Méningite C:
Je reste un peu perplexe devant l'exposé lourdement chiffré de ton lien vers DocBuzz.
- Il joint une courbe ( issue de l'InVS et tout à fait exacte au demeurant ) montrant la chute des cas de Méningite C ces dernières années en disant " vous voyez ça baisse ", en omettant de préciser que la souche C suit habituellement d'importantes variations cycliques ( des pics sont arrivés au milieu de rien en 92 et 2002 ), avec au mieux de ces pics une incidence générale de 0,5/100 000 ( ce qui veut dire bien plus pour les enfants, car quand l'incidence est en moyenne 0,3 / 100 000, elle est de 2,07 / 100 000 chez les enfants de moins de 1 an.
- Nous n'avons pas de recul nécessaire en France sur la méningite C et la vaccination. Dans le domaine, il n'y a que les britanniques qui ont fait école, en lançant une campagne de vaccination systématique de 1999 à 2007. Entre 1998 et 2007, la mortalité par méningite C est passée de 2500 cas par an à 27. Plutôt concluant.
- Son argument le plus insondable concerne les stocks supposément écoulés volontairement par l'état sur les populations défavorisées pour se débarrasser des " stocks gênants ", en profitant des patients chez qui l'état offre la vaccination. Sachant que toute vaccination comporte un risque même infime ( donc potentiellement dommageable à l'état en cas de complication ), que l'état n'y gagne pas un kopeck ( vaccins offerts ), qu'on m'explique quel interêt il aurait à faire un acte dont le risque est supérieur au bénéfice, qui ne rapporte rien, et qui augmente ses chances d'être accusé de scandale sanitaire, alors qu'il suffirait de les jeter... je réfléchis toujours.
- Enfin, selon l'exposé, les stocks à écouler en urgence par l'état comploteurs devaient tous se faire avant fin 2011, date de leur expiration. Nous sommes en plein 2012, sa théorie n'est plus d'actualité, soit rassuré.
Le vaccin contre la méningite C bénéficie de recommandations claires par les autorités de santé. Si on le propose, c'est que le bénéfice potentiel est supérieur au risque potentiel. C'est en l’occurrence une maladie gravissime à très forte mortalité, qui si elle n'est pas mortelle par chance, est souvent responsable d'amputations ou de très lourds handicaps.
Grippe A:
Enfin aparté pour la grippe A, j'ai tendance à me répéter, mais il y avait trois problèmes que tout le monde à mélangé.
1) La dangerosité / l'incidence de la grippe A. C'est sur ce point que se concentrent toutes les erreurs du gouvernement comme des épidémiologistes, du côté épidémio on ne peut pas leur en vouloir, prédire le comportement d'une grippe est très complexe et ils ont fait au mieux et au plus prudent avec le peu qu'ils savaient et les moyens à leur disposition. Le gouvernement ( surtout la ministre de la santé en fait ) a par contre géré ça de manière désastreuse d'une point de vue com' comme en exécution.
2) L'indication d'un vaccin ou pas. Cette indication a été plutôt bien gérée au vue des faits, beaucoup de monde se vaccine tous les ans pour la grippe commune, difficile de comprendre pourquoi ça devient choquant quand c'est une grippe d'un autre nom, surtout que le vaccin grippe A a été conçu aussi vite que n'importe quel vaccin saisonnier qui sont rappelons-le refaits tous les ans.
3) La dangerosité du dit vaccin, sur lesquels tous les délires ont eu libre cours, des blogs conspirationnistes aux nouveaux prophètes comme Marc Girard qui ont prévu suite à la vaccination grippe A, des dizaines de milliers de morts, qu'on attend toujours, basés scientifiquement parlant sur rien à part une très grande méconnaissance du mécanisme vaccinal et de sa composition ( en particulier la psychose adjuvants / squalène ), plutôt inquiétante chez un pharmacologue de formation. Qu'on se rassure, son buzz lui a permis d'écouler beaucoup de livres.
Dommage que la population générale n'ai retenu que les arguments obscurantistes ( et faux ) d'un vaccin meurtrier, plutôt que les réalités d'une simple grippe sur-évalué en incidence et en dangerosité, mais pour laquelle la réponse immédiate a été adaptée et d'une excellente inocuité ( retours des millions de vaccination grippe A ne montrant pas plus d'effets indésirables qu'un vaccin grippal classique ). Les analyses épidémiologiques de pandémies sont compliquées et demandent du recul. Si on avait attendu la latence et le recul nécessaire pour lancer la production de vaccin et la vaccination de masse avec des chiffres clairs de morbi-mortalité, et si la grippe avait été véritablement grave, il aurait été largement trop tard.