Le bénéfice de l'indexation, c'est aussi de resortir des sujets des tiroirs...
Je pense avoir compris que certains ont une expérience des centres d'hébergements pour les avoir fréquenter en tant qu"accueillis. J'en ai aussi l'expérience mais de l'autre côté de la barrière. C'est une façon de parler mais elle reflète parfois le sentiment que ressentent usagers et professionnels. Bref, je suis travailleur social dans ce type de structures depuis plusieurs années. Je vais essayer de vous filer des infos sur le fonctionnements et les différents risques potentiels. Ce que je vais vous expliquer concerne l'agglomération Lilloise et cela est plus ou moins transposables à d'autres villes. Les fonctionnements tendent à s'harmoniser mais il reste des différences.
Je vais d'abord faire la distinction entre les hébergements d'urgences où l'on passe un à quelques nuits et les hébergements stabilisés où un projet d'insertion peut être mis en place.
Les hébergements d'urgence.
Il y en a de moins en moins en dehors de la période hivernale et c'est assez compliqué de trouver une place car ils sont saturés. Je parle bien en dehors de la période hivernale (novembre-mars en gros). C'est le 115 qui gère ces places et il faut les appeler le plus tôt possible (vers 8 heures). Ca peut aussi être utile d'essayer d'appeler en début de soirée si échec le matin. Des places peuvent s'être libérer entre temps
Avec le froid et les places supplémentaires associées, c'est moins compliqué de trouver. Quasiment toujours gratuit.
La durée d'accueil est variable de une à deux semaines souvent, pas toujours renouvelable.
Les conditions d'accueil varient en fonction du lieu. Ça peut être un foyer qui ne fait que ça ou alors une place pour une nuit dans un foyer qui fait normalement de l'accueil stabilisé mais qui donne la place au 115 pour une nuit en attendant l'orientation de quelqu'un. Il n'y a plus de dortoirs de 15 mais très rares sont les chambres individuelles. Souvent ça va de deux à quatre.
Dans les lieux qui ne font que ça se côtoient souvent les plus exclus, les plus désocialisés et ceux qui viennent de connaitre une galère. Par conséquent, on y trouve des gens très différents. Ça va du mec complètement marginalisé (ou pas), sous produit (ou pas), sale (ou pas), fou (ou pas), salarié (ou pas), dépressif (ou pas). Bref, vous avez compris. Ça veut dire que le type qui a dormi la nuit dernière dans votre lit pouvait très bien avoir la gale...si les gens font le taf, le matelas est traité à chaque changement de personne et le reste de la literie sera propre. Mais on n'est pas à l'abri d'une rupture de stock

surtout que la rotation est souvent importante et la logistique parfois dépassée.
En terme de self protection, ça implique de s'attendre à tout (lapalissade?). J'ai déjà vu un type de me dire qu'on lui avait voler ses chaussures alors qu'il les avait aux pieds ou que c'est la voix dans sa tête qu'il lui a dit de jeter la TV par la fenêtre...Cependant, en terme d’agression physique, je vais être plutôt rassurant. J'ai dû voir 5-6 bastons en presque 7 ans. et il y avait à chaque fois un contentieux entre les protagonistes.
En ce qui concerne le vol, la discrétion s'impose. Non non, pas pour être le voleur!

J'enfonce une porte ouverte mais évitez de tenter: pas de liquide de sorti, idem pour le smartphone même vieux. Les écouteurs du mp3, vous êtes sûr d'en avoir besoin sur vos oreilles?
Surveillez vos affaires, ne laissez rien sans surveillance même deux minutes. Je vois des gens laisser leur portable en charge le temps d'aller pisser. J'embarque le tout et je les laisse flipper deux minutes. La pédagogie par l'expérience.

Si vos chaussures sont "chouettes", je suis moyennement convaincu par l'idée de les laisser au pied du lit comme chez mémé. Une paire de Nike, ça se vend tranquille. Pour une nuit, je les garderais aux pieds ou comme oreiller au pire. Les papiers et le liquide, c'est aussi sur soi même pour dormir. En dessous de l'oreiller, c'est une mauvais idée.
Certaines structures proposent des casiers sécurisés et vous pouvez demander à confier certains objets aux professionnels présents. Dans ce cas, on prend quand même la précaution de faire le point sur ce que l'on confie, on n'est pas à l'abri d'un salarié malveillant malheureusement (assez rare tout de même!)
Tous les conseils que l'on peut lire dans la section "urbaine" sont applicables; the grey man, la désescalade etc. Idem pour ce qui concerne les sorties de secours et autres extincteurs. Les incendies, ça arrive...
Personnellement, je ne conseillerais pas d'y aller ou pas. J'ai vu des gens être très content de venir chez nous et d'autres dirent ne jamais vouloir y remettre les pieds.
Les hébergements stabilisés
La durée de prise en charge peut être de plusieurs mois renouvelable. Normalement, on n'y entre plus en sollicitant directement les foyers. Il faut faire une demande au SIAO (service integré d'accueil et d'orientation). Pour ça vous pouvez passer par le 115 ou d'autres structures ( accueils de jour, CCAS etc). Le délai d'attente peut être long, deux mois ne sont pas exceptionnels.
les entrées et sorties définitives sont moins fréquentes et le groupe hébergé est plus stable. C'est bien quand pas de problème. Par contre, si un prédateur est présent et qu'il est intelligent, il peut faire un carnage avant que l'équipe éducative constate les dégâts.
Ne pensez pas que ce type d'hébergement accueil un public fondamentalement différent de celui des hébergements d'urgence. La différence se fait sur le temps que les professionnels ont eu pour mettre des choses en places (addictologie, soins physiques et psychologiques etc).
Encore une fois, les conditions d'accueil varient en fonction du lieu. Du grand luxe avec chambre individuelle et Tv aux vieilles chambres défraîchies de quatre personnes . Et ce n'est pas gratuit, il faut payer entre 15 à 30% de ses ressources. Pour un salarié, ça chiffre vite.
Globalement, les conditions d'accueils sont meilleures et plus sécurisées. Les professionnels connaissent les personnes accueillies, leur difficultés. Ça ne met pas à l'abri des problèmes mais ils peuvent permettre d'anticiper. De plus, les gens sont plus "installés" et les prédateurs ont compris la maxime "on ne chie pas là ou l'on mange". Encore une fois, pas de toujours ou de jamais hein. J'ai "vu" un type vider l'armoire de son voisin et se barrer car il sentait qu'il allait se faire virer par ex. Ou des types tabassés un petit vieux pour son pognon.
Bon, j'ai essayé de fournir des infos utiles sans être trop obscur. Si certaines choses ne sont pas claires, n'hésitez pas.