La première nuit que j'ai passé dans un sac de couchage F1, je me suis pelé parce que j'avais voulu remonter la fermeture à glissière à fond pour avoir bien chaud. Elle a déraillé. J'ai fini la nuit en essayant de m'enrouler dans le sac du mieux possible en pestant contre ce salaud de fourrier qui m'avait refilé un sac tocard parce que j'avais encore une semaine de terrain a subir. C'est comme ça que j'ai découvert le système d'ouverture d'urgence.
Je passe sur le logement pour le matelas mousse et sur les pressions pour agrafer le poncho qui ont déjà été évoqués pour revenir sur le fameux cordon de serrage. Il est dans le gousset en haut du sac. Il peut être bloqué en position ouverte ou serrée grâce à des pressions. Bien souvent, les extrémités du cordon filent à l'intérieur du gousset parce qu'on a négligé de les pressionner. De toute façon, il y est , c'est sûr, parce qu'il est cousu au milieu de sa longueur et ne peut pas être égaré. Il faut donc essayer de le capturer avec une épingle à nourrice.
Un copain améliorait l'étanchéité au niveau des épaules en enroulant son chandail autour du cou et ajoutait une chaufferette à combustible solide au niveau du ventre. (surtout pas celle qui utilise l'essence à briquet !)
Une dernière astuce pour retarder l'entrée du froid : l'extrémité inférieure de la fermeture à glissière se termine par un trou, là où les deux parties du sac se rejoignent. Je tassais ma chemise au fond du sac. Elle bouchait le trou et sa chaleur réchauffait mes pieds. Durant la nuit c'est ensuite ma chaleur qui réchauffait la chemise qui était bien agréable à mettre au réveil. Dans les cas graves, on peut étaler les vêtements du dessus dans le logement du matelas mousse et enfiler le bas du sac de couchage dans le sac à dos. A défaut de sursac, la toile de tente et le poncho apportaient un supplément d'isolation important non négligeable. Je ne gardais jamais mes vêtements pour dormir. J'enfilais plutôt le survet' ou les caleçons molletonés règlementaires en guise de pyjama et au besoin la parka en plus. Moyennant quoi j'arrivais à dormir à peu près au chaud en n'utilisant que le matériel officiel. (Le matériel perso était mal vu).
Dès que j'ai pu, j'ai acheté un sac de couchage d'un très beau bleu en duvet, caché par un sursac demi-goretex de la bonne couleur (le dessus en goretex, le dessous en pas-goretex, mais cher quand même)
Je n'apprécie pas le modèle trapézoidal parce qu'il est taillé pour ceux qui dorment sur le dos,
parce qu'on retrouve le défaut de jointure de la fermeture à glissière, mais cette fois, le trou d'entrée du froid est au niveau du nombril et enfin parce qu'il na pas le cordon de serrage aux épaules.