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Auteur Sujet: La nuit en pleine Forêt  (Lu 7845 fois)

01 octobre 2007 à 17:38:57
Lu 7845 fois

hommedesbois


Se promener dans la forêt la nuit est une expérience digne d'interet; nos sens sont en alerte, le moindre bruit prends des proportions inquiétantes .
Faites moi part de vos expériences nocturnes .

01 octobre 2007 à 17:52:28
Réponse #1

Fox


Quand on ne sait pas ce qu'on veut, a dit le portier, on finit par se retrouver avec des tas de trucs qu'on veut pas.

"if you dont know what you want", the doorman said, "you end up with a lot you don't".

01 octobre 2007 à 21:48:46
Réponse #2

hommedesbois


Je souhaite parler ici non de la vision nocturne mais du ressenti .

02 octobre 2007 à 10:35:35
Réponse #3

Ratdegout


J'adore faire de petites promenades en forêt la nuit, mais je n'ai pas encore poussé l'expérience jusqu'à faire une vraie rando nocturne dans les bois...
Perso, je ressent deux "trucs" différents selon ma façon de marcher:

Marcher rapidement dans le noir est assez stressant, la vision se focalise sur ce qui se trouve devant soi pour voir le chemin et identifier les obstacles, la respiration bruyante et les pas lourds dans les feuilles prennent le dessus sur les autres bruits et m'isolent dans une espèce de "bulle". Dans ces conditions, je ne sais pas ce qui se passe autour, la forêt apparait comme une inconnue, un environnement opressant, l'ouie accaparée par mes propres bruits ne reçoit plus que des informations déformée sur ce qui se passe autour, si bien qu'un bruit naturel pourra me faire sursauter. Je ne sais pas si ce stress / angoisse provient d'une montée d'adrénaline ("peur" de trébucher, focalisation sur le  sol, surprise quand à où se pose le pied) ou tout simplement d'une disposition de l'esprit qui se ferme à l'environnement et se place de fait dans une position de vulnérabilité...

Après cette espèce de "marche forcée" pour rentrer dans le bois, adopter l'attitude contraire me procure une sensation de calme que je ne ressent nulle part ailleurs. Seul avec la forêt, je m'arrête pour regarder, écouter, m'intégrer à la forêt. Dans cette optique, tous les bruits prennent un sens différent, amplifié par l'attention qui leur est portée. Une délicieuse musique qui n'a rien d'effrayant, un chant nocturne rythmé par le bruit du vent dans les branches, auquel se superpose les mouvements de quelque oiseau ou rongeur dans les fourés, et parfois le cri d'un oiseau. Seul avec la forêt, le promeneur nocturne a le privilège d'écouter une nature paraissant moins vigilante que dans la journée, d'entendre des animaux qui se font plus discrets le jour. Sans oublier le sentiment d'être véritablement seul avec la nature aussi, calme, tranquille... cette attitude impose naturellement une marche lente et détendue.
Pour ma part, le ressenti dépend surtout de la manière de se positionner par rapport à l'environnement, et de la démarche que l'on adopte vis à vis du reste du monde, ce qui est également valable dans d'autres situations. Une attitude ouverte et humble apporte un ressenti qui n'a rien de commun avec l'enfermement habituel de l'humain dans une vision volontairement réduite.

02 octobre 2007 à 11:35:46
Réponse #4

lambda


Salut a vous,
Je me retrouve dans ce que tu dis, Hommedesbois...une petite variation, en ce qui me concerne, c est que la partie la moins "agreable", la plus stressante pour moi, est le depart et les premiers metres... je ressens comme un elastique dans le dos qui me tire vers l endroit eclaire, la maison ou l endroit rassurant d ou je viens... c est presque comme une chaleur dans le dos qui me force a me retourner... Une fois que je suis vraiment rentre dans le bois, ou un champs, l impression s estompe, c est comme si le cordon "ombilical" me reliant a la maison se coupait. Et la, ca va tout de suite mieux... l integration se fait, avec le souci de ne pas passer comme un chien dans un jeu de quille, donc ma marche est plutot lente, afin aussi biensur de permettre a mes autres sens de suppler a ma vue (en clairiere ou champs, avec un peu de lune, au bout de 15-20 mn, ca va, l accoutumance est faite...).
Je ressens vraiment a ce moment un sentiment de liberte, c es vraiment chouette, et en prenant le temps d ecouter et de ne pas oublier ou on est, on se rend compte que tout ces bruits nocturnes n ont rien d effrayants. ca foisonne de vie...
et finalement, avec le temps, l usage ponctuel de la lampe de poche devient plus inconfortable qu autre chose, ca devient un geste "violent" quelque part (c est mon ressenti, juste), que de faire jaillir la lumiere comme ca au milieu de cet "equilibre nocturne"...
a+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

02 octobre 2007 à 11:58:40
Réponse #5

kai


C'est un peu stressant au début, puis au bout de quelques minutes les yeux s'habituent et on distingue ou perçoit des zones de noir plus ou moins contrastée, il faut arrêter d'essayer de focaliser sur quelque chose et "accepter" ce qu'on perçoit de manière limitée. Une fois ce moment passé, on commence à focaliser sur les autres sens, l'ouie, puis l'odorat. Les pieds deviennent plus réceptifs et on sent le terrain, la dureté du chemin sur lequel on se trouve et globalement, j'arrive à rester sur le chemin si je suis bien décontracté sans faire d'effort d'orientation.

Il m'arrive bien entendu de sursauter à un bruit et l'adrénaline exacerbe davantage les sens, et je retrouve un autre plan de conscience de ce qui m'entoure. J'aime avoir un petit tabouret et me poser sans bruit et attendre. Une fois, en tentant une observation de la chouette hulotte, un animal s'est faufilé entre mes jambes, je n'ai pas eu le temps de me rendre compte de ce qu'il s'agissait, une belle trouille je vous le dis...

Lorsque je dois rentrer c'est a regret que je retrouve le terrain éclairé car cela me fait perdre cette sensibilité des nuances de noirs qui contribuent à mon orientation. Alors je maudit ce retour vers la lumière qui me parait bien vulgaire à présent. Elle me brûle les yeux et j'émerge comme d'un rêve ou d'un long sommeil lorsque je me retrouve sur le macadam aveuglé par les lampadaires...

Kai
« Modifié: 02 octobre 2007 à 15:19:36 par kai »

02 octobre 2007 à 12:11:55
Réponse #6

François


Ce qui est marant, c'est qu'avec la pratique, on arrive à avoir la sensation de voir dans le noir. Je ne parle pas de quelques minutes d'accoutumance, mais plutôt de pratique réguliére. Les yeux, la vision "nocturne" n'y sont pour rien. C'est plutôt qu'en réunissant les indications venant des autres sens, on reconstitue mentalement le milieu dans lequel on évolue, et on se le représente sous la forme qui nous convient le mieux : la forme visuelle.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

02 octobre 2007 à 14:37:35
Réponse #7

corwyn


Ce qui est amusant aussi c'est l'apprentissage des bruits de la forêt. Je me rappelle les premières sorties de nuit que je faisais, lorsque un oiseau s'envolait j'avais l'impression qu'un animal surpris allait se mettre à détaler devant moi avant d'entendre le bruit des ailes qui fouettent l'air. Maintenant, qu'un oiseau décolle d'une branche ou du sol et je sais directement que c'est cela.
La pauvreté des moyens engendre la richesse du résultat.
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Contrairement aux chasseurs qui, eux, ne sont pas des lapins, les pollueurs, eux, sont des ordures.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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