois, j' ai us pas mal de " déconvenus "  :-\ ( Dons une tentative de suicide en mon absence  :(. J' en ais " torcher " du sang sur mon sol  :-\ ). Maintenant si on me le demanderais encore de faire celà, je refuserais  :-[. Pas que je suis devenu un égoiste  :-[, mais je n' ais plus... comment dire  :-[...pfff, disont que je suis " fatigué " de joué au " sauveur "  :-[.

Faut pas m' en vouloire, hein  :-[
John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


28 janvier 2008 à 20:19:22
Réponse #13

krum


Excuse moi d'avance Krum, ça va être un peu rentre-dedans là.

Facile à dire ça. Tu héberges des SDF toi ?

Je ne vois pas l'à propos de tes paroles agressives  :blink:

Je n'ai jamais prétendu être meilleur que les autres (donc pour être clair, je n'ai jamais hébergé un inconnu chez moi).
A priori je fais partie de la société!

Je constate juste que notre société ne va pas dans le bon sens car on nous inculque la peur (de l'autre surtout).

Pour aller plus loin, je ne vais pas juger "la société" d'une phrase lapidaire, il y a du bon et du moins bon.
Mais je trouve que l'individu s'efface trop face aux institutions dans l'aide/reconfort/soutient de son prochain (et je suis athée lol ).

Je le répète: je ne suis pas l'abbé Pierre ni le Dalai Lama donc pas de procès merci.
« Modifié: 28 janvier 2008 à 20:25:53 par krum »

04 février 2008 à 06:51:56
Réponse #14

neg


« Modifié: 09 décembre 2012 à 21:54:18 par neg »

04 février 2008 à 09:40:20
Réponse #15

jilucorg


Salut neg,

À mon avis ce que tu dis sur la "survie sociale" est parfaitement dans le thème du forum, et c'est aussi précieux vu ton expérience que ce que disent sur, par exemple, la vie dans le froid ceux qui ont l'expérience de l'outdoor par -30°C !

Si vous vous retrouvez à la rue, essayez de faire en sorte que ça ne se voie pas trop : lorsqu'on a l'air d'être en galère, on attire l'inimitié de pas mal de gens, je parle des gens que l'on dérange car on salit leur environnement : c'est eux qui vous causent le plus de tort par leur attitude qui vous met plus bas que terre : ils détruisent ce faisant votre moral, qui est le ressort de votre survie : c'est en perdant mes "potes" parce que je n'avais plus de maison et qu'ils avaient trop peur que j'essaie de m'incruster chez eux que j'ai eu le plus de problèmes à me trouver à bouffer : j'avais plus envie  :glare:
La première année, je suis arrivé à 57 kg pour 1m82..j'avais plus envie quoi, et j'avais la haine car moi je savais que j'étais comme tout le monde, mais les autres ne me reconnaissaient pas ce statut.

Bref, ne donnez pas aux autres l'occasion de vous donner une mauvaise image de vous-même : pour moi c'est ça le plus important.

Je crois que je ne comprends pas ce que tu expliques, alors que ça m'intéresse beaucoup : par rapport à qui (qui sont "les autres") doit-on dans cette situation faire en sorte que ça ne se voie pas trop, afin de pouvoir garder une estime de soi minimale face à leur regard ? Ce que je veux dire, c'est que — comme je vois le truc dans ma petite tête — si c'est des gens qu'on connaît depuis avant les problèmes (tes potes), ils doivent savoir qu'on est dans la dèche maintenant (on peut difficilement le cacher ?), et j'aurais tendance à croire qu'ils se positionnent par rapport à ce qu'ils savent de notre situation, et non d'abord sur notre apparence ; et si c'est des gens qui sont dans la dèche comme nous, ils savent bien qu'on l'est ? Reste la troisième catégorie, tous les autres : mais là, peut-être bien que c'est difficile de globaliser (institutionnels, commerçants, passants etc.) :)

Citer
Bref bref bref.. j'ai commencé à écrire vers 3 heures du mat (il est 6h55 chez moi là  ;D ), et j'arrive vraiment pas à formuler tout ce que je voudrais dire..j'ai dû écrire à peu près l'équivalent de 10 pages là, que j'ai toutes effacées.. et ça tombe bien parce que encore une fois, ben c'est HS je crois..on n'est pas sur "mavie.com"   ::), et je pars dans tous les sens..

