J'aimerais savoir quelles sont, à votre avis, les 10 compétences les plus importantes à avoir en survie nature... et pourquoi.
PN : j’ai travaillé dans mon coin, pour ne pas me laisser influencer.
Pardon si je répète des choses qui ont déjà été dites plusieurs fois
Pardon et tant mieux, car ce serait le signe d’un certain consensus.
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Première impression : Dix compétences, et des primordiales ? Tant que cela ?
D'abord, qu'est-ce qu'une "compétence"?Pour moi c’est – classiquement - un ensemble de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être, voire de "qualités" personnelles qui permet d'accomplir une tâche, de remplir une mission, de mener à bien une entreprise ... avec une garantie raisonnable de succès.
- Savoir : connaissance du sujet – acquise par l’étude ou par la découverte expérimentale, une voie renforçant l'autre.
- Savoir faire : expérience de la mise en pratique de ces connaissances.
- Savoir être : comportement approprié en fonction de son savoir et de son savoir faire.
- Qualité personnelle : quand une tâche, une mission ... exige une bonne endurance physique, on dira que l'endurance physique est aussi une compétence
Exemple : compétence en matière de météorologie – le problème est ici d’évaluer une situation météorologique. Ce qui est cité ci-dessous n’est pas limitatif)
Savoir :
- connaissance des phénomènes météorologiques, des facteurs physiques à l’origine de ces manifestations
Savoir faire :
- savoir prendre et interpréter les prévisions et les avoir confrontées à la météo effectivement rencontrée ;
- savoir reconnaître les indices de l’arrivée et du passage d'un front bien marqué, reconnaître et avoir vécu des situations propices à la formation de brouillard, ou d'orages ...
Savoir être :
- garder son sang-froid en plein orage
- savoir s’arrêter si le brouillard et/ou le verglas rendent la progression dangereuse
- savoir « y aller quand même », en étant décidé à appliquer un plan « B » (demi-tour, arrêt dans un abri, diversion) si les prévisions se réalisent « au pire » (et bien sûr, avoir tout ce qu'il faut pour appliquer ces plans "B" sans coup férir : le mental, le physique, le matos éprouvé).
Qualité personnelle : intelligence ... pour appréhender le degré de confiance à accorder à la prévision
Et la survie en milieu naturel, qu’est-ce que c’estJe vois trois cas que je vais aborder distinctement, bien qu’il y ait pas mal de recouvrement entre eux :
- la survie lors d’une immersion volontaire, planifiée … c.à.d. au final la sécurisation d’une « sortie » classique, motorisée ou non.
- la survie lors d’une sortie qui tourne mal
- la survie lors d’une « immersion » involontaire : panne d’un véhicule en pleine cambrousse, atterrissage forcé (faut pas aller loin : Mont St Odile, un soir de décembre …), fuite lors de troubles politiques
Et d’une certaine manière, je vois par là même une « progression » logique dans l’acquisition des compétences utiles. Encore que de nombreuses compétence s’acquièrent au fil du temps et en parallèle. À la fin vous serez tous Accompagnateurs et Secouristes en Montagne …
Je vois donc cet essai comme une tentative de programme (longue durée) de formation.
- Vous avez un copain qui s’intéresse aux sorties dans la nature, vous voulez en faire un équipier sur qui on puisse compter.
- J’ai un gamin de 10 ans, j’aimerais qu’il devienne un ado et puis un adulte sur qui on puisse compter. (Les sorties dans la nature constituent une excellente école de vie --- à condition de survivre)
A. Les compétences essentielles dans le cadre de sorties normales, planifiées, qui se déroulent raisonnablement comme prévu
Ce sont des compétences de précaution, de bonnes pratiques qui devraient limiter très considérablement le nombre de cas de situations de survie réelle au cours d’une sortie programmée.
