Bizarrement je vois plus la présence d'ONG européenne comme un néo-colonialisme et je ne pense pas que cela soit la voie à suivre pour une vraie autonomie de l'Afrique et pour son développement au plan mondial. Les gagnants dans la présence des grosses associations humanitaires (je parle bien des grosses ONG et non des petites associations qui elles ont un engagement plus sincère) sont les états d'origines de ces ONG qui ont ainsi une présence sur place et qui "occupe le terrain". Mais sur du plus long terme les états africains qui profite des aides apportées par les occidentaux rentrent dans une espèce de logique d'assistanat qui ne permet pas de se développer par eux même.
Je donne un exemple pour appuyer mes dires: au lieu que les ONG envoient des machines et des hommes pour creuser des puits ou d'installer des canalisations pour l'eau, pourquoi ne pas envoyer le matériel sur place et d'effectuer un transfert de compétences à des sociétés locales ceci permettant d'installer les 2 ou 3 premiers systèmes avec eux puis de les laisser installer les suivants seuls.
Ceci est peut être une vision différente de la votre mais je pense sincèrement que le développement de l'Afrique se fera grâce aux africains et non grâce aux aides occidentales.
+1 avec François.
La question n'est pas de savoir si ce sont de petites ou de grosses ONG mais de savoir quel type d'aide est apportée : de l'aide d'urgence (difficilement contestable) ou de l'aide au développement (construire un puits, une école, donner des cours, etc.)
Pour ce qui est des Etats africains, c'est à la fois plus complexe et plus cynique qu'une logique d'assistanat.
Pour faire simple (et donc criticable et caricaturable), l'aide telle qu'elle existe actuellement n'est remise en cause ni par les Etats du Nord ni par les Etats du Sud.
Au Nord, l'aide humanitaire fournie par les Etats (et donc, indirectement par les ONG qui en touchent les fonds) c'est très peu cher payé pour conserver des rapports de domination économiques et politiques. En Afrique, l'aide est une ressource politique et là encore, le fait qu'elle soit efficace ou non n'est pas l'important. L'important, c'est qu'elle continue à affluer.
Je dis que c'est plus compliqué qu'une logique d'assistanat parce que les Etats africains sont tout à fait conscients du type de rapport qui les lient aux Etats du Nord et qu'ils en jouent de manière très subtile.
Tout ça, c'est à nuancer, en particulier parce que le simple fait de parler de "l'Afrique" au singulier (ce que je suis la première à faire...), comme si un Zulu avait beaucoup à voir avec un Touareg, c'est déjà une très très grosse simplification.
EDIT : Pour répondre au dernier post de François : Il y a des ONG qui font bien le boulot et qui ont réellement une politique de passation des pouvoirs aux locaux. D'autres, ainsi que les grandes institutions internationales (PNUD par exemple) utilisent aussi des locaux parce qu'ils sont moins chers. C'est ce qu'on appelle un "contrat local" pour l'opposer à un "contrat expatrié" (de plus en plus rare, il faut le dire, maintenant beaucoup d'occidentaux sont volontaires et assez mal lotis). Exemple, au PNUD, un JPO (Junior Program Officer) de 27/28 ans avec 2 ans d'expérience était payé dans les 4000 USD (net d'impôts !!!) en 2005. Un gars local de 20 ans d'expérience (ancien ministre dans mon exemple) est payé, lui 1500 USD. Dans plein de pays africains, avec 1500 USD t'es le roi du pétrole mais quand même...