Ben il me semble que pour finir tu t'en es super bien sorti, là aussi ! Que du signal, un vrai survivor de forum :up:. Il y a d'ailleurs sûrement encore bien d'autres aspects sur lesquels tu pourras partager ici tes connaissances, sur ce thème et sur d'autres (quels moyens mettre en œuvre pour survivre à l'accueil fait aux "étrangers" — et pire encore aux Parisiens — en terre rurale par exemple :D. Ce serait tout à fait dans le thème de la section "Survie à long terme"...)


jiluc.

04 février 2008 à 11:32:09
Réponse #16

neg


« Modifié: 09 décembre 2012 à 21:54:33 par neg »

04 février 2008 à 15:04:17
Réponse #17

jilucorg


Le SDF n'est pas en situation de survie si l'on se réfère au stéréotype du "bon vieux clochard" d'autrefois : C'était un choix de vie volontaire et parfaitement maitrisé donc pas de la survie, seulement une vie plus difficile selon nos critères de citadin prétendument civilisé et bien pensant !

Oui mais, vu qu'on ne s'y réfère pas, ici, à ce stéréotype obsolète, quelle idée veux-tu avancer ?

Citer
Autre exemple : Le nomade, qu'il soit amérindien, gitan, touareg, aborigène ou je ne sais quoi d'autre encore, est-il en situation de survie ? ... Non ! Il vit dans un autre contexte que le nôtre !

Je dois être vraiment bouché, mais ce serait un exemple de quoi, le nomade étranger, par rapport à la discussion ?

Citer
Autre réflexion : Il a été dit que la survie du SDF, tel que le présent sujet veut l'aborder, n'est pas de savoir ce qu'il faut faire pour aider le SDF mais ce qu'il faudrait faire si cela nous arrivait ! ... Je suis un peu d'accord, mais bon ... autre exemple :
L'enfant qui vient de naitre est complètement démuni à son arrivée dans ce monde hostile, il est en quelque sorte en situation de survie. Et cette survie ne dépends pas de lui mais de son entourage !

« autre exemple » de quoi ? Quel rapport entre un "SDF" et un nouveau-né ? [Pardonne-moi, mais vraiment, je ne comprends rien à tes raisonnements...]

Citer
En conclusion enfin, et cela s'applique à tous les cas de figure :
Je dirais que le meilleur moyen pour ne pas avoir de problèmes de survie c'est d'anticiper, non pas les actions à entreprendre une fois qu'on y est, mais de mettre tout en œuvre afin de ne pas être précipité dans cette situation !
Le secourisme c'est bien, la prévention c'est mieux ! (attention, j'ai pas dis répression !)

Certes, mais enfin je crois bien que ceux qui ont pu faire quelque chose pour ne pas se retrouver à la rue l'ont fait ; ceux qui s'y retrouvent, c'est que ça n'a pas marché, leurs tentatives de "prévention", ou qu'ils n'ont pas vu venir la cata, non ?
Toi-même, tu as fait part d'un problème familial et éducatif que tu n'as guère su/pu éviter. La volonté (qu'est-ce que c'est, d'ailleurs ?) et les principes ne permettent pas toujours de faire face victorieusement aux aléas de l'existence, àmha...