1. L’ORIENTATION
Comment peut-on imaginer « s'enfoncer » dans la nature si on n’a pas une compétence raisonnable en matière d’orientation ? Je n’ai pas dit : « avoir tout l'équipement qu'il faut et savoir s'en servir », j’ai dit avoir une compétence raisonnable – en fonction de l’entreprise envisagée.
Deux composantes à cette compétence :
- le sens de l’orientation (zéro équipement, mais l’observation, la mémoire, la représentation mentale du terrain)
- les techniques et l’équipement. La carte est un équipement, savoir la lire est une technique.
Le sens de l’orientation, il y a certainement une partie d'inné. Il y a aussi une partie d'acquis, par l'exercice, la pratique, l’étude ...
Les techniques et l’équipement : il faut maîtriser les techniques, et avoir exploré les limitations de l’équipement. Celui qui croit que l'on peut faire confiance à 100% à « une bonne vieille carte papier », celui là manque de pratique. Celui qui pense qu’avec un GPS, il n’y pas de risque de se paumer … celui-là manque tout aussi cruellement de pratique ...
- On est compétent quand on a acquis la confiance par la pratique : on n'a plus peur de s'égarer.
- On est plus compétent encore quand on s’est déjà trouvé vraiment « désorienté » : c'est à dire en situation de conflit entre le sens de l'orientation et la réalité .
- On est très compétent quand on a compris, quand on a bien réalisé à quel point l’erreur humaine est la plus fréquente des défaillances => de là l’habitude de vérifier et de croiser les informations.
- On est ultra compétent, quand on a appris à développer son sens de l’orientation, à exploiter tous les indices, à utiliser toutes les techniques appropriées. Et cela d’une façon naturelle sans effort conscient. Ultra compétent ne signifie pas infaillible … mais presque !
NB : même quand on est en groupe, avec un « expert », on sent bien poindre, chez certains membres du groupe, une sourde angoisse dès que l’on quitte les chemins et sentiers : «
- et si le guide s’égarait, et s’il avait un malaise … que ferions-nous ?
- et si je perdais le groupe de vue, comment me retrouverait-on ? »
2. LA CONNAISSANCE DU MILIEU
Connaître les difficultés, les dangers, les pièges du milieu dans lequel on s’enfonce.
La connaissance du milieu inclut une connaissance suffisante de climatologie locale.
Connaître les pièges, mais surtout avoir appris à les reconnaître, à identifier les indices de danger …
Connaître les dangers, et savoir mettre en œuvre le ou les moyens appropriés de minimiser ces dangers.
Et si on s’aventure en milieu inconnu ou en territoire non familier?
Alors, savoir prendre conseil, prendre un guide « local », faire preuve de beaucoup de prudence, être prêt à limiter ses ambitions, voire à renoncer ...
3. LA SÉLECTION DE L'ÉQUIPEMENT NÉCESSAIRE, ET LA CAPACITÉ À L’UTILISER À BON ESCIENT
La sélection du matériel s’opère en fonction du milieu, et aussi en fonction des personnes impliquées dans la sortie.
La compétence implique évidemment la connaissance théorique et pratique des limites de l’équipement, et l’expérience pratique de son utilisation.
Exemple :
C’est bien d’avoir lu sur la notice du téléphone portable qu'il ne supporte pas des températures inférieures à 0° (par exemple). C’est mieux de l’avoir expérimenté, d’avoir réagi en réchauffant la batterie et l’écran, et, l’ayant ainsi vu revivre ... d’avoir pris l’habitude de le transporter bien au chaud dans une poche intérieure pour une disponibilité immédiate.
4. L'ASSERTIVITÉ, EN GROUPE, VOIRE TOUT SEUL
a) Définition (essai)Assertivité : néologisme dérivé de l’anglais « assertiveness » - pauvrement traduit par « assurance »
Blabla dans Wikipedia : Une attitude de vie pour certains, un ensemble de compétences pour d’autres.
