L'auteur, selon ma lecture de l'article ( donc, mon interprétation ), suggère qu'induire/instruire les principes d'attention, d'éveil ( awareness ) et l'articulation d'un mode de conduite autour de guides ( colour code / Ooda loop / etc ... ) ne suffisent pas à garantir autrui de la prédation qui n'en sera que plus brutale, insidieuse et fonctionnera majoritairement sur le principe d'une embuscade violente.
Mettre en place des stratégies d'attention et de comportements sécuritaires feront juste de nous des proies plus difficiles à atteindre, mais ne nous épargnerons pas de la prédation en elle-même.
Selon l'auteur, il vaut donc mieux entrainer des méthodologies de contre-attaque, de contre-embuscade ( counter-ambush methodology ) pour mieux se prémunir une fois que la bise fut venue. Et, donc, ne pas uniquement se préoccuper d'éveil, de modes de conduite, etc ... mais également ( sinon surtout ) de se nantir d'un solide bagage technique en matière de combat.
Je suis très perplexe par-rapport à l'utilité du texte.
Il est intéressant ( si on l'extrapole hors du seul contexte du combat à main armée ), mais il enfonce beaucoup de portes ouvertes.
Donc, je voulais voir ce qu'il suscitait comme éventuelles réactions ...
Quant à percevoir quel type d'enseignement il vise au-travers de son propos critique, j'imagine qu'il ne s'agit pas de gens ou d'écoles comme Mc Cann, Magpul, Viking, Pincus, Shivworks, Range Master, Tactical Response et autres .
C'est sûr que ledit article, même s'il est focalisé sur le "handgunning", paraît enfoncer quelques belles portes ouvertes... Ne serait-ce que parce que dans un état où par hypothèse le citoyen lambda est autorisé à porter une arme à feu, il est effectivement peu probable (encore moins qu'ailleurs) qu'un criminel ne cherche pas à attaquer par surprise...
Mais la discussion qui s'ensuit me semble permettre de pointer un risque particulier : celui de l'instant de flottement qui survient me semble-t-il inéluctablement quand notre vigilance est prise en défaut, pour des raisons diverses, par une agression, une menace d'agression, voire même parfois une simple interpellation inattendue dans la rue...
Même entraîné, il me semble que personne n'est à l'abri d'une vraie surprise, donc d'un instant de sidération, et plus ce temps de sidération dure, plus on est en danger...
Si on est juste interpellé par un passant, ou "branché" ou menacé par un ou plusieurs individus suspects, un flottement trop visible ou trop long pourra encourager le simple importun, ou les potentiels agresseurs, selon l'hypothèse, à s'intéresser à notre cas...
Si on est carrément agressé par surprise, le temps de flottement pourra nous être fatal et en tout cas sa durée risque de faire la décision si par chance on n'est pas mis HS par la toute première attaque...
Les entraînements de contre-attaque ou contre-embuscades sont donc certainement très utiles, mais il me semble que, dans ces entraînements, un point tout particulier à travailler est de de développer des réflexes aussi naturels que possible réduisant ce temps de flottement et de réaction...
Par exemple, on voit parfois (certains clubs de krav notamment semblent beaucoup aimer ça) des séquences d'entraînements particulières où l'on se fait "secouer" un certain temps avant de riposter en "envoyant" tout ce qu'on peut. C'est intéressant à pas mal de points de vue, mais il me semble qu'il faut au moins autant travailler la frappe réflexe ou mieux, l'enchaînement réflexe de frappes, déclenchés dès qu'on a été surpris, touché, déstabilisé, et destinés à reprendre l'avantage et l'offensive aussi vite que possible... Dans la rue, si on attend aussi longtemps avant de riposter, on risque fort me semble-t-il de très vite ne plus en avoir la faculté.
Peut-être est-il également intéressant de "driller" des attaques "surprises" avec un agresseur qui pour se donner une chance de surprendre la victime recoure à une conversation "brain engaging" avant d'attaquer très franchement, le tout dans un rythme de préférence décousu (je suis toujours étonné de voir à quel point, à l'entraînement, on prend facilement à plusieurs une cadence de métronome, qui dévalue largement le bénéfice de l'exercice...).
Autre piste peut-être, mais pas évidente à reproduire pour des raisons à la fois d'esprit et de sécurité, savoir pendant les exercices faire preuve à l'improviste d'une très grande agressivité... J'ai pas mal de fois constaté que, dans le cours d'un entraînement où une certaine routine a pu s'installer - peu y échappent!-, une attaque ponctuelle extrêmement agressive pouvait créer un vrai flottement même chez des pratiquants expérimentés et s'attendant par définition à une attaque très vive...
En fait, tout ce qui concourt à recréer du stress, de la surprise, et à contraindre à réagir sans délai semble a priori utile...
Et si, même à l'entraînement, plus le stress et la surprise augmentent et plus les mains de la "victime" partent vite et naturellement vers le zones VRM (et particulièrement vers la tête), c'est a priori me semble-t-il que le "métier" rentre...
Mais je ne doute pas que plusieurs pourront avoir de bien meilleurs éclairages et/ou recommandations sur le sujet...
Cordialement,
Bomby