Salut,

je pense que le plus important, c'est d'y aller progressivement, par petites touches, en profitant des circonstances de la vie, de discussions, de reportages TV, en évitant surtout de paraître "lourd", sinon on obtiendra l'effet inverse en passant pour le parano/Mac gyver/apprenti contractor qui casse les c*uilles à tout le monde avec ses remarques et son demi-kilo de matos dans les poches.
Ce qui compte à mon sens, c'est d'abord l'exemple, pas les conseils ni les discussions sans fin qui saoûlent l'interlocuteur. C'est pourquoi, j'essaie de rester le plus discret possible avec mon matos. Notamment, mon EDC tient les poches de mon jean et rien ne dépasse, ce qui ne m'empêche pas d'avoir un bandana, un buff, du tape, un Bic, un SAK ou Leatherman, mon mobile, de la dyneema... Si on me questionne à ce sujet, j'explique simplement que tout ceci me sert ou peut me servir en donnant quelques exemples simples, totalement non-survivoresques : le tape, je m'en sers au boulot pour fixer un panneau "en panne" sur un portail motorisé ou un ascenseur. Comme je bricole beaucoup, il remplace efficacement les pansements sur les doigts (colle vraiment et beaucoup plus résistant)... Bref, j'oriente la discussion sur les avantages d'avoir un peu d'équipement sur soi tout en démontrant que ça ne pèse pas grand chose et que ça ne prend pas de place, mais sans insister : je le dis juste comme ça, en passant.
Personnellement, j'essaie de pratiquer l'humour et la dérision pour faire passer le message. Par exemple, quand on me traite de Mac Gyver (ce qui me gave prodigieusement

), je réponds un truc dans le genre : "ouais, j'ai un Leatherman dans ma poche parce que je suis trop fainéant pour aller jusqu'à ma trousse à outils" ou alors : "c'est tellement le b*rdel chez moi que j'ai pas envie de passer deux plombes à chercher un tournevis quand j'en ai besoin". Sous-entendu : je gagne un temps fou à toujours avoir sur moi un peu de matos, et gagner du temps, ça intéresse tout le monde.
L'autre solution, c'est les petits cadeaux sympa et utiles. Le meilleur exemple, c'est la petite lampe photon dont je me sers habituellement : que ce soit au boulot ou dans mon entourage, quand les gens m'ont vu l'utiliser, la réaction a été unanime : "ouah ! Ça éclaire drôlement bien, ton truc. C'est vachement pratique et puis c'est tout petit. Tu l'as trouvé où ?" Comme j'en ai toujours une ou deux en rab à portée de main, je peux filer une loupiotte à la personne et c'est bon.

Par contre, l'inconvénient à ce genre de comportement, c'est qu'on devient rapidement aux yeux des proches "celui qui a toujours tout prévu" et cela peut constituer un frein à se prendre en charge. Dans son livre "Fou de la marche", Jacques Lanzmann explique que son guide israélien n'avait aucun matos et lui réclamait toujours ses affaires. Quand il pique une grosse colère, le guide lui répond : "mais pourquoi j'aurai du matos puisque toi tu as tout ?" ou quelque chose comme cela. Je l'ai expérimenté encore récemment avec l'
ex- Mme Achille. On devait se retrouver avec les enfants pour une escapade aux cascades du hérisson. Résultat, elle est partie avec juste un pull autour de la taille ! Ma fille de 6 ans, toute fière de son sac, était mieux équipée...

Quand je lui ai fait remarquer qu'elle n'avait pas de sac à dos pour mettre ses affaires, elle m'a répondu : pourquoi faire ? Tu as pris de l'eau pour tout le monde et je suis sûr que notre fille ne portera pas longtemps son sac et que je devrai le faire à sa place. Je n'ai pas insisté vu que d'un certain point de vue, elle avait raison : j'avais de l'eau pour tout le monde, une trousse de secours pour tout le monde, etc. J'ai mis son sandwich dans MON sac et on est parti. On était là pour passer une bonne journée, pas pour se prendre la tête. On s'est arrêté à Clairvaux-les-lacs pour pique-niquer au bord de l'eau et là, il y en a une qui me regarde et me demande si j'ai pas quelque chose pour s'asseoir par terre.

Je m'y attendais un peu (beaucoup) et en souriant, je lui tends mon bout de pare-soleil. Ma fille se pose dessus avec sa mère et moi je m'assieds sur mon sac. À noter au passage qu'il a fait grand soleil toute la journée mais qu'au moment de remonter dans la voiture après les cascades, un orage a éclaté et qu'à un quart d'heure près, j'en connais une qui aurait été trempée comme une soupe avec juste son petit pull.

Bon, là, je n'ai parlé que de matos parce que c'est le plus évident, le plus visible pour des tiers. Au niveau comportement, je pense qu'on peut faire de même en procédant aussi par petites touches : un conducteur te fait une vacherie au volant, tu calmes le jeu au maximum et si tes passagers s'excitent en te disant que tu aurais gueuler, descendre t'expliquer, etc., tu expliques calmement tes raisons pour les inciter à la réflexion : on ne sait pas à qui on a affaire, risque que ça dégénère sérieusement, perte de temps, conséquences judiciaires, financières, à quoi bon ? ...
Bref, l'exemple, toujours l'exemple...