En aviation : une composante essentielle du travail en équipage, que les instructeurs cherchent à développer un maximum, particulièrement au niveau des jeunes copilotes.
L’assertivité, d’un point de vue « opérationnel » :
– oser communiquer une information et un point de vue tout en respectant le ou les interlocuteurs.
– réagir positivement face à des personnes ou des situations vécues comme difficiles
– communiquer de façon constructive des messages délicats (dire « non », mauvaises nouvelles, demandes impossibles à traiter…).
En gros, la communication « utile », ou l’art et la manière de faire entendre sa voix dans un groupe.
b) Exemples Savoir dire au leader qu’il vient de prendre le mauvais sentier ... sans lui donner l’impression qu’on se fout de lui! (Si c'est à moi que cela arrive, ce genre de bévue, je préviens illico : vous pouvez vous en donner à cœur joie!

. D'ailleurs, j'ai deux ou trois bonnes excuses toutes préparées à l'avance . )
Savoir dire : « Je ne suis pas à l’aise, là ... je vois le baro baisser à toute vitesse »
Savoir dire : « Stop les gars, il faut absolument que je soigne mes pieds … »
Il y a des gens qui sont naturellement doués … pour d’autres, il existe des formations, qui peuvent en valoir la peine, surtout au niveau professionnel.
C’est déjà un grand pas de fait, si déjà on a pris conscience :
- qu’il est nécessaire de vaincre sa timidité, d’avoir une certaine confiance en soi, d’éviter la position de soumission.
- qu'un débutant peut remarquer quelque chose, avoir un pressentiment diffus … et que son avis mérite d'être pris en considération : parfois, d'autres ont le même avis, mais hésitent encore à l'exprimer.
- que, pour se faire entendre, pour défendre un point de vue efficacement, il vaut mieux ne pas être agressif, mais il faut quand même s'exprimer avec une certaine assurance. On peut avoir peur de s’engager dans un passage difficile, et le dire avec assurance ...
Pas confondre quand même : être assertif, c’est savoir communiquer utile, ce n’est pas être « la grande gueule du groupe» …
c) Les techniques d’assertivité, quand on est tout seul ?Savoir
faire parler la petite voix, celle qui dit : «
« - t’es sûr d’être sur le bon sentier, là ?
- t’as vu où tu vas te ramasser, si tu dérapes ?
- ce ne serait pas plus intelligent de faire demi-tour ? »
Etc.
5. LA GESTION D’UNE SORTIE
Toutes les compétences – essentiellement des compétences de management – nécessaire pour préparer au mieux une sortie, la mener à bon terme, tirer leçon de l'expérience.
a) Préparation de la sortieRecherche d’informations sur le « milieu »
Collecte d’informations fiables sur les capacités des participants (problèmes de sante, et allergies notamment).
Adéquation entre le niveau d'engagement, les capacités des participants, le matériel disponible.
Préparation de l’itinéraire.
Recherche de « points de chute » (abris, refuge) et d’itinéraires alternatifs
b) ExécutionAvant de se mettre en route :
- En fonction de la météo du jour : choix de l’itinéraire, présélection d'un ou de plusieurs plans bis
- Briefing convivial : assertivité, cohésion du groupe, consignes en cas de séparation, inventaire de l’équipement essentiel, inventaires des médicaments.
En cours de route :
- « suivi » de la progression, de la météo, de l’état physique et moral de des co-équipiers et de soi-même.
- Choix du lieu de bivouac
- Détection d’un « départ en vrille » : les choses commencent à tourner mal, les incidents s’accumulent, il faut corriger la tendance, tout de suite !
- Savoir prendre au bon moment la décision de passer au plan « bis » le plus approprié si nécessaire. Notons que s’arrêter et s’installer sur place, c’est souvent un bon plan bis, le plan bis par défaut en quelque sorte.
c) Au retour :Réflexion, analyse et débriefing sur :
- ce qui a bien marché
- ce qui aurait pu être mieux
- les grosses erreurs éventuelles
Bref : tirer les leçons de la sortie, pour que ce soit mieux encore la prochaine fois.
