Le sujet est vaste, je réagis souvent au feeling, mais si je réfléchissais un peu, je dirais...

Idéalement, dans un groupe, il doit y avoir le moins d’ambiguïté sur les rôles attendus : un responsable et des membre où le périmètre de chacun est défini. Cela paraît évident dans une entreprise, cela ne l’est pas dans un groupe de copains qui part en ballade. Mais c’est un mal nécessaire, on trouve ça dans tout bon manuel qui se respecte.
Je pense que répartir les responsabilités participe à réduire le stress d’amblée. Chacun va s’employer à gérer sa partie, et prévoir les pépins dans son domaine. Il n’y a pas d’incertitude sur le « qui fait quoi ». En revanche cela peut entraîner des frustrations dans le groupe : « de quoi il se mêle de nous dire : fait ceci et fait cela ». J’hésite parfois à aborder le sujet, c’est une erreur car au moindre pépin, les circonstances nous ramènent très vite à la nécessité de prendre les choses en main.
Si le stress vient d’un secteur mal couvert par un des membres (orientation, bouffe, feu,…), il faut que le responsable vienne l’aider et le rassurer sur ses capacités. En dernier ressort il faudra le remplacer et lui offrir une place honorable dans le groupe.
Si le stress vient d’un facteur externe, passage sur glacier, vertige, fatigue extrême. Il faut rassurer, aider, raisonner. Si cela ne marche pas et que le « mal » risque s’étendre aux autres, on change de plan, d’itinéraire en positivant le changement pour ne pas accabler la personne qui freine ou bloque la progression.
Il faut donc être conscient des capacités de chacun, ce qui n’est pas évident la première sortie.
Dans tous les cas il faut offrir au groupe un cap, une direction à suivre quel que soit les circonstances. Un individu a besoin de se projeter dans un avenir même immédiat. Au milieu d’une tempête de neige, s’il faut rallier un point, tous les regards sont tournés vers le responsable. Il doit montrer son sang froid, sa détermination et pour rassurer le groupe. Il se perd, « qu’à cela ne tienne, nous allons bivouaquer, nous y verrons mieux demain ! » On change le plan et on offre à chacun un rôle à jouer : monter le camp, aller chercher l’eau, etc.
La charge mentale qui repose sur le responsable est forte s’il prend tout à sa charge. Ce n’est pas un bon choix si l’exercice est difficile. Le mieux est de répartir les responsabilités ; orienter, animer, choisir le lieu du camp et faire à bouffer, c’est parfois un peu trop pour soi et pas assez pour les autres. C. L. Strauss avait remarqué que le chef d'une ethnie d'Amérique du Sud (Triste Tropique je crois) en faisait beaucoup pour les autres, mais en contrepartie il était le seul à, comment dire, ... pratiquer la polygamie. C'est un élément de motivation particulier, mais ce n'est pas le sujet.

Là aussi tout dépend de la composition du groupe. Dans un groupe d’experts, il est difficile de détacher un leader, dans un groupe de novices c’est naturellement que le responsable s’imposera ( lire Renaud Sainsaulieu, L’identité au Travail).
Pour tenir le rôle de responsable cela nécessite d’être expert et donc cela demande de s’être préparé et confronté à des problèmes potentiellement prévisibles.
C’est un peu la raison pour laquelle, je n’aime pas les sorties trop organisées. J’y apprends peu (sauf s’il s’agit d’une formation bien entendu). La confrontation au risque raisonnable est formateur. Je souligne » raisonnable » deux fois. On apprend des autres et aussi de se confronter seul à des situation inédites.