Bonsoir,
J'espère ne pas faire dans le HS compte tenu que mon expérience n'est pas liée à cette zone géographique.
La pêche à pied …
Les conseils apportés n’engagent que moi dans le milieu littoral dans lequel j’évolue. Ils sont le fruit de mon expérience et ne sont pas exhaustifs. L’intérêt est de les partager pour aller encore plus loin dans la sécurité et le plaisir.
Je ne parle pas du ramassage de coquilles vides sur la laisse de mer avec ses enfants ou madame pour faire des colliers de coquillages ou des portes couteaux avec des galets peints. Mais même là une faute d’inattention peu être lourde de conséquence (chute, perte d’un enfant, coupure par morceau de verre, etc.).
Je n’aborderai pas les pêches particulières (filet à pied, pêche de nuit, etc.). Il ne s’agit pas non plus de dresser une liste exhaustive des règlementations en vigueur facilement consultables auprès des services administratifs de la commune ou sur la toile.
Une partie de pêche à pied est une sortie à la demi-journée qui se prépare de la même manière que toute autre sortie en montagne ou dans les bois. Elle commence généralement deux heures avant la fin de la marée basse et se termine dés lors ou la mer remonte. Ce lapse de temps est à mon avis suffisant pour pêcher raisonnablement et en toute sécurité. Libre à chacun de pratiquer plus longtemps.
Mon terrain de prédilection est sur la côte nord de la Bretagne dans un endroit proche du Sillon de Talbert. La zone est lunaire à marée basse, ce qui ne rend pas toujours aisé le repérage quand on ne connaît pas. Les courants sont nombreux et le biotope particulièrement riche. Les conditions MTO peuvent changer avec la bascule de marée.
Exemple de problème du à une méconnaissance du milieu :
En été il peut faire très chaud en mer et la réverbération de l’eau peu générer brulure et insolation. A contrario, une MTO clémente sur la grève peut, quelques centaines de mètres plus loin, changer du tout au tout : risque de refroidissement important sous un ciel nuageux par la combinaison du vent, de l’eau froide et de la fatigue.
Un accident peut vite tourner au drame et une simple erreur de jugement peut se transformer en faute lourde de conséquences pour vos proches et pour ceux qui chercheront à vous venir en aide et à vous porter secours.
A la base il est indispensable de se renseigner sur la règlementation en vigueur pour la zone et à l’époque concernée et tenir compte des mises en garde des pêcheurs locaux.
Trop de gens, même des habitués, pêchent (c’est le cas de le dire) par excès de confiance et/ou fierté mal placée. Le bon sens seul ne suffit pas toujours et la mer ne pardonne pas aux inconscients et aux présomptueux. Il faut aborder le milieu avec humilité et l’activité avec pragmatisme et rigueur.
Partir seul ou à plusieurs
- Seul : discrétion ; rapidité ; pas de mise en péril, même pour porter secours (chacun est juge de la situation).
- A deux ou plus : sécurité et autonomie accrues ; désigner un référent ; mesures de coordination à définir en fonction de la valeur du groupe et du type de pêche pratiqué.
Avec qui partir :
- Des personnes physiquement aptes et autonomes, sachant nager.
- Des « guides » existent : prendre contact avec eux par le biais des associations de protection du littoral, des Maisons littorales ou des offices de tourisme.
Les plus : c’est que généralement ils sont familiers des lieux, respectent une certaine déontologie vis-à-vis de l’environnement et connaissent assez bien le biotope marin pour être intéressant. Ils ont une certaine connaissance de l’historique des lieux, de la faune et de la flore. La sensibilisation à la préservation de l’environnement est incontournable.
Les moins : se sont de Gentils Organisateurs (non péjoratif) qui, à ma connaissance (mais je peux me tromper), ne possèdent pas tous un niveau équivalent à ce que l’on demande à un accompagnateur en montagne (secourisme, enseignement, physique, BNSSA, etc.). Ils ne sont pas des formateurs, même si certains d’entre eux possèdent des connaissances parfois très pointues du milieu marin.
L’organisation du groupe :
En groupe une personne est désignée comme référent : elle collationne les affaires sensibles dans LE sac contenant la collation + eau et les coupes vents et/ou polaire.
On travaille à portée de voix et si possible avec un contact visuel touts les X minutes.
On détermine un point de regroupement visible et hors d’eau.
On peut mettre en place un code de ralliement avec un sifflet (certain en use pour signaler aux autres un coin particulièrement bien fourni…)
Le Fond de sac Il est nécessaire de se constituer un fond de sac léger et peu encombrant.