C’est – malheureusement – une étape qui n’est pas assez « valorisée », trop rarement oubliée.
Conclusion provisoires : cinq « compétences » pour grandement limiter les risques de catastrophe.
B. Les compétences utiles - quand une sortie programmée tourne à la situation de survie.Le contexte : une situation exceptionnelle, que l'on n'a pas pu maîtriser, et qui fait que l'on regrette amèrement de ne pas être resté chez soi ... Le pronostic vital est incertain : il faudra pouvoir exploiter au mieux chaque opportunité. Réagir vite et bien
On ne peut pas tout envisager, on ne peut pas se préparer à tout … Avoir une super compétence pour une cata qui n’a pas une chance sur un milliard de se produire … ce n’est plus une compétence « primordiale », cela relève du fantasme.
Quelles sont donc ces catastrophes « pas totalement évitables » au cours d’une sortie en milieu naturel ? – Celles qui nous pendent au nez malgré le déploiement des 5 premières compétences ? Malgré l’emport de l'équipement adéquat? Je vois notamment, et grosso-modo par ordre de fréquence
a. Les accidents … - Bobologie (ampoules, petites coupures, éraflures, bosses) …
- Traumatismes plus ou moins graves : Entorse, jambe cassée, lésion à la colonne vertébrale, fracture de crâne
- Brûlures
- Plaies infectieuses (notamment suite à des ampoules mal soignées)
- Chute dans un cours d’eau
b. Les malaises ou maladies- Malaise cardiaque
- Accident vasculaire cérébral
- Insolation
- Hydrocution
- L’accès de folie (le coup de tête, « perdre la boule »)
- Rage de dents,
- maladies infectieuses diverses
- Intoxications
c. Les agressions- Par des animaux : chiens, essaims de guêpes, serpent, ours ( ?)
- Par d'autres randonneurs, par des voyous
d. Le déchaînement des forces de la nature.- Tornade
- Incendie
- Avalanche, coulée de boue, glissement de terrain, inondation brutale
Dans ces cas de figure, on se retrouve dépouillé de tout ou partie de son équipement, qui a été abandonné dans la fuite ou emporté par les éléments.
C’est toute une série de scénarios, qui mériteraient bien une sérieuse étude statistique !
En attendant cette étude voilà les compétences qui me semblent importantes
6. SAVOIR DÉTERMINER LES PRIORITÉSGardez son sang-froid, analyser la situation et déterminer :
- Dans l’instant : ce qui est « salvateur », ce qui doit être fait immédiatement pour minimiser le danger le plus important, ou pour prévenir le sur-accident.
- en quelques inspirations : ce qui sera absolument requis dans les trois minutes …
- après avoir sorti une cigarette ou un bonbon du fond de sa poche : ce qui est urgent dans les trois heures
Les priorités au-delà de quelques heures … ce ne sont plus de vraies urgences, on aura le temps!
Est-ce là une vraie compétence ?
Oui, dans la mesure où elle repose sur un peu de savoir (avoir « assimilé » la règle des trois), assez bien de pratique (exercice en situation), et qu’elle détermine un savoir être.
La lucidité dans l’instant, le réflexe qui sauve une situation … relèvent peut-être plus d’un entraînement sportif que d’une compétence de survie proprement dite. Mais enfin, rien n’interdit de s’y préparer par la pratique de certains sports qui utilisent beaucoup la vision périphérique … (sports d’équipe "rapides")
7. COMPÉTENCES EN MATIÈRE DE PREMIERS SECOURS : PSC1 ET PLUS
- L'attention au sur-accident,
- les gestes qui sauvent,
- les gestes qui prolongent la vie,
- l’appel au secours efficace …
Il est logique d’avoir emporté les accessoires (trousse de secours, moyens de signalisation) qui permettent d’exercer efficacement ces compétences.
