...le rapt d'enfants...
Dans la vie (très calme) qui est la mienne, c'est sans aucun doute le pire de mes cauchemars.
Comment en parler à nos petits ?
Comme tout parent (j'espère !), j'ai abordé le problème avec ma fille dès qu'elle a atteint l'age de 6-7 ans.
Dans des termes à peu près analogues à ceux décrits par Patrick dans REPERES :
http://wiki.davidmanise.com/index.php/REPERES_:_Regles_Elementaires_de_Prevention_dEs_Risques_lies_a_la_violEnce_En_Situation#Risque_d.E2.80.99enl.C3.A8vMais je voudrais aussi vous faire partager une expérience vécue cet été, afin de décrire UN (parmi d'autres, je me doute bien ; sur une petite route de
campagne il en serait différent),
UN mode opératoire de prédateur d'enfant.
Contexte :
un grand parc, près de La Défense (92), cet été, un dimanche.
Avec ma fille : vélo, freesbee, badmindon.
1ère alerte : à vélo, nous croisons une petite "black" (9-11 ans ?), démarche rapide (presque "secouée", mécanique), l'air un peu perdue et apeurée...
4-5 metres marchant derrière elle, un mec, la trentaine, lunettes de soleil, mains dans les poches du jean. L'air à la fois "relax", discret,
ET grand
requin blanc.
Trouble intérieur. Mais inidentifiable à ce stade : c'est quoi mon trouble, qu'est-ce qui se passe ? .
Il existe un "dicton" ici : quand ya un doute, ya pas de doute.
30m plus loin, on pose nos vélos et on fait du freesbee.
J'avais ce trouble en tête...
Et, ayant fait demi-tour, les voilà qu'ils repassent devant nous.
La gamine à l'air toujours aussi apeurée et marche vite, mais cette fois le mec marche à sa hauteur, ils se parlent (surtout lui) et j'entends une bribe
de conversation :
je comprends que la petite est perdue, qu'elle cherche son chemin pour rentrer chez elle ; mais le type la tutoie (comme s'ils se connaissaient,
plaisante avec elle (comme pour la rassurer) et semble l'accompagner, la guider vers le bon chemin.
A priori ça me rassure, mais non !
Toujours ce trouble louche.
Ils s'éloignent mais j'observe (ma fille m'a mis une "patée" lors de cette partie)
De loin je vois le gars s'éloigner de la gamine qui continue sa route tout droit ; et lui se dissimule derrière un bosquet pour la surveiller. Vraiment planqué ! Il ne l'a
pas quittée des yeux. Or la petite a fini par faire demi-tour (manifestement paumée, la pauvre) et revenait donc vers son prédateur. Droit dans la gueule
du loup ! Lui, en fait, l'attendait, caché.
OK,
même si je suis long à la comprenette,là c'était trop clair !
J'ai "posé" ma fille et les vélos près d'un couple avec enfant, lui demandant de ne pas bouger, et me suis approché du type sur la pointe des pieds.
Je me suis MAUDIT de n'avoir pas pris mon tel. portable (EDC !, merdre !), car j'aurais pu photographier le mec, puis appeler la police !
"A quoi vous jouez avec la petite ? Oui, la petite black ! Je vous observe de puis 20mn : à quoi vous jouez ?! C'est quoi votre "manège""
Airs indignés, dénégations... il a déguerpi en 5 secondes (une "sortie" du parc était tout proche)
Je fais un signe à ma fille (que je brieffe vite fait) et, ensemble, nous abordons la gamine :
Oui, elle est perdue (et terrorisée),
elle vient d'une autre banlieue passer ce dimanche chez de la famille,
et par un concours de circonstance s'est retrouvée seule dans le parc.
Oui, le type la harcelait mais il avait l'air gentil, bien attentionné, mais "un peu bizzare" (etc), mais par inhibition (ce mot est de moi) elle n'osait pas demander de l'aide à un autre adulte.
Elle avait un numéro de téléphone griffoné sur un bout de papier mais, par ihibition là encore, elle n'a pas osé demander à un adulte de le composer sur
son portable. Elle n'en avait pas, tout comme moi ce jour là (grrr).
On a trouvé quelqu'un, à qui on a taxé le portable, et 10mn plus tard le tonton (qui habite l'une des nombreuses cités qui jouxtent le parc) venait
récupérer sa nièce.
Ouf !
Merci de m'avoir lu.
(ma) Moralité ?
En vrac :
- sensibiliser les enfants
- le méchant n'a pas toujours l'air d'un méchant comme on en voit dans les films.
- Quand il y a un doute, il n'y en a pas. Et ça, il faut aussi "l'imprimer" dans la tête des enfants !
- Lever chez les enfants certaines inhibitions à se "manifester" auprès d'un "autre" adulte, lorsqu'il y a un doute. Il y a des enfants que les adultes
intimident.
- le tel. portable.
J'en suis resté là ; mais peut-être aurais-je dû aller faire une main courante au commissariat de Nanterre, avec signalement précis de l'individu...