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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Expliquer et transmettre  (Lu 3109 fois)

11 août 2010 à 19:46:41
Lu 3109 fois

Lily


A la suite de plusieurs discussions récentes sur le forum (et aussi parce que je me heurte au problème), je me permets de vous poser une question :
Comment avez-vous fait partager à votre famille (conjoint, enfants, éventuellement parents) vos préoccupations de sécurité ? Comment faire comprendre et faire accepter notre démarche générale de prolongement de la vie ?

Vous notez évidemment que je n'emploie pas le terme de "survie", pour deux raisons :  D'une part parce qu'il est très négativement connoté chez beaucoup de gens, du coup, il peut peut-être braquer et faire plus de mal que de bien. D'autre part parce que l'expression "prolonger des vies" fait vraiment sens pour moi  :love: .

J'ai la chance d'avoir un mari qui participe activement à ma démarche. C'est peut-être cela dit un cas particulier du fait qu'on a vécu dans un environnement non sécurisé pendant plusieurs mois. Là, je suis de retour à Paris (depuis tout à l'heure  :)) et je sais que parler de ma démarche aux copains et copines va être terriblement difficile. J'aurai au mieux droit à "Ok mais t'es plus au Kenya", et, plus probablement à "t'es quand même parano, on est à Paris".

Je me souviens d'un beau post d'Achille sur les petits contentements du quotidien qui semblait bien montrer qu'on peut faire passer des éléments de sécurité à la famille, à force de répétition en particulier.
Je voudrais donc savoir comment vous vous y prenez, ce qui a marché (ou ce qui a échoué d'ailleurs !) pour faire partager votre démarche. Est-ce que la répétition fonctionne ? Quelles en ont été les limites ?

Dernier point : il ne s'agit pas de se faire "accepter", hein. J'ai fait mes choix et je m'y tiens. Je n'ai besoin de la bénédiction de personne. Il s'agit vraiment de savoir comment faire comprendre ce qu'on fait à ceux que l'on aime pour mieux les protéger.

J'ai déjà fait des posts plus clairs et plus concis  :-[ J'espère cela dit que vous saisissez le fond de mes interrogations...

Note aux modos et aux plus anciens s'il existe déjà un ou des posts sur le sujet : j'ai épluché les 30 dernières pages du "feu de camp" mais pas tout, je dois l'admettre. Par ailleurs, je n'ai pas su formuler de mot-clef assez spécifique pour trouver ce que je cherchais...
If you think you are too small to make a difference, try sleeping with a mosquito

11 août 2010 à 20:09:38
Réponse #1

Patrick


Oui, on en a déjà parlé dans survie urbaine bien que le sujet de la survie soit général.

Tout simplement, je n'y ai jamais réussi, ni avec ma femme, ni avec ma fille (qui ne vit pas avec moi). Pas plus tard que cet après-midi, je reviens, portillon du jardin ouvert, volets ouverts, le sac à main sur la table à 2 m desdits volets et elle au fond du jardin ravie de sa composition de plantes grasses.

Seule une cousine est revenue me voir en me demandant des conseils àprès une grave agression qui aurait pu lui coûter la vie.

Je crois que c'est tout simplement peine perdue, sauf à éduquer ENSEMBLE les enfants depuis leur plus jeune âge au même titre que d'autres domaines de l'éducation.

11 août 2010 à 20:40:50
Réponse #2

Karto


Salut Lily :)

Dans un certain sens je fais le même constat que Patrick. A part une éducation progressive et constante (que j'ai la chance d'avoir reçue de la part de mes deux parents, bien que divorcés), j'ai l'impression qu'un des seuls moyens de forger un état d'esprit est l'immersion dans un bain qui force l'adaptation, ou pire, un évènement traumatique.