Le matériel est fonction de la MTO, de la durée, de la topographie des lieux, du volume du groupe, du type de pêche pratiqué (crevette, crabe, poisson plat, coquillage, etc.). Trop de matériel encombre et favorise les pertes, rend les déplacements difficile voir dangereux.
- le matériel de sécurité
Alimentation : 50 cl eau potable + 2 à 3 barres de céréales par exemple
(Pour les tradis : un bon casse-dale au pâté Hnff /banane/chocolat…)
Protection : coupe vent et/ou vêtement chaud et sec (polaire, pull en laine), bonnet,
Alerte : sifflet, téléphone portable (ne captent pas partout), Cyalume (rappelons que les lampes sont interdites pour la pêche à pied).
- le matériel divers : attention aux encombrants superflus qui peuvent gêner les déplacements et/ou mettre fin prématurément à la partie de pêche parce que perdus dans les algues…
Un sac étanche : contenant le petit matériel et transformant le sac en flotteur de circonstance.
Crème solaire, lunette
Gants néoprène : l’abrasion des mains est une réalité mais sans plus (les gants s’usent vite et coûte cher).
Stylo fusées et/ou feu à main, lampe à éclat : ne pas sombrer dans la psychose non plus, MAIS selon les circonstances il est intéressant de se poser la question.
Couverture de survie : renforce la signalisation. Ne pas hésiter à s’en servir pour renforcer la protection au froid des plus faibles (enfants) lors du retour de pêche parfois plus long que prévu.
La tenue : voyante et ne craignant pas l’eau de mer . En mer le ridicule de la tenue ne tue pas … il peut même parfois sauver.
Hiver : Bonnet, pantalon et salopette étanche, pull en laine ou polaire, bonnet, gants,
Eté : Chapeau (bob, casquette), lunette de soleil, T-shirt, chaussures de plage attaché au pied (bannir les tongs au profit de spartiates ou chausson néoprène), bermuda ou short (éviter le maillot de bain à cause des frottements répétés sur les rochers ; les poches peuvent être utiles surtout si elles ferment).
Les bottes : dès lors ou il faut s’immerger plus qu’à mi cuisse je les trouve dangereuses. Très utile par ailleurs. J’utilise des chaussons néoprène été comme hiver. En été, les sandales squelettes sont autant pratiques que ridicules…
Le matériel de pêche : lampe et bâton pouvant servir de levier sont interdits
A la base :
- un couteau (plongée ou autre en inox si possible) ; le top est d’y adjoindre une dragonne muni d’un flotteur de bouée
- un croc de moyenne taille (50 cm) + dragonne de couleur vive
- un panier qui se ferme et/ou un sac en plastique suffisamment résistant, un filet (pomme de terre couleur orange).
- une toise (morceau de bois de 15 cm gradué et attaché au Croc par exemple).
En complément (surtout si en groupe) :
- un haveneau muni d’un bout de chiffon de couleur : une aide parfois utile au déplacement dans l’eau et dans les algues. Le chiffon sert au repérage. Ah oui … c’est aussi utile pour les crevettes et les poissons de roche (petits congres, loches de mer, vielles – le poisson bien sur- prisonnières des marres).
Très bien pour les enfants qui se lassent assez vite du ramassage de coquillages. Ils existent aujourd’hui avec des couleurs flashi (rose, orange) facilitant le repérage de la marmaille
- une foène pour le poisson plat. Il en existe adaptable sur un simple manche d’haveneau.
- une griffe : coquillage, lançons
- un couteau à coque
Se renseigner et prévenir
Les informations à recueillir avant de partir :
- les horaires de marée du lieu précis ou vous pêchez
- la MTO du jour et les prévisions à + 6h00
- les numéros d’urgence et pratiques (mairies, capitainerie, affaires maritime, lieux ou vous séjournez)
Les informations à communiquer à votre entourage resté à terre (pouvant inclure le directeur du camping par exemple) :
- Lieu de pêche et emplacement de départ (plage ou vous allez garer votre véhicule par exemple).
- Heure de début de l’activité
- Heure estimée de retour auprès de la personne prévenue
- Nombre de participants ; éventuellement les noms et la couleur des vêtements (s’il y a beaucoup de petits cousin et que l’on souhaite vous rejoindre sur la zone de pêche cela peut éviter bien des malentendus).
- Types de véhicules et immatriculations (laisser un double des clés à une personne de confiance)
Ne pas oublier de rendre compte de son retour auprès de toutes les personnes prévenues et prévoir un délai en cas d’imprévu (erreur topo, perte du portable ou des clés de voiture, accompagnant fatigué, etc.)
