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Auteur Sujet: "Retex" d'agressions  (Lu 5939 fois)

23 novembre 2010 à 17:24:11
Lu 5939 fois

Solstice


Salut tout le monde, un petit topic de mes expériences personnelles en matière d'agression, et avec le recul ce que j'en pense aujourd'hui.

Agression n°1 : En revenant de faire 2/3 courses pour ma mère et pour moi, je croise 2 gars (2 frères) que je connaissait à un stop en bagnole (je n'avais pas de problème avec eux à ce moment la). Ils s’arrêtent, et en restant dans la voiture me demande si je n'aurais pas 5 euros à dépanner pour qu'ils mettent de l'essence car ils étaient quasiment à sec. Je leur dis que non, que je n'ai rien sur moi. Ils commencent à insister de plus en plus lourdement, le passager sort de la voiture et commence à me foutre de plus en plus la pression. Sentant que les choses risques de tourner mal (ils sont deux, font tout les deux une bonne tête de plus que moi, ils semblent bien alcoolisés qui plus est, et je sais qu'ils n'en sont pas à leur première connerie), je décide de sortir mon portefeuille afin de leur filer ma monnaie et qu'ils me lachent. Grosse erreur, car juste à ce moment le passager me colle une baffe de maçon en plein sur l'oreille, faisant dégager mes lunettes. Sonné par la puissance du coup et le fait qu'il m'ait déséquilibré en frappant l'oreille, étant de plus désorienté car je voyais à peine sans mes lunettes, je me suis effondré par terre. Les mecs m'ont taxé ma monnaie et sont partis (j'avais en réalité 20€ dans mon portefeuille que je devais à ma mère). Je rentre chez moi après m’être ressaisit, et annonce ce qu'il vient de se passer à ma mère. Elle ne me croit pas au début mais finit par me croire et on fonce vers la gendarmerie qui se chargera de cueillir mon agresseur, le chauffeur étant introuvable. j'en ai profité pour avertir mes potes qui les connaissaient aussi et qui, je ne le savais pas, s'étaient également fait racketter par eux pour certains.

Agression n°2 : Juste le lendemain, en sortant de chez moi, en me rendant à mon cours d'aikido, je tombe par hasard sur le chauffeur (le hasard fait mal les choses, ils avaient des potes juste en bas de chez moi). Le mec essaye de m'entrainer dans une petite ruelle, à ce moment précis je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé mais j'ai réussi à rester dans la rue, devant une boulangerie en me disant que c'était la meilleure solution. S'en suit une longue "conversation" entre lui et moi (enfin surtout lui) ou il "insiste" pour que je retire ma plainte contre son frère à grand renforts de menaces de mort qui semblait tout à fait sérieuses puisque j'ai bien l'impression que c'est ce qu'il était partit pour faire au début. Ensuite, le frêre se pointe, il avait été remis dehors par les flics, il essaye de s'excuser et d'arranger le truc mais l'autre le renvoi paître. Gros coup de chance un pote passe en voiture a coté à ce moment la, se gare un peu plus loin et vient nous rejoindre (il était au courant de l'histoire) l'air de rien. Du coup, je dis à mon agresseur ce qu'il veut entendre afin de pouvoir partir et le lendemain, j'ai reporté plainte contre lui.

Agression n°3 : Un soit d'été, dans un parc en contrebas de vieux remparts d'un château, petite soirée entre potes, un pack de bière et un poste, on emmerde personne tout se passe bien. Soudain, des pierres plus grosses qu'un poing commencent a nous frôler le visage et atterrissent au milieu de nous. Un de mecs se lève et gueule "qui c'est qui à fait ça?" et on entend une réponse "c'est nous, on arrive". On repère d'ou vient la voie, du haut des remparts et les mecs qui venaient de nous jeter des pierres. Des têtes connues, et pas vraiment des tendres. On à le choix entre 2 solutions : rester et essayer de calmer le jeu, ou tenter de se barrer, au risque d'aggraver la situation. Finalement on reste, et vue à la vitesse ou ils ont débarqués, on à bien fait. Les mecs arrivent, commencent à nous insulter, "s'énèrvent" contre le pack et le poste, tout ça sous prétexte qu'on les aurait caillassés ce à quoi ils auraient répondus, on sent qu'on ne va rien pouvoir faire et qu'on risque de passer la nuit à l'hopital. Juste au moment ou ça allait partir sérieusement en live, ils reconnaissent un des mecs qui était avec nous, car ils avaient grandit ensemble. La vitesse à laquelle tout s'est calmé à été assez hallucinante, les mecs sont rapidement partis en nous souhaitant même "bonne soirée".

