On en est à 10 posts et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on ne croule pas sous le signal.

Alors histoire de contribuer un peu, voilà quelques explications concernant mon cas personnel :
Cadre de vie :
J'habite dans un minuscule hameau situé en plein campagne dans le Jura. Je travaille dans l'Ain les soirs et week-ends (2 boulots) et j'ai 30 km de trajet à parcourir (60 km aller-retour). Au départ, je commence par 10 minutes de routes vallonnées et sinueuses à souhait, régulièrement enneigées, parfois verglacées, en principe dégagées mais pas toujours, surtout compte tenu de mes horaires tardifs. Le risque de rencontre avec des animaux est loin d'être négligeable (chevreuils, renards pour ne parler que des plus gros). Deux secteurs, les plus délicats bien sûr, ne sont pas couverts par le réseau GSM (représentant un bon tiers du trajet en temps).

Les risques : rester bloqué par temps de neige (plus de motricité), sortie de route (éviter un animal, verglas, neige) qui m'envoie en contrebas de la route, rencontre fortuite avec un animal qui m'explose l'avant de la voiture, panne de voiture.
Mes possibilités : appeler les secours avec mon mobile, me déplacer si pas de réseau. Si je ne suis pas en mesure de me déplacer (blessure, mauvais temps, bloqué en contrebas dans un trou), rester sur place, me préserver (dans le désordre : me réchauffer, me soigner si possible, m'hydrater, éviter les c*nneries), me signaler (klaxon s'il marche, lumière, épave du véhicule visible, sifflet si j'entends ou vois des secours qui me cherchent à pied...). Brûler le véhicule : mauvais plan, risque de me blesser (suraccident) !

Je continue avec 20 minutes de route départementale bien droite, sans point noir à signaler, à part peut-être un double ralentisseur en "S" très étroit à l'entrée d'une commune, délicat à négocier quand on croise un camion un peu téméraire. À noter toutefois que le département de l'Ain est très mal noté en terme d'insécurité routière et que j'ai notamment dû effectuer des détours cet automne à cause de deux accidents mortels survenus avant mon passage et ayant causé un embouteillage monumental.
Les risques : accident de la route, panne de voiture, perte de contrôle (neige, verglas, éviter un véhicule qui se déporte sur moi.
Mes possibilités : appeler au secours (GSM), les autres automobilistes, la marche à pied.

La ville où je travaille est une agglomération d'environ 60 000 habitants avec les petites communes qui la jouxtent. Une ville normale, pas plus sûre ni plus dangereuse que la moyenne, même si on y brûlait (brûle ?) des voitures et caillaissait des bus dans certains quartiers, mais je n'ai pas de raison ni l'envie de m'y rendre. J'ai habité 40 ans cette ville, donc je la connais assez bien. Je gare ma voiture sur mes lieux de travail dans des parkings sécurisés (clôture, portails, caméras).
Les risques : accrochage avec tôle froissée, panne de voiture, prise de bec avec un conducteur irascible. Agression en faisant le plein le soir à la station-service automatique, ou sur le parking du supermarché (peu probable la journée). Car-jacking ?
Solutions : verrouiller ma voiture de l'intérieur en agglomération, désescalade en cas d'incivilité sur route (ne pas répondre, ne pas sortir du véhicule, appeler la police), scanner l'environnement avant de sortir et monter en voiture, idem tout en faisant le plein... En cas de panne, rester à l'intérieur du véhicule pour appeler et attendre l'assistance.
Les trajets domicile-travail représentent sans doute 90% de mes trajets. Le reste : emmener les enfants à l'école de temps en temps (c'est normalement leur mère qui s'y colle du fait de ses horaires de travail "compatibles"), les déposer chez leur mamie, copains, faire les courses en journée (détour avant d'aller au boulot) ou à côté de chez moi le week-end. Peu de sorties par ailleurs en ce qui me concerne : vie sociale limitée vu mes horaires. Les vacances : je vais pas à la montagne car j'aime pas le ski.

Petit séjour à la mer en été dans un coin tranquille. Les risques à ce niveau : accident, carambolage sur l'autoroute, panne. Sur place : comme ci-dessus en ville.
Ma voiture va atteindre les 120 000 km et bien que régulièrement entretenue en concession, le risque de panne inopinée est statistiquement à prendre en considération. Mais comme c'est une voiture récente, donc bourrée d'électronique, le mieux que je puisse faire dans ce cas, c'est appeler l'assistance.

Donc hormis la roue de secours, le cric et la manivelle, je n'emporte qu'une petite trousse d'outillage (plus par principe que par conviction avec quelques clés, tournevis). J'ai un chargeur-démarreur autonome de batterie en cas de panne, mais j'ai changé ma batterie l'année dernière et la nouvelle est une 720 AH contre 380 d'origine, de quoi voir venir. C'est plus pour dépanner les autres. J'ai acheté récemment deux rouleaux de tape 3M chez Lidl grâce à un tuyau de DEUN (merci m'sieur

). J'en ai mis un dans le coffre : 50 mètres, c'est toujours utiles pour bricoler tout et n'importe quoi, ou fixer les tiroirs d'un meuble qu'on déménage... Mais là, je ne suis plus dans l'optique BOB, mais "fond de coffre", au même titre que le fond de sac.
BOB de voitureDéjà, tout comme on ne randonne pas avec le même équipement en été qu'en hiver, mon BOB évolue un peu en fonction des saisons. Et des envies, des circonstances et de mes derniers achats
compulsifs, aussi, je dois le reconnaître.

