Bonsoir à tous,
J'ai assisté à la dernière partie de cet événement, à savoir la réunion des participants Place de la Bastille de la toute fin de l'après-midi au début de la soirée. Vous trouverez ci-après quelques observations.
Je ne fais partie d'aucun mouvement mais je m'y suis rendu pour réaliser un reportage vidéo amateur, pressentant que l'information ne serait pas relayée.
Je ne crois pas totalement m'écarter de l'objet de ce forum en m'interrogeant de manière politique. Gouvernement et médias (à l'exception d'un journal mais pour tresser une couronne de lauriers à la police), l'un pour des raisons politiques, les autres pour des motifs idéologiques, ont délibérément tu un événement qui par son ampleur ne peut être qualifié d'agglomérat de faits divers (à 18h Bastille ressemblait à une arène avec sept fauves, deux moutons et un chien mollasson, puissance dix). Ce faisant ils exposent sciemment les futurs participants. Fin de la parenthèse.
- Manifestement depuis 2005 une règle du jeu tacite a été instituée entre forces de coercition et prédateurs, en même temps qu'un savoir-faire des deux côtés.
- Des seuils de tolérance sont établis. Les forces de coercition tolèrent de facto que des participants se fassent agresser en nombr e assez important dans la mesure où eux-mêmes ont accepté un risque désormais connu, et où le coût politique pour l'administration publique est faible ou nul.
- Les prédateurs ne s'opposent pas directement aux agents mais les fuient.
- Jets de bouteilles et objets à longue distance au pire.
- Pas de résistance par la force aux interpellations.
- Très faible effectif rapporté au nombre de prédateurs, ils pouvaient être submergés en quelques dizaines de secondes en cas d'emballement. Ils ne le craignaient donc pas.
- Eparpillement en quelques grappes d'une dizaine d'hommes harnachés d'une part, d'autant de policiers en civils d'autre part (lacrymo, matraques téléscopiques) d'autre part.
- Grande mobilité des effectifs.
- Répétition systématique de la même séquence: agression d'un individu par quelques prédateurs, agglomération d'agresseurs, accélération et polarisation de quelques dizaines d'individus, arrivée de la grappe policière, fuite-accélération-dispersion des prédateurs
Comportement des proies
- Attitude schyzophrène vis-à-vis des agents de coercition comme des prédateurs: animosité superficielle mais attitude de créanciers de sécurité en cas de risque ou d'agression, empathie avec les prédateurs et donc comportement inadapté (la plupart savaient par bouche à oreille et observation directe ce qui se passait mais faisaient "comme si" ça ne pouvait pas leur arriver).
Les stratégies d'adaptation valables semblaient être de ne pas assister à l'événement vvu sa dangerosité, d'en partir dès que la proportion de partiicpants véritables avait fondu par rapport à celle des prédateurs, de rester à proximité immédiate d'agents en uniforme, d'anticiper les déplacements en scrutant la foule, de gagnerles points où la densité de population était faible, d'éviter celles où le contact physique avec les prédateurs était inévitable, de rester avec des mâles alpha (double tranchant), de prévoir où que l'on soit la direction de sortie en cas d'emballement. C'est laméthode que l'on s'est intuitivement appliqué avec mon binôme, mais nous étions là pour filmer, peut-on dans ces conditions parler de fête ?