Par contre, ce que j'ai souvent réussi à transmettre, ce sont de petits "trucs", des outils ou des savoirs, de petites connaissances qui sont bienvenues parce qu'elles améliorent le confort, ou parce qu'elles peuvent être amusantes, ou parce qu'elles font écho à quelque-chose que j'ignore dans l'univers des gens à qui je parle.
Certes ces savoirs ne se substituent pas à la rage de vaincre et à une volonté d'apprendre méthodiquement à "s'armer", mais c'est toujours ça de pris :)


A part ça moi j'adhère toujours pas au slogan "prolonger la vie", mais tant-mieux si toi ça te parle ;)

Ciao.
Mathias



 - edit - PS : joyeux retour en France ;) ;D
« Modifié: 11 août 2010 à 20:54:41 par Karto »

11 août 2010 à 21:04:32
Réponse #3

Leif


je dois être un peu stupide ce soir, j'avoue ne pas saisir ta demande :-[

c'est sur la sécurité personnelle, familiale, en voyage, en ville , contre des hommes ou des évènements naturels  ?

ou bien tu te demandes comment transmettre un sujet qui t'animes, qui pourrait aussi être ta passion pour les plantes par exemple.

a+

11 août 2010 à 21:38:07
Réponse #4

Lily


je dois être un peu stupide ce soir, j'avoue ne pas saisir ta demande :-[

c'est sur la sécurité personnelle, familiale, en voyage, en ville , contre des hommes ou des évènements naturels  ?

ou bien tu te demandes comment transmettre un sujet qui t'animes, qui pourrait aussi être ta passion pour les plantes par exemple.

a+

Je savais que j'étais pas claire  :)

Exemple en situation :
- Tu fais quoi ce week-end ?
- Je vais à un stage CEETS  (explication de l'acronyme)
- Mais c'est quoi ce truc de "survie" ? T'es parano pour avoir besoin de ça !

C'est à ce stade de la réaction de mon interlocuteur que je peine à expliquer et (pour les gens que j'aime) à faire partager ma démarche. J'aimerais pouvoir montrer son bien-fondé  et (quelle ambition) éveiller une conscience (En écirvant ça, je me dis que j'ai un méchant travers universitaire quand même...).
Or, j'ai la sensation qu'on ne parle bien de ça qu'à des gens déjà convertis. Ce qui fait sens cela dit, parce que ça doit être une démarche personnelle à la base. Mais quand il s'agit des gens qu'on aime et qu'on les voit faire et refaire les mêmes trucs débiles ? On fait quoi ?
Pour ce qui me concerne, l'essentiel de la question porte plutôt sur la sécurité personnelle et urbaine.
Je t'ai éclairé ?  :-[

@Patrick : Sur le coup, je t'ai trouvé négatif mais je m'aperçois qu'il est plus de 21h30 et que toutes mes portes de maison sont ouvertes... Je ramasse mes dents et je me remets au travail...  :'(

@Karto : Je note ta remarque sur les "petits trucs" et l'aspect ludique, qui font écho à mon avis à Norzh sur la bienveillance :)
If you think you are too small to make a difference, try sleeping with a mosquito

11 août 2010 à 21:56:24
Réponse #5

Leif


 Le choix des mots, le choix des mots

Tu fais quoi ce week end ?

Là je rejoins une asso qui explique pleins de solutions aux problèmes que tu rencontres quand tu voyages, et tu sais comme nous voyageons.

Et bien tu ne sais pas quoi la dernière fois pleine galère pour etre repéré sur la piste, il n'y avait personne a perte de vue, tu vois l'Afrique, tu sais comme c'est vaste, tu connais, le sable, une route longue et la plus d'eau et pourtant il fallait rentrer.

Donc je fais tout pour me faire signaler et là je me souviens, tu sais quand tu jouais avec ta montre pour aveugler ton prof en cours et bien je me dis si ça marche en classe a mon avis en plein cagnard ça roule .

Et bien rien sous la main et là je vois que mon chéri il a acheté du coca, en pleine brousse , une canette de coca tu vois le truc, ni une ni deux je chope la canette, la perce dégouté, tiens je bois un coup, je l'ouvre, la découpe pour obtenir un bon rectangle, mais je n'arrive pas à savoir si le gars au loin avec sa voiture il me voit, tu savais que l'on pouvait voir très tres loin, vite je recommence et c'est bon j'ai réussi à attirer son oeil, cool il est là.