En général, j'ai toujours dans ma portière une gourde Sigg de 1 litre (reléguée ici car trop lourde, petit goulot, bref, je l'aime pas), plus une ou plusieurs petites bouteilles d'eau, reliquat des passages chez M*c D* avec les enfants, plus ou moins vides, remplies à nouveau selon les besoins. En été, j'échange souvent la gourde au profit d'une ou deux bouteilles en PET de 1,5 ou 2 litres remplies d'eau, pour avoir de la marge.
Dans le coffre : une pelle CS achetée récemment (déneiger les roues du véhicule), une scie Bahco (couper des branchages pour les mettre sous les roues), parfois ma hachette et ma serpe Fiskars (qui a dit overkill ?

) une ou deux couvertures (se tenir au chaud), deux carrés de dalle de moquettes (siège pour s'asseoir, changer une roue sans se saloper, mettre sous les roues pour la motricité en cas de neige), une paire de gants en cuir (protection mécanique et -un peu- thermique des mains). En hiver, j'ajoute mes bottes en caoutchouc (plus facile de se déplacer dans la neige qu'en chaussures de ville) et une grosse paire de chaussettes, parfois mes grosses godasses d'outdoor (si pas ou peu de neige mais grosse caillante : plus chaud que les bottes).
Dans l'habitacle, je laisse souvent ma swanndri, parfois une polaire supplémentaire, la parka du boulot. C'est un peu à l'avenant, mais même sans cela, je ne suis pas dépourvu, sachant que je circule toujours en hiver en m'habillant comme si je devais me déplacer à pied (tour de cou, bonnet, gants polaire dans les poches). Dans les rangements, un clone photon (merci Maxi

), une petite lampe à dynamo, mon chargeur de téléphone allume-cigare, papier, crayon, boite de mouchoirs, briquet... Tout ceci en plus de mon EDC proprement dit (briquet, bandana, paquet de mouchoirs, power tape, sérum phy, dyneema, porte-feuille, téléphone, sifflet, mini-SAK, clé USB, photon dans le pantalon, plus couverture de survie 100 g, bougie dans ma veste).
Quant au BOB proprement dit, en fait, je n'en ai pas véritablement. Ma base pour tenir sur place ou rentrer à pied (si proche de chez moi et en état et météo potable) en cas de pépin, c'est mon fond de sac de rando que je case dans un petit sac à dos D4 10 litres. Dès que je monte en voiture, je le mets devant le siège passager si je suis seul, à portée de main pour le saisir et dégager à toute vitesse si besoin est (et si j'en suis capable). Inconvénient : il peut se transformer en projectile en cas de tonneau.

Si j'ai des passagers, je me résouds à le ranger dans le coffre. En gros, il y a : poncho, couverture de survie suisse (merci David

), bout de pare-soleil, sursac RAB ou bivy AMK suivant l'humeur et les essais en cours, Nalgene, mug, mini-P3RS et sa bouteille d'alcool, bonnet polaire, trousse de secours, kit hygiène, petit brol (oeuf Manise, bougies, briquets, sardines, dyneema, cuillère, bouillons cube...), poche Platypus 1 litre et filtre Frontier Pro (récemment acheté), couteau RC-4 et scie Fiskars). J'ajoute mon matelas Arkmat 127 pour faire bon poids (façon de parler !

). Parfois, je laisse aussi mon outre MSR 6 litres remplie dans le coffre. Bref, de quoi me tenir à peu près au chaud, au sec, me soigner, m'hydrater, me signaler, me réconforter...
Et si j'ai les enfants et/ou madame avec moi ? Bon, là, je reconnais que je risque d'être un peu juste selon les circonstances (eau, bouffe),

mais la plupart du temps, je circule seul. Et avec ce que j'ai dans le coffre et le fait que la famille prend soin de s'habiller suffisamment pour circuler en voiture (faut parfois encore un peu se battre

), je pense qu'on est tout de même en mesure de s'en sortir sans trop de casse (hors blessures physiques j'entends) si on se retrouve bloqués quelque part.
Dernière chose que j'oubliais, le truc le plus important avant mon BOB de voiture : mon cerveau (ça vaut ce que ça vaut

), une conduite souple et sereine, une capacité de regarder au loin et d'anticiper au maximum les difficultés et une attention de tous les instants, histoire de faire en sorte d'éviter au maximum d'avoir à sortir le matos au fond du coffre...

PS1 : c'est un peu brouillon, certainement incomplet, un poil HS sur certains points, mais je voulais apporter un peu de matière à ce fil qui me semble bien mal parti.
PS2 : je profite de l'occasion afin de remercier kilbith pour son fil de discussion consacré à un cas d'espèce bien particulier : comment modifier son habillement quand on se retrouve en costard-cravate au sommet d'un col enneigé, en pleine tempête, suite à un accident de voiture. Ce fil, dont j'ai perdu le lien, m'a permis l'an dernier de franchir une étape de réflexion supplémentaire.