Ou se procurer ces informations
- au bureau des affaires maritimes
- à l’affichage sur les tableaux d’informations des capitaineries (MTO)
- dans les préfectures et les mairies, notamment pour prendre connaissance des arrêtés restrictifs.
La législation : il existe des règles pour pouvoir prélever sur le littoral.
Elles déterminent :
- les matériels et les pratiques interdits ;
- le type de pêche varie selon l’époque de l’année et les autorisations préfectorales et/ou celles des affaires maritimes ;
- des quotas par personne sont définis pour chaque espèce : nombre, taille, poids ;
- Il existe aussi des zones protégées et interdites de pêche faisant l’objet d’une protection particulière (zone militaire, réserve littorale, exploitation ostréicole, etc.).
Le produit de la pêche à pied est INTERDIT à la vente.
Sauvegarder l’environnement
- ne prélever que ce dont on a besoin et ce qui va être effectivement consommer : pour cela il est important de définir précisément ses objectifs. Le risque étant d’en prendre plus que nécessaire - surtout en groupe - et de ne s’en apercevoir qu’une fois à la maison.
Ma philosophie: se faire plaisir en toute sécurité en respectant son environnement et ne pas oublier que le mieux est parfois l’ennemi du bien.
- Je respecte scrupuleusement les quotas et les tailles : parfois c’est dur mais Dura lex sed lex.
- Je ne prélève que ce qui m’est nécessaire.
- Sans indice de présence d’un crabe ou d’un homard je ne fouille pas à l’aveugle sous le rocher : le Croc en raclant et fouillant détruit le biotope. De même, si je ne suis pas sure de retirer le crustacé, je ne tente rien au risque de le blesser.
- Je ne soulève que les cailloux ou j’ai repéré la présence d’un crabe : préservation de mes forces et du milieu. Le jeu est aussi de valoriser le rapport effort/efficacité et ainsi de développer l’observation du milieu (l’écoute est tout aussi importante que la vue). C’est un jeu passionnant et valorisant.
- Je remets le caillou dans sa position première ne le relâchant pas brusquement : risque d’écrasement pour ses habitants ; les dommages du blast occasionné sont longs à réparer.
- Ne pas inquiéter les miens : je respecte mes horaires et je ne sorts JAMAIS de mon site de pêche, sauf s’il s’agit de porter secours (dans ce cas j’alerte ceux qui m’attendent).
- Je ne pêche pas à proximité immédiate des parcs à huitres et des bouchots ainsi que des casiers et viviers.
- Je remonte systématiquement avec la marée.
- Ma tenue me permet de nager et/ou flotter sans efforts.
- Je ne crie pas, ne fume pas, ne cours pas.
- Quand je suis « référent » dans un groupe, seul le groupe compte. Je renseigne et j’accompagne, je conseille et je corrige, je ne pêche pas.
- Quand je croise quelqu’un je dis bonjour et je ne demande jamais à voir sa pêche.
Enfin : Je ne pêche pas à la remonté vers la grève : c’est un principe qui m’oblige à ne pas m’attarder quand la mer remonte et à ne pas me laisser prendre par une certaine frénésie qui pousse à en ramener le plus possible et toujours plus gros : l’appât du gain comme dans les casino. Ce dernier point fait parfois oublier tous les autres principes et peut engager la sécurité (jusqu’à en oublier ses enfants dans les rochers !!! déjà vu).
Là encore le mieux (toujours plus) est l’ennemi du bien (respecter ses principes et les objectifs fixés).
Quelques trucs :
- éviter de fouiller les cailloux immergés : dans l’eau le seul qui a ses chances c’est l’autre.
- Passer rapidement la main au fond d’une mare après avoir soulevé le caillou : un dormeur surpris restera souvent immobile se confondant ainsi avec le fond trouble.
- Jeter un coup d’œil sous la surface du rocher soulevé : des bigorneaux noirs et des ormeaux peuvent s’y accrocher.
- Attacher un bout de chiffon clair sur ma canne en bambou ou ma baguette de noisetier : repérage/signalisation plus facile et dans un trou sombre un homard pincera le chiffon et se « laissera » sortir jusqu’à l’entrée du trou.
- Si vous êtes pincé par un crabe et surtout par un homard : arrachez tout de suite la pince sans état d’âme…lui n’en a pas et ne relâchera pas sa prise.
- Sur les algues je ne saute pas et dans les gros rochers je privilégie les trois appuis pour progresser.
- Je prends contact avec ceux qui pêche à proximité : courtoisie oblige. Parfois cela s’avère utile si un coup de main est ponctuellement nécessaire.
Christophe.