Remarque toi a Paris tu aurais juste eu a faire le 17 et tu aurais eu la police, ou bien le "tu connais le numéro des pompiers sur Paris,"

Ni vu ni connu

Comment se signaler

Utilisation d'un objet

Participation de la personne

Et petit rappel sur les numéros d'urgence

Et hop messieurs dames

Tu vois ou je veux en venir ?
« Modifié: 11 août 2010 à 23:49:21 par leif »

11 août 2010 à 22:06:50
Réponse #6

Lily



tu vois ou je veux en venir?

Extrêmement bien oui :)
Merci ! Je m'aperçois maintenant que mes difficultés à expliquer viennent en grande partie du fait que je n'ai pas pris le temps de formuler les choses pour moi-même (comme souvent...)
If you think you are too small to make a difference, try sleeping with a mosquito

11 août 2010 à 22:14:49
Réponse #7

Karto


Aye, y'a qu'un truc qui me chiffonne dans l'exemple.
Leif ton idée de départ c'était de trouver les mots qui parlent à l'interlocuteur. Sauf que tu glisses vers une explication où tu mets d'abord une distance entre Lilly et son pote parisien ("et tu sais comme nous voyageons"), et ensuite ça sonne juste comme une litanie d'excuses pour son week-end avec le CEETS ;) Sûrement que ça marche. Mais c'est pas ça qui convainc le gars que ça le concerne aussi ;)

11 août 2010 à 22:16:52
Réponse #8

Leif


Citer
je me heurte au problème)

a la base ce n'est pas un problème non, juste que tu n'as pas trouvé la bonne clé pour leurres serrures, s'adapter a tout le monde et non pas aux personnes de s'adapter a toi , c'est quand meme toi qui offre un peu de toi meme non , un effort diantre.

Citer
Comment faire comprendre et faire accepter notre démarche générale de prolongement de la vie ?

a grand coup de baton dans le geule non ;#, ta phrase fait vraiment penser a ça , c'est un échange ou un gavage :)

Citer
à force de répétition en particulier.

pas faux mais toujours de différentes façons, c'est comme si ton mari te disait tout les jours je t'aime sur le meme temps et toujours pour obtenir la meme chose, je donnes pas cher de sa peau.

Citer
Dernier point : il ne s'agit pas de se faire "accepter", hein. J'ai fait mes choix et je m'y tiens

et ce qui ne comprennent pas ce que tu veux le dire tu les laisses sur la route :)
souvent tu t'aperçois que en fait tu t'etais juste mal exprimé et aussi avec le temps on change, donc notre façons de voir aussi et donc de transmettre aussi.

voili voilou


11 août 2010 à 22:25:11
Réponse #9

Leif


yep karto :)

le truc c'est que vous n'avez pas les gestes et le corps qui parle.

et impossible qu'il est distanciation avec le pote parisien car tu le fais participer, et si il te dit "et bien non je vois pas l'afrique", boum, tu peux en plus rajouter des photos comme super pour ton exemple et en plus la demande venait de ton pote.

Citer
Mais c'est pas ça qui convainc le gars que ça le concerne aussi {$default_wink_smiley}

a aucun moment il est question de convaincre le gars ;#, c'est comme excellente phrase, ce n'est parce qu'une chose convainc qu'elle est vrai, elle est juste convaincante

ça y est le gars il est interessé et aurra peut etre envie d'en savoir plus et la tu lui expliques que tu vas voir le ceets, car comme tu l'avais remarqué je n'en ais pas parlé dans l'histoire c'est pas le but ;#.

le but est de transmettre des petits trucs et des grands trucs pour grandement améliorer la vie de tout les jours, autant en ville que a la campagne pas d'expliquer que tu cotises au ceets.


