Salut à tous,
Pardon, mille fois pardon de faire du déterrage de topic après plusieurs mois, mais celui-là je ne l'avais jamais vu ( période de l'année où j'avais peu accès au net ), il m'a donné envie de réagir d'autant que la conclusion du fil n'est pas forcément limpide ( débat entre intervenants avec au milieu quelques mésententes, que je conçois tout à fait ) pour les membres désirant se renseigner sur ce problème spécifique. Par ailleurs j'ai quelques histoires de chasse pour illustrer le tout qui pourront bien encrer le problème dans l'esprit des indécis.
Vous assistez à un accident impliquant au moins un véhicule, avec à l'intérieur une victime. Le choc est assez violent, le véhicule bien endommagé, la personne consciente.
Plaçons-nous dans la situation de 90% des lecteurs de ce topic:
* Je suis un témoin, peu ou pas formé au secourisme.
OU
* Je suis un témoin formé au secourisme, seul et sans matériel. >>>>> Avant quoi que ce soit: je balise si je suis équipé ( c'est légalement obligatoire ), j'appelle le 15.
- Dois-je déplacer la victime pour éviter le sur-accident, on ne va pas décemment la laisser dans sa carcasse de voiture ? ( NON )
=> Jamais, sauf danger immédiat ( incendie... )
*. Tout accident de la route de ce genre est un traumat du rachis jusqu'à preuve du contraire, les traumats medullaires se font dans 10 à 25% des cas au ramassage en pré-hospitalier ( secouristes, pompiers, médecins ) ( source SFAR / SFNR 2003, conférence d'experts Edouard. A, et
article PubMed en anglais ). La priorité est effectivement le maintien de l'axe tête-cou-tronc mais un collier cervical, même si on en a un, se met
toujours à deux, par un personnel formé. En arrivant sur place, les pompiers placent en priorité un "écureuil", souvent un jeune pompier (sic), qui a le rôle ingrat d'immobiliser avec ses mains le rachis cervical de la victime
=> PHOTO <= ( on se retrouve dans notre exemple sur un siège auto, donc avec une victime en position assise et l'écureuil assis sur le siège arrière et maintenant la tête droite en rectitude ).
-Dois-je placer un collier/minerve de fortune ? ( NON )
Collier/minerve de fortune: maintien du rachis insuffisant et aléatoire, pose de la dite attelle de fortune à haut risque pour un rachis traumatique, surtout si on est seul. Si le patient se plaint de fourmillement dans les doigts ou les jambes, de signes neurologiques inquiétants, mieux vaut prendre la place de l'écureuil ( après avoir écarté un danger et après avoir appelé les secours... car une fois qu'on est en place, il ne faut pas bouger ) que tenter des manœuvres avec des colliers de fortune.
- La victime est sortie toute seule du véhicule et est debout à mon arrivée ( très fréquent ), que faire ? Si la cinétique du choc est importante, ne pas l'assoir ( qu'elle reste debout jusqu'à l'arrivée des secours qui l'immobiliseront sur un plan dur a partir de la position debout, toujours en rectitude tête-cou-tronc ). Évidement vous garderez votre bon sens, si la personne se sent mal, ne pas hésiter à la rassoir, on a alors pas le choix.
**- La victime est un motard, casqué, au sol, conscient. Ne pas retirer le casque ! Après s'être assuré de votre sécurité et avoir prévenu les secours, maintenez la tête et ne bougez plus jusqu'à l'arrivée des secours =>
PHOTO <= ( a la différence de la photographie, vous laissez le casque en place ).
- Précision sur l'attelle de fortune avec un simple bout de tissu serré autour du cou, évoquée dans le tout premier post.La capacité à maintenir une rectitude du rachis est nulle. Le risque est de faire garrot au niveau carotidien en serrant un tissu autour du cou ( c'est le principe du jeu du foulard ) et provoquer une anoxie cérébrale, voire déplacer une fracture de vertèbre: inutile, dangereux, formellement contre-indiqué.
Précisions concernant ce post: * : La sécurité du sauveteur est la première des priorités... mieux vaut une victime que deux. Sur une voiture accidentée transformée en véritable brasier ( c'est arrivé il y a quelques mois dans mon département ), acceptez de ne rien pouvoir faire. Ne risquez pas votre vie inutilement en approchant des flammes.
** : Voici l'anecdote promise, que je tiens d'un collègue pompier.
Il y a quelques années, un pompier, instructeur en secours routiers, tombe au détour d'une départementale sur une voiture accidentée. Il arrête son véhicule et se renseigne sur la situation. Il apprend que la victime est sortie d'elle-même de sa voiture, un témoin s'est arrêté et a proposé à la victime de s'assoir dans sa propre voiture en attendant l'arrivée des secours. Depuis qu'elle s'est assise, la victime ressent des fourmillements dans les jambes. Une fois le récit terminé, le pompier a pris une mine désolée et a dit au témoin " je suis désolé monsieur, nous allons devoir dépavilloner votre voiture ".
C'est ce qu'ils ont fait, et ils ont permis à cette personne de ne pas finir paraplégique ( fracture vertébrale étagée, le témoin en asseyant la victime avait faillis provoquer une catastrophe ). Pour information complémentaire, le témoin avait acheté sa voiture 15 jours auparavant...
