eh bé...
Paradoxalement, le geste qui peut paraitre salutaire de se coucher sec, a permis le sommeil mais pas empêché l'hypothermie

. J'ai bien envie de faire une petite mise en garde de sécurité, l'article peut être mal compris : ils ne sont pas morts parce qu'ils étaient secs, ils sont morts parce qu'ils ont dormi. Quand on dort la chaleur dégagée par le corps diminue, donc si on est pas assez isolé, la température du corps diminue, et on peut tomber en hypothermie sans même s'en rendre compte. Les deux qui ont survécu, c'est parce qu'ils ont réussi à ne pas dormir (ou n'ont pas réussi à dormir) : éveillé le corps dégage plus de chaleur, surtout si on tremble, et peut réussir à se maintenir à une température suffisante pendant un certain temps. Tant qu'il y a du carburant pour trembler comme l'explique David dans le wiki. Tant qu'on tremble, ça devrait tenir le coup. Si on s'arrête de trembler alors que les conditions ne se sont pas améliorées, c'est très très mauvais.
Mis à part l'inconscience à la base de tout ça, puisqu'on parle de survie ici, concrètement quelles sont les choses à faire et à ne pas faire dans ce cas ?
Je vais répondre "théoriquement", par rapport à mes modestes connaissances en matos et en physique, merci de me critiquer : je suis conscient que mon message est sans doute plein d'imperfections, ce n'est pas un conseil mais juste un "scénario simulé" pour lancer le débat 
1- ne pas continuer d'avancer si je suis vraiment paumé et que j'y vois rien, pour ne pas risquer de tomber dans un précipice ou autre. Eventuellement revenir sur mes pas si les traces ne sont pas effacées, jusqu'à un endroit plus abrité que j'aurais dépassé. En avançant j'aurais très peu de chances d'atteindre le refuge puisque je suis perdu, et de grandes chances de faire une mauvaise chute.
2- creuser, mettre le poncho par-dessus.
3- Puis dans l'ordre : matelas à même la neige (mousse eva à cellules fermées, il ne s'imbibera pas), sursac, duvet, Ou bien, matelas dans le sursac, ce qui évite de sortir du matelas mais peut comprimer un peu le duvet par manque de place

4- tout habillé dans le duvet avec tous mes vêtements, même ceux qui sont éventuellement mouillés (hypothèse peu probable, j'ai veste + pantalon étanches + poncho en cas de besoin) : un vêtement mouillé isole mieux que rien du tout à partir du moment où il ne sèche pas ou peu (l'évaporation de l'eau lors du séchage pompe beaucoup de calories). Dans la limite ou son humidité à lui ne va pas pourrir les autres vêtements : avec de la laine ou du synthé c'est bon, avec une doudoune en duvet je pense qu'il faut mieux retirer une couche humide pour pouvoir conserver sa doudoune sèche que la garder et mouiller la doudoune. La couverture agit comme un VBL pour bloquer un max d'humidité et réfléchir le rayonnement "au plus près". De cette manière, l'intérieur du VBL étant saturé d'humidité (dans le cas où je garde les vêtements mouillés), l'eau des vêtements ne s'évaporera pas, évitant de pomper des calories, et évitant d'aller pourrir le duvet.
5- bougie sous l'abri s'il est un peu aéré, surtout pour la présence rassurante, et pour tenter de gagner quelques pouillèmes de degrés dans l'abri
idéalement il faudrait 2 couvertures de survie : une qui se ferme pour faire VBL, une normale pour faire une "tortue allongée" avec ma bougie sous la couverture.
Le problème est de savoir quelle est la limite entre "je peux dormir" et "surtout ne pas dormir". Tant que je n'ai pas réussi à remonter la température à l'intérieur de mon duvet à un niveau acceptable (il faudra pour ça réussir à réchauffer les vêtements, réchauffer le corps, ça peut prendre du temps), je suis sûr qu'il ne faut pas dormir. Mais même si j'ai réussi à me réchauffer, comment être sûr que je ne vais pas me refroidir une fois endormi ?
Mettre le réveil toutes les 15 minutes par exemple ? 30 minutes c'est le temps moyen de transition entre le sommeil léger (1) et le sommeil profond (2). Dormir 15 minutes permet de faire croire au corps qu'on a dormi, ça peut requinquer pour un moment. Mais comment être sûr de se réveiller ? Ca m'est arrivé, des matins où j'étais bien fatigué, de me lever, aller chercher mon réveil que j'avais mis exprès à l'autre bout de la pièce, l'éteindre et me recoucher, tout ça sans vraiment me réveiller. Alors dans une situation de grosse fatigue et l'esprit endormi par le froid ? De plus, dans cette situation de grosse fatigue, il y a un risque de tomber plus vite que d'habitude dans le sommeil profond, comme quand on se pieute crevé et qu'on a à peine touché le matelas qu'on dort déjà.
(1) début de l'endormissement, on a l'impression de ne pas dormir mais on peut commencer à rêver. Le cerveau est en veille mais reste connecté à la réalité : si quelqu'un passe par là et dit "tiens, Maman dort" : "non je dors pas" "pourtant tu ronflais".
(2) les muscles sont "désactivés", le cerveau est quasi déconnecté des perceptions. Dans cette phase on est très vulnérable. Le sommeil "préhistorique" de l'homme qui se sait en danger comporte moins de sommeil profond.
Si le choix est de ne pas dormir, comment résister au sommeil une nuit entière ? J'ai jamais réussi à bien résister contre le sommeil. 1h c'est mon grand maximum sans "assistance chimique". Emmener du guronsan ou autre truc caféiné ? Passer la nuit à se foutre des tartes (pas facile dans le duvet) ? Passer la nuit à gueuler en boucle une chanson paillarde ?
merci à vous de mettre un peu de plomb dans la cervelle des jeunes parfois inconscients comme moi avec des histoires comme ça
