Salut
Le cadre particulier d'une victime isolée sans recours au milieu médical mais en présence de médicaments ou de matériel médical exclue une réflexion de type classique du citoyen occidental dans sa vie de tous les jours.
La position d'attente des secours peut en effet être impossible à tenir, il faut donc agir par nécessité.
Le rapport Victime - Secouriste - Secours - Médicalisation évolue selon la géographie et l'état de la victime.
Ainsi l'implication du secouriste évolue t elle en fonction des paramétres qui l'encadrent.
A mesure que tu augmentes l'éloignement, tu augmentes la surveillance et la prise en charge médicale et ce d'autant plus que tu évolues dans un milieu pouvant aggraver ou compliquer le problème. L'influence des conditions difficile (froid, altitude, humidité, chaleur...) jouant également contre toi.
Ainsi une petite coupure , une déshydratation ou une fièvre n'auront pas les mêmes conséquences en ville ou dans nos bois du coin que respectivement en forêt humide, en haute altitude, en milieu désertique chaud... inutile donc d'attendre d'avoir consulté et passé à la pharmacie pour résoudre le problème avant qu'il ne soit plus grave.
La question qui en ressort c'est évidemment la formation.
Le fait de pratiquer des activités qui conduisent à l'isolement entraîne nécessairement une exigence de prise en charge de sois ou de son groupe sur le plan médical (> pros, cadres d'autant plus).
La problématique n'intervient donc pas au niveau de l'accident mais au niveau de la préparation de l'activité.
Et force est de constater que si les gens sont généralement préparés physiquement, techniquement à une activité, ils le sont nettement moins en terme de secourisme/médicalisation.
L'engagement des sorties n'est pas une conception romanesque de la pratique outdoor, il comprend des risques, dont le risque médical. Il comprend donc une responsabilité vis à vis de la santé et donc un engagement dans la prise de décision.
Cette initiative de pharefuge est précieuse parce qu'elle introduit une notion de réalité de terrain.
Effectivement, il est incompréhensible pour notre société qu'un non diplômé de la faculté de médecine attribue un médicament à un individu.
Une fois de plus, la réalité du terrain échappe pour partie à la logique sociale.
Mais tout comme en cas d'agression tu ne va pas prendre deux mois pour consulter un avocat, faire un travail de synthèse jurisprudentielle avant d'agir, il te faudra agir en cas de problème médical sans assistance de proximité.
La dessus les urgentistes des hôpitaux de montagne sont beaucoup plus pragmatiques que les bons médecins de famille, ils savent répondre aux questions et aux préoccupations de ces activités et éventuellement prescrire des compléments pour une trousse de secours plus poussées que pour de la bobologie de proximité.
Il existe d'ailleurs des formations pour accompagner la préparation à ces activités plus engagées.
Ex pour la montagne
http://www.ifremmont.com/fr/formationVous trouverez d'ailleurs des compositions type de trousses à pharmacie ici
http://www.ifremmont.com/fr/trousses-a-pharmacieJe vous conseille aussi "Petit manuel de médecine de montagne : De l'ampoule à l'oedème pulmonaire et de la randonnée à l'expé himalayenne" de Manu Cauchy dans toutes les bonnes librairies.
Pour conclure et répondre à Uv', quid de ta responsabilité en cas de non de médication... non assistance a personne en danger? Négligence? Inadaptation de ton niveau de connaissance par rapport à ta sortie?
Pas aussi évident à classer en terme de droit, parce que justement le droit ne sais pas s'adapter a l'exception, au rare, au non prévu. Peut être parce que le droit est une exigence morale mais une utopie technique? Va savoir....