Tu sais la doctrine d'emploi militaire et policière, c'est très bien, mais ça vire rapidement à l'intégrisme si on y prend pas garde. Personnellement, je n'ai pas la prétention de m'élever contre les saintes églises, mais quand j'introduis une cartouche dans la chambre du FFM, prélevée à l'instant même mon arme à tendance à tirer celle là et pas une autre. Si c n'est pas le cas, je n'ai rien à faire avec une arme. Ce qui est d'ailleurs peut-être le cas.
Là aussi, ce me semble un poil trop réducteur, dogmatique et par trop éloigné des vraies situations rencontré par le pékin moyen non vêtu des pieds à la tête de multicam.
La position de Wood, n'est pas une position uniquement d'emploi militaire et policier. Je ne suis ni un policier ni un militaire professionnel par exemple.
La problème du mélange de cartouches est inhérent au calibre 12 (vu la multitude de projectiles possible) et dans une moindre mesure dans un revolver.
Mais il y a beaucoup de petit chimistes qui mettent dans leur fusil à pompe en premier 2 gomme cogne et ensuite de la chevrotine ou des beaucoup plus malins qui dans leur double canon une gomme cogne puis une chevrotine en se disant quand je presse la première détente c'est de la gomme cogne et quand je presse la deuxième détente c'est de la chevrotine.
Murphy attendant au détours, on peu être sur que ce qui va sortir du canon n'était pas ce qui était prévu.
Ton idée de savoir ce que tu mets dans ton FFM (fusil à pompe pour les non initiés) est théoriquement bonne, pratiquement, en pénombre, avec le palpitant à 180 c'est nettement moins certain.
Alors il y a des solutions. l'une est de mettre par exemple dans son baikal, avec chien apparents (on peut stocker l'arme chargée) deux gomme cogne en permanence et avoir sur la crosse de la chevrotine. Autre possibilité stocker son pompe avec 2-3 gomme cogne (pompe à moitié en avant et tenue par un élastique) puis tous le reste est de la chevrotine. Où le pompe n'a que de la gomme cogne et le 9mm est là pour les situations ou le gomme cogne ne marche pas (rare).
Autre possibilité si on veut partir d'un porte-munition est d'avoir directement accessible uniquement la "less lethal" puis de devoir par-exemple ouvrir un rabat pour accéder à la létale.
Tous ceci pour dire qu'il faut penser largement à l'avance ses procédures et rendre résistante à l'erreur inhérentes aux situations tendues.
Encore un mot pour la gomme cogne. Stockée en hiver dans le coffre de la voiture, ça devient de la munition létale. Au contraire en plein soleil dans le même coffre, ça devient de la gelée pas vraiment efficace. Donc la gomme cogne a aussi une plage d'utilisation limitée.
Tu vois, moi je suis une âme simple et ayant constaté par moi-même qu'un coup de semonce "réveillait" mon interlocuteur et m'évitait de tirer sur lui pour de bon, j'ai tendance à valider cette expérience. On peut sans doutes faire mieux, autrement avec quelqu’un de plus qualifié, mais ça au moins ça a marché.
Le problème du coup de semonce, n'est pas tant que c'est faux, mais que c'est délicat à mettre en œuvre.
Il faut déjà un réceptacle à balle, ce qui est loin d'être évident à trouver sous stress avec une vision tunnel. Tirer par terre dans la rue par exemple, c'est prendre le risque d'un ricochet qui va toucher des enfants en train de jouer dans un parc à 500m de là. Donc faut localiser un pot de fleur, une étendue de terre (mais pas trop loin pour pas avoir un tir rasant) une voiture (bloc moteur) etc...
Ensuite le problème de l'emploi de l'arme à feu est que trop souvent ça se résume à l'arme.
Avoir une arme en main est une forme de communication, tirer un coup de semonce une autre et envoyer le plomb la solution ultime. Quand une personne n'arrive qu'à communiquer avec le plomb, elle souffre d'une certaine forme d'autisme. L'exemple de Wood avec les Obergefreite de la Bundeswehr est parlant.
L'autre problème est que lorsque l'on sort une arme il faut avoir la volonté de tirer, ce qui signifie que la situation le demande et que psychologiquement on est prêt.
Si ces conditions sont réunies, normalement la communication non verbale va être très claire. Tu arrête de faire ce que tu fais ou je tire.
Par contre si par exemple, on emploie une arme pour menacer sans réelle volonté de tirer, le BG pourra continuer à faire ce qu'il fait.
Il sait par exemple, qu'il est désarmé et que l'on va pas tirer et là ça va vite être la m*rde.
D'où la remarque de Wood, qu'en définitive il faut sortir une arme que si on a le droit et la volonté de l'employer. Le coup de semonce ne remplace jamais ceci, c'est juste un complément si les conditions de départ son réunies.
Accessoirement dans un pays ou le BG peut partir de l'idée qu'on a un air-soft ça peut remettre les idées en place.
Le coup de semonce, c'est un petit plus dans la boîte à outil, ni plus ni moins.
Urgoz, pour le cas que tu cites, il me semble que le gars du 8 mis en cause avait gardé par devers lui des chargeurs complets de muns réelles et pas vérifié son équipement avant. Il me semble qu'on est à un autre niveau de négligence.
C'est pas un problème de négligence (enfin si dans le cas présent), mais un problème de culture des armes.
Personne ne me ferais tirer avec de la munition à blanc sur du publique et encore moins si ce n'est pas moi avec un contrôle des quatre yeux qui a chargé les chargeurs.
Alors pourquoi c'est arrivé quand même. Parce que en France et dans les Armées on a la culture de l'arme déchargée. Tout est fait pour avoir des armes sans munitions, avec des contrôles plus parano les uns que les autres. Finalement tout le monde considère une arme comme inoffensive. Dans le cas présent le sdt avait une petite réserve perso de munition (engagé habituellement en OPEX) et à graillé par dessus cette munition, de la munition à blanc.
Alors oui, c'est interdit, oui c'est une négligence, mais ce genre de chose arrive.
Prochain problème on organise une démo avec munition à blanc, ce qui à priori ne devrait pas poser de problème. La démo consistait en des TAI type tir et mouvement et pimenter le tout en rafale.
En dernière minute pour une raison X du publique se trouve dans la ligne de tir....
Et c'est maintenant que la vraie faute est commise. Dans la tête des responsables ainsi que des protagoniste, vu la culture de l'arme inoffensive, il n'y a avait pas de NO-GO de viser le publique et d'appuyer sur la détente. Le reste on le connait.
Moléson