11 août 2010 à 22:28:19
Réponse #10

Norzh


Lire des bouquins de pédagogie, management, PNL...?

11 août 2010 à 23:34:49
Réponse #11

Nävis


Parfois, cela semble quasi insoluble, et vraiment décourageant.
Mais en fait, à force de petite discussions par-ci par-là, des exemples, quelques cadeaux... Un jour, on peut avoir le plaisir de voir que les personnes que l'on aime ont intégré (depuis quand?, c'est un mystère d'ailleurs) plusieurs des éléments simples de préparation, des gestes ou attitudes de prudence, des comportements plus attentifs.  
Et profitent d'une occasion pour demander à apprendre quelques techniques nouvelles, comme des noeuds particuliers.
Je veux témoigner que cela vaut la peine de persévérer, il en restera quelque chose.
Je suis pliée de rire en imaginant la tête du douanier qui a contrôlé le sac à main de ma mère dans un aéroport l'année dernière: il a même appellé ses collègues, et ils on tellement été sidérés par les propos de ma mère (je crois qu'elle leur a expliqué le pourquoi de chaque chose... couteau :ninja:  , lampe photon, briquet, tape etc), qu'ils lui ont renvoyé par la poste ce qu'ils ont dû lui confisquer!
:love:

11 août 2010 à 23:40:22
Réponse #12

Leif


Citer
Un jour, on peut avoir le plaisir de voir que les personnes que l'on aime ont intégré (depuis quand?, c'est un mystère d'ailleurs)
:up:

12 août 2010 à 08:13:59
Réponse #13

raphael


demander a l'interlocuteur " tu t'es jamais retrouvé dans une situation où tu as vécu le danger et tu t'es sentis démunis et sans la bonne solution?"
si la réponse est non bah ça va être très difficile d'avoir son écoute si la réponse est oui ...
Se connaitre et s'accepter


12 août 2010 à 09:03:29
Réponse #14

Barbara


Entre le 20h ou il n'y a jamais eu autant de catastrophe naturelles / d'agressions / promeneurs égarés, et les émissions de divertissement à la Koh-Lanta / Man Vs Wild, je pense qu'il n'a jamais été aussi facile d'intéresser les gens à la sécurité / survie.

Le plus dur est à mon sens de leur faire comprendre que c'est sérieux, mes interlocuteurs ont conscience des risques mais sombrent dans le yaka. Ou imaginent des situations grandguignolesques dont ils sont l'acteur principal, admiré par tous.

12 août 2010 à 09:35:38
Réponse #15

Woodrunner


Personnellement j'y vais par petites couches, au gré des situations je fournis ici une petite lampe, là un spray irritant ou je montre comment utiliser le couteau pour faire des bûchettes...

Je pense que c'est situatif et surtout qu'il faut le faire au bon moment. Si la personne est dans une phase tout le monde il est beau tout le monde il est jolie ça va pas être facile de lui expliquer les principes de base de la sécu perso ou deux trois techniques pour faire mal à un agresseur.

Ce qu'il faut  c'est éviter de vouloir absolument convaincre,... de toute façon on pourra pas tous les sauver et puis cela fera plus à manger pour nous,... ;#

Faire devant, faire avec et laissé faire pour être le leitmotiv,... je vis ma vie avec mes gris-gris, mes manies et mes habitudes de survivor confirmé ::) de personne consciente de son environnement et si cela interpelle quelqu'un et bien je lui explique, je lui démontre et je l'aide dans sa démarche d'apprentissage et ensuite je le laisse vivre, il a pris ce qu'il voulait il gardera aussi ce qu'il veut bien garder de cette expérience et basta... si non on va finir avec un ulcère de l'estomac!