8. SAVOIR DURERLes secours ne seront pas toujours là dans l’heure, ni même dans la journée.
Si on est bloqué sur place, il faut pourvoir survivre plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
a) En priorité - savoir se protéger du froid(le chaud est moins critique)
On a trois heures pour réussir un feu, trouver ou aménager un abri …
b) Ensuite : gérer les blessures, les maladies … (en attendant les secours)
Il n’est pas interdit d’étendre ses compétences au-delà du PCS1, d’étoffer quelque peu la trousse de secours, compte tenu de l’éloignement des services de secours lors de certaines sorties. Quelques antibiotiques bien choisis peuvent faire la différence …
c) Savoir se procurer de l’eau et la rendre potable.
Savoir recueillir l'eau, la filtrer, la rendre potable ... avec les moyens du bord.
Note : savoir trouver de la nourriture et la préparer n’est pas du tout indispensable : c’est juste bon pour le moral. C’est bien de le savoir et de le dire !
9. LA FORCE MORALE
Ou encore le Mindset :
- L'instinct de survie
- La rage de vaincre
- L’orgueil bien placé
- L’intelligence … l’intelligence émotionnelle, l’intelligence tout court … La capacité à agir intelligemment malgré le stress ...
Sont-ce là des compétences ?
Oui, dans la mesure où interviennent, des connaissances, de la pratique, un savoir faire ou un savoir être. En tous cas, ce sont des qualités que l’on peut développer, renforcer … par l’exercice.
L’intelligence est-elle une compétence?
Si on la définit comme la capacité de comprendre une situation et d'en tirer le meilleilleur parti :
- l’intelligence se développe au travers de certaines activités : certains jeux, l’apprentissage d’une langue ... en particulier d’une langue ancienne …
- l’intelligence est renforcée par l’acquisition d’une base de connaissances étendue : on comprend mieux, plus vite, quand on connaît … on est alors un mec « calé », synonyme d’un mec compétent.
10. LA FORCE, L’HABILETÉ, ET LES CAPACITÉS PHYSIQUES
Ultime compétence utile de l’homme des bois.
L’intelligence du corps, en quelque sorte.
On parle parfois de compétence dans l’utilisation optimale d’un outil, par exemple d’une hache.
Ici l’outil, c’est le corps. On peut rendre cet outil efficace, l’entretenir, l’aiguiser, apprendre à l’utiliser à bon escient. Savoir « bien » nager … c’est quand même une compétence vachement importante !
Voilà : encore cinq « compétences » qui forment un tout avec les cinq précédentes : elle se développent par la pratique des sorties plus ou moins engagées, mais aussi par la pratique dans d’autres circonstances de la vie. _ _ _ _ _ _ _
C. Compétences primordiales en situation de survie réelle dans la nature, en dehors du cadre d’une sortie organiséeDésolé, je suis arrivé à mon quota de 10 …
Mais je suis persuadé que celui qui possède les dix compétences précédemment citées est vraiment bien armé pour se tirer d'affaire au mieux, en n'importe quelles circonstances.
En synthèses, mon choix des dix compétences principales, plus ou moins classées par ordre « d’utilité »
On parle bien de survie dans le milieu naturel.
- 1. L'orientation
- 2. La connaissance du milieux
- 3. La sélection du matériel
- 4. L'assertivité
- 5. La gestion de la sortie
- 6. La détermination des priorités
- 7. Les premiers secours
- 8. Savoir s'installer dans la durée
- 9. La force morale
- 10. La force et les capacités physiques
C’est ma conviction profonde que les compétences d’ordre préventif sont plus importantes que les compétences d’ordre curatif.
PN : j’ai travaillé dans mon coin, pour ne pas me laisser influencer.
Maintenant je vais enfin pouvoir vous lire ! Et je m'en pourlèche les babines!
