Re,
Dans ma vie "professionnelle" j'ai participé à pas mal de manifs étudiantes et tâté un peu de la préparation, de l'organisation et du déroulement et ce à divers niveaux.
La remarque de DM est particulièrement judicieuse

:
Comprendre les enjeux et qui cherche a faire quoi permet déjà d'avoir un temps d'avance sur la lecture des évènements. Ensuite, si la gamine capte et s'intéresse, on peut lui expliquer que ça peut être pas mal de pouvoir se barrer vite fait si ça pue, etc.
*Une manif de masse c'est un acte politique. si les acteurs n'en sont pas toujours conscient, les organisateurs toujours. Car il y a toujours des organisateurs, "apolitiques" bien sûr pour les manifs étudiantes.

* Les participants sont inévitablement instrumentalisés. Et généralement le cadre d'analyse de Crozier (analyse stratégique) s'applique (wiki :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Analyse_strat%C3%A9gique ).
* Les "acteurs" sont donc en fait de la piétaille, des moutons diront certain. Notez que les acteurs (donc les moutons) sont les étudiants MAIS AUSSI les manifestants non étudiants (casseurs, groupes politiques, policiers en civils, RG...), les forces de l'ordre (CRS, GM, RG...), les médias, les partis politiques, les syndicats....si on est d'accord avec Callon et Latour on peut même englober les "actants" que sont le lieu, les électeurs, les parents, les élections à venir, l'opinion publique internationale....
* En fonction de ce "système" une manif à de fortes probabilités (mais rien n'est certain en ce domaine) de se dérouler de telle ou telle façon. Il est donc important de le comprendre.
A lire pour ceux intéressés à l'analyse stratégique, l'excellentissime document de Bachelet :
http://rb.ec-lille.fr/l/Socio_orgas/cours-socio_Analyse_strategique.pdfConcrètement :
- Certaines manifs ont pour objectif de "destabiliser" la technostructure, il est donc normal que celle-ci réagisse brutalement. C'est même un des objectifs des "organisateurs apolitiques" : pousser par exemple les forces de l'ordre à la "Faute" (action non légale, si possible inadmissible par les actants) ce qui sape bien plus efficacement celles-ci (en interne, en externe...) que de "tabasser" ignominieusement quelques uns de leurs représentants dans le cadre d'un guet-apens (mais celui-ci peut être un moyen d'amener la technostructure à la faute. C'est là que l'on voit si on a réellement à faire à des pros).
- Comme les actants sont multiples et ont des intérêts divergents, ce n'est pas simplement un risque "manifestant/CRS". Même si ceux-ci peuvent aussi employer la "violence indistincte" comme moyen raisonné (si ce n'est par eux au moins ceux qui les dirigent et les laissent quelques heures bien exposés et frustrés). Donc même les "spectateurs" peuvent déguster : Quelques dégâts collatéraux acceptables socialement ; cela dégrossit, souvent, rapidement les rangs des manifestants pour les prochaines manifestations.
- Les autres actants : casseurs, médias...sont aussi source de dangers. Avant, après et pendant la manifestation. Pour les casseurs c'est évident. Pour les médias c'est moins évident. Mais d'une part ils sont souvent un encouragement à la "c*nnerie" d'autre part vous pouvez être filmés et payer plus tard cette exposition (recherche d'emploi...).
- Mon conseil "sureté" : aller en groupe cohésif à la manifestation (pas plus d'un dizaine de personne maximum). Etudiez les conseils de Serge et de Bison solitaire. Sachez ce que vous faites.
Faire particulièrement attention dans les zonnes périphériques de la manif. Eviter de rester la nuit et encore plus autour de minuit dans une manifestation sauf si vous savez pourquoi vous êtes là et êtes prêts à assumer les conséquences ( un tabassage par des casseurs, un piétinement par la foule, un écrasement contre des barrières de sécurité ou une grenade lacrymo dans la poire en tir direct c'est pas sexy).