Au boulot quand je peux ou quand on me le demande je fais un petit cours d'introduction sur les techniques de survie, en général les participants sont assez enthousiaste (bon c'est des mecs qui ont 20ans et qui même si ils sont pas volontaire pour être là baigne dans une sainte ambiance de virilité et de dépassement de soi pour quelques mois,... ça aide la motivation!  ::)) ce que j'ai remarqué c'est qu'il fallait leur laisser le temps de montrer ce qu'ils sont capable pour que le sujet les intéresse vraiment, souvent je les mets en binome ou en équipe et je leurs fais faire une claie de portage ou un brancard de fortune avec les moyens du bord. Après 10-15 min je regroupe tout le monde et on regarde les concepts et les idées à la fin je montre ma solution et on explique les avantage et inconvénient, en impliquant les gens dans la réflexion, ils deviennent acteur et plus spectateur!

Ensuite ce n'est que ma façon de voir les choses,...
« Modifié: 12 août 2010 à 10:21:03 par Woodrunner »
Every citizen should be a soldier. This was the case with the Greeks and Romans, and must be that of every free state.
Thomas Jefferson
3rd president of US (1743 - 1826)

WOLWERINES!!!!!!!


"Une pomme par jour éloigne le médecin… pourvu que l'on vise bien."    

Winston Churchill

12 août 2010 à 09:37:15
Réponse #16

Leif


enfin aussi si on essaye de faire comprendre comment faire un bandage , la nuit par moins 10 avec les deux mains pétées c'est sur que ça va pas le faire.

si on apprend des savoirs faire , il faut que ce soit vraiment pratique et utile pour la personne, inutile pour l'instant de parler de l'albédo et comment s'en prémunir si le gars ne veut meme pas sortir de la ville car il déteste les bêtes qui rampent .

cela viendra avec l'intérêt grandissant, comme de voir se qui viennent sur le forum pour un couteaux et qui plus tard se retrouve a préparer des sacs car cela peut grandement facilité la vie au cas ou.

pour transmettre il faut bien connaitre son sujet, etre sur de soi sinon c'est juste transmettre sa passion en esperant que l'autre l'aime aussi et fasse les memes effort que vous pour l'assimiler.

aussi pour ma part cela ne serait pas "expliquer et transmettre" mais non en fait c'est bien ;#

12 août 2010 à 10:45:12
Réponse #17

Achille


Salut, :)

je pense que le plus important, c'est d'y aller progressivement, par petites touches, en profitant des circonstances de la vie, de discussions, de reportages TV, en évitant surtout de paraître "lourd", sinon on obtiendra l'effet inverse en passant pour le parano/Mac gyver/apprenti contractor qui casse les c*uilles à tout le monde avec ses remarques et son demi-kilo de matos dans les poches.

Ce qui compte à mon sens, c'est d'abord l'exemple, pas les conseils ni les discussions sans fin qui saoûlent l'interlocuteur. C'est pourquoi, j'essaie de rester le plus discret possible avec mon matos. Notamment, mon EDC tient les poches de mon jean et rien ne dépasse, ce qui ne m'empêche pas d'avoir un bandana, un buff, du tape, un Bic, un SAK ou Leatherman, mon mobile, de la dyneema... Si on me questionne à ce sujet, j'explique simplement que tout ceci me sert ou peut me servir en donnant quelques exemples simples, totalement non-survivoresques : le tape, je m'en sers au boulot pour fixer un panneau "en panne" sur un portail motorisé ou un ascenseur. Comme je bricole beaucoup, il remplace efficacement les pansements sur les doigts (colle vraiment et beaucoup plus résistant)... Bref, j'oriente la discussion sur les avantages d'avoir un peu d'équipement sur soi tout en démontrant que ça ne pèse pas grand chose et que ça ne prend pas de place, mais sans insister : je le dis juste comme ça, en passant.

Personnellement, j'essaie de pratiquer l'humour et la dérision pour faire passer le message. Par exemple, quand on me traite de Mac Gyver (ce qui me gave prodigieusement  ::)), je réponds un truc dans le genre : "ouais, j'ai un Leatherman dans ma poche parce que je suis trop fainéant pour aller jusqu'à ma trousse à outils" ou alors : "c'est tellement le b*rdel chez moi que j'ai pas envie de passer deux plombes à chercher un tournevis quand j'en ai besoin". Sous-entendu : je gagne un temps fou à toujours avoir sur moi un peu de matos, et gagner du temps, ça intéresse tout le monde.