Bref, au niveau de la suite de ces histoires et les leçons que j'en tire :

Agression 1/2 : Celui qui m'a menacé de mort s'est prit 3 mois ferme pour ça, ça été un petit répit, mais avant le jugement la paranoïa était de mise, j'arrivais à peine a sortir de chez moi. Je les ait recroisé après qu'il soit sortit de prison j'ai toujours réussit à éviter le conflit (souvent sur un coup de chance), ils ont finit par m'oublier. Ma petite leçon, c'est que même en ayant une bonne expérience des arts martiaux et un bon contrôle de soi même, on est loin d'être toujours en état psychologique de se défendre (j'étais à l'époque en pleine dépression) et on peu facilement se retrouver paralysé par la peur. Avec le recul, j'ai réussit à gérer tout ça et à prendre sur moi. Si ça devait se reproduire (avec ces mecs la ou dans des conditions similaire) l'état d'esprit ne serait plus le même et je n'aurais pas une seule seconde d'hésitation, je foncerais dans la tas quelles que soient les conséquences.

Agression 3 : Je n'ai plus jamais eu de problème avec ces mecs la, ils me disaient même régulièrement bonjour. La leçon? avoir des potes et connaitre un peu tout le monde, ça évite souvent les embrouilles.

Bref, en espérant que ça puisse servir à quelqu'un. Si vous avez des commentaires ou que vous souhaitez faire part de vos "retex" en matière d'agression, surtout n'hésitez pas. Pour finir, je dirais que ce qui m'a le plus sauvé dans tout ça, c'est la chance, et c'est un facteur à ne jamais sous estimer!

23 novembre 2010 à 19:33:59
Réponse #1

** Mathieu **


je dirais que ce qui m'a le plus sauvé dans tout ça, c'est la chance, et c'est un facteur à ne jamais sous estimer!

La chance ou la poisse - c'est exactement la même chose - est un facteur sur lequel on ne peut absolument pas se reposer.

ça reviendrait à jouer à la roulette russe...

<a href="http://www.youtube.com/v/-v3TMm7fWT0?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR" target=_blank class=new_win>http://www.youtube.com/v/-v3TMm7fWT0?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR</a>

23 novembre 2010 à 20:50:08
Réponse #2

Solstice


je suis tout à fait d'accord avec toi, il ne faut pas se reposer dessus, mais il ne faut pas non plus le sous estimer, particulièrement dans des situations "murphyesques"

23 novembre 2010 à 22:26:43
Réponse #3

Leif


en fait quand tu analyses tous les paramètres tu t'aperçois que cela ne pouvait être autrement, c'etait pas de la chance juste une suite logique d'evenement

24 novembre 2010 à 10:09:06
Réponse #4

Patrick


J'ai tendance de plus en plus à penser que si on analyse froidement les situations de "poisse", "chance" et récriminations "contre la société qui ne sait pas protéger les citoyens" (ce qui est une impossibilité structurelle sauf à vivre en Corée du Nord) je suis persuadé qu'on peut dégager des choix qui ont été heureux ou malheureux et ont été les déclencheurs ou les catalyseurs de mouise.

Là, tes retex sont sortit d'un contexte plus vaste sur l'avant, les passifs.

Je m'explique : tu sais qu'il ya un passif entre machin et les terribles de la bande truc, soit tu ne fréquente plus machin, soit c'est ton pote et tu te prépares à la castagne avec la bande ou encore, en amont, tu te démerdes pour trouver un juge d epaix qui va pouvoir pacifier la sitation.

C'est la m*rde pour toi dan sune cité : a) tu en changes; b) tu trouves des alliés capables c) tu deviens toi-même une personne qui ne représentera pas une proie facile.

Plus probablement d'ailleurs b + c

P.S si tu pensais que la pratique de l'Aïki apportait un plus en matière de SD, tu touches maintenant du doigt que ce n'est pas le cas pour TOI car je te sent fort démuni et tout à fait logiquement.

24 novembre 2010 à 12:33:19
Réponse #5

dysoner


Dans beaucoup de cas la pratique de l'Aikido ou autre sport de combat/défense permet juste de vivre l'éventuelle peur au quotidien avec plus d'assurance, comme le ferait un antidépresseur.

Pour la plupart des gens, face à une agression, la paralysie due à la peur empêchera de mettre en place la moindre technique de défense.

24 novembre 2010 à 12:36:56
Réponse #6

Patrick


Dans beaucoup de cas la pratique de l'Aikido ou autre sport de combat/défense permet juste de vivre l'éventuelle peur au quotidien avec plus d'assurance, comme le ferait un antidépresseur.
Oui mais alors se pose le problème de la confusion entre assurance et rassurance.

