Anke,
Bah moi, au risque de décevoir, je ne suis pas DU TOUT d'accord avec ta vision de la chose.
Je ne crois pas que ca soit répréhensible en soi de coucher à gauche et à droite, ou que ca soit mal en soi de se mettre minable ou de se defoncer la gueule regulierement. Avant de juger quelque chose, il faut voir les EFFETS réels et concrets du truc. Fumer un joint le dimanche après midi en regardant un film pour décompresser alors qu'on a fait son taf et que tout est ok, c'est une chose. Fumer un gros pète juste avant son oral de philo, arriver là défoncé et se marrer parce qu'on ne pige pas la question, et louper son bac a cause de ça, c'est pas la même. Les effets concrets du truc ne sont pas les mêmes...
Bref, il faut voir les choses dans leur contexte... et il faut juger du bien ou du mal des choses en fonction de leurs effets réels. Et là on découvre que rien n'est blanc et noir, mais que tout est une put**n de logique floue super inconfortable quand on n'a pas l'habitude.
Une fille qui couche à gauche et à droite, on peut choisir de la traiter de sal*pe. Et comme ça on l'aide vachement à retrouver l'amour d'elle même dont elle a besoin pour croire en une relation de couple à plus long terme qu'une demie heure au fond d'une 206 tunée...

Et donc, avec tout le respect que je te dois, Anke, je suis totalement et farouchement opposé à ta vision de la chose. Après, bien évidemment, t'as droit à ton opinion. Et j'aurai vachement plus d'arguments à opposer quand mes gamins auront l'âge des tiens et qu'ils seront aussi bien dans leurs baskets... ce qui n'est pas encore fait. Mais nous ne sommes pas du tout d'accord là-dessus.
Qui sont les jeunes, concrètement, qui couchent avec n'importe qui n'importe quand (outre pour faire leurs apprentissages du truc pendant quelques mois) ? Ce sont ceux qui ont manqué de l'attention et de l'affection nécessaires au développement harmonieux de leur personnalité. Et il y a une condition sine qua non à ce développement : l'assurance d'être aimé par ses parents et ses proches.
Qu'on se prenne des baffes ou pas, qu'on soit élevé à la dure ou dans le laxisme le plus total, LE truc qui compte c'est de se SENTIR aimé. Vraiment. Et si tu regardes les cas extrêmes, les tueurs en série, les mecs ultra-violents, les violeurs, les fous-furieux... bah ils ont TOUS un truc en commun : ils ont TOUS, sauf très rare exception, été maltraités, battus, négligés pendant leur enfance. Certains avaient des parents qui avaient l'air parfaitement normaux... certains ne se sont jamais pris une baffe : ils ont juste été laissés à eux-mêmes, ou traités comme de petites nuisances sonores...
Les gamins qui se sont vraiment sentis aimés pendant leur enfance, ils font une petite connerie de temps en temps, mais grosso modo ils deviennent des gens bien.
Evidemment, il n'y a pas toujours de probleme de fond... et parfois un gamin fait une connerie de maniere presque aleatoire ou pour faire comme les copains... la, oui, une paire de baffes et une remise en route du systeme neuronal. C'est, je pense, le cas de on fils qui s'est bourré la gueule et qui s'en est pris une. C'était un reset du cerveau. Le truc rare. Le truc, à mon avis, qui contrastait avec tout le reste de son éducation.
Mais je tiens à souligner une chose, pas tellement pour toi, Anke, mais en général : les gamins ne s'elevent pas à coups de tartes dans la gueule... Quand on veut qu'une fleur pousse, on lui met les pattes dans l'engrais, il lui donne du soleil, de l'eau, de la chaleur... on la protege. Et elle pousse toute seule. Si on veut qu'elle pousse plus vite, ca ne sert à rien de tirer dessus... et si on tire trop fort on l'arrache.
Mes deux blaireaux...
Ciao

David