L'autre solution, c'est les petits cadeaux sympa et utiles. Le meilleur exemple, c'est la petite lampe photon dont je me sers habituellement : que ce soit au boulot ou dans mon entourage, quand les gens m'ont vu l'utiliser, la réaction a été unanime : "ouah ! Ça éclaire drôlement bien, ton truc. C'est vachement pratique et puis c'est tout petit. Tu l'as trouvé où ?" Comme j'en ai toujours une ou deux en rab à portée de main, je peux filer une loupiotte à la personne et c'est bon.  ;)

Par contre, l'inconvénient à ce genre de comportement, c'est qu'on devient rapidement aux yeux des proches "celui qui a toujours tout prévu" et cela peut constituer un frein à se prendre en charge. Dans son livre "Fou de la marche", Jacques Lanzmann explique que son guide israélien n'avait aucun matos et lui réclamait toujours ses affaires. Quand il pique une grosse colère, le guide lui répond : "mais pourquoi j'aurai du matos puisque toi tu as tout ?" ou quelque chose comme cela. Je l'ai expérimenté encore récemment avec l'ex- Mme Achille. On devait se retrouver avec les enfants pour une escapade aux cascades du hérisson. Résultat, elle est partie avec juste un pull autour de la taille ! Ma fille de 6 ans, toute fière de son sac, était mieux équipée...  :glare: Quand je lui ai fait remarquer qu'elle n'avait pas de sac à dos pour mettre ses affaires, elle m'a répondu : pourquoi faire ? Tu as pris de l'eau pour tout le monde et je suis sûr que notre fille ne portera pas longtemps son sac et que je devrai le faire à sa place. Je n'ai pas insisté vu que d'un certain point de vue, elle avait raison : j'avais de l'eau pour tout le monde, une trousse de secours pour tout le monde, etc. J'ai mis son sandwich dans MON sac et on est parti. On était là pour passer une bonne journée, pas pour se prendre la tête. On s'est arrêté à Clairvaux-les-lacs pour pique-niquer au bord de l'eau et là, il  y en a une qui me regarde et me demande si j'ai pas quelque chose pour s'asseoir par terre.  ::) Je m'y attendais un peu (beaucoup) et en souriant, je lui tends mon bout de pare-soleil. Ma fille se pose dessus avec sa mère et moi je m'assieds sur mon sac. À noter au passage qu'il a fait grand soleil toute la journée mais qu'au moment de remonter dans la voiture après les cascades, un orage a éclaté et qu'à un quart d'heure près, j'en connais une qui aurait été trempée comme une soupe avec juste son petit pull.  ::) :down:

Bon, là, je n'ai parlé que de matos parce que c'est le plus évident, le plus visible pour des tiers. Au niveau comportement, je pense qu'on peut faire de même en procédant aussi par petites touches : un conducteur te fait une vacherie au volant, tu calmes le jeu au maximum et si tes passagers s'excitent en te disant que tu aurais gueuler, descendre t'expliquer, etc., tu expliques calmement tes raisons pour les inciter à la réflexion : on ne sait pas à qui on a affaire, risque que ça dégénère sérieusement, perte de temps, conséquences judiciaires, financières, à quoi bon ? ...

Bref, l'exemple, toujours l'exemple...  :)

12 août 2010 à 11:32:41
Réponse #18

Patrick


Le problème me semble, outre les compétences intrinsèque de pédagogie du transmetteur, que :
  • la plupart des gens ne veulent rien changer à leur mode de vie et à leur fonctionnement qui les rassure ;
  • beaucoup ont un double langage contradictoire de véléité d'autonomie tout en comptant sur l'autre pour assurer au cas où. La complémentarité oui, la spécialisation non (si l'un devient indisponible, on est dans la m*rde)
  • adoptent ce qui est ludique, cool, valorisant en société, pas ce qui est nécessaire;
  • beaucoup développe une forme de superstition comme si pratiquer le secourisme allait attirer les accidents.

