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Auteur Sujet: pharefuge - trousse de secours gardien de refuge montagne  (Lu 6149 fois)

15 février 2010 à 14:00:12
Lu 6149 fois

athlon


Bonjour,

En préparant ma trousse de secours pour ma semaine au ski, je suis tombé sur ce site :
le site web de pharefuge

Voici leur présentation :
L'Association PHAREFUGE a été créée en Décembre 2005, à l'initiative d'un Infirmier et d'un Médecin du SAMU 73 à Chambéry.
Le but de l'Association est de :
· former les gardiens des refuges à certains gestes d'urgence
· leur fournir une pharmacie " de campagne " régulièrement entretenue
· leur permettre d'obtenir 24h/ 24 des avis et de prescriptions médicales
· éviter certains secours aéroportés et pédestres


Ce qui m'intéresse plus particulièrement c'est  la composition de la boite. J'ai à la maison une boite à outil en plastique orange de même taille, et j'y retrouve des similitudes. Mais pas identique (normal).


Nous conditionnons nous même une pharmacie (tenant dans une " caisse à outils " résistante à l'eau), avec des médicaments achetés en officine de ville, et répertorions les dates de péremption de chaque thérapeutique. Nous nous chargeons également de faire parvenir la pharmacie au refuge. Le coût d'une pharmacie s'élève à 400 euros.(confection, étiquetage...)

Voici les photos de Pharefuge :





Le plus "frappant" est le coté minimaliste. Cela me fait penser à : j'identifie la blessure, je stabilise et je temporise le temps d'avoir les secours.

Ils forment les gardiens :
Chaque gardien a reçu une formation par nos soins, lui permettant de connaître sa pharmacie, de réaliser de la meilleure manière possible, des pansements, des injections sous-cutanées, et de faire parvenir au médecin un bilan médical circonstancié.


Et ils les aident :
Par l'intermédiaire du centre 15 (avec l'accord de son Directeur), chaque gardien de refuge devient pour ainsi dire un contact privilégié. Chaque refuge équipé est répertorié, et le médecin régulateur dispose du listing et des photos de la pharmacie, lui permettant d'ordonner la prise de tel médicament, voire la réalisation par le gardien de tel ou tel geste thérapeutique. La pharmacie est également à la disposition de tous les professionnels de santé présents dans le refuge.


Voila, rien de plus, juste envie de partager cela avec vous.

A+

"Sans déconner, les mecs...  La mort, ça dure longtemps..."

15 février 2010 à 23:00:28
Réponse #1

athlon


voici le texte de ce que contient la trousse de secours gardien de refuge montagne

Caisse Secours pharefuge

HAUT
Doliprane 500
Inexium ou inipomp
spasfon
ixprim
biprofenid
thiocolchicoside
gaviscon
cetirizine
loperamide
solupred 20
domperidone

MILIEU
biafine
flammazine
vitabac
ventoline + natispray
bricanyl + sc
seringues + trocards
adrenalines + SC
cebesine + genac
Valium + IR

FOND
10 gants
nylex
kit suture + fil 4/0
jelonet
steri-strip
xylo 5%
dakin
micropore
compresses
serum phy

"Sans déconner, les mecs...  La mort, ça dure longtemps..."

16 février 2010 à 09:18:51
Réponse #2

nemesys


Pas mal, par contre le stockage des médicaments hors boite en carton ne permet pas d'avoir accès à leur fiche d'utilisation...
C'est marqué que seul un médecin peut ordonner la prise d'un médoc, mais bon... :huh:
En tout cas merci d'avoir partagé cette Boite A Pharmacie

20 juillet 2010 à 15:50:44
Réponse #3

uvson


 :'( Quid de la responsabilité en cas de pépin suite à la médication...

Une trousse médicale à notre niveau, doit nous permettre de faire de la bobologie et de stopper un saignement léger ou sévère.
le tout avec des produits qui n'ont pas d'AMC (autorisation de mise sur le marché)
Après, ce n'est plus le même job.
Un décès sur une mauvaise médication par un tiers, c'est un homicide involontaire (allergie caché, mauvais diagnostique, posologie pas adapté, etc...)

Julien

21 juillet 2010 à 09:50:25
Réponse #4

Lynx


Salut

Le cadre particulier d'une victime isolée sans recours au milieu médical mais en présence de médicaments ou de matériel médical exclue une réflexion de type classique du citoyen occidental dans sa vie de tous les jours.
La position d'attente des secours peut en effet être impossible à tenir, il faut donc agir par nécessité.