Si tu lis un peu plus longuement ce forum, tu verras que la prévention que tu nous conseilles y est sans cesse prônée et expliquée dans chaque domaine ; mais le jour où lors d'une belle rando à la journée en moyenne montagne, en solo, j'ai bel et bien une cheville pétée — pour 3 secondes d'inattention ou pour un impondérable — vers 1 500-2 000 m d'altitude, dans un coin où il ne passe personne et où il n'y a pas de réseau, alors qu'il fait déjà ±0°C et que la nuit tombe, je suis bien content d'avoir connu ce forum et d'avoir appris à emporter et à faire quelques trucs de base pour éviter d'y rester dans la nuit par déshydratation + hypothermie. Même chose d'une certaine manière pour le sujet de cette conversation...


jiluc.

04 février 2008 à 15:16:56
Réponse #18

jilucorg


J'ai donc fini par adopter l'attitude "toujours de bonne humeur et en train de blaguer",et "à l'écoute des autres", sans parler de mes problèmes.

C'est donc grâce à cette décision initiale que le regard des autres a changé et que tu as pu te mettre de nouveau à avoir "envie" alors que tu allais y rester à brève échéance : en somme tu conseilles, pour ne pas perdre l'envie de vivre — donc pour ne pas mourir — dans cette situation, de commencer par se mettre "à l'écoute des autres" en affectant d'avoir moins de problèmes qu'eux ? C'est vachement intéressant  :up:.


jiluc.

19 juin 2012 à 11:29:55
Réponse #19

emco


Le bénéfice de l'indexation, c'est aussi de resortir des sujets des tiroirs...

Je pense avoir compris que certains ont une expérience des centres d'hébergements pour les avoir fréquenter en tant qu"accueillis. J'en ai aussi l'expérience mais de l'autre côté de la barrière. C'est une façon de parler mais elle reflète parfois le sentiment que ressentent usagers et professionnels. Bref, je suis travailleur social dans ce type de structures depuis plusieurs années. Je vais essayer de vous filer des infos sur le fonctionnements et les différents risques potentiels. Ce que je vais vous expliquer concerne l'agglomération Lilloise et cela est plus ou moins transposables à d'autres villes. Les fonctionnements tendent à s'harmoniser mais il reste des différences.

Je vais d'abord faire la distinction entre les hébergements d'urgences où l'on passe un à quelques nuits et les hébergements stabilisés où un projet d'insertion peut être mis en place.

Les hébergements d'urgence.
Il y en a de moins en moins en dehors de la période hivernale et c'est assez compliqué de trouver une place car ils sont saturés. Je parle bien en dehors de la période hivernale (novembre-mars en gros). C'est le 115 qui gère ces places et il faut les appeler le plus tôt possible (vers 8 heures). Ca peut aussi être utile d'essayer d'appeler en début de soirée si échec le matin. Des places peuvent s'être libérer entre temps
Avec le froid et les places supplémentaires associées, c'est moins compliqué de trouver. Quasiment toujours gratuit.
La durée d'accueil est variable de une à deux semaines souvent, pas toujours renouvelable.

Les conditions d'accueil varient en fonction du lieu. Ça peut être un foyer qui ne fait que ça ou alors une place pour une nuit dans un foyer qui fait normalement de l'accueil stabilisé mais qui donne la place au 115 pour une nuit en attendant l'orientation de quelqu'un. Il n'y a plus de dortoirs de 15 mais très rares sont les chambres individuelles. Souvent ça va de deux à quatre.
Dans les lieux qui ne font que ça se côtoient souvent les plus exclus, les plus désocialisés et ceux qui viennent de connaitre une galère. Par conséquent, on y trouve des gens très différents. Ça va du mec complètement marginalisé (ou pas), sous produit (ou pas), sale (ou pas), fou (ou pas), salarié (ou pas), dépressif (ou pas). Bref, vous avez compris. Ça veut dire que le type qui a dormi la nuit dernière dans votre lit pouvait très bien avoir la gale...si les gens font le taf, le matelas est traité à chaque changement de personne et le reste de la literie sera propre. Mais on n'est pas à l'abri d'une rupture de stock  >:(  surtout que la rotation est souvent importante et la logistique parfois dépassée.