Quelques exemples :
  • a tout les repas de familles, la plupart des chauffeurs boivent plus de trois verres d'alcool. Tout le monde adore les enfants "plus que tout au monde", mais personne ne songe à reprocher audits chauffeurs de boire ces verres. Auraient ils la même tolérance si un tiers n'ayant pas bu plus qu'eux détruisait leur famile dans un virage ?
  • des conseils de self-protection donnés à une jeune cousine qui partait s'installer seule à Toulouse et un spray donné après instructions. Elle est revenu me voir après avoir été rouée de coups et faillit être violée sur un pont de la Garonne (heureusement un témoin à couru depuis l'autre rive et l'a sauvé). Elle était rentrée seule à 5h du matin, bourrée et vait insulté un quidam qui lui faisait une remarque désobligeante. Le spray était au fond de son sac et de toutes façons, elle avait oublié sa présence.


12 août 2010 à 12:35:23
Réponse #19

Bison


Bonjour,

Permettez moi un propos un peu divergeant ...

Moi je pense que "les gens" ont en général un certain sens pratique, et un sens certain des priorités.

Pour intéresser les gens à la survie dans un pays pourri, il faut qu'ils aient à y mettre les pieds, pour commencer.
Pour les intéresser à la survie dans la nature, il faut d'abord qu'ils envisagent d'y aller dans la nature ...
Pour les intéresser à la survie urbaine (SP, SD), il faut vraiment qu'ils aient à fréquenter des milieux craignos ...
(L'enseignement tombe parfois dans cette catégorie, mais cela les personnes concernées devraient le savoir assez vite!)

Sinon, les gens normaux, qui sortent à des heures décentes dans des quartiers normaux ... et bien ces gens ont d'autres priorités en matière de survie :
 - trouver et garder un boulot correct, un logement correct, un compagnon correct (sorry, ce n'est pas le terme le mieux choisi ...)
 - surveiller la santé, le bulletin scolaire et les fréquentations de la marmaille
 - accompagner au mieux le cancer d'un proche
 - ...

Et si, à ces gens normaux, je devais proposer une démarche de survie pure et dure, dans le sens de "prolonger la vie", cela n'aurait rien à voir avec le firesteel, mais plutôt avec :
 - une formation minimale au secourisme (psc1)
 - un stage de conduite "défensive" (automobile)
 - apprendre à nager
 - se désintoxiquer du tabac ...

Je sais, cela n'est pas très "glorieux", cela ne fait pas rêver, cela ne fait pas baroudeurs ... mais il me semble que cela sauverait bien plus de vies, non?

Bison,
qui ne désespère pas d'inscrire madame Bison à une formation aux premiers secours ...  :D

PS :

Au niveau de l'essentiel en matière de survie dans la nature "pour monsieur tout le monde", tout est dit - ou presque - dans le petit manuel de la FFRP (guide pratique du randonneur, pp 196 à 213). Et puis, l'essentiel de l'essentiel (en été) :  une carte, un chapeau et une bonne crème solaire ... Là, si vous n'avez que cela à "communiquer", cela passera ... et le reste viendra bien tout seul.

Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

12 août 2010 à 12:39:19
Réponse #20

QUIDAM


Mon expérience perso avec ma femme :

Au début elle était sceptique mais tolérante...
Puis je lui ai donné des exemples pris dans les infos (explosion d'un TMD, carjacking, nuage de souffre sur une ville...)
elle a commencé à comprendre la démarche s'y interresser, et maintenant c'est : tiens on pourrait mettre ça dans mon BOB ? tiens j'ai pas ça moi pourquoi ?

Les exemples dans la presse sont très fréquents, trop fréquents pour les ignorer... ou alors il faut vouloir vivre en illusions...
Ne jamais croire que cela n'arrive qu'aux autres...

Espérer le meilleur, préparer le pire.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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