J'ai un certain malaise en relisant le fil (ma précédente intervention comprise) laissant sous entendre que elles sont pas toujours victimes. C'est juste mon ressenti.
Elles sont toujours victimes MAIS (et c'est tout le combat dans les violences conjugales) elles ne se perçoivent pas - et donc, logiquement - n'agissent pas comme telles.
Psychologiquement, il est souvent plus facile de se dire qu'on a mérité une tarte dans la gueule que de se dire qu'on est une victime. Parce que se dire victime d'une violence conjugale, ça implique de comprendre qu'on s'est trompé de mec et qu'on a été assez faible (je ne mets aucun sens négatif à ça) pour accepter que ça commence.
Par ailleurs, pour beaucoup de femmes, le moment des coups précède la "lune de miel" : dans un schéma de violence conjugale, la tension monte, monte, puis les coups viennent, puis le gars arrive tout penaud avec des fleurs pour s'excuser et dire qu'il ne recommencera pas. La femme a envie de le croire, parce que primo, elle l'aime et que, secundo, c'est moins "coûteux" psychologiquement d'y croire que de se dire qu'il faut se barrer. D'où une "lune de miel", tout beau tout rose jusqu'à ce que, pour un prétexte quelconque (comme un match de foot, ce serait drôle si c'était pas si dramatique...), la tension remonte. Ca explique (en partie) le fait que la dame se laisse taper dessus.
Cette histoire de "coût" explique la mésaventure de David : pour la fille, c'est plus facile de l'accuser lui que de remettre tout son monde à elle en question. Ca pardonne pas, mais ça donne un début d'explication.
Pour finir, parce que c'est un sujet qui me tient un peu à cœur, il faut également faire comprendre aux femmes que la violence conjugale, ce ne sont pas que les coups. Pas besoin d'une batte de baseball. Ce sont aussi les insultes, les mots qui rabaissent, mais aussi le fait d'être secouée ou tirée par les cheveux. J'avais une amie chère qui me disait "je ne suis pas battue" alors qu'elle portait des manches longues en plein été pour cacher ses bleus parce que son mec ne faisait "que" l'agripper et la secouer.
Dans la rue, on peut se poser la question d'intervenir ou pas, et je ferais pareil. Mais dans l'entourage, il faut prendre ses responsabilités et prendre le parti d'agir.
Un site qui m'a bien aidé pour amener mon amie à comprendre que si, même bac + 5, intelligente, cultivée, pas à plaindre financièrement, elle était battue, par un des gars les plus (apparemment) adorables qu'il m'ait été donné de croiser... :
http://www.sosfemmes.com/