24 novembre 2010 à 13:59:13
Réponse #7

Solstice


@Patrick : pour re-situer le passif, pour la 1 et la 2, on a connu les gars quand ils ont emmenagés dans la ville, tout se passait bien au début, même si on savait qu'ils avaient fait quelques conneries, mais c'était notre lot aussi mais on a finit par avoir des suspicions et on les a évités pendant un moment. Et puis tout ça s'est vraiment passé du jour au lendemain. Faut dire qu'on a sut après coup leur histoire, notamment que le plus vieux était bien connu des RG, et qu'il s'agissait de gros cassos'. Pour la 3 y'avait jamais eu d'embrouilles, on les connaissait rapidement, comme ça et tout se passait bien et pareil, sans raison...

Ce qui me fait le plus halluciner c'est que ces agressions se sont passés en l'espace d'a peine 3 ans après mon déménagement. Juste avant j'habitais une ville à peine plus petite et qui était pourtant la plaque tournante de tout les traffics et ou le phénomène de bandes était beaucoup plus fort, donc dans une situation théoriquement plus propice aux embrouilles, et en 15 ans, malgré que je trainais souvent avec des personnes "de mauvaise influence", je n'ai jamais connu le moindre problème. Au passage je précise que je n'habite pas en cité, mais bien dans le trou du c*l du monde en vendée.

Pour l'aikido, je débutais juste, j'essayait de m'ouvrir a un autre art martial, j'avais par contre à mon actif plus de 7 ans de karate, mais ce qui à réellement le plus joué, c'était mon état psychologique de l'époque (très grosse dépression) qui m'a empeché d'être réactif comme je l'aurais été en temps normal

24 novembre 2010 à 17:23:19
Réponse #8

gurdil


Dans beaucoup de cas la pratique de l'Aikido ou autre sport de combat/défense permet juste de vivre l'éventuelle peur au quotidien avec plus d'assurance, comme le ferait un antidépresseur.

Pour la plupart des gens, face à une agression, la paralysie due à la peur empêchera de mettre en place la moindre technique de défense.

Il me semble (reprenez moi si je me plante complet.....), que peu importe ce que l'ont fait comme Am ou sport, le plus important en cas d'agression et de lâcher la bête qui est en nous.....
La self nous apprends beaucoup plus facilement a le faire que les am traditionnel, mais en cas d'agression ont as deja vu un boxeur tous lâcher ou des jujitska devenir des bêtes folle.......mais il est vraie que ce n'est pas l'ensemble des ces pratiquants qui sont (et j'en fait partie) formaté a réagir dans un cadre donner a un moment donner (tatamis, ring etc etc) avec des règles...   
Le travail sur soi est peut-être le plus important
plus quelques principe de prévention assez général : éviter de se retrouver dans une situation dangereuse, par exemple si l'on fait de l'auto stop, éviter les individus peu engageants, éviter de traverser à pied un quartier dangereux de la ville etc etc.....

24 novembre 2010 à 17:40:19
Réponse #9

Kilbith


Il me semble (reprenez moi si je me plante complet.....), que peu importe ce que l'ont fait comme Am ou sport, le plus important en cas d'agression et de lâcher la bête qui est en nous.....

Perso je n'aurais pas la même analyse que toi. Je dirais plutôt :
"savoir lâcher ET ramener la bête qui est en nous"

Et dans le contexte actuel d'utilisation de la force :
"savoir QUAND lâcher et QUAND ramener la bête qui est en nous"

AMHA :
Les pratiques martiales forment très bien à savoir lâcher la bête (je ne parle pas des versions émasculés/sportives) et les AMT (je ne parle pas des versions émasculés/sportives/théâtrales) forment assez bien à savoir lâcher et ramener la bête. En revanche, ils sont déficients sur "savoir QUAND..." car ils n'ont pas été créé dans le contexte qui est le notre.

Je dois dire que c'est sur ce forum que j'ai trouvé (enfin) une réflexion précieuse sur le "savoir QUAND...". Même si au final LA décision dépend de chacun d'entre nous.

J'aime beaucoup, bien que n'étant pas Hindouiste, cette phrase citée en exergue dans le film de Melville "le Cercle Rouge" (était -il besoin de le citer ?) :

Çakyamuni le Solitaire, dit Sidarta Gautama le Sage, dit le Bouddah, se saisit d'un morceau de craie rouge, traça un cercle et dit :
« Quand des hommes, même s'ils l'ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d'entre eux et ils peuvent suivre des chemins divergents. Au jour dit, inéluctablement, ils seront réunis dans le cercle rouge.»

RAMA KRISHNA.
« Modifié: 25 novembre 2010 à 18:56:27 par kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

 


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