C'est net que la psychologie du mec en face change énormément de choses, et que sa propre psychologie à soi aussi.
Mais franchement, dans le feu de l'action j'avoue que j'ai jamais trop eu tendance à faire des analyses très fines... ni de mon propre état, ni de celui du mec en face. Le calme, le vrai calme, face à une situation à risque comme ça, à mon humble avis c'est de la connerie. Si t'as pas un minimum de stress physique qui monte, t'es mal.
Ceci dit on m'a souvent fait la remarque que même dans les situations de m*rde j'ai l'air parfaitement calme. Le fait est que j'ai seulement l'AIR calme. Je me concentre pour détendre mes muscles, éviter la crispation, tant mentale que physique. J'essaie de rester présent, d'analyser, de ne pas me réfugier trop vite en mode "plus rien à foutre", justement.
Mais si je me laisse aller, la pente naturelle, c'est de couper les circuits de réflexion, de couper les circuits d'inhibition, et de démolir le truc en face qui bouge, fait du bruit avec la bouge et qui me stresse.
Je pense que les grands discours et les jolies méthodes sur l'esprit et la psyché et tout ça, c'est beaucoup, beaucoup de flûte. En situation de stress, de la psyché en fait il n'en reste plus des masses. Il reste, en gros, des attitudes physiques inscrites dans le corps à force d'habitude. C'est pour ça que je passe mon temps à travailler MA position de base (j'en ai pas 50, j'en ai une, et c'est la même pour tirer au pistolet, à la carabine, au fusil à eau, à la lance à incendie ou pour lancer un coup de patte). Pieds à la largeur des épaules, 45° par rapport à la cible, ligne des épaules devant les hanches (légèrement en avant), coudes sur les côtes, mains à hauteur de la gorge, tête tournée face à la cible. TOUJOURS regarder le plus possible vers la cible, même quand on mange. C'est sans doute ca le plus dur... et le plus important si on veut pouvoir changer quoi que ce soit.
Tu me pousses dans tous les sens, tu me fais tomber, je me relève... sans réfléchir je suis déjà revenu à MA position. MA position c'est comme mon doudou. C'est le truc auquel je me raccroche quand tout va mal. Et de là je peux reprendre des appuis, retrouver mon équilibre, bouger... sans réflechir. Et je remarque que tant que je peux retrouver cette position, je peux combattre. C'est comme si cette position là conditionnait mon esprit... ou à tout le moins la partie de mon esprit qui permet le comportement qui va bien pour sauver mes miches. Si je ne vois rien, que j'ai mal, que je déguste, peu importe. Dès que je sens que je perds le contrôle de tout, je cherche à retrouver cette position. Et si j'y arrive (même couché sur le dos, même assis, même juste mentalement l'espace d'une fraction de seconde), je peux repartir.
Etrange, non ?
Allez ciao

David