Bonjour à tous
Nouveau sur ce forum et après un bref passage par la rubrique "présentation", j'aimerais apporter ma contribution sur ce fil.
Je crois que nous pourrions tenter de donner une définition à ce que nous appelons "folie". Le terme idoine ne serait il pas
"psychose" ?
Tentons de donner une définition
La psychose : un état, et avant tout une structure de la psyché ayant ses mécanismes propres, dans laquelle le contact avec le réel est rompu, et dont le sujet n'a pas conscience du caractère pathologique.
Intrinsèquement, la psychose reste une défense,certes inadaptée, contre le néant, l'angoisse dite de "morcellement", ou de vide.
Au premier rang des psychoses, la plus fréquente, la schizophrénie paranoïde (il existe non pas une mais des schizophrénies), se caractérise par une perte de contact avec la réalité, un autisme, un délire (de persécution, de possession, mystique, de filiation illustre etc...) une dissociation (langage bizarre, hermétique, coupé dans les idées, coupures entre le penser-le vouloir et l'agir) et des hallucinations auditives, visuelles, de transformation corporelle parfois...
L'apparition se fait typiquement à l'adolescence. Le basculement dans la maladie peut se faire ex nihilo, ou être favorisé par la prise de toxiques (cannabis, hallucinogènes).
Le sujet est totalement réfractaire à tout raisonnement contredisant le délire, le délire est pour lui réel, aussi réel que l'est pour vous votre vie de tous les jours, il parierait sa vie la dessus. La paranoïa existe souvent en concomitance.
Par exemple : il est persuadé que ses voisins et/ou les services secrets et/ou les extraterrestres et/ou vous, contrôlez le monde et veulent le tuer, qu'il est surveillé. Il a l'impression qu'on cherche à lire dans son esprit, que des caméras et des micro sont installés chez lui. Il entend les pensées des gens, des défunts, les paroles du diable. Il est l'élu de l'humanité etc...
La schizophrénie peut être chronique, ou évoluer par crise, parfois sans antécédents, on parlera alors plutôt de "bouffé délirante aiguë"
La paranoïa seule est plus rare, il faut là encore distinguer la personnalité paranoïaque (méfiance, rigidité du mental, tempérament procédurier, raisonnement à postulat faux, suspicion, vanité) du délire paranoïaque qui peut d'ailleurs se développer sur ce terrain là. croiser le regard d'un individu de ce type, de surcroit nerveux, impulsif, vous expose facilement à une altercation. Après tout dépend de son éducation, son sens de la réalité...
Il semblerait, qu'un paranoïaque simple, colérique, mais gardant un certain contact avec le réel et un instinct de conservation, n'attaquera pas de front un Fred Perrin ou un Patrick, à la rigueur il demandera un procès pour un préjudice imaginaire, ou dérisoire...
Il en va tout autrement d'un schizophrène paranoïaque, persécuté, qui ne craint personne, se pensant l'égal de dieu, ou nantis de super pouvoirs, ou se sentant obligé de se défendre contre un agresseur désigné.
Les psychoses maniaco dépressives : (on parle plus volontiers maintenant de troubles bipolaires) La personne alterne entre des phases dites maniaques d'hyper exaltation, d'excitation, d'accélération de la pensée, de dépenses, d'actes et de projets irréalistes etc... et des phases d'abattement total, de tristesse et d'angoisse profonde. Le détachement du réel est surtout lié à la phase maniaque.
Ces personnes peuvent de part leur instabilité d'humeurs, se montrer subitement extrêmement agressives et colériques, pour des causes dérisoires, des évènements anodins. La vanité, la susceptibilité, peuvent prédominer lors de la phase maniaque.
Un schizophrène paranoïaque vit dans un univers différent du notre, son univers. Notons également que névroses et psychoses, avant de désigner des pathologies, se rapportent à des structures mentales : structure névrotique ou structure psychotique.