En terme de self protection, ça implique de s'attendre à tout (lapalissade?). J'ai déjà vu un type de me dire qu'on lui avait voler ses chaussures alors qu'il les avait aux pieds ou que c'est la voix dans sa tête qu'il lui a dit de jeter la TV par la fenêtre...Cependant, en terme d’agression physique, je vais être plutôt rassurant. J'ai dû voir 5-6 bastons en presque 7 ans. et il y avait à chaque fois un contentieux entre les protagonistes.
En ce qui concerne le vol, la discrétion s'impose. Non non, pas pour être le voleur!  ;#
J'enfonce une porte ouverte mais évitez de tenter: pas de liquide de sorti, idem pour le smartphone même vieux. Les écouteurs du mp3, vous êtes sûr d'en avoir besoin sur vos oreilles?
Surveillez vos affaires, ne laissez rien sans surveillance même deux minutes. Je vois des gens laisser leur portable en charge le temps d'aller pisser. J'embarque le tout et je les laisse flipper deux minutes. La pédagogie par l'expérience.  ;#
Si vos chaussures sont "chouettes", je suis moyennement convaincu par l'idée de les laisser au pied du lit comme chez mémé. Une paire de Nike, ça se vend tranquille. Pour une nuit, je les garderais aux pieds ou comme oreiller au pire. Les papiers et le liquide, c'est aussi sur soi même pour dormir. En dessous de l'oreiller, c'est une mauvais idée.
Certaines structures proposent des casiers sécurisés et vous pouvez demander à confier certains objets aux professionnels présents. Dans ce cas, on prend quand même la précaution de faire le point sur ce que l'on confie, on n'est pas à l'abri d'un salarié malveillant malheureusement (assez rare tout de même!)
Tous les conseils que l'on peut lire dans la section "urbaine" sont applicables; the grey man, la désescalade etc. Idem pour ce qui concerne les sorties de secours et autres extincteurs. Les incendies, ça arrive...

Personnellement, je ne conseillerais pas d'y aller ou pas. J'ai vu des gens être très content de venir chez nous et d'autres dirent ne jamais vouloir y remettre les pieds.

Les hébergements stabilisés
La durée de prise en charge peut être de plusieurs mois renouvelable. Normalement, on n'y entre plus en sollicitant directement les foyers. Il faut faire une demande au SIAO (service integré d'accueil et d'orientation). Pour ça vous pouvez passer par le 115 ou d'autres structures ( accueils de jour, CCAS etc). Le délai d'attente peut être long, deux mois ne sont pas exceptionnels.
les entrées et sorties définitives sont moins fréquentes et le groupe hébergé est plus stable. C'est bien quand pas de problème. Par contre, si un prédateur est présent et qu'il est intelligent, il peut faire un carnage avant que l'équipe éducative constate les dégâts.

Ne pensez pas que ce type d'hébergement accueil un public fondamentalement différent de celui des hébergements d'urgence. La différence se fait sur le temps que les professionnels ont eu pour mettre des choses en places (addictologie, soins physiques et psychologiques etc).

Encore une fois, les conditions d'accueil varient en fonction du lieu. Du grand luxe avec chambre individuelle et Tv aux vieilles chambres défraîchies  de quatre personnes . Et ce n'est pas gratuit, il faut payer entre 15 à 30% de ses ressources. Pour un salarié, ça chiffre vite.
Globalement, les conditions d'accueils sont meilleures et plus sécurisées. Les professionnels connaissent les personnes accueillies, leur difficultés. Ça ne met pas à l'abri des problèmes mais ils peuvent permettre d'anticiper. De plus, les gens sont plus "installés" et les prédateurs ont compris la maxime "on ne chie pas là ou l'on mange". Encore une fois, pas de toujours ou de jamais hein. J'ai "vu" un type vider l'armoire de son voisin et se barrer car il sentait qu'il allait se faire virer par ex. Ou des types tabassés un petit vieux pour son pognon.

Bon, j'ai essayé de fournir des infos utiles sans être trop obscur. Si certaines choses ne sont pas claires, n'hésitez pas.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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