J'adore l'accroche publicitaire :
L'Autodéfense pour Femmes et Adolescentes permet de révéler à toute femme son potentiel de force et sa puissance. Chaque femme peut être en mesure de se défendre en apprenant à dépasser cette peur qui paralyse.
Bein non désolé, chaque femme ne peut pas, pas plus que chaque homme se pointer dans un cours de self et apprendre une méthode miracle. Certaines, certains devront en passer par une longue thérapie.
Taper en hurlant entre femmes sur un gars habillé en red man ou sur un pao, ce n'est en aucun cas apprendre à survivre face à une agression odieuse et brutale.
Je ne saurais trop conseiller ma référence anti bullshit et anti non sense en la matière Melissa Soalt aka Dr Ruthless http://www.dr-ruthless.com/
Même si business et marketing oblige, elle aussi déclare : Practical Primal Self-Defense for Every Woman!
Je partage totalement cette approche, et je vous propose de vous faire part de mes réflexions là-dessus :
Sur une année universitaire j’ai trois groupes d’étudiants
Un groupe mixte composé de garçons et de filles de 19à 26 ans, en général des étudiants de l’ université , ils viennent de tout les milieux , l’objectif de départ est de pratiquer un système de self défense réaliste. Cette année j’ai 96 inscrits sur 3 sessions par semaine.
Un groupe féminin composé de filles de 19 à 40ans ( pas forcement étudiantes ) , une partie vient sur recommandation des services de police, de l’ ADAVIP et du SAVU du 92, du service d’aide aux victimes de l’ université , du service médical de l’ université, en principe elles ont subies des agressions diverses, l’autre partie du groupe est composé de femmes souhaitant s’entrainer sans les hommes pour des raisons diverses ( religion , féminisme etc. ) Elles choisissent elles-mêmes d’intégrer le groupe de filles plutôt que le groupe mixte. Cette année 17 femmes participent. Le groupe pédagogique est composé d’une psychologue, du médecin de prévention de l’université, de la responsable de l’aide aux victimes de l’université, et de votre serviteur.
Un groupe expérimental de filles et de garçons, le groupe est issu des deux autres groupes, le but étant la mise en application pratique sur le terrain des méthodes et des comportements appris dans les formations mixte et féminine. Lorsque je juge qu’un membre des deux groupes est prêt pour passer à la pratique, je lui propose d’intégrer le groupe expérimental sur la base du volontariat. Les membres du groupe deviennent alors « petits rats de laboratoire » je teste les comportements, les réactions aux agressions et événements inattendus en fonction des critères établis dans le protocole de recherche. Pour cela je dispose de 12 plates-formes expérimentales sur la région , ma préférée est sans doute la cité « Paul Eluart » à Bobigny ( 93) , les « dalles » entre cités offrent des possibilités intéressantes ( y compris de repli rapide) une jeune femme seule est systématiquement prise à partie dans les 10 minutes , et en fonction de son origine et ( ou) son apparence, soit par des « barbus » en djellaba soquettes et basquets blanches qui proposeront une conversation et recommanderont vigoureusement le port du voile, soit par des groupes de jeunes garçons un peu lourd , pas forcement méchant, qui voudront « draguer » de façon un peu collante, soit par des groupes de filles qui viendront défendre le territoire, soit par des dealers qui ne manquerons pas de venir voir ( faire le marché, pour reprendre une expression des bambins en question) , histoire de voir si la beauté et la personnalité de la fille en question n’est pas de nature à booster celle du « mâle dominant du quartier » Etc. Cette belle cité dispose également d’ un centre commercial, lieu des trafics, des agressions de toutes natures, avec son maître chien extraterrestre , ses bandes de garçons et de filles agressifs et provocateurs, ses vigiles dragueurs qui en général sont issus du quartier et ont un œil bienveillant sur les « petits trafics » :mais il faut dire qu’ils n’ont pas vraiment le choix , enfin un lieu de vie passionnant pour un chercheur, mais qui pour certain est un enfer au quotidien, un lieu idéal en tout cas pour l’ épanouissement d’ une femme cela ne fait aucun doute.
Mettez une fille dans cet univers et laissez la faire les courses, se promener sur « la dalle » et les situations de conflits, d’agressions vont apparaître très vite.
Afin de pouvoir toucher toutes les catégories de personne je précise que la formation est gratuite ( sauf assurance prise auprès du service de l’ université) , les membres du groupe expérimental sont couvert par un protocole encadrant les activités de recherche universitaire.
La formation : la formation pour les deux groupes est la même elle est composée de théorie et de pratique ( 240 heures de pratique sur l’année) la théorie est basée sur mes cours d’ anthropologie du combat (200 heures environ sur l’année). La méthode est basique avec de nombreuses mises en situations et scénarios.
Si je regarde les résultats à l’entraînement, les filles du groupe mixte ont en moyenne une marge de progression plus rapide que le groupe composé que de filles ( entre 36 et 43% ), la différence est énorme à l’issue de la 1er année, même une fille douée dans le groupe des filles est troublée d’arriver dans le groupe mixte, les premiers entraînements ou elle sont opposées à des garçons sont souvent pénibles psychologiquement , elles ont l’ impression d’une régression, il faut donc les soutenir par une bonne intégration au groupe, des récompenses verbales etc… , un type de 90k qui frappe comme une bête à l’ entraînement, qui grogne , crie, arrache, à un impact psychologique évident sur une personne non habituée.
En moyenne une fille du groupe mixte mettra deux années pour intégrer le groupe expérimental et partir sur le terrain, pour l’instant aucune fille du groupe féminin n’est passée sur le terrain directement sans passer le groupe mixte, si cela peut s’expliquer pour les filles ayant subies des agressions , cela est plus étonnant pour les filles ayant intégrées le groupe pour des raisons « personnels » , je rappelle qu’elles ont eues pourtant la même formation que les filles du groupe mixte.
Je n’ai pas encore le recul nécessaire pour en tirer des conclusions, j’ai besoin de suivre les groupes sur 5 années pour voir, mais je pense que les formations exclusivement féminines ont des limites, il faut se confronter aux hommes pour pouvoir les affronter dans la réalité en cas d’agression, il faut sentir la testostérone, la chaire humaine d’un furieux pour pouvoir le contrer. J’ai remarqué toutefois que l’expression du visage d’un homme en colère à lui seul peut poser problème à certaines,mais peut être même aux hommes comme aux femmes , je l’ai remarqué car une étudiante qui était passée du groupe féminin ou groupe mixte semblait paralysée par les mecs, elle était douée physiquement , un bon gabarit, une combativité remarquable , mais devant certains mecs qui entre dans « le personnage » elle semblait tétanisée , nous avons donc chercher à comprendre pourquoi et sur les vidéos je me suis rendu compte qu’elle focalisait sur les visages. Cette jeune femme étant myope nous avons donc imaginé qu’elle retire les lentilles de contact qu’elle portait, et la situation s’est améliorée rapidement car une sorte de brouillard ( pour reprendre son expression ) remplace le visage , elle n’ est donc plus influencée par les expressions faciales de colère de l’agresseur.
JL