Enfin !
Comment s'en sortir le jour où, en dernier recours, il faut en passer « au mains ». Les réponses, je les cherchais depuis très longtemps, et c’est dans ce livre que j’ai trouvé celles qui me correspondent, celles qui me parlent.
Flashback: le judo
Enfant, j’ai fait un peu de Judo. Je ne me souviens pas pendant combien de temps, mais en tout cas juste assez pour décrocher la ceinture jaune. J’en ai toute de même gardé une bonne faculté à amortir les chutes, expérimentée d’ailleurs plusieurs fois en VTT. Mais trop dépendant du poids, du niveau, et de la force physique.
Flashback: le Tae Kwon Do
Ensuite , il y a plusieurs années de delà, un pote étant président du club de Tae Kwon Do, j’avais assisté à 1 ou 2 entrainements ainsi qu’à une compétition-démonstration. Mais je n’étais pas convaincu: Trop complexe, et nécessitant trop d’investissement personnel pour le but recherché. Et puis, serait ce utilisable en situation dramatique réelle, et contre n’importe quel agresseur ? Non, ce n’était pas ce que je cherchais.
Flashback: le Krav Maga
Et puis il y a environ un mois j’ai lu un post sur ce forum. Il évoquait le Krav Maga. Là, je me suis dit que j’avais peut-être enfin trouvé quelque chose qui répondrait à mes attentes. De plus, il y a club proche de mon boulot (15 min).
Je me suis donc renseigné, mais là encore : déception. Il y a pour moi une contradiction évidente entre la définition et la réalité du Krav Maga.
Définition : parce qu'il constitue une réponse adaptée aux agressions de rue, qu'il est basé sur des mouvements simples et efficaces qui ne nécessitent aucune aptitude physique particulière, le Krav Maga, est de plus en plus apprécié par les hommes et les femmes de tous âges.
Réalité: nécessité d’une pratique régulière et assidue, efficacité des coups (immobilisations, clés, coups de poings) dépendante de la force physique, concept de code d’honneur, passages de grades et de ceintures. En bref, pour moi, chi*nt ! Et je n’ai pas imaginé une seconde ma grand-mère ou ma fine fille de 16 ans se lancer là-dedans pour se préparer à l’éventualité d’une agression dans la rue.
Et enfin:
ce bouquin. Et là, ça me parle. Parce qu’on y parle d’inné, pas d’acquis. On y parle de laisser agir l’animal caché au fond de nous, au lieu de chercher à appliquer des coups appris et répétés inlassablement en salle, contre des adversaires consentants.
Et l’animal qui est en nous, non seulement j’y crois, mais en plus ma conviction personnelle est qu’il est bien plus présent que l'on veut le penser et que, sous couvert de civilisation et d’intelligence, il conditionne nos comportements et nos choix.
Et là, question animal, que ce soit Grand-mère ou ma fille ou moi-même, c’est pareil: laisser la peur et le stress déverser dans le sang tout ce dont le corps a besoin pour l’affrontement, et laisser s’exprimer la bête. C’est en fait la seule chose à intégrer et accepter !
Parce que lorsque l’agresseur, quel qu’il soit, ressent une brûlure intolérable sur le côté de la tête et voit un bout de chair sanguignolante dans la main de sa censée victime, que son cerveau lui crie que c’est son oreille, la panique doit lui saturer les neurones et il devient à coup sur momentanément incapable de se souvenir des ces belles techniques de combat. (Car la perte réelle d'une partie de son corps est terrorisant même pour un gros dur, et rappelez vous par exemple comme la panique et le stress peuvent faire, au tableau noir, oublier les leçons si bien apprises la veille).
Deux derniers bavardages:
Il y quelques années j’ai eu une embrouille à cause d’un quiproquo rapport à une nana collègue de boulot. Le mari m’attend un matin en bas de chez moi, commence à me parler et d’un coup me file un coup de boule. La seconde d’après il était à 3 mètres de moi, toujours debout, et me regardait avec des grands yeux. Moi j’avais juste une petit bobo à la lèvre. Après, on vraiment parlé.
J’y ai repensé souvent. Je ne suis pas certain de ce qui s’est exactement passé. J’avais peur d’en venir au main, ça c’est évident. J’ai pratiquement évité son coup de boule, et je pense l’avoir poussé des 2 mains dans la poitrine. Quoiqu’il en soit, je pense que l’animal en moi a pris les commandes quelques secondes. Mon agresseur, lui, était resté humain à ce moment. Il était en position d’infériorité. Alors bien sur lorsque j’ai lu le livre de Martial Vout, gros écho !!!
Avez –vous vu le film de de Francis Weber, le Jaguar (avec Jean Reno et Patrick Bruel). J’interprète maintenant très différemment la scène de fin, le combat dans le cercle, ou finalement Perrin (Bruel) se relève, que ses yeux ont changés et qu’il se bat comme un jaguar. Avant je pensais que le shaman donnait à Perrin les pouvoirs du Jaguar. Maintenant je pense que le shaman aidait Perrin à laisser combattre l’animal qui est en lui à sa place (changement symbolisé par le changement des yeux). Hasard ?
Voilà. Ce post est long. Mais j’ai essayé d’exprimer le mieux possible mon ressenti et ce que m’apporte ce livre, parce que je considère que ça concerne les seuls véritables trésors que l’on possède : notre vie et celle de ceux que l’on aime.
Kurodo