Le rapport  Victime - Secouriste - Secours - Médicalisation évolue selon la géographie et l'état de la victime.
Ainsi  l'implication du secouriste évolue t elle en fonction des paramétres qui l'encadrent.

A mesure que tu augmentes l'éloignement, tu augmentes la surveillance et la prise en charge médicale et ce d'autant plus que tu évolues dans un milieu pouvant aggraver ou compliquer le problème. L'influence des conditions difficile (froid, altitude, humidité, chaleur...) jouant également contre toi.
Ainsi une petite coupure , une déshydratation ou une fièvre n'auront pas les mêmes conséquences en ville ou dans nos bois du coin que respectivement en forêt humide, en haute altitude, en milieu désertique chaud... inutile donc d'attendre d'avoir consulté et passé à la pharmacie pour résoudre le problème avant qu'il ne soit plus grave.

La question qui en ressort c'est évidemment la formation.
Le fait de pratiquer des activités qui conduisent à l'isolement entraîne nécessairement une exigence de prise en charge de sois ou de son groupe sur le plan médical (> pros, cadres d'autant plus).

La problématique n'intervient donc pas au niveau de l'accident mais au niveau de la préparation de l'activité.
Et force est de constater que si les gens sont généralement préparés physiquement, techniquement à une activité, ils le sont nettement moins en terme de secourisme/médicalisation.  
L'engagement des sorties n'est pas une conception romanesque de la pratique outdoor, il comprend des risques, dont le risque médical. Il comprend donc une responsabilité vis à vis de la santé et donc un engagement dans la prise de décision.

Cette initiative de pharefuge est précieuse parce qu'elle introduit une notion de réalité de terrain.
Effectivement, il est incompréhensible pour notre société qu'un non diplômé de la faculté de médecine attribue un médicament à un individu.
Une fois de plus, la réalité du terrain échappe pour partie à la logique sociale.
Mais tout comme en cas d'agression tu ne va pas prendre deux mois pour consulter un avocat, faire un travail de synthèse jurisprudentielle avant d'agir, il te faudra agir en cas de problème médical sans assistance de proximité.

La dessus les urgentistes des hôpitaux de montagne sont beaucoup plus pragmatiques que les bons médecins de famille, ils savent répondre aux questions et aux préoccupations de ces activités et éventuellement prescrire des compléments pour une trousse de secours plus poussées que pour de la bobologie de proximité.

Il existe d'ailleurs des formations pour accompagner la préparation à ces activités plus engagées.

Ex pour la montagne
http://www.ifremmont.com/fr/formation

Vous trouverez d'ailleurs des compositions type de trousses à pharmacie ici
http://www.ifremmont.com/fr/trousses-a-pharmacie

Je vous conseille aussi "Petit manuel de médecine de montagne : De l'ampoule à l'oedème pulmonaire et de la randonnée à l'expé himalayenne"  de Manu Cauchy dans toutes les bonnes librairies.

Pour conclure et répondre à Uv', quid de ta responsabilité en cas de non de médication... non assistance a personne en danger? Négligence? Inadaptation de ton niveau de connaissance par rapport à ta sortie?
Pas aussi évident à classer en terme de droit, parce que justement le droit ne sais pas s'adapter a l'exception, au rare, au non prévu. Peut être parce que le droit est une exigence morale mais une utopie technique? Va savoir....
 
Poussière aux pieds vaut mieux que poussière aux fesses. Proverbe Peul

23 septembre 2010 à 16:06:13
Réponse #5

aurochs


Bonjour,

Oui, un secouriste  n'a pas le droit d'administrer un médicament... Mais !!!

Victime il y a deux ans d'une hypoglycémie. je me suis réellement écroulé : plus de carburant pour les muscles.

heureusement j'ai réussi à alerter malgré mon élocution "impossible". C'était un pont de Noël et le médecin régulateur du SAMU m'a envoyé un équipage de la Croix Rouge; il n'avait que ça sous la main.

L'équipe a refusé net de prendre mon taux de glycémie prétextant que c'était un acte médical...Ce qui est vrai mais ! Donc direction les urgences et donc un coût non négligeable pour la sécu.

Cet épisode m'a longuement et finalement hanté, j'ai exposé le cas à des copains de la Croix Rouge; Leur réponse a fusé : Dans ce cas, nous, on appelle le médecin régulateur pour avoir une réponse médicale.

C'est tellement évident que je n'y avais pas pensé. Moralité, dans tout acte de secourisme, être pragmatique et laisser le manuel dans la poche.

Aurochs   
 

 


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