Dans la structure névrotique, l'individu a surmonté le complexe d'œdipe (plus ou moins bien d'un individu à l'autre) vers 4 ou 5 ans, et il accepte les interdits, la civilisation et les limites du réel. Dans la psychose ce complexe n'est pas atteint, la psyché régresse ou se fixe à un stade archaïque du développement, bien avant que l'enfant ne prenne conscience de son unicité, de sa relation avec le monde extérieur.
Les névroses :
Nous sommes tous névrosés, à des degrés différents, et heureusement d'ailleurs.
Dans les névroses même graves, la personne garde conscience de son état, elle a le plus souvent conscience de ses troubles, qui génèrent une souffrance, la maladie est parfois clairement désignée ("je ne supporte plus de me laver les mains 100 fois par jour, je sais que c'est absurde, mais je ne peux pas m'en empêcher"). Selon sa culture personnelle, son éducation, son intelligence et les relations que vous entretenez avec elle, elle reste accessible à la discussion. La névrose est toutefois de gravité moindre que la psychose.
On distingue des névroses :
Obsessionnelles : répétition rituelle de gestes, de vérifications, obsession exagérée du détails et de l'ordre, rituels excessifs engendrant une gêne (par exemple répéter une série de gestes, de rangement, de mise en ordre durant 1h avant le coucher, recommencer si l'on se trompe...) On y inclue généralement les TOC (troubles obsessionnels compulsifs) : lavages de mains ultra fréquents, demi tour pour vérification de la fermeture de la serrure 10 fois de suite...
Hystérique : tendance à la séduction amoureuse gratuite et effrénée (mais généralement sans aller jusqu'au bout), théâtralisme, envie de se montrer, fausses maladies pour attirer l'attention...
phobique : peur panique incontrôlable d'objets n'ayant pas à priori un caractère menaçant : livres, plumes d'oiseaux, souris...
Dans la réalité, les catégories peuvent se recouper...
Cette distinction typiquement héritée de Freud, ne remplie pas (ou plus aujourd'hui) complétement son rôle de classification (au point que les psy anglo saxons l'ont abandonnés pour ne plus se baser que sur les symptômes).
On doit au moins y inclure les états dit limites, ou borderline. Ce sont des états mal définis, intermédiaires entre névrose et psychose, et c'est que se situent généralement entre autres, justement les personnalités psychopatiques (assassins, violeurs, criminels, pervers, pervers narcissiques). Elles se caractérisent par une indifférence à la souffrance d'autrui, un rejet de la société et de ses normes, une absence de remords, un plaisir de faire du mal en connaissance de cause (le psychopathe sait qu'il fait mal, mais il s'en fiche et aime ça), un attrait pour les conduites à risque (alcool, drogue, sexualité désordonnée et déviante). L'autre est nié en tant qu'individu.
Donc, AMHA, pour en revenir au fait de déceler des signes avant coureurs d'une attaque par un inconnu, si il s'agit d'un malade psy, je dirais qu'il n'y a sûrement pas de réponse toute faite.
Il peut s'agir d'un paranoïaque simple qui se sentant provoqué et harcelé, voire menacé, va réagir en conséquence, mais toujours en fonction de qui il a en face, comme le ferait n'importe qui si la menace était réelle : paroles, réaction, agressivité, posture...
Sauf que la désescalade sera plus difficile, elle nécessitera surement une stratégie adaptée (sans contredire d'emblée l'interlocuteur).
Il peut s'agir d'un schizophrène délirant, se sachant (dans son délire) menacé de mort, qui va soit prévenir, soit attaquer d'emblée pour minimiser ses chances d'être blessé par le ... démon, l'extraterrestre, le tueur lancé à ses trousses, la personne portant des habits noirs et rouges... Là il est surtout question de l'approche que l'individu a de la situation, qui pour lui tout ce qu'il y a de plus réel.
La surveillance de l'environnement,l'observation, la prudence semblent demeurer les meilleures solutions.