Je fais des va-et-vient, et je reviens ici.
J'ai passé mon enfance à me promener dans la nature, pour meubler mon ennui parfois, mais la plupart du temps parce que c'était évident pour moi que d'y être. J'observais beaucoup, les animaux surtout, et j'apprenais à les imiter, les oiseaux notamment. Je trouvais fascinant cet univers, et j'y étais bien, parce que j'étais un enfant un peu décalé, et que les autres humains me gonflaient et ne m'aimaient pas, donc je ne les aimais pas. Avec les animaux, au moins, il n'y avait pas de problèmes de ce genre, et dans la nature, j'étais loin de tout le monde, j'étais au calme, je pouvais rêver et m'imaginer des tas d'aventures, ce qui m'allait parfaitement.
Puis nous avons déménagé en ville, et j'ai appris des règles de vie en société, pour découvrir que ceux qui ne les suivaient pas s'en sortaient mieux, ce qui m'a étonné, puis déçu.
Et j'ai déménagé, plusieurs fois, en oubliant le garçon qui courait la nature, en m'absorbant dans des mondes virtuels, de plus en plus abstraits, avant que tout cela ne se casse la gueule, d'un coup, et que je ne me rende compte que je pratiquais énormément la masturbation intellectuelle.
Et grâce à mon père, j'ai retrouvé le chemin de la nature, même si je lorgnais de plus en plus de ce côté, et j'ai retrouvé ce que j'aimais, et depuis plusieurs années, maintenant, je m'immerge dans la nature, je bivouac, j'observe. Et je me rends compte que je deviens de plus en plus terre à terre, et que je m'en porte bien mieux, parce que ça ne m'empêche pas de rêver, de rêvasser, d'imaginer, mais que je ne me perds plus dans des idioties abstraites qui m'handicapaient.
Je trouve qu'il y a finalement beaucoup à découvrir autour de soi, sans avoir besoin de se créer des problèmes où il n'y en a pas, et qu'il y a toujours plus à voir à mesure que l'on apprend à mieux voir.
Bref, je me promène ici régulièrement, je souris et je bondis parfois, je maugrée de temps en temps... mais j'apprends beaucoup dans tous les cas.