Bonsoir.
J'ai vu le film hier soir, et il m'est venu plusieurs interrogations ou remarques (je précise que j'évoque le film, pas l'histoire réelle) dont :
- on le voit retirer sa montre avec la bouche (OK, pourquoi pas) mais ensuite il la porte à nouveau, autrement dit il a réussi à la remettre sur son avant-bras libre (et là il faudrait m'expliquer comment !)
- pourquoi craindre de manquer d'eau alors qu'il est au fond d'un étroit canyon ? (où il fait donc plutôt frais même si c'est sec)
- pourquoi ne pas récupérer son urine dès le début ? (Perso je l'aurais même mélangée avec mon restant d'eau pour diluer.)
- pourquoi diable piqueter le rocher avec sa seule lame (déjà bravo de réussir à l'ouvrir d'une seule main !) plutôt que d'utiliser le bout de sa pince fermée qui pourrait bien faire l'affaire (faible surface mais costaud) ? (D'autant que le couteau est une réplique de piètre qualité !)
- remarquable la façon dont il se protège du froid (pas sûr de penser à m'enrouler une sangle autour du cou !)
- pourquoi ne pas s'amputer au niveau du coude ? (pour avoir désosser des bouts de viande, c'est ce qui me semble le plus simple, comparé à se fracturer ou scier les os, je me trompe ?)
- je le trouve bien léger pour ce qui est des risques de gangrène, d'hémorragie (il m'a semblé voir que le garrot initial est remplacé par un autre pour en faire un second plus bas avant l'amputation) et d'évanouissement (pouvant aggraver l'hémorragie, l'hypothermie ou la déshydratation) !
- et surtout, j'ai cru comprendre qu'il passe au début un certain temps à attendre ou à tenter des trucs pas évidents (genre le mouflage du rocher avec une corde dynamique) - vous me direz, l'amputation c'est pas évident non plus ! - alors la question essentielle me semble être :
comment choisir entre attendre (des secours, la chance, etc.) et prendre des mesures radicales (ici l'amputation, mais dans d'autres situations ce pourrait être abandonner son sac, son véhicule, sa maison voire une personne invalide, etc.) ?Je veux dire:
existe-t-il une heuristique (méthode approximative) pour savoir combien de temps on attend avant la prise de décision radicale, et comment faire les meilleurs choix radicaux ?Dans le cas du film, la probabilité d'être trouvé ou même ne serait-ce qu'entendu est négligeable, même s'il avait eu un mobile il n'aurait probablement pas eu de réseau, et tirer une fusée de détresse était aussi inutile voire dangereux, donc il ne peut compter que sur lui-même. Alors le piquetage du rocher (bien sûr cela dépend de la friabilité de la roche) me semble du temps/énergie perdus, de même pour la tentative de mouflage (d'un autre côté, si ça fonctionne c'est gagné...). Donc il aurait pu se rendre plus tôt à l'évidence, à savoir l'obligation de tenter l'amputation pour se libérer (évidemment, c'est facile à dire a posteriori), sachant bien entendu que c'est une sacrée chance de réussir, même en étant un chirurgien de terrain aguerri !
Dans le même genre, parmi les commentaires précédents, l'un qui m'a tapé dans l'oeil :
tu peux pas partir en randonnée ou autre avec l'idée que tu dois prévoir le cas ou tu serais obligé de te trancher le bras.... c'est absurde. A ce moment là, l'univers des possibles et tellement vaste que soit tu ne bouges plus d'un pouce, soit tu te trimbales avec un hopital de campagne.
(C'est moi qui mets en gras.)
Je m'adresse aux théoricien-ne-s :
le problème de l'optimisation entre la préparation (au sens large, dont le matos emporté, l'entraînement, etc. incluant donc le temps, l'énergie et les finances qu'on y a consacré) et l'amélioration des chances de survie (qui se mesure comment d'ailleurs ?), me paraît d'une complexité exponentielle (non-polynomiale), alors existe-t-il un optimum et quelles sont les heuristiques possibles pour l'atteindre ?Pour caricaturer: imaginons que je prévois une randonnée nature, je peux passer ma vie à m'y préparer, m'entraîner, réunir le matos pour prévoir toutes les situations, tout en minimisant le volume/poids, travailler pour produire ou acheter tout ça, et pour finir ne plus partir du tout parce que le processus ne s'arrête/converge pas ! À l'inverse, partir à l'arrache sur un coup de tête, sans expérience ni matériel, et possiblement me planter au premier pbm venu.
Si l'on prend conscience d'un risque, et qu'on souhaite le minimiser, on se retrouve à lire ce forum, faire les stages du CEETS (ou d'autres), acheter du matos, etc. Mais on s'arrête où/quand ? S'arrête-t-on d'ailleurs ? Ma question n'est pas que théorique, mais en fait très pragmatique (du moins pour moi)...
(Cela dit, si je me prends ainsi la tête, c'est qu'ayant la particularité d'avoir une pensée arborescente, j'ai une grand facilité à imaginer l'arbre des possibles « assez loin », je veux dire bien plus loin que le citoyen lambda, même si c'est probablement moins loin - ou moins bien (niveau pertinence) - que pour les pros dont certains membres ici. Autrement dit, en termes de psychologie,
où mettre la limite entre une saine anticipation des risques et un délire paranoïaque ?)
PS: si les deux questions générales ci-dessus ont déjà été traitées ailleurs, veuillez m'indiquer où et me pardonner pour la redite.
(Peut-être faudrait-il d'ailleurs les poser ailleurs, sur un fil dédié pour la facilité de répérage par la suite ?)